jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2210706 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2022, Mme A B, représentée par Me de Sèze, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du directeur territorial de l'OFII en date du 14 avril 2022 lui refusant les conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son avocat au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- l'OFII n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- l'OFII n'a pas procédé à un examen de vulnérabilité ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de formation spécifique de l'agent ayant mené l'entretien de vulnérabilité ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité du contenu du questionnaire fixé par l'arrêté du 23 octobre 2015 ;
- la décision est illégale en raison de l'absence d'information sur les conséquences d'un refus d'orientation ou d'hébergement ;
- l'OFII a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation au regard de situation personnelle.
Un mémoire en défense a été enregistré le 7 mars 2024, par l'OFII qui conclut au non-lieu à statuer dès lors que Mme B a bénéficié des conditions matérielles d'accueil.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 12 juillet 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rebellato, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision en date du 14 avril 2022 le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Paris a refusé d'accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à Mme B, demandeuse d'asile de nationalité algérienne. Le 25 avril 2022, Mme B a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu partiel opposée par l'OFII :
2. Il ressort des pièces du dossier que le 8 juin 2022, postérieurement à l'enregistrement de la requête, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a décidé d'accorder les conditions matérielles d'accueil à Mme B et lui a remis une carte d'allocation pour demandeur d'asile. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil à compter du 8 juin 2022 et celles à fin d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions :
3. En premier lieu, aux termes de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. La décision comporte la mention des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé. Le directeur général de l'office dispose d'un délai de deux mois pour statuer. A défaut, le recours est réputé rejeté. Toute décision de rejet doit être motivée ". D'autre part, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ". Enfin, aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B aurait demandé la communication des motifs de la décision implicite du directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration rejetant son recours administratif préalable obligatoire. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme B.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / Lors de l'entretien personnel, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. ". En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la fiche d'évaluation de vulnérabilité produite en défense, que l'OFII a procédé à l'évaluation de la vulnérabilité de Mme B et à l'examen de sa situation personnelle avant de refuser de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. En outre, il ne ressort pas plus des pièces du dossier que l'OFII aurait omis de prendre en compte l'existence de son enfant en bas âge pour apprécier sa vulnérabilité. Enfin, aucun élément du dossier ne permet de tenir pour établi que cet entretien n'a pas été mené par une personne ayant reçu une formation spécifique à cette fin. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 511-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16. "
7. Si Mme B fait valoir qu'elle n'a pas été informée des modalités de refus des conditions matérielles d'accueil, l'OFII produit toutefois une offre de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil datée du 14 avril 2022, mentionnant que l'intéressée a été informée des conditions et modalités de refus et de cessation des conditions matérielles d'accueil. Il ressort également des pièces du dossier que ces informations lui ont été communiquées dans une langue qu'elle comprend. Ainsi, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions précitées de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En cinquième lieu, Mme B ne peut utilement exciper de l'illégalité de l'arrêté du 23 octobre 2015 relatif au questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile, qui ne constitue pas la base légale de la décision attaquée, laquelle n'est pas davantage prise pour l'application de cet arrêté. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
9. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante a expressément refusé la proposition d'orientation et d'hébergement à Nancy qui lui a été faite le 14 avril 2022. Si elle soutient qu'elle était dans une situation de vulnérabilité en raison de l'absence de ressource avec un enfant en bas âge, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la supposer établie, la vulnérabilité dont elle se prévaut est de nature à rendre ce refus illégal. Dans ces conditions, elle ne fait état d'aucun motif valable pour justifier son refus. Enfin, si elle se borne à soutenir que la décision ne repose sur aucune base légale, elle ne donne aucune précision à l'appui de ce moyen. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil pour la période du 13 avril 2022 au 8 juin 2022 doivent être rejetées.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 8 juin 2022, ainsi que sur celles à fin d'injonction.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 25 avril 2024.
Le rapporteur,
J. REBELLATO
Le président,
L. GROS
La greffière,
C. CHAKELIAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2311393
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'obligation de verser une indemnité forfaitaire suite à sa démission de la police nationale. Le tribunal a jugé que le requérant ne démontrait pas l'existence de difficultés personnelles graves l'ayant contraint à démissionner, au sens de l'article 9 du décret du 9 mai 1995. Il a considéré que M. B... n'avait pas établi que sa situation familiale et financière rendait impossible la conciliation avec ses obligations professionnelles ou justifiait une dispense de cette indemnité de rupture d'engagement.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418264
Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur trois requêtes d'un agent d'AgroParisTech concernant un titre exécutoire pour redevance de logement de fonction, une demande indemnitaire liée à un transfert, et un licenciement. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation du titre exécutoire, considérant que le logement n'était pas une concession par nécessité absolue de service justifiant la gratuité, en application du code général de la propriété des personnes publiques. Les autres conclusions ont également été rejetées.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431599
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. Le juge a estimé que la décision du préfet de police, fondée sur l'article L. 432-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers, était régulière, suffisamment motivée et ne méconnaissait pas l'article 8 de la CEDH. Il a considéré que le requérant, en raison de son casier judiciaire et de ses signalements, constituait une menace grave pour l'ordre public justifiant le refus.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504435
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante marocaine, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et que la requérante, sollicitant un titre au titre du travail, ne pouvait se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, celles-ci étant écartées par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 qui régit spécifiquement cette matière. Le tribunal a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation et n'avait pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
26/03/2026