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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2211077

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2211077

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2211077
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET JURIS DOMUS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022, la société Stef Corcoll, représentée par Me Harand, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception du 6 juillet 2021 lui réclamant le reversement d'une somme de 20 000 euros représentant un trop perçu d'aides versées au titre du premier volet du fonds de solidarité institué pour aider les entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, pour les mois d'octobre et novembre 2020, ensemble la décision implicite rejetant sa réclamation.

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle a fourni les pièces sollicitées pour justifier de son chiffre d'affaires 2019 et 2020 et n'a reçu aucune réponse à ses demandes d'explication ; elle remplit les conditions pour bénéficier de ces aides.

Une mise en demeure de produire un mémoire en défense dans un délai d'un mois a été adressé au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et du département de Paris le 24 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Evgénas,

- et les conclusions de M. Halard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société Stef Corcoll demande au tribunal d'annuler le titre de perception du 6 juillet 2021 lui réclamant le reversement d'une somme de 20 000 euros représentant un trop perçu d'aides versées au titre du premier volet du fonds de solidarité institué pour aider les entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, pour les mois d'octobre et novembre 2020, ensemble la décision implicite rejetant sa réclamation.

Sur l'acquiescement aux faits :

2. Aux termes des dispositions de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à une telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit et il lui appartient seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.

3. En l'espèce, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée, la direction régionale des finances publiques d'Ile de France et du département de Paris n'a produit aucune observation en défense avant la clôture de l'instruction. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au tribunal de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par les pièces du dossier et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant.

4. Par un courrier en date du 11 juin 2021, l'administration a informé la société Stef Corcoll de ce qu'elle envisageait la récupération des aides versées au titre des mois d'octobre et novembre 2020 pour un total de 20 000 euros et a indiqué " vous avez été invité à produire des justificatifs de votre chiffre d'affaires des années 2019 et 2020. Le contrôle a constaté un indu, un titre de perception de 20 000 euros sera donc émis ". Il ressort des pièces du dossier que, par un courriel du 18 juin 2021, la société requérante a transmis les justificatifs de ses chiffres d'affaires des années 2019 et 2020 et n'a pas reçu de réponse de la part de l'administration. Sa demande d'explication du 26 juillet 2021 n'a donné lieu à aucune réponse ni son opposition formée à l'encontre du titre de perception du 6 juillet 2021. Dans ces conditions, et dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que la société Stef Corcoll a fourni les justificatifs sollicités relatifs à sa perte de chiffre d'affaires au titre des mois en cause, éléments qui ne sont pas contestés par l'administration qui n'a pas produit de mémoire en défense malgré l'envoi d'une mise en demeure du 6 octobre 2023, la société requérante est fondée à soutenir que c'est à bon droit qu'elle a perçu les aides en litige.

5. Il résulte de ce qui précède que la société Stef Corcoll peut prétendre à l'annulation du titre de perception du 6 juillet 2021 lui réclamant le reversement d'une somme de 20 000 euros représentant un trop perçu d'aides versées au titre du premier volet du fonds de solidarité institué pour aider les entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, pour la période de mars 2020 à février 2021, ensemble la décision implicite rejetant sa réclamation.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la société Stef Corcoll en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le titre de perception du 6 juillet 2021 adressé à la société Stef Corcoll ainsi que la décision implicite rejetant sa réclamation sont annulés.

Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à la société Stef Corcoll en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Stef Corcoll et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et du département de Paris.

Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Evgénas, présidente,

Mme Laforêt, première conseillère,

Mme Marchand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

La présidente-rapporteure,

J. EVGENAS

L'assesseure la plus ancienne,

L. LAFORET

La greffière,

M.-C. POCHOT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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