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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2211481

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2211481

jeudi 21 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2211481
TypeDécision
PublicationD
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET CASSEL (SELAFA)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Sous le n° 2211481, par une requête enregistrée le 23 mai 2022, M. A D, représenté par le cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice a prononcé sa mutation au poste de coordinateur transverse technique à compter du 1er novembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder au réexamen de sa demande, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière ;

- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la mutation d'office ne fait pas partie des sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que sa mutation n'est pas justifiée par l'intérêt du service et qu'il ne dispose pas des compétences professionnelles requises par ses nouvelles fonctions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 mai 2024, la clôture de l'instruction a, en dernier lieu, été fixée au 6 juin 2024.

II. Sous le n° 2221407, par une requête enregistrée le 13 octobre 2022, M. A D, représenté par le cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avenant n° 8 à son contrat d'engagement établi le 23 septembre 2022 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice, a confirmé sa mutation au poste de coordinateur transverse technique à compter du 1er juillet 2022 ;

2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder au réexamen de sa demande, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière ;

- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la mutation d'office ne fait pas partie des sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que sa mutation n'est pas justifiée par l'intérêt du service et qu'il ne dispose pas compétences professionnelles requises par ses nouvelles fonctions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 mai 2024, la clôture de l'instruction a, en dernier lieu, été fixée au 6 juin 2024.

III. Sous le n° 2321320, par une requête enregistrée le 14 septembre 2023, M. A D, représenté par le cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avenant n° 9 à son contrat d'engagement établi le 20 juillet 2023 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice, a confirmé sa mutation au poste de coordinateur transverse technique à compter du 1er juillet 2023 ;

2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder au réexamen de sa demande, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière ;

- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la mutation d'office ne fait pas partie des sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que sa mutation n'est pas justifiée par l'intérêt du service et qu'il ne dispose pas des compétences professionnelles requises par ses nouvelles fonctions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 24 juin 2024, la clôture de l'instruction a, en dernier lieu, été fixée au 7 août 2024.

IV. Sous le n° 2422855, par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 27 août et 5 septembre 2024, M. A D, représenté par le cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à raison de son absence d'affectation du 1er novembre 2021 au 1er février 2024, augmentée des intérêts à compter du dépôt de sa demande indemnitaire préalable le 25 juin 2024 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'administration l'a placé dans une position irrégulière depuis le 1er novembre 2021 et a ainsi commis une illégalité fautive de nature à engager sa responsabilité ;

- cette situation a affecté sa santé et freiné son évolution professionnelle, en particulier salariale ; les préjudices ainsi subis devront être indemnisés à hauteur de 30 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 10 octobre 2024, la clôture de l'instruction a, en dernier lieu, été fixée au 25 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lamarche,

- et les conclusions de Mme Kanté, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D a été recruté au ministère de la justice le 1er juin 2001 en qualité d'administrateur des réseaux Intranet/Internet, d'abord par contrats à durée déterminée, puis par contrat à durée indéterminée à compter du 1er juin 2007. A compter du 2 mai 2017, il a été affecté au poste de responsable de la cellule performance au sein du service des systèmes d'information et de communication, devenu " service du numérique " au cours de l'année 2020. En juillet 2021, une réorganisation importante de ce service a été entreprise. Par un arrêté du 25 mars 2022, le garde de sceaux, ministre de la justice a prononcé la mutation de l'intéressé au poste de " coordinateur transverse technique ", bureau " pilotage ", département pilotage produits numériques métiers (" PPNM ") du service du numérique à compter du 1er novembre 2021. Par les requêtes n° 2211481, n° 2221407 et n° 2321320, M. D sollicite l'annulation, respectivement, de cet arrêté, ainsi que des avenants n° 8 et n° 9 à son contrat d'engagement. Par la requête n° 2422855, il demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à raison de son absence d'affectation entre le 1er novembre 2021 et le 1er février 2024, augmentée des intérêts à compter du dépôt de sa demande indemnitaire préalable le 25 juin 2024.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 2211481, 2221407, 2321320 et 2422855 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice en date du 25 mars 2022 :

3. En premier lieu, par une décision du 7 juillet 2021, régulièrement publiée au Journal officiel de la République française le 14 juillet suivant, le garde des sceaux, ministre de la justice a donné délégation à Mme B C, cheffe du bureau de la gestion administrative et financière individuelle de l'administration centrale de la sous-direction des parcours professionnels, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement d'autres délégataires sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'auraient pas été absents ou empêchés lors de la signature de l'acte contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 45-3 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " Sans préjudice des dispositions relatives au licenciement pour faute disciplinaire, pour insuffisance professionnelle ou pour inaptitude physique, le licenciement d'un agent contractuel recruté pour répondre à un besoin permanent doit être justifié par l'un des motifs suivants : / 1° La suppression du besoin ou de l'emploi qui a justifié le recrutement de l'agent ; () ". Aux termes de l'article 45-4 du même décret : " En cas de transformation du besoin ou de l'emploi qui a justifié le recrutement de l'agent contractuel recruté pour un besoin permanent, l'administration peut proposer la modification d'un élément substantiel du contrat de travail tel que la quotité de temps de travail de l'agent, ou un changement de son lieu de travail. Elle peut proposer dans les mêmes conditions une modification des fonctions de l'agent, sous réserve que celle-ci soit compatible avec la qualification professionnelle de l'agent. Lorsqu'une telle modification est envisagée, la proposition est adressée à l'agent par lettre recommandée avec avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. () ". Enfin l'article 45-5 de ce décret prévoit : " I.-Le licenciement pour un des motifs prévus aux 1° à 4° de l'article 45-3 ne peut être prononcé que lorsque le reclassement de l'agent, dans un autre emploi que le code général de la fonction publique autorise à pourvoir par un agent contractuel et dans le respect des dispositions légales régissant le recrutement des agents contractuels, n'est pas possible. Ce reclassement concerne les agents recrutés pour des besoins permanents par contrat à durée indéterminée ()./ L'offre de reclassement proposée à l'agent est écrite et précise. L'emploi proposé est compatible avec ses compétences professionnelles. () III En cas de reclassement, ne sont pas applicables à la rupture ou à la modification du contrat antérieur de l'agent les dispositions relatives à la fin de contrat prévues au chapitre Ier ni celles relatives au licenciement prévues au chapitre II./ IV.-Lorsque l'agent refuse le bénéfice de la procédure de reclassement ou en cas d'absence de demande formulée dans le délai indiqué au troisième alinéa du II, l'agent est licencié au terme du préavis prévu à l'article 46.() ".

5. Dans le cadre de la réorganisation du service du numérique intervenue à l'été 2021, M. D a participé à une procédure de mobilité et a expressément donné son accord, le 4 août 2021, pour occuper le poste de chef de pôle " service de socle automatisé ". En conséquence, un nouveau contrat de travail prenant effet au 1er novembre 2021 a été établi le 22 octobre 2021. Le 9 novembre 2021, M. D a toutefois refusé de signer ce contrat pour des considérations salariales et manifesté l'intention de réintégrer sa précédente affectation. Le poste de " responsable de la cellule performance " ayant, en tant que tel, disparu de la nouvelle organisation du service du numérique, une nouvelle proposition lui a été adressée en qualité d'expert transverse technique, bureau " qualité, méthode, outils " (QMO) au sein du département " PPNM ". A sa demande, la fiche de poste correspondante a été modifiée à plusieurs reprises afin de correspondre, au plus près, aux compétences professionnelles telles qu'exprimées par l'intéressé lui-même. Dans ces conditions, l'arrêté contesté, qui s'inscrit dans le cadre de la procédure de reclassement prévue par l'article 45-5 précédemment citée doit être regardé comme ayant été précédé d'une offre de reclassement précise et écrite. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 311-1 du code général de la fonction publique en vigueur depuis le 1er mars 2022 : " Sauf dérogation prévue par le présent livre, les emplois civils permanents de l'Etat, () sont occupés soit par des fonctionnaires régis par le présent code, () ". Aux termes de l'article L. 322-2 du même code : " Par dérogation à la règle énoncée à l'article L. 311-1, des agents contractuels de l'Etat peuvent être également recrutés dans les cas suivants : / 1° En l'absence de corps de fonctionnaires de l'Etat susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; () ". Enfin, l'article L. 332-4 de ce code précise : " Les contrats conclus en application du 1° de l'article L. 332-1 () peuvent l'être pour une durée indéterminée. () ".

7. Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu que les emplois civils permanents de l'Etat, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics à caractère administratif soient en principe occupés par des fonctionnaires et qu'il n'a permis le recrutement d'agents contractuels qu'à titre dérogatoire et subsidiaire, dans les cas particuliers énumérés par la loi, que ce recrutement prenne la forme de contrats à durée déterminée ou de contrats à durée indéterminée. Par suite, un agent contractuel ne peut tenir de son contrat le droit de conserver l'emploi pour lequel il a été recruté. Lorsque l'autorité administrative entend affecter un fonctionnaire sur cet emploi ou supprimer cet emploi dans le cadre d'une modification de l'organisation du service elle peut, pour ce motif, légalement écarter l'agent contractuel de cet emploi.

8. Toutefois il résulte d'un principe général du droit, dont s'inspirent tant les dispositions du code du travail relatives à la situation des salariés dont l'emploi est supprimé que les règles du statut général de la fonction publique qui imposent de donner, dans un délai raisonnable, aux fonctionnaires en activité dont l'emploi est supprimé une nouvelle affectation correspondant à leur grade, qu'il incombe à l'administration, avant de pouvoir prononcer le licenciement d'un agent contractuel recruté en vertu d'un contrat à durée indéterminée, motivé par la suppression, dans le cadre d'une réorganisation du service, de l'emploi permanent qu'il occupait, de chercher à reclasser l'intéressé. La mise en œuvre de ce principe implique que l'administration propose à l'agent en cause un emploi de niveau équivalent, ou, à défaut d'un tel emploi et s'il le demande, tout autre emploi.

9. Pour justifier le changement d'affectation en litige, le garde des sceaux, ministre de la justice, fait valoir que le poste précédemment occupé par M. D a été supprimé à l'issue de la réorganisation du service du numérique entreprise au cours de l'année 2021. Si le requérant soutient que ce poste a simplement été renommé en " référent tests de performance ", il ressort toutefois des pièces du dossier que la cellule " performance " dont il était jusqu'alors responsable n'existait plus dans le nouvel organigramme du service du numérique. En outre, la comparaison des deux fiches de postes révèle que si les missions sont demeurées similaires, les compétences requises et les qualités attendues ont été modifiées. Au demeurant, M. D qui s'est borné à affirmer vouloir réintégrer son précédent poste, n'a pas sollicité son affectation sur le poste alors intitulé " référent tir de performance " pourtant disponible au recrutement dès le mois d'octobre 2021. Dans ces conditions, la nouvelle affectation de M. D doit être regardée comme étant justifiée par la suppression du précédent poste occupé par l'intéressé, à la suite de la réorganisation du service du numérique. Par conséquent, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté aurait été pris en considération de sa personne ou caractériserait une sanction déguisée.

10. En quatrième lieu, il résulte de ce qui vient d'être exposé que l'arrêté en litige n'est pas constitutif d'une mesure disciplinaire déguisée. Par suite, M. D n'est pas fondé à faire valoir que la mutation d'office n'est pas au nombre des sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels de l'Etat. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, dès lors, être écarté.

11. En cinquième et dernier lieu, M. D soutient que sa nouvelle affectation serait incompatible avec ses compétences professionnelles et, par suite, contraire à l'intérêt du service. Il ressort toutefois des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 5, qu'à la demande de l'intéressé la fiche du poste d'expert technique transverse initialement proposée a été modifiée à plusieurs reprises afin de correspondre aussi précisément que possible aux compétences qu'il a lui-même exprimées. L'intitulé même du poste " coordinateur technique transverse " mentionné dans l'arrêté en litige est celui proposé par le requérant. Il est par ailleurs constant que sa nouvelle affectation correspond au niveau d'emploi et de rémunération de la précédente. Au demeurant, M. D, dans un courriel daté du 13 janvier 2022 a lui-même déclaré qu' " à défaut d'expliquer/justifier la suppression de [son] poste à la Cellule Performance du CCT () " la nouvelle fiche de poste qui lui était soumise lui semblait " être une solution acceptable ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrête du 25 mars 2022 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice a prononcé sa mutation au poste de " coordinateur transverse technique " à compter du 1er novembre 2021.

Sur les conclusions aux fins d'annulation des avenants n° 8 et n° 9 au contrat d'engagement de M. D :

13. M. D sollicite l'annulation des avenants n° 8 et n° 9 à son contrat d'engagement respectivement datés des 23 septembre 2022 et 20 juillet 2023 en tant qu'ils viendraient confirmer sa mutation au poste en litige. Il ressort toutefois des termes mêmes de ces avenants, dont l'unique motif est : " modification de la rémunération ", qu'ils ont exclusivement eu pour objet de tirer les conséquences des revalorisations salariales de 3,5 % puis 1,5 % du point d'indice appliquées à l'ensemble des agents publics à compter, respectivement des 1er juillet 2022 et 1er juillet 2023. Dans ces conditions, les moyens soulevés par le requérant, identiques à ceux qui viennent d'être écartés dans la requête n° 2211481, sont, en tout état de cause, sans influence sur leur légalité. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ces deux avenants ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

14. M. D soutient que l'administration aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en l'absence d'affectation régulière entre le 1er novembre 2021 et le 1er février 2024, date de sa nouvelle affectation.

15. Il résulte toutefois de ce qui précède que l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice a prononcé sa mutation au poste de " coordinateur transverse technique " à compter du 1er novembre 2021 n'est entaché d'aucune illégalité fautive de nature à engager la responsabilité de l'Etat. Au demeurant, si M. D se plaint d'être demeuré plusieurs mois sans fonctions, l'administration a respecté le délai raisonnable dont elle disposait pour prononcer sa nouvelle affectation et ce délai ne saurait, en outre, être regardé comme lui étant imputable. Par suite, les conclusions indemnitaires de M. D doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation ainsi que les conclusions indemnitaires présentées par M. D, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°s 2211481, 2221407, 2321320 et 2422855 de M. D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Ho Si Fat, président,

Mme Lamarche, première conseillère,

M. Maréchal, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.

La rapporteure,

M. LamarcheLe président,

F. Ho Si FatL'assesseure la plus ancienne,

C. Kante

La greffière,

V. Lagrède

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2211481 - 2221407 - 2321320 - 2422855

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