mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2210637 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 11 mai 2022 et 12 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Poidevin, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 mars 2022 de la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires de l'institut de formation aux soins infirmiers (IFSI) Virginie Olivier du groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences ;
2°) d'enjoindre à la directrice de l'IFSI Virginie Olivier de la réintégrer en deuxième année de la formation, dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'irrégularité procédurale car le déroulé des débats a méconnu l'article 27 de l'arrêté du 21 avril 2007, les débats ayant commencé et la décision ayant été prise avant qu'elle ne soit présente et l'objet de la saisine ayant été illégalement étendu ;
- elle est entachée de partialité en raison de l'attitude de la présidente de la section compétente, dotée d'une voix prépondérante ;
- la matérialité des faits n'est pas établie et n'a d'ailleurs pas été discutée malgré l'absence de tout témoin direct et la directrice de l'EHPAD, qui ne s'est pas présentée devant la section compétente, avait intérêt à discréditer la requérante pour avoir dénoncé la discrimination raciale pratiquée au sein de l'établissement au détriment de la sécurité des patients ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation car aucun comportement fautif de sa part n'est établi, et c'est au contraire elle qui a été victime de discriminations et elle ne peut être valablement sanctionnée pour l'absence de reconnaissance de sa culpabilité, tandis que ses performances scolaires et ses absences n'auraient pas dû être évoquées ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2024, le groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences, représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme A d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 21 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grossholz,
- les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public,
- et les observations de Me Poidevin, représentant Mme A, et de Me Goulard, substituant Me Falala, représentant le groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un stage qu'elle a réalisé du 11 octobre au 17 décembre 2021 au sein de la résidence Massy-Vilmorin établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), alors qu'elle était étudiante en deuxième année au sein de l'institut de formation aux soins infirmiers (IFSI) Virginie Olivier du groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences, Mme A a fait l'objet d'une décision du 8 mars 2022 de la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires de cet institut d'exclusion temporaire pour une durée de six mois. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'en prononcer l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête :
2. Aux termes de l'article 22 de l'arrêté du 21 avril 2007 susvisé : " La section compétente pour le traitement des situations disciplinaires prend des décisions relatives aux fautes disciplinaires ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la sanction mentionnée au point précédent a été prononcée par la section compétente à l'égard de la requérante motif pris de son " comportement inadapté ", consistant dans son " débordement face à une responsable ", à savoir, une " insulte envers la directrice de l'EHPAD " qui lui était reprochée. La requérante produit le courrier adressé par la directrice de l'EHPAD à l'IFSI daté du 25 janvier 2022 dans lequel celle-ci affirme que le 17 décembre 2021, lors d'un entretien dans son bureau, Mme A aurait " haussé le ton " à son encontre, serait " partie dans le hall de la résidence en hurlant " et en la " traitant de " raciste " " puis, " se retrouvant dans la rue ", de " salope " devant " un juge des tutelles et son greffier ". Il ressort des pièces du dossier et notamment du compte rendu de la séance de la section compétente qui s'est tenue le 8 mars 2022 que Mme A y a fermement contesté avoir " à aucun moment " insulté la directrice, contre laquelle elle justifie d'ailleurs avoir déposé plainte pour diffamation en raison du contenu du courrier qui vient d'être évoqué. Dans son mémoire en défense, le groupe hospitalier universitaire (GHU) Paris Psychiatrie et Neurosciences se borne à avancer qu' " aucun élément ne permet de contester sérieusement la vraisemblance de l'accusation " pour " remettre en cause le témoignage de la directrice de l'EHPAD, qui dirige cet établissement depuis plusieurs années et dont le comportement a toujours été irréprochable ". Il ressort pourtant des pièces du dossier que cette dernière, qui a attendu près de six semaines après les faits pour formuler ses accusations d'insulte à l'égard de Mme A, n'a pas été confrontée à cette dernière à ce sujet, dès lors notamment qu'elle a décidé de ne pas assister à la séance de la section compétente du 8 mars 2022. Aucun élément n'est produit pour confirmer les accusations de cette dernière, alors même qu'il ressort des pièces du dossier que les locaux dans lesquels les faits se sont déroulés le 17 décembre 2021 font l'objet d'une vidéosurveillance et nonobstant la présence alléguée d'un juge des tutelles et de son greffier qui auraient été des témoins directs de la scène selon la lettre de la directrice et comme il a été mentionné. Le GHU n'allègue pas même que des éléments de preuve susceptibles de corroborer les accusations de la directrice de l'EHPAD auraient été recherchés. Le GHU ne saurait davantage se prévaloir de ce que le stage ayant été " marqué par d'importantes difficultés de l'étudiante ", " il ne paraît donc pas étonnant que Mme A se soit emportée ". De plus, cette dernière circonstance, dont il fait valoir qu'elle aurait été reconnue par l'étudiante lors de la séance du 8 mars 2022, ne saurait à elle seule être regardée comme constitutive d'une " insulte envers la directrice de l'EHPAD ", objet de la convocation à la séance de la section compétente du 8 mars 2022 par le courrier du 14 février 2022, ni constitutive en soi d'une faute disciplinaire. Il en résulte que la décision attaquée n'est pas fondée et doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. Il résulte de l'instruction que la sanction dont le présent jugement prononcé l'annulation a été entièrement exécutée et qu'à l'issue des six mois d'exclusion, Mme A a réintégré sa formation au sein de l'IFSI. L'exécution du présent jugement n'implique donc pas qu'il soit procédé à cette réintégration, de sorte que les conclusions à fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit, sur ce fondement, mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge du groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences une somme de 1 000 euros en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 mars 2022 de la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires de l'institut de formation aux soins infirmiers (IFSI) Virginie Olivier du groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences est annulée.
Article 2 : Le groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences versera à Mme A une somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au groupe hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
Mme Grossholz, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 5 novembre 2024.
La rapporteure,
C. GROSSHOLZ
Le président,
J.-C. TRUILHELa greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 /1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
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01/04/2026
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01/04/2026