vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2209246 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | BROSSAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 11 mars 2024, Mme A C et M. B C, représentés Me Brossas, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à verser les sommes suivantes, assorties des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts, en réparation de leurs préjudices résultant des fautes commises par l'hôpital Raymond Poincaré lors de l'opération de reprise chirurgicale de la prothèse du genou gauche de Mme C effectuée le 19 décembre 2018 :
- à Mme C, la somme globale de 119 891, 875 euros, ainsi décomposée :
* 1 500 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 10 000 euros au titre des souffrances endurées ;
* 90 391,875 euros au titre de l'assistance par tierce personne après consolidation ;
* 15 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;
* 1 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;
* 1 500 euros au titre du préjudice d'agrément ;
- à M. C, la somme globale de 5 674,54 euros, ainsi décomposée :
* 674,54 euros au titre de ses frais de déplacement ;
* 5 000 euros au titre de son préjudice moral et d'accompagnement.
2°) de condamner solidairement l'AP-HP et les professionnels de santé de droit privé qui seront reconnus responsables par les juridictions civiles à indemniser les préjudices permanents de Mme C ainsi que le préjudice moral et d'accompagnement de M. C ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP les entiers dépens ainsi que la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'intervention chirurgicale de reprise de prothèse pratiquée à l'hôpital Raymond Poincaré le 19 décembre 2018 était fautive car inutile et contraire aux données acquises de la science ainsi qu'aux dispositions de l'article L. 1110-5 du code de la santé publique ;
- cette faute a participé à l'aggravation des préjudices temporaires de Mme C et pour moitié à son dommage final ;
- l'expert a reconnu la responsabilité indivise de l'AP-HP et des autres intervenants pour moitié dans les préjudices permanents de Mme C, de sorte qu'ils devront être condamnés solidairement, charge pour l'AP-HP de se retourner contre les personnes privées responsables ;
- l'AP-HP ne peut s'exonérer de sa responsabilité en invoquant un échec thérapeutique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2024, l'AP-HP demande au tribunal :
1°) de rejeter la demande tendant à sa condamnation in solidum avec les docteurs Meunier et Costa ;
2°) de limiter sa condamnation à la somme de 1 000 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total de Mme C induit par son hospitalisation entre le 18 décembre 2018 et le 5 février 2019, à la somme de 4 000 euros au titre des souffrances causées par l'intervention du 19 décembre 2018 et à la somme demandée au titre des frais de trajet de M. C pour rendre visite à son épouse durant cette hospitalisation.
Elle fait valoir que :
- chacune de trois opérations de reprise prothétique a été à l'origine d'un dommage propre, de sorte que la condamnation in solidum des intervenants successifs n'est pas possible ;
- sa responsabilité, qu'elle ne conteste pas, est engagée au seul titre des conséquences dommageables de l'intervention chirurgicale du 19 décembre 2018 ;
- avant l'intervention litigieuse du 19 décembre 2018, Mme C présentait un état antérieur marqué par des gonalgies ;
- le lien de causalité entre les séquelles de Mme C et l'intervention litigieuse n'est pas établi.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Loir-et-Cher qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lambert,
- les conclusions de M. Thulard, rapporteur public,
- et les observations de Me Brossas pour les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, alors âgée de 71 ans, a bénéficié le 27 novembre 2014 de la pose d'une prothèse du genou gauche dans une clinique privée de Montargis. En raison de la persistance d'importantes douleurs en post-opératoire, Mme C a fait l'objet, le 15 juin 2015, d'une opération de remplacement de sa prothèse dans la même clinique, puis d'une deuxième opération de remplacement prothétique le 31 mars 2016 dans une autre clinique privée, la clinique du sport dans le cinquième arrondissement de Paris, enfin d'une dernière intervention de reprise, le 19 décembre 2018, à l'hôpital Raymond Poincaré, établissement qui relève de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). Restant atteinte d'importantes douleurs au niveau du genou et d'une impotence fonctionnelle malgré ces trois interventions chirurgicales de reprise, Mme C a formé une demande indemnitaire devant la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) du Centre, laquelle a rendu le 19 janvier 2022 une décision de rejet de sa demande. Sur la base du rapport de l'expert désigné par la CCI, Mme C et son époux, M. C, demandent au tribunal, d'une part, de condamner l'AP-HP à indemniser Mme C de ses préjudices temporaires causés par l'intervention chirurgicale du 19 décembre 2018, d'autre part, de condamner solidairement l'AP-HP et les deux chirurgiens qui ont assuré sa prise en charge dans les cliniques privées à l'indemniser de ses préjudices permanents résultant de la succession des interventions de reprise prothétique ainsi qu'à indemniser les préjudices personnels de M. C.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ". Aux termes de l'article L.1110-5 du même code : " Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l'ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées. Les actes de prévention, d'investigation ou de traitements et de soins ne doivent pas, en l'état des connaissances médicales, lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté. (). ".
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport de l'expert désigné par la CCI, que Mme C souffre d'une algoneurodystrophie, constitutive d'un accident médical non fautif survenu au décours de l'intervention inaugurale de pose de la prothèse du genou gauche le 21 novembre 2014 à la clinique de Montargis, et que les interventions successives de reprise prothétique, réalisées le 15 juin 2015 dans la même clinique, le 31 mars 2016 à la clinique du sport dans le cinquième arrondissement de Paris et le 19 décembre 2018 à l'hôpital Raymond Poincaré ont, chacune à leur tour, majoré de manière temporaire le syndrome d'algoneurodystrophie dont est atteinte l'intéressée et la raideur de son genou gauche. Selon l'expert, les trois interventions chirurgicales de reprise prothétique n'étaient pas indiquées et ont été décidées en méconnaissance des règles de l'art, celui-ci précisant qu'" en matière de chirurgie prothétique du genou () il n'existe pas de reprise chirurgicale tant qu'une cause certaine de la douleur n'est pas identifiée ". Or, il résulte de l'instruction que malgré de nombreux examens pratiqués sur Mme C à des fins diagnostiques, la cause de ses douleurs n'a pas pu être mise en évidence par les différents praticiens, alors même que, selon l'expert, en présence du tableau clinique présenté par la patiente, le diagnostic d'algoneurodystrophie aurait pu être posé dès le mois de mars 2015. Les reprises chirurgicales successives ne pouvaient pas traiter l'algodystrophie dont était atteinte la requérante et qui était à l'origine de ses souffrances, ce syndrome douloureux justifiant seulement une thérapeutique tournée vers le traitement de la douleur, consistant notamment en une prise en charge dans un centre anti-douleur. Au surplus, il résulte de l'instruction que l'intervention chirurgicale du 19 décembre 2018 a été effectuée malgré un avis contraire de l'équipe médicale du service d'orthopédie de l'hôpital Raymond Poincaré.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision de procéder à une intervention chirurgicale le 19 décembre 2018 en vue de remplacer la prothèse du genou gauche de Mme C est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP.
Sur la demande de condamnation in solidum :
5. Lorsqu'un dommage trouve sa cause dans plusieurs fautes qui, commises par des personnes différentes ayant agi de façon indépendante, portaient chacune en elle normalement ce dommage au moment où elles se sont produites, la victime peut rechercher la réparation de son préjudice en demandant la condamnation de l'une de ces personnes ou de celles-ci conjointement, sans préjudice des actions récursoires que les coauteurs du dommage pourraient former entre eux.
6. Ainsi qu'il a été exposé au point 3 du présent jugement, chacune des fautes commises par les professionnels de santé ayant décidé de réintervenir successivement pour remplacer la prothèse du genou gauche de Mme C a majoré le syndrome d'algoneurodystrophie par l'aggravation temporaire des douleurs ressenties par Mme C. Par suite, la faute de l'AP-HP consistant à avoir pratiqué le 19 décembre 2018 sur Mme C un ultime changement de prothèse, alors que les causes de ses douleurs persistantes depuis l'intervention inaugurale de 2014 n'étaient pas identifiées, porte en elle son propre dommage et non l'entièreté du dommage subi par Mme C. Celle-ci n'est ainsi pas fondée à demander au juge la condamnation in solidum de l'AP-HP et des professionnels de santé de droit privé qui ont pratiqué les deux premières opérations de reprise de sa prothèse de genou gauche. Par suite, cette demande sera rejetée.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices temporaires de Mme C :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
7. Il résulte de l'instruction que Mme C a été hospitalisée pour remplacement de sa prothèse du genou gauche du 18 au 23 décembre 2018 à l'hôpital Raymond Poincaré, puis pour rééducation du 24 décembre 2019 au 5 février 2019 à l'hôpital Simone Veil d'Eaubonne. Sur la base d'une indemnisation de 20 euros par jour, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à la somme de 1 000 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
8. L'expert désigné par la CCI a évalué à 3 sur une échelle de 1 à 7 les souffrances endurées par Mme C en lien avec l'intervention chirurgicale du 19 décembre 2018, celle-ci ayant " relancé " le processus d'algoneurodystrophie. Il résulte par ailleurs de l'instruction que l'échec de cette dernière opération a eu un retentissement psychologique important sur la patiente. Il sera fait une juste évaluation de ce préjudice en le fixant à une somme de 4 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices permanents de Mme C :
9. Mme C, qui est consolidée depuis le 6 juin 2019, soutient que ses préjudices permanents sont imputables pour moitié à l'accident médical survenu au décours de l'opération de pose de la prothèse qu'elle a subie le 27 novembre 2014 et pour l'autre moitié aux trois opérations de reprise prothétique, dont la dernière effectuée par l'AP-HP le 19 décembre 2018. Cependant, ainsi qu'il a été exposé au point 6 du présent jugement, la faute de l'AP-HP ne porte pas en elle l'entièreté du dommage de Mme C, puisqu'elle a seulement provoqué une aggravation temporaire du syndrome d'algoneurodystrophie dont celle-ci est atteinte.
S'agissant de l'assistance par une tierce personne :
10. Mme C allègue un besoin en aide humaine à hauteur de trois heures par jour. Si elle produit au soutien de cette demande un témoignage de son époux qui atteste prendre en charge quotidiennement la totalité des tâches ménagères, il ressort de cette attestation que sa prise en charge a débuté avec la pose de la prothèse du genou gauche en novembre 2014. Selon l'expert, qui a, quant à lui, évalué le besoin en aide humaine à trois heures par semaine, ce besoin en aide humaine est en rapport avec les seules complications de l'intervention inaugurale. Ce préjudice n'est donc pas imputable à l'intervention litigieuse de remplacement de la prothèse effectuée à l'hôpital Raymond Poincaré le 19 décembre 2018. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'indemniser ce poste de préjudice.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
11. L'expert a évalué le déficit fonctionnel permanent de Mme C au taux de 15%. Cependant, selon lui, ce taux est seulement en rapport avec les conséquences de l'accident médical non fautif dont a été victime l'intéressée lors de l'intervention inaugurale. Par suite, en l'absence d'imputabilité de ce déficit fonctionnel permanent à l'intervention de reprise effectuée à l'hôpital Raymond Poincaré, il n'y a pas lieu d'indemniser ce poste de préjudice.
S'agissant du préjudice esthétique :
12. Il résulte de l'instruction que Mme C se déplace à l'intérieur de son domicile à l'aide d'un déambulateur et à l'extérieur en fauteuil roulant. Son préjudice esthétique temporaire a été évalué à 2,5 sur une échelle de 1 à 7 par l'expert, qui a précisé qu'il était en rapport avec l'intervention initiale de pose de la prothèse du genou gauche. Dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que Mme C subirait un préjudice esthétique permanent imputable à la dernière intervention de reprise effectuée à l'hôpital Raymond Poincaré, il n'y a pas lieu d'indemniser ce poste de préjudice.
S'agissant du préjudice d'agrément :
13. Il résulte de l'instruction que Mme C souffre de douleurs permanentes avec une sensation d'étau au moins depuis le mois de mars 2015 et que, avant même les interventions de reprise prothétique litigieuses, ses douleurs étaient qualifiées, à la fois par elle-même, par les praticiens qu'elle a consultés et par l'expert, de " majeures ", " violentes " et " invalidantes ". Par suite, alors qu'elle n'établit pas que son empêchement de pratiquer ses activités de loisirs serait imputable à la dernière intervention de reprise effectuée à l'hôpital Raymond Poincaré, sa demande indemnitaire présentée à ce titre doit être rejetée.
En ce qui concerne les préjudices de M. C :
S'agissant des frais divers :
14. M. C soutient, sans être contesté, qu'il a rendu visite à son épouse quotidiennement durant son hospitalisation pour rééducation à l'hôpital Simone Veil d'Eaubonne, ce qui représente une distance totale à parcourir de l'ordre de 26 kilomètres pour chaque visite. Compte tenu de la durée de l'hospitalisation de Mme C dans cet hôpital et du barème forfaitaire applicable, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par M. C à ce titre en le fixant à une somme de 700 euros.
S'agissant du préjudice moral et du préjudice d'accompagnement :
15. Il résulte de l'instruction que M. C s'est fortement mobilisé pour soutenir son épouse à chacune de ses périodes d'hospitalisation, ce qui a nécessairement eu un retentissement important sur ses conditions de vie et sur son propre état de santé. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et du préjudice d'accompagnement de celui-ci, limité à une période de 50 jours environ ainsi qu'il a été justifié au point précédent, en le fixant à une somme de 1 000 euros.
Sur les sommes dues par l'AP-HP, les intérêts et la capitalisation :
16. Il résulte de l'ensemble ce qui précède que l'AP-HP doit être condamnée à verser une somme de 5 000 euros à Mme C et une somme de 1 700 euros à M. C en réparation de leurs préjudices. Ces sommes seront assorties des intérêts au taux légal à compter de la date d'introduction de la requête.
17. Il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à compter du 19 avril 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais d'instance :
18. La présente instance ne comporte aucuns dépens. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par les requérants doivent être rejetées.
19. Il y a de lieu de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à M. et Mme C.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme C une somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices.
Article 2 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à M. C une somme de 1 700 euros en réparation de ses préjudices.
Article 3 : Ces sommes seront majorées des intérêts au taux légal à compter du 19 avril 2022. Les intérêts échus à la date du 19 avril 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 4 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à M. et Mme C une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à M. B C, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie du Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Deniel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure,
F. Lambert
La présidente,
S. MarzougLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2209246/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026