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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2209418

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2209418

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2209418
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 3e Chambre
Avocat requérantKETCHEDJIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés le 22 avril 2022, le 28 juillet 2022 et le 2 mai 2024, M. B A, représenté par Me Ketchedjian, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre de l'année 2017 ;

2)°de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il a été privé de son droit au recours hiérarchique ;

- il n'a pas eu communication de son dossier fiscal en méconnaissance de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ;

- c'est à tort que le service a refusé la déduction d'une somme de 12 428 euros au titre des dépenses de grosses réparations effectuées sur un bien immobilier donné à bail.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 31 mai 2022 et le 6 septembre 2022, la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 3 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 22 mai 2024.

Un mémoire produit par la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris a été enregistré le 24 mai 2024, postérieurement à la clôture.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Coz,

- les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique,

- et les observations de Me Ketchedjian, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande de renseignements du 11 mars 2021, l'administration fiscale a sollicité de M. A qu'il justifie du caractère déductible de la somme de 12 428 euros portée au titre des " dépenses de grosses réparations effectuées par les nus-propriétaires " sur sa déclaration d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017. Puis, par une proposition de rectification du 3 mai 2017, l'administration a procédé au rehaussement de la base imposable à l'impôt sur le revenu de l'année 2017, assorti des intérêts de retard et de la majoration prévue à l'article 1758 A du code général des impôts. Les observations adressées par M. A le 22 juillet 2021 ayant été rejetées par une décision du 27 septembre 2021, la somme de 4 362 euros a été mise en recouvrement le 28 octobre 2021. La réclamation formulée le 14 décembre 2021 par M. A ayant été rejetée le 17 février 2022, le requérant demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 54 C du livre des procédures fiscales : " Hormis lorsqu'elle est adressée dans le cadre des procédures mentionnées aux articles L. 12, L. 13 et L. 13 G et aux I et II de la section V du présent chapitre, la proposition de rectification peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours hiérarchique qui suspend le cours de ce délai. "

3. D'une part M. A soutient que la rédaction de la proposition de rectification l'a induit en erreur mentionnant que " si, après nos échanges, des divergences subsistent, vous pouvez exercer le recours hiérarchique prévu à l'article L. 54 C du livre des procédures fiscales " et l'aurait ainsi empêché de former un recours hiérarchique immédiatement. Cependant M. A a formé son recours hiérarchique le 11 octobre 2021 après avoir présenté des observations le 22 juillet 2021, auxquelles l'administration a répondu le 27 septembre 2021, alors au demeurant qu'il n'a jamais transmis les pièces que lui demandait l'administration fiscale. Il n'a donc pas été privé de la possibilité de former un recours hiérarchique.

4. D'autre part, M. A a formé, comme il vient d'être dit, par l'intermédiaire de son conseil, un recours hiérarchique le 11 octobre 2021. Par un courriel du 10 décembre 2021, la supérieure hiérarchique du vérificateur s'est approprié les motivations du vérificateur pour rejeter ce recours en l'état, en rappelant que l'administration avait, à de nombreuses reprises, sollicité de M. A la transmission de pièces justificatives et en l'invitant une nouvelle fois à les transmettre. Elle a également indiqué les plages horaires auxquelles elle était disponible pour un entretien téléphonique, et il n'est pas soutenu que M. A ou son conseil auraient tenté de la joindre. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé de la garantie que constituent les dispositions de l'article L. 54 C du livre des procédures fiscales, lesquelles ne prévoient aucun droit à un entretien.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. " Il est constant que l'administration fiscale ne s'est pas fondée sur des renseignements ou documents obtenus de tiers, mais uniquement sur les déclarations de M. A, pour mettre en recouvrement les sommes en litige. Par conséquent, la circonstance que le dossier fiscal de M. A ne lui ait pas été communiqué n'entache pas d'irrégularité la procédure d'imposition.

Sur le bien-fondé des impositions :

6. Aux termes de l'article 31 du code général des impôts : " I. - Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent :/ 1° Pour les propriétés urbaines :/ a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; ".

7. Il résulte de l'instruction que M. A n'a produit aucun justificatif des dépenses engagées. Par suite, il n'établit pas que c'est à tort que l'administration fiscale a refusé la déduction de la somme de 12 428 euros qu'il affirme avoir engagée en 2017 pour des dépenses de réparation d'un bien immobilier situé 13 rue Jouvenet, Paris (16ème arrondissement).

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024 à laquelle siégeaient :

M. Fouassier, président,

M. Coz, premier conseiller,

Mme Arnaud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

Le rapporteur,

Y. COZ

Le président,

C. FOUASSIER

La greffière,

C. EL HOUSSINE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./2-3

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