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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2211739

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2211739

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2211739
TypeDécision
PublicationC
Formation3e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET ADDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 26 mai 2022 sous le n° 2211739, la société Dainty, représentée par Me Boudriche, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 mars 2022 par laquelle la Caisse des dépôts et consignations a ordonné son déréférencement de la plateforme dématérialisée " Mon Compte de Formation " pour une durée de douze mois et a refusé de lui payer la somme de 138 000 euros afférente à 58 dossiers de formation ;

2°) d'enjoindre à la Caisse des dépôts et consignations de procéder au paiement des sommes concernant les 58 dossiers de formation à hauteur de 138 000 euros dans un délai de 15 jours sous astreinte prise en application de l'article 6.9 des conditions particulières aux organisations de formation ;

3°) de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision est intervenue au terme d'une procédure irrégulière tirée de la méconnaissance de la procédure contradictoire dès lors que, d'une part, la lettre d'observation du 26 octobre 2021 de la Caisse des dépôts et consignations n'a pas été envoyée " par tout moyen physique ou dématérialisé permettant d'en garantir la date de réception " en méconnaissance de l'article 13 des conditions générales d'utilisation et, d'autre part, la période contradictoire aurait dû être prolongée afin de permettre un échange complémentaires sur les justificatifs qu'elle a apportés par un courrier du 21 décembre 2021, conformément aux stipulations du même article et, enfin, elle n'a été informée des suites données à son courrier du 21 décembre 2021 transmettant des pièces justificatives après le délai d'un mois après la fin de la période contradictoire, contrairement aux mentions contenues dans le courrier de la Caisse du

10 décembre 2021 ;

- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation dès lors qu'elle ne permet pas de comprendre la nature du manquement reproché, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle n'a commis aucune manœuvre frauduleuse et que la seule suspicion de fraude est insuffisante pour établir un manquement à ses engagements au sens de l'article R. 6333-6 du code du travail.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2022, la Caisse des dépôts et consignations, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête, à la mise à la charge de la société Dainty d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au rejet des dépens.

Elle soutient que les moyens soulevés par la société Dainty ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 6 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mai 2023.

II. Par une requête, enregistrée le 26 mai 2022 sous le n° 2211741, la société Dainty, représentée par Me Boudriche, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

R. 541-1 du code de justice administrative de lui allouer, à titre de provision, la somme de 138 000 euros concernant les 58 dossiers de formation non payés dans l'attente du jugement à intervenir et de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations la somme de

3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2211739.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2022, la Caisse des dépôts et consignations, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société requérante de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la créance présente un caractère sérieusement contestable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- les conditions générales d'utilisation de la plateforme " Mon compte formation " ;

- les conditions particulières applicables aux organismes de formation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Salzmann,

- les conclusions de Mme Castéra, rapporteure publique,

- et les observations de Me Monfront, représentant la Caisse des dépôts et consignations.

Considérant ce qui suit :

1. La société Dainty, immatriculée au registre du commerce et des sociétés le

16 avril 2021, a pour objet de réaliser des actions de formation professionnelle à distance, notamment par le biais de la plateforme " Mon Compte de Formation " sur laquelle elle est référencée. Par un courrier du 26 octobre 2021, la Caisse des dépôts et consignations l'a informée de la détection de graves anomalies dans ses dossiers de formation au motif qu'elle a financé plus de 10 % de ses actions de formation par l'intermédiaire de crédits issus du droit individuel à la formation (DIF) de titulaires disposant de plus de 1 800 euros de crédit et ayant moins de 30 ans, configuration s'avérant légalement impossible, correspondant à 58 dossiers, et l'a invitée à formuler ses observations. A la suite d'une période contradictoire, par une décision du

28 mars 2022, la Caisse des dépôts et consignations a ordonné le déréférencement de la société Dainty de la plateforme dématérialisée " Mon Compte de Formation " pour une durée de douze mois et a refusé de lui payer la somme de 138 000 euros afférente aux 58 dossiers de formation litigieux au motif que la société a pris part à des manœuvres frauduleuses. Par une première requête, enregistrée sous le n° 2211739, la société Dainty demande l'annulation de cette décision. Par une seconde requête, enregistrée sous le n° 2211741, la société Dainty demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative de lui allouer, à titre de provision, la somme de 138 000 euros dans l'attente du jugement à intervenir.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les requêtes susvisées concernent les mêmes parties, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a ainsi lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur la requête en référé provision n°2211741 :

3. Le présent jugement statuant sur le fond de la demande de la société Dainty, la demande de provision présentée dans la requête n°2211741 devient sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 6323-9 du code du travail : " La Caisse des dépôts et consignations gère le compte personnel de formation, le service dématérialisé, ses conditions générales d'utilisation et le traitement automatisé mentionnés à l'article L. 6323-8 dans les conditions prévues au chapitre III du titre III du présent livre. Les conditions générales d'utilisation précisent les engagements souscrits par les titulaires du compte et les prestataires mentionnés à l'article L. 6351-1 ". Aux termes de l'article 13.1.1 des conditions générales d'utilisation (" CGU ") : " En présence de tout différend entre la CDC d'une part et les OF ou Titulaires de compte d'autre part, les Parties conviennent d'appliquer la présente procédure aux fins de tenter de trouver un accord amiable. La CDC adresse par tout moyen physique ou dématérialisé permettant d'en garantir la date de réception, à la partie en manquement, une lettre d'observations. A réception de la lettre d'observations, le Titulaire du compte ou l'Organisme de formation concerné dispose d'une période d'échange sur les constats et observations adressés. Cette période est dite " Période Contradictoire ". () Cette Période Contradictoire peut être () prolongée par la CDC lorsque les contrôles réalisés font apparaître de nouveaux éléments nécessitant un échange complémentaire avec l'Organisme de formation ou le Titulaire de compte () ".

5. En premier lieu, il ressort d'abord des pièces du dossier que la lettre d'observation du 26 octobre 2021 a été envoyée par la Caisse des dépôts et consignations en lettre recommandée avec accusé de réception et a été déposée le 26 octobre 2021. L'avis de réception produit, qui comporte la nouvelle adresse indiquée par la société requérante ainsi que sa signature, mentionne que cette lettre a été remise à la société Dainty le 28 octobre 2021. La société requérante a, au demeurant, répondu à cette lettre d'observation par un courrier du 30 octobre 2021. Par suite, la première branche du moyen tiré du vice du contradictoire et tenant à ce que la lettre d'observation n'aurait pas été envoyée par tout moyen permettant d'en garantir la date de réception, en méconnaissance de l'article 13.1.1 du CGU, manque en fait et doit être écarté.

6. Il ressort ensuite des pièces du dossier que la période contradictoire ouverte par la lettre d'observation du 26 octobre 2021 a été prolongée par la Caisse des dépôts et consignation à la suite de la réception des observations formulées par la société Dainty dans son courrier du 30 octobre 2021. La Caisse des dépôts et consignations a ainsi envoyé à la société, le

10 décembre 2021, une lettre d'observation complémentaire dans laquelle elle lui a demandé de lui transmettre, dans un délai d'un mois, tout justificatif sur les 58 dossiers litigieux tels des éléments relatifs à ses méthodes de recrutement des stagiaires, à la promotion de ses offres de formation et de tarification des formations, aux coordonnées de l'éventuel prestataire commercial, à ses habilitations à former pour l'ensemble de son offre et des preuves de suivi des formations par les stagiaires, du suivi pédagogique et, le cas échéant, d'inscription des stagiaires de la liste au passage des certifications visées. La société requérante y a répondu par un courrier du 21 décembre 2021. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce courrier et les pièces jointes auraient fait apparaître de nouveaux éléments nécessitant un échange complémentaire imposant de prolonger la période contradictoire. Par suite, la deuxième branche du moyen tiré du vice du contradictoire tenant à ce que la période contradictoire aurait dû être prolongée afin de permettre un échange complémentaire doit être écarté.

7. Il ne résulte enfin ni des mentions portées au courrier envoyé par la Caisse des dépôts et consignations le 10 décembre 2021 donnant à la société Dainty un délai d'un mois pour transmettre tout élément justificatif, ni d'aucune disposition que la décision de sanction du 28 mars 2022 aurait dû être prise dans le délai d'un mois. Par suite, cette troisième branche du moyen doit être écarté.

8. Il résulte des points 5 à 7 ci-dessus que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 2° Infligent une sanction () ".

10. Après avoir rappelé les motifs de la procédure de contrôle engagée à l'égard de la société requérante et développé son analyse sur les éléments qu'elle lui a transmis lors de la procédure contradictoire puis indiqué qu'elle considérait que la société avait pris part à une irrégularité manifeste constitutive d'une fraude et d'un manquement aux conditions générales d'utilisation de la plateforme dématérialisée, la Caisse des dépôts et consignations a pris une décision visant les articles L. 6323-9 et R. 6333-6 du code du travail, lesquels rappellent le fondement juridique de son action et de son pouvoir de sanction. Cette décision a également visé l'article 10 des conditions générales d'utilisation de la plateforme dématérialisée rappelant les engagements souscrits par les organismes de formation en vue de leur référencement et l'article 4 des conditions particulières qui leur sont applicables. Il s'ensuit que la décision attaquée est suffisamment motivée en fait et en droit. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 6323-9-1 du code du travail : " Les prestataires mentionnés à l'article L. 6351-1 adressent à la Caisse des dépôts et consignations une demande de référencement sur le service dématérialisé mentionné à l'article L. 6323-9. Ces prestataires sont référencés sur le service dématérialisé à condition : () 5° De satisfaire aux conditions prévues par les conditions générales d'utilisation du service dématérialisé prévues à l'article L. 6323-9 ". Aux termes de l'article 1 des conditions générales d'utilisation : " () "Conditions Générales d'Utilisation" désigne les engagements souscrits au titre des présentes Conditions Générales (CG) et des Conditions particulières propres aux Organismes de formation (CP OF) et aux Titulaires de compte (CP Titulaires). () ". Aux termes de l'article 3.1 des Conditions particulières propres aux organismes de formation : " Les organismes de formation souhaitant être référencés par les CDC sur l'Espace professionnel s'engagent, préalablement à leur inscription, à respecter les CG (Conditions générales) et les présentes CP (Conditions particulières). () ". Aux termes de l'article 4. 1 des conditions particulières propres aux organismes de formation, les manœuvres frauduleuses constituent un manquement des organismes de formations aux engagements qu'ils ont souscrits pouvant donner lieu, de manière unitaire ou cumulative, au déréférencement de l'organisme de formation, au signalement de l'irrégularité aux services de l'Etat, au non-paiement des actions de formation, au dépôt d'une plainte pénale et au remboursement des sommes indûment perçues. Aux termes de l'article 10 des conditions générales d'utilisation : " () est considérée comme une fraude toute irrégularité, acte ou abstention commis de manière intentionnelle et ayant pour effet de causer un préjudice aux finances publiques (). Le champ de la fraude recouvre ainsi différents types d'agissements, tels que notamment la falsification de données ou de documents, les déclarations erronées, la collusion, la dissimulation de faits déterminants en vue de tirer un avantage à des fins personnelles ou pour le compte d'une personne physique ou morale tiers, l'usurpation d'identité (d'une personne physique ou morale), l'usurpation de qualité, la production de faux ou bien le délit d'escroquerie. () ". Aux termes de l'article R. 6333-6 du code du travail : " Lorsque la Caisse des dépôts et consignations constate un manquement de l'un des prestataires mentionnés à l'article L. 6351-1 aux engagements qu'il a souscrits, elle peut, selon la nature du manquement, lui prononcer un avertissement, refuser le paiement des prestations, demander le remboursement des sommes qu'elle lui a indûment versées et suspendre temporairement son référencement sur le service dématérialisé mentionné à l'article L. 6323-9. Ces mesures, proportionnées aux manquements constatés, sont prises après application d'une procédure contradictoire et selon des modalités que les conditions générales d'utilisation du service dématérialisé précisent. / La décision précise la ou les sanctions prononcées, et, en cas de déréférencement temporaire du prestataire mentionné à l'article L. 6351-1, sa date d'effet et sa durée qui ne peut excéder douze mois. / La Caisse des dépôts et consignations effectue tout signalement utile et étayé des manquements qu'elle constate auprès des autorités compétentes de l'Etat ".

12. Pour retenir l'existence de manœuvres frauduleuses, la Caisse des dépôts et consignations a constaté que la société Dainty a déclaré avoir réalisé 58 formations, entre le 6 et le 19 juillet 2021, à destination de titulaires d'un compte personnel de formation âgés de moins de trente ans, disposant de 1 800 euros ou plus de droits issus du " Droit individuel à la formation " (DIF), représentant ainsi une proportion élevée (42%) de ses actions de formation et de son chiffre d'affaires (plus de 10%). Or, la Caisse fait valoir, sans être sérieusement contredite par la société requérante, que la probabilité statistique que des titulaires de moins de 30 ans aient légalement pu disposer du crédit de 1 800 euros ou plus issus du DIF, dispositif supprimé depuis le 1er janvier 2015, est quasiment nulle au titre des années du contrôle (2020-2021).

13. Premièrement, la société Dainty, qui produit à l'appui de ses dires des historiques de connexion et les évaluations des acquis pour 55 des 58 formations concernées par la décision litigieuse, soutient avoir rempli ses obligations en matière d'information de la Caisse sur les entrées et sorties effectives des stagiaires, le taux de réalisation des actions de formation, et la réalisation effective des formations. Toutefois, outre la lacune concernant trois stagiaires, la société requérante ne donne aucun élément probant de nature à infirmer les constatations effectuées par la Caisse des dépôts tenant aux nombreuses incohérences des pièces produites, telles des mentions d'actions de formation " en réalisation totale " alors que certaines durées théoriques enregistrées ne sont pas conformes aux durées renseignées sur l'historique de connexion ou la mention de données seulement théoriques où chaque stagiaire dispose d'une durée de connexion identique sur la plateforme. Par ailleurs, la société requérante n'apporte pas davantage d'élément de nature à remettre en cause l'affirmation selon laquelle 27 des 58 dossiers présentent une date de début ou de fin effective de formation qui n'est pas conforme aux données de l'historique de connexion. Dans ces conditions, les historiques de connexion et d'évaluation, lesquels, au demeurant, comportent pour certains d'entre eux des signatures identiques ou très similaires, sont insuffisants pour établir la réalité de la réalisation de ces actions de formation.

14. Deuxièmement, il ressort des pièces du dossier que la société Dainty, créée en

avril 2021, a réalisé 42% de ses actions de formation entre le 6 et le 19 juillet 2021, soit durant une période de moins de quinze jours, sans qu'elle ne parvienne à justifier des méthodes de recrutement de ses stagiaires. Si elle fait état d'un contrat d'apporteur d'affaires conclu le 5 novembre 2020 pour le démarchage de stagiaires, l'authenticité de ce contrat ne saurait être regardée comme établie dès lors qu'il a été conclu plus de six mois avant l'enregistrement de la société Dainty au registre du commerce et de l'industrie.

15. Troisièmement, si la société Dainty soutient qu'elle n'a pas accès au montant des droits des stagiaires ou à leur date de naissance et que les attestations frauduleuses des titulaires de comptes engagent la responsabilité de leurs seuls auteurs, la société requérante ne dément pas sérieusement sa participation à l'inscription de stagiaires ayant inscrit sur la plateforme des droits DIF au plafond ou le dépassant et le téléchargement de fausses attestations.

16. Quatrièmement, la société requérante ne conteste pas les autres motifs invoqués par la Caisse dans la décision contestée relatifs à l'incohérence de la tarification des formations relevée pour deux dossiers et à l'absence d'habilitation pour dispenser les formations.

17. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 12 à 16 du présent jugement, que la société Dainty a délibérément commis des irrégularités déclaratives constitutives en l'espèce d'une manœuvre frauduleuse. Par conséquent, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur d'appréciation.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la société Dainty n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 28 mars 2022 prise à son encontre par la Caisse des dépôts et consignations.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

19. Les conclusions aux fins d'injonction présentées par la société Dainty sont rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions principales.

Sur les frais d'instance :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la Caisse des dépôts et consignations, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Dainty une somme que celle-ci réclame sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Dainty une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens dans les instances n°2211741 et 2211739, sur le fondement du même article.

Sur les entiers dépens :

21. De telles conclusions sont sans objet et doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de provision présentée dans la requête en référé provision n°2211741 de la société Dainty.

Article 2 : La requête de la société Dainty n°2211739 est rejetée.

Article 3 : La société Dainty versera à la Caisse des dépôts et consignations une somme de

1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Dainty et à la Caisse des dépôts et consignations.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Salzmann, présidente,

- Mme Armoët, première conseillère,

- Mme Guglielmetti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.

La présidente-rapporteure,

M. Salzmann

L'assesseure la plus ancienne,

E. ArmoëtLa greffière,

P. Tardy-Panit

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2211739 et 2211741

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