lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2210823 |
| Type | Décision |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET AULIBE-ISTIN, DEFALQUE (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 mai 2022, 17 février, 16 mai 2023 et 5 juin 2024, ces deux derniers n'ayant pas été communiqués, M. A B, représenté par Me Aulibe-Istin, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet de police a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en exécution de l'arrêté d'expulsion du 12 février 1998 ;
2°) d'abroger, ou, à titre subsidiaire, de rapporter l'arrêté d'expulsion du 12 février 1998 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner l'État aux entiers dépens.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est dépourvu de base légale en raison de l'abrogation implicite de l'arrêté d'expulsion du 12 février 1998 ; cet arrêté d'expulsion est prescrit ;
- cet arrêté d'expulsion est ancien, il n'a pas commis d'infraction depuis son édiction ;
- il travaille, paie ses impôts et est marié à une ressortissante française et père d'un enfant mineur français.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 8 novembre 2022 et 17 mars 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Berland,
- et les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant polonais né le 9 octobre 1964, demande l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet de police a fixé le pays à destination duquel l'intéressé sera éloigné en exécution de l'arrêté d'expulsion édicté à son encontre le 12 février 1998, et l'abrogation de cet arrêté d'expulsion.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des dispositions des articles L. 521-2, L. 521-3 et L. 521-4, l'expulsion peut être prononcée si la présence en France d'un étranger constitue une menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 524-1 de ce code : " L'arrêté d'expulsion peut à tout moment être abrogé. Lorsque la demande d'abrogation est présentée à l'expiration d'un délai de cinq ans à compter de l'exécution effective de l'arrêté d'expulsion, elle ne peut être rejetée qu'après avis de la commission prévue à l'article L. 522-1, devant laquelle l'intéressé peut se faire représenter ". Aux termes de l'article L. 524-2 du même code : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 524-1, les motifs de l'arrêté d'expulsion donnent lieu à un réexamen tous les cinq ans à compter de la date d'adoption de l'arrêté. L'autorité compétente tient compte de l'évolution de la menace pour l'ordre public que constitue la présence de l'intéressé en France, des changements intervenus dans sa situation personnelle et familiale et des garanties de réinsertion professionnelle ou sociale qu'il présente, en vue de prononcer éventuellement l'abrogation de l'arrêté () / A défaut de notification à l'intéressé d'une décision explicite d'abrogation dans un délai de deux mois, ce réexamen est réputé avoir conduit à une décision implicite de ne pas abroger. Cette décision est susceptible de recours () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion pris par le préfet de police le 12 février 1998. Si M. B se prévaut de ce que cet arrêté d'expulsion a été implicitement abrogé par les convocations régulières que le service de l'exécution des décisions de justice, devenu la brigade d'exécution des décisions de justice, chargé de l'exécution de décisions de justice rendues en matière pénale, lui a adressées entre 2008 et 2022, ces convocations sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'en application des dispositions précitées, seule une décision explicite d'abrogation a pour effet d'emporter la disparition de l'arrêté d'expulsion de l'ordonnancement juridique. M. B qui ne démontre ni même n'allègue avoir demandé cette abrogation, ni qu'une telle décision explicite serait intervenue, n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays à destination duquel il doit être renvoyé, qui constitue une simple mesure d'exécution de l'arrêté d'expulsion, est dépourvue de base légale. En outre, M. B ne peut se prévaloir de la prescription de l'arrêté d'expulsion en raison de son inexécution, dès lors qu'un arrêté d'expulsion a le double effet d'obliger l'étranger qui en fait l'objet à quitter le territoire et de lui interdire d'y revenir aussi longtemps qu'il demeure en vigueur. Enfin, si l'autorité administrative est tenue en application des dispositions de l'article L. 524-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de réexaminer les motifs de l'arrêté d'expulsion tous les cinq ans, il résulte des mêmes dispositions que ce réexamen donne lieu à une décision implicite de rejet à défaut de notification d'une décision explicite d'abrogation. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. B se prévaut du fait qu'il n'a pas commis d'infraction et a respecté les contrôles qui lui ont été imposés depuis l'édiction de la mesure d'expulsion dont il a fait l'objet, il y a 28 ans. Toutefois, un tel moyen est inopérant à l'encontre de la décision fixant le pays à destination duquel il sera éloigné.
5. En troisième lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir de ce que le préfet de police a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, qui n'a pas directement pour objet d'éloigner l'intéressé du territoire français.
6. En dernier lieu, M. B n'invoque aucun moyen à l'encontre de l'arrêté d'expulsion du 12 février 1998. Par suite, les conclusions dirigées contre cet arrêté, à les supposer recevables, doivent être rejetées.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La rapporteure,
F. BERLAND
La présidente,
M.-O. LE ROUXLa greffière,
F. RAJAOBELISON
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2/4-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler les arrêtés d'expulsion et de fixation du pays de destination. La juridiction a estimé que le ministre de l'intérieur avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que les condamnations et le comportement agressif de l'intéressé, évoluant vers des menaces à caractère terroriste, constituaient une menace grave pour l'ordre public et portaient atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État. Le tribunal a également jugé que l'arrêté fixant le Maroc comme pays de destination ne méconnaissait pas l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant chinois condamné pour meurtre, qui demandait l'annulation de son arrêté d'expulsion du 5 décembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet de police était compétent pour signer l'arrêté et que la motivation de la décision, qui invoquait une menace grave pour l'ordre public, était suffisante au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 631-1) et du code des relations entre le public et l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, faute d'urgence démontrée.
07/04/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Habitat Cavaignac visant à annuler l'arrêté municipal du 17 janvier 2024 refusant la transformation d'un local commercial en meublé de tourisme. La juridiction a jugé que le refus de la Maire de Paris était légal, car il était justifié par la nécessité de protéger l'environnement urbain et l'équilibre entre les fonctions de la ville, conformément au règlement municipal adopté sur le fondement du code du tourisme (articles L. 324-1-1 et R. 324-1-5). La demande d'injonction et de condamnation pécuniaire à l'encontre de la Ville a également été rejetée.
23/03/2026