vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2210483 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | SCHIANO-GENTILETTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2022, la société GECITER, représentée par Me Schiano Gentiletti, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et de taxes annexes auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 à raison d'un immeuble dont elle est propriétaire sis 5, rue Royale à Paris (8ème arrondissement) ;
2°) de condamner l'État aux entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les bureaux en litige relèvent de la catégorie BUR 1 et non BUR 2, conformément au B du II de l'article 1498 du code général des impôts et de l'article 310 Q de l'annexe 2 à ce code ;
- en l'absence de différences entre le local type de référence et l'immeuble à évaluer, la majoration de 20% pratiquée en application de l'article 324 AA de l'annexe 3 au code général des impôts n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rohmer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rohmer ;
- et les conclusions de M. Guiader, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Geciter est propriétaire d'un immeuble situé au 5, rue Royale à Paris (8ème arrondissement). Elle a été imposée à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2020 et 2021 à raison de cet immeuble. Par la requête susvisée, elle demande la réduction des cotisations de taxe foncière pour ces années ainsi que des taxes annexes.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1494 du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " La valeur locatives des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties () est déterminée () pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". L'article 1498 du même code, dans sa rédaction applicable aux années en litige, dispose : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. () ".
3. La valeur locative cadastrale des locaux à usage professionnel et commercial repose sur un classement de chaque local dans un sous-groupe, et à l'intérieur de chaque sous-groupe dans une catégorie de locaux, dont la liste est fixée à l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts selon lequel : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants () Sous-groupe II : bureaux et locaux divers assimilables : Catégorie 1 : locaux à usage de bureaux d'agencement ancien. Catégorie 2 : locaux à usage de bureaux d'agencement récent. (). ".
4. Il est constant que la valeur locative révisée des locaux de bureaux en litige a été calculée sur la base de leur classement dans la catégorie 2 : locaux à usage de bureaux d'agencement récent. Si la société soutient que l'immeuble en cause étant de type haussmannien et n'ayant pas connu de restructurations importantes doit être classé dans la catégorie 1 : locaux à usages de bureaux d'agencement ancien, aucun des éléments versés au dossier, en particulier des clichés de la façade et des copies de plans d'agencement, ne permet d'établir que l'immeuble en cause doit être classé dans la catégorie 1. L'absence d'agencement d'espaces de bureaux ouverts et le fait que l'immeuble ait été construit à la fin des années 1800 ne sont pas de nature en eux-mêmes à justifier un tel classement dans la catégorie 1.
5. En deuxième lieu, en vertu des dispositions de l'article 324 AA de l'annexe III à ce code, dans sa version applicable au litige : " La valeur locative cadastrale des biens loués à des conditions anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un titre autre que celui de locataire, vacants ou concédés à titre gratuit est obtenue en appliquant aux données relatives à leur consistance - telles que superficie réelle, nombre d'éléments - les valeurs unitaires arrêtées pour le type de la catégorie correspondante. Cette valeur est ensuite ajustée pour tenir compte des différences qui peuvent exister entre le type considéré et l'immeuble à évaluer, notamment du point de vue de la situation, de la nature de la construction, de son état d'entretien, de son aménagement, ainsi que de l'importance plus ou moins grande de ses dépendances bâties et non bâties si ces éléments n'ont pas été pris en considération lors de l'appréciation de la consistance. ".
6. Il résulte de l'instruction que l'administration a déterminé la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 du local commercial situé au pied de l'immeuble de la société requérante par comparaison avec le local-type n° 2 du procès-verbal " C " du 8ème arrondissement de Paris, correspondant à une boutique d'alimentation dont la valeur locative est de 51,38 euros par m², majorée de 20 %, soit une valeur locative totale de 61,65 euros par m2. Si la société requérante soutient que la majoration de 20 % n'est pas fondée dès lors que le local-type retenu et l'immeuble à évaluer sont tous deux situés en zone de commercialité très bonne et sont en tous points semblables, il résulte de l'instruction que le local à évaluer abrite une boutique de prêt à porter de luxe, ce qui justifie l'application d'une telle majoration. Au surplus, l'administration relève, sans être utilement contredite, que la télé déclaration souscrite par la société en 2013 fait état d'une seule boutique de 86 m2 alors que des déclarations plus anciennes font mention de deux boutiques, l'une de vêtements de femmes et l'autre de vêtements pour hommes pour une superficie totale de 151 m2 en rez-de-chaussée et de 41 m2 en sous-sol, qui existaient toujours à la date des années sur lesquelles porte le litige, de sorte que la prise en compte de la superficie réelle des locaux aboutirait à un montant de cotisation supérieur à celui contesté.
7. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties ainsi que des taxes annexes laissées à sa charge pour les années 2020 et 2021. Par suite, les conclusions aux fins de réduction doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre des dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Geciter est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à SAS Geciter et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires publics à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2405261
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné les demandes de Mme B... concernant la décharge de la majoration de taxe d'habitation pour 2020-2022 et de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires pour 2023, pour un logement à Paris. La requérante soutenait que ce bien constituait sa résidence principale malgré sa séparation de fait de son époux. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir de l'administration fiscale, jugeant que la réclamation préalable de Mme B... pour 2020 et 2021 n'était pas tardive. Sur le fond, le tribunal a appliqué les articles 1407 et 1407 ter du code général des impôts pour statuer sur la qualification du logement.
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