jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2209103 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | BOTBOL LALOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2022, Mme B D, épouse A, représentée par Me Botbol Lalou, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des amendes mises à sa charge au titre des années 2016 à 2018 sur le fondement du 2° du I de l'article 1737 du code général des impôts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que les factures litigieuses ont été émises à son insu par son fils, lequel en est seul redevable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coz,
- et les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, épouse A, qui exerce une activité d'auto entrepreneur, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices 2017 et 2018 pour l'ensemble de ses impositions. L'administration fiscale a rehaussé ses résultats imposables et a mis à sa charge des suppléments d'impôts sur le revenu et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L'administration fiscale a également procédé au rehaussement des bénéficies industriels et commerciaux donnant lieu à des suppléments d'impôts sur le revenu et à des rappels de TVA au titre de l'année 2016. Ces rehaussements et rappels ont été accompagnés d'amendes infligées, au titre des années 2016 à 2018, à Mme A sur le fondement des dispositions du 2° du I de l'article 1737 du code général des impôts pour un montant total de 193 916 euros, mises en recouvrement le 15 octobre 2020. Mme A, dont la réclamation a été rejetée le 21 février 2022, demande au tribunal de prononcer la décharge des seules amendes mises à sa charge.
2. Aux termes de l'article 1737 du code général des impôts : " I. - Entraîne l'application d'une amende égale à 50 % du montant : /() 2. De la facture, le fait de délivrer une facture ne correspondant pas à une livraison ou à une prestation de service réelle ; ". Il appartient à l'administration, lorsqu'elle a mis en recouvrement une amende fiscale sur le fondement de ces dispositions, d'apporter la preuve que les faits retenus à l'encontre du redevable entrent bien dans leurs prévisions.
3. Il résulte de l'instruction que la société ADAG Développement, exerçant une activité de négoce de fonds de commerce et de baux commerciaux, a signé le 9 mars 2015 avec Mme A une convention prévoyant la rémunération de cette dernière en tant qu'apporteur d'affaire - partenaire commerciale et que dans ce cadre des factures ont été émises par Mme A pour des montants de 132 359,35 euros en 2016, 158 138,40 euros en 2017 et 97 335 euros en 2018, lesquels ont été réglés par chèques à l'ordre de M. A, de Mme A, de la mère de Mme A ou de leur fils C A. Il n'est pas contesté que ces factures ne correspondent à aucune prestation de la part de Mme A, et les réponses apportées par les clients de la société ADAG Développements aux demandes de communication de l'administration ainsi que les explications de Mme A confirment cette absence d'investissement de Mme A. Cette dernière soutient que c'est son fils C A qui a utilisé son entreprise afin d'y exercer une activité dont elle ignore la nature même et qu'il aurait encaissé à son insu les chèques perçus sur les comptes de son foyer fiscal. Cependant ces explications sont particulièrement peu crédibles alors que l'administration fiscale soutient sans être contestée sur ce point que Mme A a signé la convention du 9 mars 2015 avec la société ADAG Développement, que la plupart des chèques ont été encaissés après signature par M. ou Mme A selon les cas et qu'une partie des ces paiements ont été reversés à leur fils. Par ailleurs Mme A ne soutient pas avoir entrepris des démarches afin de mettre un terme aux agissements de son fils. Dans ces conditions, Mme A ne peut utilement soutenir que les factures doivent être regardées comme ayant été émises par M. C A. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que les factures émises par Mme A ne correspondaient à aucune prestation réelle et a infligé à cette dernière les amendes prévues par l'article 1732 du code général des impôts.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par Mme A doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, épouse A et à la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024 à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
M. Coz, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
Y. COZ
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./2-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519184
Le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant un titre de séjour et imposant une obligation de quitter le territoire à M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision était entachée d'une erreur de droit, notamment en méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 7 de l'accord franco-algérien, en ne tenant pas compte de la situation professionnelle ancienne et régulière du requérant. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
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