jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2212249 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | VELASCO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 juin 2022 et les 23 janvier, 28 et 30 mars, 22 avril et 5 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Velasco, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a refusé de valider son master 2 professionnel mention " stratégie internationale et intelligence économique " résultant de la délibération du 16 décembre 2021, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne de la placer en situation de pouvoir produire dans un délai d'un an à compter de la décision à intervenir un mémoire de fin d'année et un mémoire réflexif, de lui permettre de redoubler afin de pouvoir passer la soutenance de ces deux mémoires ainsi que les épreuves pour lesquelles elle n'a pas obtenu la moyenne ou a été inscrite " défaillante " et de réexaminer sa situation aux fins de rétablissement de l'intégralité de ses droits dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne la somme de 1 800 euros à verser à Me Velasco sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
-l'université a méconnu le principe d'égalité et le principe du droit des chances de réussite en ne tenant pas suffisamment compte de sa situation de handicap ;
-elle a été trompée sur la possibilité de redoubler ;
-l'arrêté du 9 novembre 2020, qui prévoyait des aménagements tenant compte de son handicap, n'a pas été pleinement exécuté ;
-certaines de ses notes sont irrégulières ;
-l'article D. 611-12 du code de l'éducation a été méconnu ;
-l'université a usé de l'ensemble de ses pouvoirs et compétences pour entraver l'obtention de son master ;
-le service de la scolarité a subi des dysfonctionnements ;
-elle a subi une discrimination par rapport aux autres étudiants de la promotion.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 novembre 2022 et le 17 juillet 2023, l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
-à titre principal, la requête est irrecevable en raison du défaut de production de la décision attaquée, de sa tardivité et de l'absence de moyens ;
-les conclusions à fin d'injonction, présentées à titre principal, sont irrecevables ;
-à titre subsidiaire, aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'éducation ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Dousset,
-et les conclusions de M. Guiader, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B s'est inscrite au titre de l'année universitaire 2020/2021 en master 2 professionnel " stratégie internationale et intelligence économique " (S2IE) à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Par une délibération du 16 décembre 2021, le jury du master l'a déclarée ajournée, ses résultats étant inférieurs à la moyenne générale. Elle a formé un recours gracieux contre cette délibération le 11 février 2022. Mme B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a rejeté son recours gracieux, ensemble la délibération du 16 décembre 2021.
2. En premier lieu, Mme B soutient que le responsable du master lui aurait assuré, lors d'un entretien téléphonique en janvier 2021, qu'elle pourrait redoubler son master 2. Toutefois elle ne l'établit pas. En tout état de cause, à la supposer établie, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la délibération attaquée.
3. En deuxième lieu, Mme B qui souffre de dyslexie, dysorthographie et de dyscalculie, a fait l'objet, le 9 novembre 2020, d'un arrêté de la direction des études et de la vie étudiante prévoyant des aménagements de ses conditions d'examen et d'études pour les deux semestres de l'année universitaire 2020/2021. Mme B soutient que les mesures prévues par cet arrêté et, en particulier, l'allongement du délai pour le rendu des devoirs maison ou l'application du temps majoré pour les épreuves orales et leur préparation n'ont pas été respectées et qu'elle a subi une pression psychologique pour rendre plus rapidement sa copie de partiel Business Plan. Toutefois, elle ne produit aucun élément pour l'établir. Elle n'établit pas davantage que l'université n'aurait pas totalement suivi les prescriptions de la médecine préventive qu'elle ne produit au demeurant pas. De même si Mme B soutient qu'aucune solution ne lui a été proposée pour faire face à ses difficultés et, en particulier, qu'elle n'a pas été invitée à rendre un mémoire réflexif en lieu et place du rapport de stage qu'elle n'a pas pu effectuer, elle n'établit pas avoir sollicité de tels aménagements. Au surplus, la requérante ne démontre, ni même n'allègue, que les difficultés qu'elle a rencontrées pendant l'année universitaire et qui l'auraient empêchées de suivre de façon assidue les cours et de remplir ses obligations de stage et de rédaction d'un rapport seraient liées à sa dyslexie, sa dysorthographie et sa dyscalculie, d'autant qu'elle a produit à l'appui de sa demande de redoublement un certificat médical indiquant que son état de santé, et non son handicap, ne lui avait pas permis de suivre son cursus scolaire. Enfin, Mme B ne saurait faire grief à l'université de ne pas avoir pallié à ses absences notamment pour la constitution des groupes de travail ou l'impossibilité de rédiger un rapport de stage. Elle ne peut davantage reprocher au jury de l'avoir déclarée défaillante pour des matières pour lesquelles elle n'a pas rendu de travail.
4. En troisième lieu, Mme B soutient que sa note de séminaire de professionnalisation de 12/20 a été attribuée de manière arbitraire mais ne l'établit pas en se bornant à faire valoir que 9 des 15 étudiants ont eu la même note. Elle n'établit pas davantage par ses seules allégations que la note de 12/20 qui lui a été attribuée pour le séminaire d'actualité serait arbitraire ou que l'organisation de certaines épreuves aurait été irrégulière. En outre, le principe d'individualisation des notes ne faisait pas obstacle à ce que les étudiants soient évalués pour des travaux réalisés de manière collective. Enfin, si Mme B conteste les modalités d'évaluation qui ont été choisies par les enseignants et notamment le fait qu'elle n'ait eu qu'une seule note dans certaines matières, d'une part, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur les modalités de contrôle des connaissances retenues par les enseignants et, d'autre part, Mme B n'établit pas que ces derniers auraient méconnu le règlement des examens, en se bornant à soutenir notamment que le système de notation ne lui a pas permis d'avoir une meilleure moyenne dans certaines matières. Enfin, Mme B n'établit pas que le jury n'aurait pas pris en compte que ses seuls résultats.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article D. 611-12 du code de l'éducation : " () La validation des enseignements contrôlée par des épreuves organisées à distance sous forme numérique, doit être garantie par : / 1° La vérification que le candidat dispose des moyens techniques lui permettant le passage effectif des épreuves ; ".
6. Mme B soutient que, pour l'épreuve d'intelligence économique, elle a alerté le responsable du master trois jours avant l'épreuve qu'elle avait dû emprunter un ordinateur et qu'elle n'arrivait pas à télécharger le logiciel pour réaliser l'épreuve et lui a demandé de passer l'épreuve à l'université, et que ce dernier ne lui aurait pas répondu, en méconnaissance du 1° de l'article D. 611-12 du code de l'éducation. Toutefois, elle ne produit aucun élément pour l'établir et ne démontre pas qu'elle aurait été dans l'impossibilité de passer l'épreuve en cause.
7. En cinquième lieu, Mme B ne peut utilement se prévaloir à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation de la délibération du 16 décembre 2021 des conditions d'organisation des épreuves de rattrapage, du fait qu'elle n'ait pas pu consulter ses copies ou du fait qu'elle ait dû attendre 20 jours pour recevoir son relevé de notes en mai 2022, dès lors que ces circonstances sont postérieures à la décision attaquée et donc sans incidence sur sa régularité.
8. En sixième lieu, les dysfonctionnements allégués du service de scolarité qui ne sont pas du fait des membres du jury sont sans incidence sur la régularité de la décision attaquée.
9. En septième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne aurait, comme le soutient Mme B, usé de ses pouvoirs et compétences pour l'entraver dans l'obtention de son diplôme de master 2 et aucune volonté de nuire n'est établie. Par suite, les moyens tirés du détournement de pouvoir et du détournement de procédure doivent être écartés.
10. Enfin, si Mme B soutient qu'elle a fait l'objet d'une discrimination, elle ne l'établit pas par les éléments dont elle se prévaut et les circonstances rappelées aux points 2 à 9 ne sont pas de nature à la faire présumer.
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Velasco et à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
La rapporteure,
A. DOUSSET
Le président,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
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