lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2212499 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PIERRE BOUDRIOT (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juin 2022, la société Item Editions, représentée par Me Boudriot, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droit et en pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2016 au 28 février 2019, pour un montant de 74 964 euros, et des cotisations supplémentaires d'impôts sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2016 et 2017, pour un montant de 200 000 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en matière de taxe sur la valeur ajoutée, elle doit bénéficier du droit à l'erreur prévu à l'article 62 du livre des procédures fiscales et bénéficier du régime de la marge forfaitaire dont elle a entendu faire application ;
- la constitution de provisions pour dépréciation des stocks était justifiée par l'ancienneté de détention du stock d'œuvres et par sa dévalorisation.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 décembre 2022, la directrice régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Une note en délibéré a été enregistrée le 8 avril 2024 pour la SARL Item Editions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Abdat,
- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,
- et les observations de Me Boudriot, représentant la SARL Item Editions.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Item Editions, qui exerce une activité d'éditeur d'art, a fait l'objet d'une vérification de compatibilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 en matière d'impôt sur les sociétés et du 1er janvier 2016 au 28 février 2019 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. A l'issue de celui-ci, elle s'est vu notifier une proposition de rectification en date du 22 juillet 2019, par laquelle l'administration fiscale a proposé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 21 073 euros au titre de l'année 2016, de 29 838 euros au titre de l'année 2017, de 33 484 euros au titre de l'année 2018 et de 2 296 euros au titre de la période du 1er janvier au 28 février 2019. Elle a également proposé le rehaussement des dotations aux provisions pour un montant de 160 522 euros au titre de l'exercice clos en 2016 et de 30 702 euros au titre de l'exercice clos en 2017 ; et sur le fondement des articles 38-2 et 38-4 bis du code général des impôts, a réintégré, au titre de l'exercice clos en 2016, le montant de la provision existant au 1er janvier 2016 à hauteur de 398 839 euros. Par une lettre du 20 septembre 2019, la société requérante a contesté ces impositions. Par une réponse aux observations du contribuable du 1er octobre 2019, l'administration fiscale a maintenu les impositions litigieuses. La commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a rendu le 18 mars 2021 un avis par lequel elle a proposé de ramener le rehaussement de 398 839 euros à 200 000 euros en matière d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2016, ce qu'a accepté l'administration fiscale. Ces sommes ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2021 pour un montant total de 83 682 euros au titre de la taxe sur la valeur ajoutée et de 68 857 euros au titre de l'impôt sur les sociétés. Par une réclamation du 8 octobre 2021, la société requérante a contesté cette mise en recouvrement. Par une décision du 26 avril 2022, l'administration fiscale a rejeté cette réclamation. Par la présente requête, la société requérante, qui a accepté la réintégration de la taxe sur la valeur ajoutée à hauteur de 8 730 euros, sollicite la décharge d'une somme de 74 964 au titre de la taxe sur la valeur ajoutée et la réduction de la base imposable au titre de l'impôt sur les sociétés à hauteur de 200 000 euros, ainsi que la décharge des intérêts de retard y afférents.
Sur l'imposition au titre de la taxe sur la valeur ajoutée :
En ce qui concerne l'application du régime de la marge forfaitaire :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 297 A du code général des impôts : " I. - 1° La base d'imposition des livraisons par un assujetti revendeur de biens d'occasion, d'œuvres d'art, d'objets de collection ou d'antiquité qui lui ont été livrés par un non redevable de la taxe sur la valeur ajoutée ou par une personne qui n'est pas autorisée à facturer la taxe sur la valeur ajoutée au titre de cette livraison est constituée de la différence entre le prix de vente et le prix d'achat. () / III. - Pour les livraisons d'œuvres d'art, lorsqu'il n'est pas possible de déterminer avec précision le prix d'achat payé par un assujetti revendeur au vendeur ou lorsque ce prix n'est pas significatif, la base d'imposition peut être constituée par une fraction du prix de vente égale à 30 % de celui-ci ". Aux termes de l'article 297 B du même code : " Les assujettis revendeurs peuvent demander à appliquer les dispositions de l'article 297 A pour les livraisons d'œuvres d'art, d'objets de collection ou d'antiquité subséquentes à une importation, une acquisition intracommunautaire ou une livraison soumises au taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée en application de l'article 278 septies ou du I de l'article 278-0 bis () ".
3. La société Item Editions, qui fait éditer des lithographies, réputées œuvres d'art au sens de l'article 98 A II-2° du code général des impôts, et achète des œuvres auprès d'artistes, entend se prévaloir de l'application du régime de la marge forfaitaire. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'elle achète des lithographies éditées par la société Idem, dont elle partage le gérant, et qui est redevable de la taxe sur la valeur ajoutée ; de plus, elle a pu déterminer avec précision le prix d'achat des œuvres commandées à la société Idem ou aux artistes ; alors qu'au surcroît elle ne soutient pas que ce prix n'aurait pas été significatif. Par suite, elle ne remplit pas les conditions posées par les dispositions précitées et n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait dû bénéficier du régime de la marge forfaitaire.
4. En second lieu, aux termes de l'article 297 B du code général des impôts : " L'option est valable à compter du premier jour du mois suivant celui de la demande et jusqu'à la fin de la deuxième année civile suivante. / Elle est renouvelable par tacite reconduction, par période de deux années civiles, sauf dénonciation formulée avant l'expiration de chaque période. " Aux termes de l'article 297 E du même code : " Les assujettis qui appliquent les dispositions de l'article 297 A ne peuvent pas faire apparaître la taxe sur la valeur ajoutée sur leurs factures. " Aux termes de l'article 242 nonies A du même code : " I. - Les mentions obligatoires qui doivent figurer sur les factures en application du II de l'article 289 du code général des impôts sont les suivantes : () 16° En cas d'application du régime prévu par l'article 297 A du code précité, la mention " Régime particulier-Biens d'occasion ", " Régime particulier-Objets d'art " ou " Régime particulier-Objets de collection et d'antiquité " selon l'opération considérée " La circonstance qu'un assujetti revendeur, qui a acquis des biens auprès d'un autre assujetti revendeur, ne dispose pas d'une facture d'achat comportant les mentions obligatoires prévues par ces dispositions ne fait pas obstacle à ce qu'il puisse faire application, lors de la revente de ces biens, du régime particulier de la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge bénéficiaire s'il établit que les conditions de fond prévues par les dispositions citées au point 2 sont satisfaites.
5. D'une part, si la société requérante indique avoir informé l'administration fiscale de sa décision d'opter pour le régime de la marge par une lettre du 8 avril 1996, elle ne verse au dossier aucun élément permettant de justifier de l'envoi de ce courrier, dont le service soutient ne pas avoir accusé réception.
6. D'autre part, si la seule absence des mentions formelles prévues par les dispositions précitées ne faisait pas obstacle à ce que la société Item Editions fasse application du régime de la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge bénéficiaire tant qu'elle établissait en remplir les conditions de fond, il résulte de l'instruction qu'elle admet avoir procédé à la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée grevant le prix d'achat des œuvres pour un montant de 3 433 euros en 2016, de 2 155 euros en 2017 et de 3 142 euros en 2018. Cette opération étant incompatible avec le régime de la marge, c'est à bon droit que l'administration fiscale a pu estimer qu'elle avait entendu renoncer à ce régime de taxation pour les opérations en cause. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait dû bénéficier du régime de la marge.
En ce qui concerne l'application erronée d'un taux de taxe sur la valeur ajoutée réduit pour certaines livraisons :
7. Aux termes de l'article 278 du code général des impôts : " Le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée est fixé à 20 %. " Aux termes de l'article 278 - 0 - bis du même code : " La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 5,5 % en ce qui concerne : / A. - Les livraisons portant sur : () / 3° Les livres, y compris leur location. Le présent 3° s'applique aux livres sur tout type de support physique et à ceux qui sont fournis par téléchargement, y compris les livres audio () H. I. () / 3° Les livraisons d'œuvres d'art effectuées par leur auteur ou ses ayants droit () "
8. Il résulte de l'instruction que, au terme de l'année 2016, la société Item Editions a appliqué un taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée à un ensemble de livraisons correspondant à 144 202 euros et déclaré une taxe collectée de 7 881 euros au lieu des 28 840 euros qu'elle aurait dû collecter, soit une insuffisance d'un montant de 21 073 euros. Au titre de l'année 2017, elle a appliqué un taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée à un ensemble de livraisons correspondant à 277 754 euros, a taxé à tort deux factures pour un montant de 3 412 euros et autoliquidé la taxe à l'importation pour un montant de 46 500 euros. Elle a ainsi déclaré une taxe collectée de 15 670 euros au lieu des 45 568 euros qu'elle aurait dû collecter, soit une insuffisance d'un montant de 29 898 euros. Au titre de l'année 2018, elle a appliqué un taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée à un ensemble de livraisons correspondant à 230 427 euros et déclaré une taxe collectée de 12 601 euros au lieu des 46 085 euros qu'elle aurait dû collecter, soit une insuffisance d'un montant de 33 484 euros. Enfin, au titre des mois de janvier et février 2019, elle a appliqué un taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée à un ensemble de livraisons de 19 071 euros et déclaré une taxe collectée de 1 518 euros au lieu des 3 814 euros qu'elle aurait dû collecter, soit une insuffisance d'un montant de 2 296 euros.
9. Faute pour la société requérante de justifier de la cession des œuvres d'art en question par leurs auteurs ou ayants droit, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle a légalement pu appliquer un taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée ; la circonstance, à la supposer établie, que les vérifications de comptabilité effectuées par la 8ème brigade de vérification générale de la direction des services fiscaux de Paris Sud en 2003 et la 7ème brigade départementale de vérification du Sud de la DRFiP en 2011 n'avaient conclu à aucune irrégularité au titre de cette taxe étant sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition contestée.
En ce qui concerne le bénéfice du droit à l'erreur :
10. Aux termes de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales : " Si, dans un délai de trente jours à compter de la réception d'une demande mentionnée aux articles L. 10, L. 16 ou L. 23 A du présent code ou de la réception d'une proposition de rectification ou, dans le cadre d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de situation fiscale personnelle, avant toute proposition de rectification, le contribuable demande à régulariser les erreurs, inexactitudes, omissions ou insuffisances dans les déclarations souscrites dans les délais, il est redevable d'un montant égal à 70 % de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts () "
11. Il résulte de l'instruction que la société requérante, qui a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, n'a demandé la régularisation de sa situation fiscale que le 20 septembre 2019, en réponse à une proposition de rectification en date du 22 juillet 2019. Dans ces conditions, et alors que, en tout état de cause et ainsi qu'il a été dit au point 6, la société avait implicitement renoncé à l'option prévue par les dispositions de l'article 297 B du code général des impôts, elle ne saurait se prévaloir du droit à l'erreur pour demander à régulariser sa situation sous le régime de la marge forfaitaire.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la société Item Editions n'est pas fondée à demander la décharge des rappels de la taxe sur la valeur ajoutée à laquelle elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2016 au 28 février 2019.
Sur l'imposition au titre de l'impôt sur les sociétés :
13. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " () 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. () / 4 bis. Pour l'application des dispositions du 2, pour le calcul de la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de l'exercice, l'actif net d'ouverture du premier exercice non prescrit déterminé, sauf dispositions particulières, conformément aux premier et deuxième alinéas de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales ne peut être corrigé des omissions ou erreurs entraînant une sous-estimation ou surestimation de celui-ci. / Les dispositions du premier alinéa ne s'appliquent pas lorsque l'entreprise apporte la preuve que ces omissions ou erreurs sont intervenues plus de sept ans avant l'ouverture du premier exercice non prescrit. " Aux termes de l'article 39 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : () La dépréciation des œuvres d'art inscrites à l'actif d'une entreprise peut donner lieu à la constitution d'une provision. Cette dépréciation doit être constatée par un expert agréé près les tribunaux lorsque le coût d'acquisition de l'œuvre est supérieur à 7 600 €. "
14. Il résulte de ces dispositions, d'une part, qu'une entreprise peut valablement porter en provision et déduire des bénéfices imposables d'un exercice des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par elle, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent comme probables eu égard aux circonstances constatées à la date de clôture de l'exercice et qu'elles se rattachent aux opérations de toute nature déjà effectuées à cette date par l'entreprise ; d'autre part, qu'eu égard aux particularités du marché des œuvres d'art, la seule présence en fin d'exercice dans les stocks d'une société d'œuvres achetées depuis plusieurs années et pour lesquelles la société n'avait pas encore trouvé d'acheteur ne constitue pas, pour l'application des dispositions précitées, un événement en cours rendant probable une perte lors de la vente ultérieure de ces œuvres.
15. Il résulte de l'instruction que la société Item Editions avait constitué au titre des exercices 2009 à 2015 une provision pour dépréciation des stocks d'un montant de 398 839 euros au 1er janvier 2016, réintégrée par l'administration fiscale au bénéfice net de l'entreprise au titre de l'année 2016, puis ramenée à la somme de 200 000 euros à la suite de l'avis du 18 mars 2021 de la commission départementale des impôts directs et taxes sur les chiffres d'affaires par une décision du 28 juillet 2021.
16. En premier lieu, si la société requérante indique avoir souhaité tenir compte de l'ancienneté de détention des œuvres présentes dans son stock, il résulte de ce qui a été dit au point 14 que cette seule circonstance ne constitue pas un événement en cours rendant probable une perte lors de la vente ultérieure de ces œuvres au sens de l'article 39 du code général des impôts.
17. En second lieu, la société requérante se fonde sur une estimation conduite par une experte près la Cour d'appel de Paris, estimant la valeur du stock de lithographies de la société à hauteur de 711 377 euros au 1er janvier 2016, pour soutenir que c'est à bon droit qu'elle a constitué une provision à hauteur de 393 113 euros correspondant à la différence entre la valeur supposée du stock de lithographies et sa valeur ainsi estimée. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment de l'analyse par l'administration fiscale des ventes réalisées en 2016 et 2017, que la société requérante n'a jamais réalisé de vente à perte, que les prix de vente ont toujours été supérieurs aux prix de revient et qu'enfin les prix de vente des œuvres ont toujours été largement supérieurs à l'estimation de l'experte désignée. Dans ces conditions, la société requérante n'établit pas la probabilité d'une dépréciation de son stock justifiant la constitution d'une provision à hauteur de 398 839 euros.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la société Item Editions n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017.
19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Item Editions doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société Item Editions est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Item Editions et à la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 8 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
Mme de Saint Chamas, conseillère,
Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
La rapporteure,
G. ABDATLe président,
J. SORIN
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2212499/2-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512599
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral du 14 janvier 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que le droit d'être entendu, garanti par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, n'imposait pas une nouvelle audition dans ce cas, la décision d'éloignement découlant nécessairement du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile. La juridiction a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400857
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête d'un agent du SIAAP demandant la révision de son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) et l'indemnisation de préjudices. Le tribunal juge que le taux d'IPP, fixé à 34% selon le barème légal, ne peut être modifié en raison de l'existence éventuelle d'une faute de l'employeur. Concernant l'indemnisation, le tribunal rappelle que le régime des accidents de service et maladies professionnelles des fonctionnaires, régi par la loi du 13 juillet 1983 et le décret du 2 mai 2005, répare forfaitairement certains préjudices, mais n'exclut pas une action en responsabilité pour faute visant à réparer d'autres chefs de préjudice.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401146
Le Tribunal administratif de Paris a annulé une sanction disciplinaire (un jour d'exclusion temporaire de fonction) infligée par l'AP-HP à un infirmier. La juridiction a estimé que la sanction, fondée sur une simple "suspicion d'inhalation de kalinox", ne reposait pas sur des faits établis, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint à l'administration d'effacer la sanction du dossier de l'agent et l'a condamnée à lui verser 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401760
**Sujet principal** : Contestation par une société de rappels de TVA et d'une majoration, concernant le taux applicable (taux réduit de 5,5% pour la vente de livres ou taux normal de 20% pour des prestations de voyance). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que l'activité principale constitue une prestation immatérielle de voyance taxable au taux normal et que, de toute façon, la société n'a pas apporté la preuve permettant d'isoler la part éventuelle de son chiffre d'affaires relevant de la vente de livres. **Textes appliqués** : Articles 278 et 278-0 bis A-3° du code général des impôts (taux normal et taux réduit de TVA).
30/03/2026