mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2212175 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | COUSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juin 2022, M. B A, représenté par Me Cousin-Mikowski, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser une somme totale de 10 000 euros en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'État est engagée en raison de sa carence à le reloger sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation ;
- il subit des troubles de toute nature dans ses conditions d'existence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2023, le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, fait valoir que M. A a été relogé le 30 mars 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 octobre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Madé en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Madé.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions indemnitaires :
1. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une décision d'une commission de médiation en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'État prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
2. M. A, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence dans un logement répondant à ses besoins et ses capacités par une décision du 2 août 2018 de la commission de médiation du département de Paris, valant pour une personne, au motif qu'il était hébergé chez un particulier et dépourvu de logement. De plus, par un jugement du 22 mars 2019, le magistrat désigné du tribunal a enjoint au préfet d'assurer son relogement sous astreinte de 200 euros par mois de retard à compter du 1er juin 2019. Or il résulte de l'instruction que le préfet n'a pas proposé à M. A un relogement dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l'habitation à compter de l'édiction de la décision de la commission de médiation ni davantage exécuté le jugement lui enjoignant d'assurer le relogement de l'intéressé. Cette double carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État à compter du 2 février 2019 à l'égard de M. A. Toutefois, d'une part, par une ordonnance du 13 juin 2022, le juge des référés du tribunal a déjà condamné l'Etat à verser à M. A une provision de 700 euros demandée en réparation des préjudices nés de son absence de relogement. Il y a en conséquence lieu de déduire de la condamnation prononcée cette somme versée à titre de provision. D'autre part, le préfet a produit un extrait du logiciel de suivi des demandes de logement dont il ressort que M. A a été relogé dans un logement de type T2 de 49 mètres carrés situé à Clichy à compter du 30 mars 2023. Par suite, et alors que M. A ne conteste pas avoir été relogé à cette date dans un logement correspondant à ses besoins et à ses capacités, la responsabilité de l'Etat a pris fin au 29 mars 2023.
3. Il résulte de l'instruction que la situation qui a motivé la décision de la commission de médiation a persisté jusqu'au 29 mars 2023, M. A ayant été dépourvu de logement jusqu'à cette date. Par suite, compte tenu de ses conditions de logement, qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes vivant au foyer pendant la période en cause, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par l'intéressé dans ses conditions d'existence en lui allouant une somme de 750 euros, eu égard à la provision qu'il a d'ores et déjà perçue.
Sur les frais liés au litige :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme à verser au conseil du requérant au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A une somme de 750 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Cousin-Mikowski et au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement.
Copie en sera adressée au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
La magistrate désignée,
C. MADÉ
La greffière,
F. RAJAOBELISON
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2426367
La requérante demandait l'annulation du refus de la commission de médiation de Paris de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté sa requête. Il a jugé que la décision de la commission, qui relevait l'insuffisance des justificatifs produits, était suffisamment motivée et ne présentait pas d'erreur manifeste d'appréciation au regard des critères de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2428451
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler le refus de la commission de médiation de Paris de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le tribunal a jugé que la commission, en relevant l'absence de pièces justificatives suffisantes (notamment sur l'inadaptation du logement au handicap de son enfant), n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation, en particulier l'article L. 441-2-3, et écarte les fins de non-recevoir soulevées par le préfet.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503066
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler le refus de la commission de médiation de Paris de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Le tribunal a d'abord écarté les fins de non-recevoir soulevées par le préfet (défaut de production de l'acte et tardiveté). Sur le fond, il a jugé que la commission, en estimant que l'hébergement chez le fils du requérant constituait des conditions matérielles acceptables, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des critères de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504619
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté le recours en excès de pouvoir de la requérante, qui contestait le refus de la commission de médiation de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande d'hébergement. Le tribunal a jugé que la commission n'avait pas commis d'erreur d'appréciation, la requérante étant déjà hébergée par le Samu social (115) sans apporter la preuve que cet hébergement était insalubre ou avait cessé. La décision s'appuie sur les dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
07/04/2026