jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2212510 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET COBLENCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2022, M. A B, représenté par Me Biboum, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 avril 2022 par laquelle l'inspection du travail a autorisé son licenciement pour inaptitude physique et impossibilité de reclassement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que les membres du comité social et économique (CSE) ont été partiellement informés de la situation de M. B ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la société n'a pas respecté son obligation de reclassement ;
- elle présente un lien avec le mandat détenu par M. B.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, la société Hôtel Georges V, représenté par Me Daivo-Hoarau, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. B lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2022, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 31 octobre 2022 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guglielmetti ;
- les conclusions de Mme Privet, rapporteure publique ;
- les observations de Me Biboum, représentant M. B,
- et les observations de Me Lecomte, représentant la société Georges V.
Considérant ce qui suit :
1. La société Hôtel Georges V emploie, depuis le 28 novembre 2005, M. A B en qualité de second équipier. Il est reconnu travailleur handicapé depuis le 13 décembre 2018. M. B exerce le mandat de conseiller du salarié depuis janvier 2018. Le 16 novembre 2021, le médecin du travail déclare M. B inapte à son poste. Le 23 décembre 2021, la société adresse à M. B une proposition de reclassement au poste de deuxième commis de cuisine en cafétéria, que ce dernier refuse par courrier du 2 janvier 2022. Par un courrier du 1er juillet 2022, la société Hôtel Georges V a demandé l'autorisation de le licencier en raison de son inaptitude et son impossibilité de reclassement. Le 5 avril 2022, l'inspection du travail autorise le licenciement. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fins d'annulation de la décision du 5 avril 2022 de l'inspection du travail :
1. Aux termes de l'article L. 1226-2 du code du travail dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2017 : " Lorsque le salarié victime d'une maladie ou d'un accident non professionnel est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. / () Cette proposition prend en compte, après avis du comité social et économique lorsqu'il existe, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existantes dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur la capacité du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté. / L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail. " En vertu de l'article L. 1226-2-1 du même code : " Lorsqu'il est impossible à l'employeur de proposer un autre emploi au salarié, il lui fait connaître par écrit les motifs qui s'opposent à son reclassement./ L'employeur ne peut rompre le contrat de travail que s'il justifie soit de son impossibilité de proposer un emploi dans les conditions prévues à l'article L. 1226-2, soit du refus par le salarié de l'emploi proposé dans ces conditions, () ./ L'obligation de reclassement est réputée satisfaite lorsque l'employeur a proposé un emploi, dans les conditions prévues à l'article L. 1226-2, en prenant en compte l'avis et les indications du médecin du travail./S'il prononce le licenciement, l'employeur respecte la procédure applicable au licenciement pour motif personnel prévue au chapitre II du titre III du présent livre ".
2. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement de l'un de ces salariés est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par l'inaptitude physique, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si l'inaptitude est telle qu'elle justifie le licenciement envisagé et si, dans l'affirmative, l'employeur a cherché à reclasser le salarié sur d'autres postes appropriés à ses capacités, le cas échéant par la mise en œuvre, dans l'entreprise ou au sein du groupe, de mesures telles que mutations ou transformations de postes de travail ou aménagement du temps de travail. La circonstance que l'avis du médecin du travail déclare le salarié protégé " inapte à tout emploi dans l'entreprise " ne dispense pas l'employeur, qui connaît les possibilités d'aménagement de l'entreprise et peut solliciter le groupe auquel il appartient, le cas échéant, de rechercher toute possibilité de reclassement dans l'entreprise ou au sein du groupe. Le licenciement ne peut être autorisé que dans le cas où l'employeur n'a pu reclasser le salarié dans un emploi approprié à ses capacités au terme d'une recherche sérieuse, menée tant au sein de l'entreprise que, le cas échéant, au sein du groupe auquel elle appartient.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2411-1 du code du travail : " Bénéficie de la protection contre le licenciement prévu par le présent chapitre () le salarié investi de l'un des mandats suivants : () / 1° Délégué syndical () 3° Représentant syndical au comité social et économique () ". Selon l'article L. 2411-5 du même code : " Le licenciement d'un membre élu de la délégation du personnel du comité social et économique, titulaire ou suppléant ou d'un représentant syndical au comité social et économique, ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail. ". Aux termes de l'article R. 2421-5 du code du travail : " la décision de l'inspection du travail est motivée ".
4. La décision du 5 avril 2022 comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constitue son fondement. Elle mentionne les articles L. 2411-1 et L. 1226-2 et suivants du code du travail, dont elle fait application. Elle indique par ailleurs les motifs de fait qui justifient l'autorisation de licenciement de M. B, et notamment des éléments relatifs à la matérialité de l'inaptitude avec la mention de son avis d'inaptitude médicale de la médecine du travail du 16 novembre 2021, la décision du 28 janvier 2022 du conseil des prud'hommes rejetant son recours contre cet avis, ainsi que l'avis du comité économique et social. Elle évoque, de plus, la proposition de reclassement faite sur le poste de deuxième commis de cuisine, l'absence de lien entre la demande de licenciement de la société et le mandat exercé par l'intéressé. La circonstance que la décision attaquée n'indique pas tous les arguments du salarié ni tous les faits à l'origine de l'inaptitude au travail de M. B est sans incidence sur sa légalité dès lors que l'inspectrice du travail pouvait seulement se fonder sur l'avis d'inaptitude du 16 novembre 2021, motif du licenciement de M. B. Par ailleurs, les seules circonstances qu'elle ne précise pas que cette inaptitude serait uniquement partielle selon le médecin du travail ni que le rejet par le conseil des prud'hommes a fait l'objet d'un appel, alors pendant, ne permettent pas de regarder la décision attaquée comme insuffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, lorsque le salarié a la qualité de salarié protégé, il résulte de l'article L. 1226-2 du code du travail que si, à l'issue de la procédure fixée par ces dispositions, il refuse les postes qui lui sont proposés et que l'employeur sollicite l'autorisation de le licencier, l'administration ne peut légalement accorder cette autorisation que si les délégués du personnel ont été mis à même, avant que soient adressées au salarié des propositions de postes de reclassement, d'émettre leur avis en tout connaissance de cause sur les postes envisagés, dans des conditions qui ne sont pas susceptibles de fausser cette consultation. Ainsi, l'article
L. 1226-2 du code du travail n'impose aucune forme particulière pour recueillir l'avis des délégués du personnel quant au reclassement d'un salarié déclaré inapte.
6. M. B soutient que la procédure de licenciement serait irrégulière dans la mesure où le comité social et économique (CSE) n'aurait pas eu accès à l'ensemble des éléments liés à sa situation. Or, il ressort de l'extrait du procès-verbal de la réunion du CSE du 16 décembre 2021, que la directrice des ressources humaines a d'une part, exposé tous les éléments liés à la situation d'inaptitude physique de M. B, avec les recommandations d'aménagement de son poste de travail formulés par la médecine du travail dans son avis d'inaptitude du 16 novembre 2021, et, d'autre part, ceux liés à la recherche par la société d'offre de reclassement en fonction de ses compétences et de ses restrictions médicales. Il ressort également de ce procès-verbal que les membres du CSE ont été mis à même de demander et d'obtenir des précisions sur la situation de l'intéressé. Il s'ensuit que l'employeur doit être regardé comme ayant fourni au comité social et économique toutes les informations nécessaires quant à l'état de santé du salarié et aux propositions de reclassement, et en particulier s'agissant de la teneur de l'avis du médecin du travail. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'un avis d'inaptitude à son poste de travail d'équipier d'étage le 16 novembre 2021, lequel précise notamment qu'il est inapte à porter des charges lourdes, lever les bras au-dessus des épaules et préconise des horaires aménagés et réduits pour la réalisation de ses soins permettant la stabilisation de son état de santé. Dans le cadre de la recherche de reclassement mise en œuvre à la suite de cette constatation médicale, la société a, par un courrier du 8 décembre 2021, identifié trois postes qu'elle a soumis à l'appréciation du médecin du travail, lequel a considéré, dans un courrier du même jour, qu'ils ne répondaient pas aux aménagements recommandés. Par un courrier du 16 décembre 2021, la société a de nouveau adressé l'offre de reclassement de M. B à la médecine du travail, après aménagement du poste de commis de cuisine en cafétéria, compatible avec les restrictions précitées. Le médecin du travail a donné un avis favorable par courrier du 20 décembre 2021. Par courrier du 2 janvier 2022, M. B a refusé cette offre de reclassement en arguant qu'il n'avait pas les compétences requises et que cette offre occasionnerait une perte de rémunération et de coefficient hiérarchique. Toutefois, il est constant que cette offre était conforme aux exigences légales précitées et qu'elle avait reçu l'avis favorable de la médecine du travail le 20 décembre 2021 ainsi que celui des membres du CSE le 16 décembre 2021. De plus, au regard des caractéristiques du poste, cette offre de reclassement doit être regardée comme aussi comparable que possible au poste d'équipier d'étage qu'il occupait précédemment. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la société Hôtel Georges V n'aurait pas satisfait à son obligation de reclassement. De plus, si le requérant se prévaut du fait qu'il n'a pas bénéficié du bilan de compétences alors même que l'avis d'aptitude le préconisait, cette circonstance ne saurait démontrer, à elle seule, que l'employeur ne s'est pas acquitté sérieusement de son obligation de reclassement. Enfin, si M. B se prévaut de la circonstance que le poste de gouvernant ne lui a pas été proposé, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la fiche de poste produite par la société, qu'en tout état de cause, il ne disposait ni des qualifications nécessaires en direction de personnel ni de l'aptitude requise au regard des tâches physiques et répétitives de manutention.
8. Il résulte de ce qui précède que l'employeur doit être regardé comme ayant, à la date de la décision de l'inspectrice du travail, procédé à une recherche sérieuse et loyale des possibilités de reclassement de M. B, au sein de la société. Par suite, l'inspectrice du travail n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que l'employeur avait respecté l'obligation de recherche de reclassement à laquelle il est tenu. Ainsi le moyen doit être écarté.
9. En dernier lieu, même lorsque le salarié est atteint d'une inaptitude susceptible de justifier son licenciement, la circonstance que le licenciement envisagé est également en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par l'intéressé ou avec son appartenance syndicale fait obstacle à ce que l'administration accorde l'autorisation sollicitée. Le fait que l'inaptitude du salarié résulte d'une dégradation de son état de santé, elle-même en lien direct avec des obstacles mis par l'employeur à l'exercice de ses fonctions représentatives, est à cet égard de nature à révéler l'existence d'un tel rapport.
10. En l'espèce, M. B soutient que son licenciement serait en lien avec son mandat syndical en raison d'agissements de la société constitutifs de harcèlement moral l'ayant conduit à un syndrome anxiodépressif, reconnu comme maladie professionnelle par la caisse primaire d'assurance maladie ainsi qu'à l'exercice de son mandat pour lequel il allègue avoir alerté sa hiérarchie sur les dégradations des conditions de travail au sein de son service en 2017. Si des conditions de travail dégradées ont pu conduire à ses troubles dépressifs, cette circonstance, aussi regrettable soit-elle, ne saurait attester de l'existence d'un lien avec l'exercice de son mandat représentatif. M. B, produit en effet deux courriels, qui ne peuvent constituer des éléments probants permettant de caractériser une volonté de la société Hôtel Georges V de faire obstacle à l'exercice par le salarié de son mandat, ni, une situation de harcèlement à raison des fonctions syndicales de ce dernier. Par suite, le moyen doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 avril 2022 de l'inspection du travail. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par le requérant, partie perdante, au titre des frais liés à l'instance soit mise à la charge de la société Hôtel Georges V ou de l'Etat. Compte tenu de la situation économique de la partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société Hôtel Georges V présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société Georges V présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités, et à la société hôtel Georges V.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Duchon-Doris, président,
- Mme Armoët, première conseillère,
- Mme Guglielmetti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.
La rapporteure,
S. Guglielmetti
Le président,
J-C. Duchon-Doris
La greffière,
P. Tardy-Panit
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2404071
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'Air France visant à annuler une amende de 10 000 euros infligée par le ministre de l'intérieur. La société était sanctionnée pour avoir débarqué un passager dépourvu de document de voyage valable en provenance de Bangkok, malgré ses allégations d'un contrôle à l'embarquement. Le tribunal a jugé que l'obligation de vérification des documents, prévue aux articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 6421-2 du code des transports, incombe au transporteur et que la preuve d'un contrôle effectif n'était pas rapportée en l'espèce.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407258
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de la société Air France, qui contestait une amende de 10 000 euros pour avoir transporté un passager muni d'un passeport contrefait. La juridiction estime que l'irrégularité du document était manifeste et décelable par un examen attentif lors de l'embarquement, et que la procédure suivie par le ministre de l'intérieur était régulière. La décision s'appuie sur les articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article L. 6421-2 du code des transports.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2328289
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme F... visant à annuler l'arrêté ministériel du 11 octobre 2023 autorisant son licenciement pour motif disciplinaire. La juridiction a estimé que les moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la procédure disciplinaire et à l'appréciation des faits, n'étaient pas fondés. Elle a également déclaré irrecevables les conclusions de l'employeur demandant une amende pour recours abusif, relevant qu'il s'agit d'un pouvoir propre du juge. La décision s'appuie sur les dispositions du code du travail, notamment après le renvoi préjudiciel au Conseil constitutionnel concernant l'article L. 1232-3.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406708
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Air France, qui contestait une amende de 10 000 euros pour avoir débarqué une passagère brésilienne munie d'un passeport manifestement altéré (pages manquantes). Le tribunal a jugé que l'irrégularité du document (l'absence de pages) constituait un élément d'irrégularité manifeste que les agents de la compagnie auraient dû déceler lors d'un examen normalement attentif au moment de l'embarquement, conformément aux articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à l'article L. 6421-2 du code des transports. La décision du ministre de l'intérieur a donc été confirmée.
30/03/2026