jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2209860 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ADDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement les
28 avril 2022 et 11 mai 2023, M. B A, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la société SNCF Gares et Connexions à lui verser la somme de 70 000 euros au titre des préjudices que lui ont causé depuis 2016 les travaux et l'exploitation de la gare ferroviaire Magenta ;
2°) de mettre à la charge de la société SNCF Gares et Connexions la somme de
2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- depuis 2016, il subit de fortes nuisances sonores et vibratoires, tant diurnes et nocturnes du fait de l'activité de la gare ferroviaire Magenta, notamment du fait de la proximité de son logement avec une servitude de passage de la SNCF donnant accès au RER E de la gare ;
- lesdites nuisances, qui ont été constatées par un huissier de justice et corroborées par plusieurs témoignages de riverains, ont pour origine à la fois le fonctionnement de la gare, les travaux qui y sont conduits ainsi que les agissements du personnel de la gare et de ses prestataires ;
- ces nuisances lui causent des préjudices qu'il évalue à une somme globale de
70 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 novembre 2022, la société SNCF Gares et Connexions conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
15 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Feghouli, rapporteur,
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Guéna pour la société SNCF Gares et Connexions.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est locataire depuis décembre 2010 d'un appartement situé au 5bis de la rue de l'Aqueduc dans le 10ème arrondissement, lequel surplombe une cour intérieure constituant une servitude de passage de la SNCF desservant la gare RER Magenta. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner la société SNCF Gares et Connexions à lui verser la somme de 70 000 euros au titre des préjudices que lui ont causé depuis 2016 les travaux et l'exploitation de la gare ferroviaire Magenta.
Sur la responsabilité de la société SNCF Gares et Connexions :
2. En premier lieu, la responsabilité du maître d'un ouvrage public peut être engagée, même sans faute, à l'égard des demandeurs tiers par rapport à cet ouvrage du fait de l'existence ou du fonctionnement de celui-ci. La personne mise en cause doit alors, pour dégager sa responsabilité, établir la preuve que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure, sans que puisse être utilement invoqué le fait d'un tiers. La victime doit toutefois apporter la preuve de la réalité des préjudices qu'elle allègue avoir subis et de l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public et lesdits préjudices, qui doivent, en outre, présenter un caractère anormal et spécial. Toutefois, les préjudices qui n'excèdent pas les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics ne sont pas susceptibles d'ouvrir droit à indemnité.
3. En deuxième lieu, si l'occupant d'un lieu d'habitation ne peut ignorer, à la date d'entrée dans les lieux, les inconvénients résultant de la proximité d'un ouvrage public préexistant et ne peut dès lors prétendre obtenir une indemnisation des préjudices subis à ce titre, il en va toutefois différemment d'un dommage résultant d'une aggravation des nuisances résultant du fonctionnement de l'ouvrage public dans le cas où il ne pouvait en avoir connaissance lors de la prise de possession des lieux ou qu'il ne pouvait raisonnablement le prévoir et dès lors que ce dommage présente un caractère anormal et spécial.
4. M. A se plaint des nuisances sonores et vibratoires, dont il se dit victime depuis 2016, du fait à la fois du fonctionnement de la gare Magenta, des travaux qui y sont conduits ainsi que des agissements du personnel de la gare et de ses prestataires, son appartement surplombant directement une cour intérieure constituant une servitude de passage de la SNCF desservant la gare RER Magenta.
5. Il résulte toutefois de l'instruction d'une part, que le requérant, qui a pris possession de son appartement situé au 5bis de la rue de l'Aqueduc en décembre 2010, soit près de 10 ans après l'inauguration de la gare Magenta attenante à son adresse, s'il fait valoir que les nuisances n'ont débuté qu'en 2016 avec les chantiers de rénovation de grande ampleur de la gare, il ne pouvait toutefois raisonnablement ignorer les inconvénients que présentent les travaux de toute nature dont une gare est susceptible de faire l'objet pour son entretien, son renouvellement ou la modification de ses caractéristiques, et dont l'augmentation était raisonnablement prévisible, notamment dans une zone de trafic ferroviaire historiquement exponentiel comme l'est
l'Ile-de-France. D'autre part, si le requérant produit de très nombreuses photos de la cour intérieure jouxtant son appartement, sur lesquelles apparaissent du personnel de la SCNF et des prestataires de services intervenant dans la gare Magenta, attestant d'une activité sur cette servitude de la société exploitante de la Gare, ces éléments ne permettent pas à eux seuls, d'établir la preuve de la réalité des préjudices anormaux et spéciaux dont il se prévaut. A cet égard, si le requérant produit également deux constats d'huissier, en date des 20 février et 26 novembre 2019, force est de constater que si le premier fait état d'un relevé de l'intensité sonore à 22H30 et évalué à une moyenne de 62,9 décibels, il ne précise toutefois ni la fréquence, ni la durée des nuisances sonores et vibratoires constatées, et qu'aucun relevé sonore n'a été effectué au cours du second constat en date du 26 novembre 2019, aussi ces productions ne permettent donc pas, à elles seules de caractériser la nature du préjudice du requérant. Compte tenu de ce qui vient d'être dit, et alors même que la société SNCF gare et Connexions, soutient sans être sérieusement contredite, qu'elle a sensibilisé les entreprises intervenant sur son emprise au respect du voisinage immédiat, fait poser des panneaux rappelant à tous les nécessités d'éviter les nuisances sonores ou encore regroupé les travaux sur des périodes estivales déterminées, il n'est pas justifié par le requérant l'existence d'un préjudice anormal et spécial susceptible de faire l'objet d'une indemnisation.
6. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions indemnitaires présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société SNCF Gares et Connexion, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
8. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la société SNCF Gares et Connexions présentées sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société SNCF Gares et Connexions en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la société SNCF Gares et Connexions.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024
Le rapporteur, Le président,
M. C
La greffière,
C. CHAKELIAN
La République mande et ordonne au ministre chargé des transports en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2311393
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'obligation de verser une indemnité forfaitaire suite à sa démission de la police nationale. Le tribunal a jugé que le requérant ne démontrait pas l'existence de difficultés personnelles graves l'ayant contraint à démissionner, au sens de l'article 9 du décret du 9 mai 1995. Il a considéré que M. B... n'avait pas établi que sa situation familiale et financière rendait impossible la conciliation avec ses obligations professionnelles ou justifiait une dispense de cette indemnité de rupture d'engagement.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418264
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26/03/2026
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Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. Le juge a estimé que la décision du préfet de police, fondée sur l'article L. 432-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers, était régulière, suffisamment motivée et ne méconnaissait pas l'article 8 de la CEDH. Il a considéré que le requérant, en raison de son casier judiciaire et de ses signalements, constituait une menace grave pour l'ordre public justifiant le refus.
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Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante marocaine, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et que la requérante, sollicitant un titre au titre du travail, ne pouvait se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, celles-ci étant écartées par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 qui régit spécifiquement cette matière. Le tribunal a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation et n'avait pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
26/03/2026