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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2211081

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2211081

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2211081
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET ANNE BOST AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mai 2022, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 17 septembre 2021 par l'autorité de régulation des transports, pour un montant de 10 082,41 euros correspondant à un rappel de rémunération, ensemble la décision du 18 mars 2022 de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'autorité de régulation des transports une somme de 1 500 euros au titre des frais de justice.

Il soutient que :

- les visas du titre exécutoire sont inapplicables et par suite erronés ;

- l'arrêté du 27 février 2020 crée une discrimination entre les vice-présidents de l'autorité de régulation des transports contraire au principe d'égalité ;

- la baisse de rémunération de près de 11% résultant du décret du 27 février 2020 relève de l'erreur manifeste d'appréciation ;

- le dispositif revient à détourner de son objet, l'indemnité de fonction constitue une seconde rupture d'égalité.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2023, l'ART, représentée par Me Bost conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mars 2023.

Les parties ont été informées par un courrier du 20 mars 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur du moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté de la requête enregistrée le 17 mai 2022 dès lors que la décision du 18 mars 2022 est confirmative de la décision implicite qui est née à l'expiration d'un délai de deux mois suite à sa demande formée le 22 novembre 2021.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code des transports ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rebellato, rapporteur,

- et les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. A compter de sa nomination par décret du 19 mai 2020 en qualité de vice-président de l'autorité de régulation des transports (ART), M. A a été rémunéré en application des dispositions de l'arrêté du 20 octobre 2010. Ce n'est qu'en mars 2021 que le service des ressources humaines a constaté une erreur quant au fondement et aux modalités de calcul de la rémunération de M. A qui devait être rémunéré en application des dispositions de l'arrêté du 27 février 2020. Un titre exécutoire a donc été émis le 17 septembre 2021 par l'ART, pour un montant de 10 082,41 euros correspondant à un rappel de rémunération pour la période de mai 2020 à février 2021. Le 22 novembre 2021, M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de ce titre exécutoire qui a été rejetée implicitement. Le 18 mars 2022, l'ART a pris une décision expresse de rejet. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire émis le 17 septembre 2021 ainsi que la décision du 18 mars 2022 portant rejet de son recours gracieux.

2. D'une part, aux termes du 5° de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents. Le premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative dispose que : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. "

3. Il résulte des dispositions qui viennent d'être rappelées qu'un requérant n'est pas recevable à contester une décision expresse confirmative d'une décision de rejet devenue définitive. Il en va différemment si la décision de rejet n'est pas devenue définitive, le requérant étant alors recevable à en demander l'annulation dès lors qu'il saisit le juge dans le délai de recours contre la décision expresse confirmant ce rejet.

4. D'autre part, aux termes de l'article 5 du décret du 7 novembre 2012 : Par dérogation au 4° de l'article 1er et au premier alinéa de l'article 3, les dispositions du présent décret ne s'appliquent pas () autorités publiques indépendantes (). Ainsi, en vertu de l'article 5 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable public, les dispositions de ce décret ne sont pas applicables à l'ART.

5. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire émis le 17 septembre 2021, qui mentionnait les voies et délais de recours, a été notifié à M. A le 24 septembre 2021. Si le recours gracieux de l'intéressé du 22 novembre 2021, notifié le 25 novembre suivant au président de l'ART a interrompu le délai de recours, ce dernier a recommencé à courir le 26 janvier 2022, date à laquelle une décision implicite de rejet est née. Enfin, si une décision expresse de rejet a été prise le 18 mars 2022, cette décision expresse est confirmative dès lors que la décision de rejet du 26 janvier 2022 est devenue définitive. Par suite, la requête de M. A, enregistrée le 17 mai 2022 était tardive. Ainsi, les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation du titre exécutoire du 17 septembre 2021, ensemble la décision issue de son recours administratif sont irrecevables et doivent être rejetées.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation du titre exécutoire émis le 17 septembre 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'autorité de régulation des transports.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gros, président,

M. Feghouli, premier conseiller,

M. Rebellato, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 25 avril 2024.

Le rapporteur,

J. REBELLATO

Le président,

L. GROS

La greffière,

C. CHAKELIAN

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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