mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2210204 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CMS FRANCIS LEFEBVRE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 8 juillet 2021, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de la société LivinParis, enregistrée au greffe de ce tribunal le 27 avril 2022.
Par cette requête et des mémoires, enregistrés le 21 juin 2022 et le 18 septembre 2023, la société LinvinParis, représentée par Me Carcelero, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 février 2022, par laquelle le directeur général des finances publiques lui a refusé le bénéfice de l'aide " coûts fixes rebond " au titre des mois de janvier à octobre 2021 ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer l'annulation des articles 1-I-1°, 1-II, 3-I et 3-II du décret n° 2021-1430 du 3 novembre 2021 instaurant l'aide " coûts fixes rebond " en ce qu'ils posent une condition illégale à l'octroi de cette aide et, d'annuler par voie de conséquence la décision de rejet du 28 février 2022 ;
3°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris de lui verser l'aide demandée, d'un montant de 335 330 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le calcul de la perte de chiffre d'affaires opéré pour apprécier l'éligibilité au bénéfice de l'aide " Coût fixe rebond " doit prendre en compte la modification du périmètre de l'entreprise ;
- l'interprétation retenue par l'administration du décret applicable méconnaît l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 et crée une différence de traitement entre les entreprises selon que leur périmètre a été ou non modifié entre la période éligible et la période de référence ;
- à titre subsidiaire, les critères retenus par le décret pour le calcul de la perte de chiffre d'affaires sont illégaux en ce qu'ils créent une discrimination illégitime selon que les entreprises ont, ou non, changé de périmètre et sont contraires aux termes et aux objectifs de l'ordonnance n° 2020-317.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2023, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société LivinParis ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-705 du 10 juin 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;
- décret n° 2021-1430 du 3 novembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Par une ordonnance en date du 1er mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Laforêt,
- les conclusions de M. Halard, rapporteur public,
- et les observations de Me Carcelero, représentant la société LivinParis.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la société LivinParis, qui exerce une activité de location touristique de biens meublés, demande au tribunal, d'une part, l'annulation de la décision du 28 février 2022 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté sa demande tendant au bénéfice de l'aide complémentaire dite " aide coûts fixes Rebond ", instaurée par le décret n° 2021-1430 du 3 novembre 2021 et destinée à compenser leurs coûts fixes non couverts par les contributions aux bénéfices, pour les mois de janvier à octobre 2021 et d'autre part, l'annulation des articles 1-I-1°, 1-II, 3-I et 3-II de ce décret du 3 novembre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 28 février 2022 :
2. Pour refuser le bénéfice de l'aide sollicitée au titre des mois de janvier à octobre 2021, l'administration s'est fondée sur le fait que la société LivinParis ne justifiait pas avoir subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 %.
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 3 novembre 2021 instituant une aide dite " Coûts fixes Rebond " visant à compenser les coûts fixes non couverts des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de covid-19 : " I - Les entreprises mentionnées à l'article 1er du décret du 30 mars 2020 susvisé, à l'exception de celles mentionnées aux 5° et 5° bis, peuvent bénéficier, au titre de la période allant du 1er janvier 2021 au 31 octobre 2021, dite période éligible, d'une aide complémentaire appelée : " aide coûts fixes rebond " destinée à compenser leurs coûts fixes non couverts par les contributions aux bénéfices, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes au jour de la demande : 1° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires, calculée selon les modalités prévues à l'article 3, d'au moins 50 % durant la période éligible () ". L'article 3 de ce décret dispose : " I. - La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article pour la période éligible est définie comme la somme des pertes de chiffre d'affaires de chacun des dix mois de la période éligible () ". Les articles 3-19, 3-22, 3-24, 3-26, 3-28 et 3-30 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, qui portent notamment sur les aides qui peuvent être accordées au titre des mois de janvier à octobre 2021, définissent la perte de chiffre d'affaires comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires réalisé au cours du mois au titre duquel l'aide est sollicitée et, d'autre part, le chiffre d'affaire de référence défini comme le chiffre d'affaire réalisé au cours du même mois en 2019 ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option est plus favorable à l'entreprise.
4. En premier lieu, la société LivinParis soutient que l'administration a méconnu le décret du 3 novembre 2021, dont l'objet implique nécessairement la prise en compte de l'évolution de l'entreprise dans le calcul de sa perte de chiffre d'affaires afin que les conséquences de l'épidémie soient réellement compensées et fait valoir qu'il doit être tenu compte de ce que la mise en location de onze nouveaux appartements a donné l'apparence d'une perte de chiffre d'affaires moins importante que ce qu'elle a réellement été. Toutefois, il ressort des termes mêmes des dispositions citées au point précédent que les décrets applicables du 30 mars 2020 et du 3 novembre 2021 prévoient que la perte de chiffre d'affaires retenue pour apprécier si une entreprise peut prétendre au bénéfice de l'aide résulte uniquement de la comparaison du chiffre d'affaires de référence et du chiffre d'affaires effectivement réalisé en 2021, sans que les investissements réalisés par l'entreprise ou l'élargissement de son périmètre puisse être pris en compte par l'application d'un correctif. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur de droit que l'administration a rejeté la demande d'aide " coût fixe rebond " de la société LivinParis, dont le chiffre d'affaires réalisé de janvier à octobre 2019 s'élevait à 1 973 458 euros alors que celui réalisé de janvier à octobre 2020 s'élevait à 1 374 681 euros, soit une perte de chiffre d'affaires inférieure à 50 %.
5. En deuxième lieu, la société LivinParis excipe de l'illégalité des dispositions des articles 1er et 3 du décret du 3 novembre 2021 en ce qu'elles institueraient une discrimination illégitime, contraire aux termes et aux objectifs de l'ordonnance n° 2020-317 sur le fondement de laquelle elles ont été édictées. Elle fait valoir que ces textes, en ce qu'ils ne prennent pas en compte l'évolution des entreprises pour calculer la perte de chiffre d'affaires, ajoutent irrégulièrement aux dispositions de l'ordonnance, qui prévoient de faire bénéficier des aides les entreprises ayant subi des difficultés du fait de l'épidémie, même lorsque ces difficultés sont masquées par une augmentation de leur chiffre d'affaires résultant d'un accroissement de leur périmètre. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prévoyant que les entreprises dont la perte de chiffre d'affaires est inférieure à 50% n'ont pas droit au bénéfice de ces aides, et ce quel que soit l'élargissement de leur périmètre entre 2019 et 2021, les décrets litigieux auraient institué une différence de traitement manifestement disproportionnée au regard de l'objectif poursuivi de soutien des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de covid-19 et par les conséquences de la crise sanitaire. Dès lors, l'exception d'illégalité des articles 1 et 3 du décret du 3 novembre 2021 doit être écartée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la société LivinParis ne peut pas prétendre à l'annulation de la décision attaquée du 28 février 2022 par laquelle l'administration a rejeté sa demande d'aide " coût fixe rebond " pour les mois de janvier à octobre 2021.
En ce qui concerne le décret du 3 novembre 2021 :
7. Si, dans un mémoire enregistré le 21 juin 2022, la société LivinParis conclut à l'annulation de certaines dispositions du décret du 3 novembre 2021 précité, ces conclusions, dirigées contre un décret publié au Journal officiel de la République française le 4 novembre 2021, sont tardives et, par suite, manifestement irrecevables.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société LivinParis doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris ses conclusions en injonction et celles tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante dans cette affaire.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société LivinParis est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société LivinParis et au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris, pôle juridictionnel administratif.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
Mme Marchand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
La rapporteure,
L. LAFORÊT
La présidente,
J. EVGENAS
La greffière,
M-C. POCHOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2210204/2-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400082
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Le Printemps immobilier, qui demandait une réduction de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021. La juridiction a jugé que la société, sur laquelle pesait la charge de la preuve en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, n'avait pas démontré le caractère exagéré de l'imposition. Elle n'a pas établi que la surface réelle de ses locaux était inférieure à celle déclarée, ni que l'administration avait fait une application erronée des règles de calcul, notamment celles de l'article 1518 A du code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504630
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler la décision de la Ville de Paris de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée. Le juge rappelle qu'un agent en CDD n'a pas de droit au renouvellement, mais que l'administration doit agir dans l'intérêt du service, ce qui peut inclure des considérations sur la manière de servir. Il écarte les moyens soulevés (incompétence du signataire, défaut de motivation, absence d'entretien préalable et de communication du dossier), estimant que la décision contestée n'avait pas le caractère d'une sanction disciplinaire et que les procédures spécifiques à celle-ci ne s'appliquaient donc pas. La décision s'appuie sur les principes généraux du droit de la fonction publique.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2314176
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... qui contestait son imposition en France sur ses revenus d'enseignement perçus de 2019 à 2021. La juridiction a jugé que, conformément à la convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959, ses revenus salariaux étaient imposables en France, lieu où l'activité professionnelle était exercée, et non en Allemagne où elle résidait. Le tribunal a ainsi validé le principe d'imposition des revenus d'emploi dans l'État où le travail est effectué, tel que prévu par ladite convention et le code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.
07/04/2026