mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2211064 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET WOOG & ASSOCIES (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et cinq mémoires, enregistrés les 16 mai 2022, 28 mars 2023, 1er juin 2023, 23 juillet 2024, pour deux d'entre eux, et 20 septembre 2024, les sociétés Vinci Construction France, Campenon Bernard Construction, ADIM Paris Ile-de-France et Vinci Facilities, représentées par Me Charvin, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner Sorbonne Université à leur verser, à titre principal, la somme de 987 168,17 euros, dont 263 318,17 euros pour la société ADIM, 151 400 euros pour la société Vinci Construction France, 96 232 euros pour la société Vinci Facilities et 474 218 euros pour la société Campenon Bernard Construction, à titre subsidiaire, la somme de 888 405,78 euros dont 237 498,49 euros pour la société ADIM, 150 998,45 euros pour la société Vinci Construction France, 92 729,84 euros pour la société Vinci Facilities et 407 179 euros pour la société Campenon Bernard Construction et, à titre infiniment subsidiaire, la somme de 373 585,98 euros, dont 151 617,90 euros pour la société ADIM, 117 432,53 euros pour la société Vinci Construction France, 38 443,55 euros pour la société Vinci Facilities et 63 092 euros pour la société Campenon Bernard Construction, en réparation des préjudices nés pour elles de fautes commises par Sorbonne Université à l'occasion de la procédure de passation d'un contrat de concession ayant pour objet la construction, la conception, le financement, l'entretien, la maintenance et l'exploitation de l'ouvrage dénommé " Paris Parc " ;
2°) de mettre à la charge de Sorbonne Université la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- Sorbonne Université a méconnu le calendrier fixé par le règlement de la consultation relatif à l'avis de concession n° 18-2725 du 15 janvier 2018 ;
- Sorbonne Université a inutilement prolongé la négociation pour l'attribution de cette concession alors qu'elle savait que celle-ci ne serait pas attribuée au groupement requérant ;
- Sorbonne Université ne leur a pas communiqué le dossier " PRO2 " alors qu'elle s'y était engagée ;
- ces faits constituent des fautes de natures à engager la responsabilité de Sorbonne Université ;
- ces fautes sont à l'origine d'un préjudice pour les sociétés requérantes, qui ont engagé, en pure perte, des frais pour la constitution de leurs offres intermédiaire et finale.
Par sept mémoires en défense enregistrés les 3 octobre 2022, 12 mai 2023, 20 février 2024, 1er juillet 2024, 22 juillet 2024, pour deux d'entre eux, et 6 septembre 2024, l'établissement public Sorbonne Université, représenté par Me Treca, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, subsidiairement, à son rejet au fond et à ce que la somme de 4 500 euros soit mise à la charge des requérantes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté ;
- les demandes fondées sur l'inutilité de la prolongation de la négociation et sur le défaut de communication du dossier " PRO2 " sont irrecevables, le contentieux n'ayant pas été lié sur ces fondements ;
- les moyens soulevés par la société Vinci Construction France ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 23 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 octobre 2024.
Un mémoire produit par l'établissement public Sorbonne Université, représenté par Me Treca, a été enregistré le 4 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2016-65 du 29 janvier 2016 relative aux contrats de concession ;
- le décret n° 2016-86 du 1er février 2016 relatif aux contrats de concession ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marthinet,
- les conclusions de Mme Marcus, rapporteure publique,
- et les observations de Me Charvin, représentant les sociétés Vinci Construction France, Campenon Bernard Construction, ADIM Paris Ile-de-France et Vinci Facilities, et de Me Palombelli représentant Sorbonne Université.
Considérant ce qui suit :
1. Sorbonne Université, établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel, a, par un avis de publicité du 15 janvier 2018, engagé la procédure en vue de la passation d'un contrat de concession pour la construction, la conception, le financement, l'entretien, la maintenance et l'exploitation de l'ouvrage " Paris Parc ", projet ayant pour objet la valorisation de l'innovation et de la recherche par la mise à disposition d'espaces et la gestion d'une pépinière d'entreprises, d'un hôtel d'entreprises et d'espaces de séminaire et de formation. Le groupement requérant, dont la société Vinci Construction France était le mandataire, a été admis à déposer une offre. A la suite de la réception de son offre initiale, une phase de négociation s'est engagée, au cours de laquelle le deuxième candidat s'est désisté. A l'issue de cette négociation, le groupement requérant a, le 15 octobre 2020, déposé son offre finale. Cependant, par une décision du 7 décembre 2020, Sorbonne université a déclaré sans suite cette procédure. Les sociétés Vinci Construction France, Campenon Bernard Construction, ADIM Paris Ile-de-France et Vinci Facilities demandent au tribunal de condamner l'établissement public Sorbonne Université à réparer les préjudices nés pour eux de diverses fautes qui auraient été commises par ce dernier durant cette phase de négociation.
Sur la responsabilité :
2. Les sociétés requérantes soutiennent, en premier lieu, que Sorbonne Université aurait commis une faute en ne respectant pas le calendrier figurant à l'article 11 du règlement de la consultation, la phase de négociation s'étant ainsi poursuivie jusqu'à la déclaration sans suite du 7 décembre 2020 alors que ce calendrier prévoyait une attribution de la concession à la date du 16 mai 2019. Cependant, ainsi que le fait valoir Sorbonne Université, ce calendrier présentait un caractère purement indicatif, l'article 11 stipulant que l'établissement public " conserv[ait]la possibilité d'apporter toutes modifications nécessaires à ce calendrier en fonction de l'évolution des circonstances de la consultation ". Par suite, les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir qu'en s'écartant de ce calendrier, Sorbonne Université a commis une faute.
3. En second lieu, il ne résulte pas de l'instruction que Sorbonne Université ait engagé et poursuivi la phase de négociation alors que l'établissement aurait eu la certitude que la négociation ne pourrait aboutir à l'attribution de la concession au groupement représenté par la société Vinci Construction France. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que Sorbonne Université ait jamais pris l'engagement contraignant de communiquer à cette même société l'étude de projet définitive des choix architecturaux et techniques, document dit " A 2 ", à une date antérieure à celle de la remise de l'offre finale. Par suite, les sociétés requérantes ne sont, en tout état de cause, pas fondées à demander, sur ce terrain, l'engagement de la responsabilité pour faute de Sorbonne Université.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir soulevées par Sorbonne Université.
Sur les frais du litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Sorbonne Université, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des sociétés Vinci Construction France, Campenon Bernard Construction, ADIM Paris Ile-de-France et Vinci Facilities une somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés par Sorbonne Université et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des sociétés Vinci Construction France, Campenon Bernard Construction, ADIM Paris Ile-de-France et Vinci Facilities est rejetée.
Article 2 : Les sociétés Vinci Construction France, Campenon Bernard Construction, ADIM Paris Ile-de-France et Vinci Facilities verseront à Sorbonne Université une somme globale de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Vinci Construction France, première dénommée, en sa qualité de représentante unique des requérantes, et à Sorbonne Université.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- M. Marthinet, premier conseiller,
- Mme Madé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
Le rapporteur,
L. Marthinet
La présidente,
P. BaillyLa greffière,
P. Tardy-Panit
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609180
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... C... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger. Le tribunal a jugé que la déclaration de candidature, bien que déposée par courriel avant l'heure limite, n'avait été effectivement reçue et enregistrée par le consulat qu'après cette échéance, constituant ainsi un dépôt hors délai. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article 19 de la loi n°2013-659 du 22 juillet 2013, qui fixe les conditions et délais de dépôt des candidatures.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609330
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger. Le tribunal a jugé que l'ambassadeur, en situation de compétence liée par la loi du 22 juillet 2013, devait refuser le récépissé définitif car la déclaration de candidature, déposée après l'heure limite locale (18h) et incomplète, ne satisfaisait pas aux conditions impératives de l'article 19 de cette loi. Les moyens invoqués par la requérante, notamment sur la confusion horaire ou les circonstances exceptionnelles, n'ont pas été retenus comme de nature à affecter cette appréciation légale.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger en Algérie. Le tribunal a jugé que le consul général, agissant en situation de compétence liée, devait légalement refuser l'enregistrement car le dossier complet et conforme a été reçu après l'heure limite de dépôt fixée à 18h par l'article 19 de la loi du 22 juillet 2013. Les moyens invoqués par le requérant, notamment une erreur matérielle dans l'envoi, n'ont pas été retenus pour faire échec à cette obligation de rejet.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609178
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en plein contentieux visant l'annulation du refus d'enregistrement d'une liste candidate aux élections des conseillers des Français de l'étranger pour la circonscription de Monaco. Le tribunal a annulé la décision du chef de poste consulaire, considérant que ce dernier avait excédé son pouvoir de contrôle en vérifiant des conditions non prévues par la loi, telle que l'inscription sur la liste électorale consulaire. La décision s'appuie sur l'article 19 de la loi n°2013-659 du 22 juillet 2013, qui limite strictement les motifs de refus d'enregistrement d'une candidature.
28/03/2026