lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2210502 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET NIVAULT COSTA & COLSON AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 6 mai 2022 et le 21 décembre 2022, la SARL ADB CONSEILS, représentée par Me Colson, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie en raison de la réintégration dans ses bénéfices de l'exercice clos en 2016 d'une provision pour dépréciation de compte client, à hauteur de 36 214 euros en droits et pénalités ;
2°) d'ordonner la restitution des sommes recouvrées par la direction régionale des finances publiques ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le rejet de sa réclamation est insuffisamment motivé ;
- elle démontre de manière suffisamment précise l'existence d'une facture impayée d'un montant de 118 300 euros due par la société Syneval en raison d'une prestation de services intervenue entre les mois de mars 2014 et de mai 2015, ainsi que les diligences accomplies en vue du recouvrement de cette créance, il lui était donc loisible d'avoir déduit cette provision pour dépréciation de compte client de son bénéfice net au titre de l'année 2016 ;
- l'application d'une majoration de 40% pour manquement délibéré est injustifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2022, la directrice régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Abdat,
- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,
- et les observations de Me Colson, représentant la société ADB Conseils.
Considérant ce qui suit :
1. La société ADB Conseils a fait l'objet d'un examen de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018 en matière d'impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée. A l'issue de cette vérification, l'administration fiscale a notamment remis en cause la provision pour dépréciation de compte client Syneval constituée par la société requérante au titre de l'exercice clos en 2016 pour un montant de 118 300 euros. Par la présente requête, elle demande la décharge du supplément d'impôt sur les sociétés résultant de la réintégration de cette provision dans les bénéfices de cet exercice.
Sur le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de rejet de la réclamation préalable :
2. Si la société ADB Conseils soutient que la décision rejetant sa réclamation du 28 octobre 2020 est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales, les éventuelles irrégularités qui peuvent affecter les décisions de rejet d'une réclamation sont en tout état de cause sans influence sur la procédure et le bien-fondé des impositions.
Sur le bien-fondé des impositions :
3. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts, applicable en matière d'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment () 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice. () ". Il résulte de ces dispositions qu'une entreprise peut porter en provision et déduire des bénéfices imposables d'un exercice des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par elle, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent, en outre, comme probables eu égard aux circonstances constatées à la date de clôture de l'exercice, et enfin, qu'elles se rattachent par un lien direct aux opérations de toute nature déjà effectuées à cette date par l'entreprise.
4. Il résulte de l'instruction que la provision pour dépréciation de compte client d'un montant de 118 300 euros correspond à une facture émise envers la société Syneval, dont la société requérante soutient qu'elle correspond à des prestations réalisées entre les mois de mars 2014 et mai 2015, en date du 5 juin 2015, tels que des frais de secrétariat, de la mise à disposition d'un véhicule automobile et de l'assistance en matière d'audits, de visites d'immeubles, de réunions de conseils syndicaux, d'études de cas et de recrutement de partenaires syndic. Elle verse notamment au dossier une lettre accompagnant cette facture et un extrait du livre journal de la société où figure cette facture et la TVA afférente. Toutefois, il résulte également de l'instruction, ainsi que le soulignent un jugement du 7 février 2017 du tribunal de commerce de Paris et un arrêt confirmatif de la cour d'appel de Paris du 14 mars 2019, confirmés en cassation, qu'aucun contrat n'a jamais été établi entre ces sociétés, qu'aucun document mentionnant ces prestations n'existe et que le seul lien entre ces sociétés est l'intervention de M. A, gérant de ADB Conseils, et ancien directeur général de la société Syneval. Dans ces conditions, la société requérante, qui n'apporte aucun élément permettant d'attester de l'existence des prestations fournies, ne démontre pas davantage celle de l'obligation alléguée à la date de la clôture de l'exercice en cause. Celle-ci ne saurait donc constituer une perte ou charge suffisamment précise et que des événements en cours rendent probables, au sens des dispositions précitées. Par suite, la société requérante ne pouvait s'en prévaloir pour constituer une provision déductible de ses bénéfices nets imposables à l'impôt sur les sociétés.
5. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () " et aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs () la preuve de la mauvaise foi () incombe à l'administration. " Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Il en résulte également que le caractère répété d'omissions déclaratoires suffit à caractériser la mauvaise foi du requérant.
6. Pour justifier l'application de la majoration de 40 % pour manquement délibéré, l'administration fiscale fait valoir que la société ADB Conseils a, au titre de ses exercices 2015 et 2016, constitué une provision pour dépréciation de compte client au titre d'une facture dont il n'est pas démontré, ainsi qu'il a été dit au point 4, qu'elle corresponde à la réalisation d'une quelconque prestation. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a appliqué au rehaussement d'imposition la majoration pour manquement délibéré prévue au a de l'article 1729 du code général des impôts.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la société ADB Conseils n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie en raison de la réintégration dans ses bénéfices de l'exercice clos en 2016 d'une provision pour dépréciation de compte client, en droits et pénalités. Par suite, ses conclusions tendant à la restitution des sommes déjà acquittées doivent être rejetées, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société ADB Conseils est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié la société ADB Conseils et à la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
Mme de Saint Chamas, conseillère,
Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.
La rapporteure,
G. ABDATLe président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2210502/2-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512599
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral du 14 janvier 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que le droit d'être entendu, garanti par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, n'imposait pas une nouvelle audition dans ce cas, la décision d'éloignement découlant nécessairement du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile. La juridiction a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1.
30/03/2026
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30/03/2026
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30/03/2026
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**Sujet principal** : Contestation par une société de rappels de TVA et d'une majoration, concernant le taux applicable (taux réduit de 5,5% pour la vente de livres ou taux normal de 20% pour des prestations de voyance). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que l'activité principale constitue une prestation immatérielle de voyance taxable au taux normal et que, de toute façon, la société n'a pas apporté la preuve permettant d'isoler la part éventuelle de son chiffre d'affaires relevant de la vente de livres. **Textes appliqués** : Articles 278 et 278-0 bis A-3° du code général des impôts (taux normal et taux réduit de TVA).
30/03/2026