mardi 26 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2211272 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET DONAT (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mai 2022 et un mémoire du 1er mars 2023, la société On aura tout vu, représentée par Me Donat, demande au tribunal d'annuler la décision du
22 avril 2022 par laquelle le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités a rejeté sa réclamation formée à l'encontre du titre de perception émis le 10 novembre 2021 faisant suite à une décision de sanction administrative prise le 31 mars 2021 par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Île-de-France pour manquement aux dispositions de l'article L.124-8 du code de l'éducation
La société On aura tout vu soutient que la décision est disproportionnée au regard de sa situation économique difficile, et qu'elle avait finalement réalisé les travaux requis fin juin 2019.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 juillet 2022 et le 28 mars 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la direction régionale interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mars 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Renvoise ;
- les conclusions de Mme Beugelmans-Lagane, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société On aura tout vu, qui exploite une activité de commerce d'habillement et de chaussures à Paris, 1er arrondissement, demande l'annulation de la décision du 22 avril 2022 par laquelle le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités a rejeté sa réclamation formée en application de l'article 117 du décret du
7 novembre 2012, relatif à la gestion budgétaire et comptable, à l'encontre du titre de perception émis le 10 novembre 2021 faisant suite à une décision de sanction administrative prise le
31 mars 2021 par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Ile-de-France pour plusieurs manquements aux dispositions du code du travail concernant la mise à disposition d'un vestiaire ou de meubles de rangement, un lavabo et un second cabinet d'aisances.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 4228-1 du code du travail : " L'employeur met à la disposition des travailleurs les moyens d'assurer leur propreté individuelle, notamment des vestiaires, des lavabos, des cabinets d'aisance et, le cas échéant, des douches. ". Aux termes de l'article R. 4228-2 du code : " Les vestiaires collectifs et les lavabos sont installés dans un local spécial de surface convenable, isolé des locaux de travail et de stockage et placé à proximité du passage des travailleurs. Lorsque les vestiaires et les lavabos sont installés dans des locaux séparés, la communication entre ceux-ci doit pouvoir s'effectuer sans traverser les locaux de travail ou de stockage et sans passer par l'extérieur ". Aux termes de l'article R. 4228-4 du même code : " Les locaux affectés aux vestiaires collectifs et lavabos sont aérés conformément aux règles d'aération et d'assainissement du chapitre II et convenablement chauffés ". Aux termes de l'article R. 4228-11 du même code : " Les cabinets d'aisance ne peuvent communiquer directement avec les locaux fermés dans lesquels les travailleurs sont appelés à séjourner. Ils sont aménagés de manière à ne dégager aucune odeur.
Ils sont équipés de chasse d'eau et pourvus de papier hygiénique ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 8115-1 du code du travail : " L'autorité administrative compétente peut, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1, et sous réserve de l'absence de poursuites pénales, soit adresser à l'employeur un avertissement, soit prononcer à l'encontre de l'employeur une amende en cas de manquement : () / 5° Aux dispositions prises pour l'application des obligations de l'employeur relatives aux installations sanitaires, à la restauration et à l'hébergement prévues au chapitre VIII du titre II du livre II de la quatrième partie, ainsi qu'aux mesures relatives aux prescriptions techniques de protection durant l'exécution des travaux de bâtiment et génie civil prévues au chapitre IV du titre III du livre V de la même partie pour ce qui concerne l'hygiène et l'hébergement. ". Aux termes de l'article L. 8115-4 de ce code : " Pour déterminer si elle prononce un avertissement ou une amende et, le cas échéant, pour fixer le montant de cette dernière, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, notamment sa bonne foi, ainsi que ses ressources et ses charges ".
4. En l'espèce, pour contester le titre exécutoire, la société requérante, qui ne conteste pas la matérialité des faits reprochés, soutient que la sanction prononcée à son encontre est disproportionnée au regard de sa situation financière, qu'elle avait effectué les travaux nécessaires fin juin 2019, dans le mois suivant le dernier contrôle en date du 3 juin 2019. Cependant, d'une part, il résulte de l'instruction que l'administration, dans sa décision attaquée, a pris en compte les observations de la société requérante en fixant la sanction à 30 400 euros alors que le montant maximal encouru s'élevait à 124 000 euros. D'autre part, la société n'a pas coopéré diligemment avec l'administration, dès lors que les manquements ont perduré malgré les mises en demeure adressées en 2018. Enfin, la circonstance que la société avait finalement réalisé les travaux requis fin juin 2019 et que l'inspectrice du travail ne s'est pas rendue sur place malgré sa demande est inopérante. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation sur la gravité des manquements reprochés doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la société On aura tout vu est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société On aura tout vu et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Copie en sera adressée au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Gracia, président,
- Mme Merino, première conseillère,
- Mme Renvoise, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2023.
La rapporteure,
T. RENVOISE
Le président,
J-Ch. GRACIA
La greffière,
C. YAHIAOUI
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/3-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2535565
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que le préfet avait légalement appliqué l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en fondant son refus sur la condamnation de l'intéressée pour des faits relevant des articles 222-34 à 222-40 du code pénal. Il a également estimé que les circonstances invoquées (emploi stable, sursis) étaient sans incidence sur la légalité de la décision et n'ont pas constaté de méconnaissance de l'article 8 de la CEDH.
26/03/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant le renouvellement du titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante brésilienne. La juridiction a retenu que le préfet avait méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne procédant pas à une appréciation individuelle et concrète de la situation de l'intéressée, notamment au regard de son état de santé et de son droit au respect de la vie privée et familiale (article 8 de la CEDH). Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
26/03/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir contre le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant algérien. Le tribunal a annulé la décision attaquée, considérant que l'administration n'avait pas procédé à l'examen de la situation personnelle du requérant au regard de son pouvoir discrétionnaire de régularisation exceptionnelle. Cette solution s'appuie sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui régit le séjour des ressortissants algériens sans interdire une telle régularisation.
26/03/2026