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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2212544

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2212544

mardi 9 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2212544
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre
Avocat requérantLEBRUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 juin 2022, le 18 août 2022 et le 12 septembre 2022, la société Lex Investigations, représentée par Me Lebrun demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les trois décisions du 6 avril 2022 et la décision du 24 mai 2022 par lesquelles le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes d'aide exceptionnelle complémentaire pour les mois de novembre 2020, décembre 2020, janvier 2021 et mai 2021 ;

2°) d'annuler la décision du 23 septembre 2021 et les deux décisions du 8 janvier 2022 par lesquelles le directeur général des finances publiques a refusé de lui verser les aides auxquelles elle avait droit au regard de son secteur d'activité mentionné à l'annexe 2 du décret applicable pour les mois de juin, juillet et août 2021 ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris de lui accorder les aides sollicitées dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 15 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris de procéder au réexamen de ses demandes dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 15 euros par jour de retard ;

5°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 694 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait des fautes commises par l'administration dans la gestion de ses demandes et des décisions de refus illégales ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête n'est pas tardive et n'est pas entachée d'irrecevabilité ;

- elle a bien déposé ses demandes d'aide dans les délais impartis par le décret applicable pour les mois de novembre et décembre 2020, janvier 2021 et mai 2021 ;

- elle exerce une activité de recherches privées mentionnée à l'annexe 2 du décret applicable et l'administration a donc commis une erreur de droit en estimant que son entreprise n'était pas éligible à l'aide plafonnée à 10 000 euros ;

- la foire aux questions publiée sur le site internet du ministère de l'économie et des finances précise que les agences de détectives privés relèvent bien de cette annexe ;

- l'administration a commis une erreur de droit en lui refusant l'aide au titre des mois de novembre et décembre 2020 au motif que sa perte de chiffre d'affaires avait donné lieu à des déclarations discordantes ;

- elle n'a pas additionné le chiffre d'affaires qu'elle a réalisé sous le régime de la micro-entreprise à celui effectué dans le cadre de la SASU Lex Investigations ;

- la décision du 23 septembre 2021 rejetant sa demande pour le mois de juillet 2021 et les deux décisions du 8 janvier 2022, rejetant ses demandes pour les mois de juin 2021 et août 2021 sont entachées d'une inexactitude matérielle dès lors qu'elles procèdent d'une erreur de calcul du montant des aides sollicitées ;

- la fin de non-recevoir tirée du défaut de ministère d'avocat peut être écartée car elle est représentée par un avocat ;

- la fin de non-recevoir tirée de l'absence de décision préalable doit également être écartée dès lors qu'une demande préalable indemnitaire a été adressée à l'administration le 18 août 2022 ;

- l'administration a commis une faute en refusant les aides sollicitées pour les mois de novembre et décembre 2020 et janvier et mai 2021 ;

- l'administration a également commis une illégalité fautive en ne lui accordant que des aides de 499 euros, 499 euros et 240 euros pour les mois de juin, juillet et août 2021 alors que sa qualité d'entreprise relevant de l'annexe 2 au décret du 30 mars 2020 lui permettait de prétendre à une aide plus importante ;

- les carences de l'administration dans le traitement de ses demandes sont constitutives d'une faute susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat ;

- ces fautes lui ont causé des tracasseries administratives qu'il convient d'indemniser en lui versant la somme de 1 000 euros ainsi qu'un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence qu'elle évalue à 2 000 euros ;

- ces fautes l'ont dissuadée de déposer des demandes d'aides pour les mois de février et avril 2021 et sa perte de chance d'obtenir ces aides doit être indemnisée à hauteur de 2 694 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 juin 2022 et le 1er septembre 2022, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions dirigées contre les décisions du 4 janvier 2021, du 16 janvier 2021, du 26 février 2021 rejetant les demandes d'aides respectivement présentées pour les mois de novembre 2020, décembre 2020 et janvier 2021 et pour le mois de mai 2021 sont tardives et donc irrecevables ;

- la requête est également irrecevable pour les mois de juin à décembre 2021 ;

- les conclusions tendant au versement rétroactif des aides relatives aux mois de février 2021 et avril 2021 sont irrecevables en l'absence de demande d'aide et de décision de l'administration ;

- aucune demande d'aide n'ayant été présentée par la requérante au titre des mois de février et avril 2021, aucune décision n'a été prise et les conclusions tendant à l'annulation des refus d'aides pour ces deux mois sont donc irrecevables ;

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de décision liant le contentieux ;

- ces conclusions sont irrecevables à défaut de ministère d'avocat ;

- les autres moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet des conclusions indemnitaires présentées par la société Lex Investigations.

Il soutient que :

- les conclusions indemnitaires présentées par la société Lex Investigations sont irrecevables dès lors que si elles sont présentées en réplique comme tendant à la réparation de préjudices subis, le montant de l'indemnité demandée correspond exactement à celui des aides auxquelles elle estime pouvoir prétendre au titre des mois de février 2021 et avril 2021 ;

- à titre subsidiaire, les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;

- l'ordonnance n° 2020-705 du 10 juin 2020 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, modifié ;

- le code de justice administrative.

Par une ordonnance en date du 22 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 septembre 2022.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Laforêt,

- et les conclusions de M. Halard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, la société Lex Investigations demande au tribunal d'annuler les trois décisions du 6 avril 2022 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté ses demande d'aide exceptionnelle pour les mois de novembre 2020, décembre 2020 et janvier 2021 au titre du premier volet du fonds de solidarité, institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Elle demande également au tribunal d'annuler la décision du 24 mai 2022 lui refusant la même aide pour le mois de mai 2021, celle du 8 janvier 2022, relative au mois de juin 2021, celle du 23 septembre 2021 relative au mois de juillet 2021 et celle du 8 janvier 2022 relative au mois d'août 2021 en tant que l'administration ne lui a versé que l'aide à laquelle toutes les entreprises sont éligibles au lieu de lui accorder celle réservée aux entreprises dont l'activité relève d'un des secteurs mentionnés à l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction alors en vigueur : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Il résulte de ces dispositions que lorsque la notification ne comporte pas les mentions requises, ce délai n'est pas opposable.

3. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance. Cette règle, qui a pour seul objet de borner dans le temps les conséquences de la sanction attachée au défaut de mention des voies et délais de recours, ne porte pas atteinte à la substance du droit au recours, mais tend seulement à éviter que son exercice, au-delà d'un délai raisonnable, ne mette en péril la stabilité des situations juridiques et la bonne administration de la justice, en exposant les défendeurs potentiels à des recours excessivement tardifs. Il appartient dès lors au juge administratif d'en faire application au litige dont il est saisi, quelle que soit la date des faits qui lui ont donné naissance.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la société requérante a sollicité, pour les mois de juin, juillet et août 2021, les aides réservées aux entreprises dont l'activité relève d'un des secteurs mentionnés à l'annexe 2 du décret n° 371-2020 du 30 mars 2020. Par les trois décisions qu'elle conteste, datées du 23 septembre 2021 et du 8 janvier 2022, l'administration a refusé de lui accorder les aides sollicitées et n'a mis en paiement que les aides ouvertes à toutes les entreprises, d'un montant inférieur. Or, aucune de ces trois décisions ne mentionne les voies et délais de recours contentieux, qui ne sont donc pas opposables à la société requérante, en vertu des dispositions citées au point 2. La requête de la société Lex Investigations ayant été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 6 juin 2022, soit dans un délai raisonnable, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de cette requête doit être écartée.

5. En deuxième lieu, il est constant que la requérante a initialement présenté des demandes d'aides pour les mois de novembre 2020, décembre 2020 et janvier 2021 respectivement le 4 janvier 2021, le 15 janvier 2021 et le 25 février 2021. L'administration fait valoir que ces trois demandes ayant fait l'objet de décisions de rejet respectivement le 4 janvier 2021, le 16 janvier 2021 et le 26 février 2021, les trois décisions du 6 avril 2022 dont elle demande l'annulation dans le cadre du présent litige ont nécessairement un caractère confirmatif. Il ressort toutefois des pièces du dossier que ces décisions ne comportaient pas les voies et délais de recours mais indiquaient seulement à la société qu'elle disposait de quinze jours pour présenter ses observations au service DGFIP gestionnaire de son dossier par le biais de sa messagerie sécurisée. Or, la société requérante produit les nombreux échanges qu'elle a eu postérieurement à ces décisions initiales de refus avec l'inspecteur des finances publiques qui en est l'auteur. Il en ressort que cet inspecteur, finalement convaincu que l'activité de la société requérante relevait d'un des secteurs mentionnés à l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020, avait transmis la réclamation de la société Lex Investigations au service compétent et tentait de l'aider à obtenir l'aide pour les mois suivants. Il ressort, en outre, des pièces du dossier, et en particulier de la réponse du 26 janvier 2022 adressée à la société requérante par le service des impôts des entreprises du 1er arrondissement de Paris que les demandes de la requérante mentionnant l'activité de sécurité privée de son entreprise n'avaient toujours pas été prises en compte à cette date, alors même qu'elles avaient transmises par l'inspecteur initialement saisi. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, l'administration n'est pas fondée à opposer une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête au motif que celle-ci est dirigée contre des décisions confirmatives.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :

6. En premier lieu, si l'administration soutient que les demandes d'aide présentées par la requérante au titre des mois de novembre 2020, décembre 2020, janvier 2021, mai 2021, juin 2021, juillet 2021 et août 2021 ont été déposées après la date limite fixée par les articles 3-14, 3-15, 3-19, 3-27 et 3- du décret du 30 mars 2020, il ressort des pièces du dossier que les demandes initiales de la requérante ont bien été déposées dans le délai imparti et ont été rejetées. La société requérante a alors formé un recours gracieux contre ces décisions de rejet et l'inspecteur des finances publiques l'a informée de son intention d'y faire droit par courriel du 25 juin 2021. Il ressort également des pièces du dossier que, en raison de difficultés techniques dans le dépôt des demandes d'aides, elle a été invitée à plusieurs reprises par l'administration à présenter de nouvelles demandes, dont les dernières datent du 28 février 2022. Dès lors, l'administration n'est pas fondée à soutenir que les demandes d'aide ont été déposées tardivement et sa demande de substitution de motifs ne peut, dès lors qu'être rejetée.

7. En deuxième lieu, d'une part, les activités de sécurité privée sont mentionnées à l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020 et les entreprises qui les exercent à titre principal sont éligibles à des aides d'un montant plus élevé. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Est soumise aux dispositions du présent titre la profession libérale qui consiste, pour une personne, à recueillir, même sans faire état de sa qualité ni révéler l'objet de sa mission, des informations ou renseignements destinés à des tiers, en vue de la défense de leurs intérêts ". L'article L. 622-6 du même code dispose : " Nul ne peut exercer à titre individuel l'activité mentionnée à l'article L. 621-1, ni diriger, gérer ou être l'associé d'une personne morale exerçant cette activité, s'il n'est titulaire d'un agrément délivré par le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité selon des modalités définies par décret en Conseil d'État ".

8. L'administration soutient que la requérante ne peut prétendre aux aides prévues en faveur des entreprises exerçant une " activité de sécurité privée " au motif que, selon la nomenclature d'activités française, la sous-classe 80.10Z " activité de sécurité privée " ne comprend pas les " activités d'enquêtes " exercées par les détectives privés. Toutefois, il résulte des dispositions du livre VI du code de la sécurité intérieure, intitulé " Les activités privées de sécurité " que l'activité des agences de recherches privées, dont l'exercice est conditionné à l'octroi d'un agrément délivré par le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité, constitue bien la fourniture de services liés à la sécurité privée et fait ainsi partie des activités de sécurité privée visées à l'annexe 2 du décret applicable. Dès lors, l'administration n'est pas fondée à soutenir que la société Lex Investigations, qui exerce une activité de recherches privées pour laquelle elle a obtenu les agréments requis, ne serait pas éligible aux aides prévues en faveur des entreprises dont le secteur d'activité est mentionné par cette annexe. Il s'ensuit que cette seconde demande de substitution de motifs doit également être rejetée.

9. En troisième lieu, l'administration soutient qu'il ne peut être fait droit aux demandes d'aides de la société requérante dès lors que cette société n'a déclaré aucun chiffre d'affaires en 2019 et n'a donc subi aucune perte. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des attestations de l'expert-comptable de la société Lex Investigations que la TVA 2019 a été acquittée à la clôture du premier exercice social, qui s'étendait du 16 août 2019 au 30 septembre 2020. Dans une seconde attestation, ce même expert-comptable atteste que la société a réalisé un chiffre d'affaires hors taxe de 11 392,91 euros du 16 août 2019, date de son début d'activité, au 29 février 2020. Dès lors, ce motif ne saurait pas non plus être substitué à ceux des décisions contestées.

En ce qui concerne l'aide demandée au titre des mois de novembre et décembre 2020 :

10. Aux termes de l'article 3-14 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de novembre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : () 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 ; / II. () Les entreprises qui exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 dans sa rédaction en vigueur au 31 décembre 2020 et ayant subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 15 mars 2020 et le 15 mai 2020 par rapport à la même période de l'année précédente ou, si elles le souhaitent, par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 ramené sur deux mois ou, pour les entreprises créées après le 15 mars 2019, par rapport au chiffre d'affaires réalisé entre la date de création de l'entreprise et le 15 mars 2020 ramené sur deux mois perçoivent une subvention égale à 80 % de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros. Lorsque la perte de chiffre d'affaires est supérieure à 1 500 euros, le montant minimal de la subvention est de 1 500 euros. Lorsque la perte de chiffre d'affaires est inférieure ou égale à 1 500 euros, la subvention est égale à 100 % de la perte de chiffre d'affaires. La condition de perte de chiffre d'affaires mentionnée à la première phrase du présent alinéa n'est pas applicable aux entreprises créées après le 10 mars 2020. / Les autres entreprises perçoivent une subvention égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 1 500 euros. () / III.-La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de novembre 2020 et, d'autre part, -le chiffre d'affaires durant la même période de l'année précédente ; () / IV.-La demande d'aide au titre du présent article est réalisée par voie dématérialisée au plus tard le 31 janvier 2021 ". L'article 3-15 de ce décret dispose : " II-a) Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de décembre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : 1° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er décembre 2020 et le 31 décembre 2020 ; () b) Les entreprises, mentionnées au présent II, ayant débuté leur activité avant le 31 décembre 2019, qui exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 dans sa rédaction en vigueur au 30 janvier 2021 et ayant subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % soit durant la période comprise entre le 15 mars 2020 et le 15 mai 2020 par rapport au chiffre d'affaires de référence sur cette période calculé selon les modalités du IV du présent article, soit une perte de chiffre d'affaire d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 par rapport au chiffre d'affaires de référence sur cette période calculé selon les modalités du IV précité, perçoivent une subvention égale à 80 % de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros () IV.-La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de décembre 2020 et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini comme : -le chiffre d'affaires durant la même période de l'année précédente, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option est plus favorable à l'entreprise ; ".

11. Pour rejeter les demandes d'aides présentées par la société Lex Investigations au titre des mois de novembre et décembre 2020, l'administration s'est fondée sur l'existence de discordances entre le chiffre d'affaires indiqué dans la demande et les autres informations transmises par l'entreprise, sur le fait que l'attestation de son expert-comptable comportait un numéro SIREN inexistant et différent de sa société et sur le fait qu'il n'était pas possible d'additionner le chiffre d'affaires de sa micro-entreprise à celui de sa société par actions simplifiée (SASU).

12. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de l'attestation de l'expert-comptable de la société Lex Investigations que cette entreprise a facturé à ses clients 4 221 euros en novembre 2019 et 4 525 euros en décembre 2019. Ce document mentionne le numéro SIREN 853 209 948, qui correspond bien à l'immatriculation au registre du commerce et des sociétés de la SASU Lex Investigations. Par ailleurs, la société requérante verse à l'instance une attestation de radiation de l'URSSAF certifiant la disparition de la micro-entreprise dans le cadre de laquelle la gérante et unique associée de la SASU exerçait auparavant son activité. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que les motifs retenus par l'administration pour lui refuser les aides sollicitées pour les mois de novembre et décembre 2020 sont entachés d'erreur de fait.

13. Il résulte de ce qui précède que les décisions du 6 avril 2022 par lesquelles l'administration a refusé à la société Lex Investigations des aides d'un montant supérieur à celles qui lui ont été initialement accordées au titre des mois de novembre et décembre 2020, du fait de sa qualité d'entreprise exerçant dans un des secteurs d'activités mentionnés par l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020, doivent être annulées, sans qu'il soit de se prononcer sur les autres moyens invoqués.

En ce qui concerne l'aide demandée au titre du mois de janvier 2021 :

14. Aux termes de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 : " I. - A. - Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de janvier 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 janvier 2021 et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : () b) Ou elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 dans sa rédaction en vigueur au 10 février 2021 et elles remplissent au moins une des trois conditions suivantes : () - soit une perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 par rapport au chiffre d'affaires de référence sur cette période calculé selon les modalités du IV précité ; lorsqu'elles ont débuté leur activité entre le 1er janvier 2020 et le 30 septembre 2020 la perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 s'entend par rapport au chiffre d'affaires réalisé entre la date de création de l'entreprise et le 31 octobre 2020 ramené sur un mois ; lorsqu'elles ont débuté leur activité après le 1er octobre 2020 la perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 1er novembre et le 30 novembre 2020 s'entend par rapport au chiffre d'affaires du mois de décembre 2020 () / D. - Les entreprises mentionnées aux b et c du 2° du A du I perçoivent une subvention dans les conditions suivantes : / 1° Si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires supérieure ou égale à 70 %, le montant de la subvention est égal soit à 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article, soit à 80 % de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. Lorsque la perte de chiffre d'affaires est supérieure à 1500 euros, le montant minimal de la subvention est de 1500 euros. Lorsque la perte de chiffre d'affaires est inférieure ou égale à 1500 euros, la subvention est égale à 100 % de la perte de chiffre d'affaires ; / 2° Si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires inférieure à 70 %, le montant de la subvention est égal soit à 15 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article, soit à 80 % de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. Lorsque la perte de chiffre d'affaires est supérieure à 1500 euros, le montant minimal de la subvention est de 1500 euros. Lorsque la perte de chiffre d'affaires est inférieure ou égale à 1500 euros, la subvention est égale à 100 % de la perte de chiffre d'affaires. () IV. - La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de janvier 2021 et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini comme : - le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de janvier 2019, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option est plus favorable à l'entreprise ; / ou, pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 ; ".

15. Pour refuser à la société Lex Investigations l'aide qu'elle sollicitait au titre du mois de janvier 2021, l'administration s'est fondée, d'une part, sur le fait que deux demandes précédemment déposées pour la même période mentionnaient un chiffre d'affaires de référence de 240 euros, d'autre part, sur le fait que c'est à tort que le service a saisi une nouvelle demande avec un nouveau chiffre d'affaires et, enfin, sur le fait que le décret ne permet pas le dépôt de nouvelles demandes au-delà d'un délai de deux mois après la période considérée.

16. Il résulte des dispositions du IV de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 que, pour les entreprises qui, comme la société Lex Investigations, ont été créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, le chiffre d'affaires de référence est le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de cette entreprise et le 29 février 2020. En l'espèce, la société requérante produit une attestation de son expert-comptable dont il ressort qu'elle a facturé un total de 11 392,91 euros du 16 août 2019, date de son début d'activité selon son extrait Kbis, au 29 février 2020. Dès lors, son chiffre d'affaires mensuel moyen est égal à 1 845 euros. En outre, ainsi qu'il a été exposé au point 6 du présent jugement, l'administration n'est pas fondée à soutenir que la demande d'aide pour le mois de janvier 2021 a été déposée tardivement. Il s'ensuit que la société Lex Investigations peut prétendre à l'annulation de la décision du 6 avril 2022 lui refusant une aide d'un montant supérieur à celle qui lui a été initialement accordée au titre des mois de janvier 2021, du fait de sa qualité d'entreprise exerçant dans un des secteurs d'activités mentionnés par l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020.

En ce qui concerne l'aide demandée au titre du mois de mai 2021 :

17. Aux termes de l'article 3-27 du décret du 30 mars 2020 : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 précité ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de mai 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : () 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er mai 2021 et le 31 mai 2021 et elles appartiennent à l'une des cinq catégories suivantes : () b) Ou elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 dans sa rédaction en vigueur au 30 juin 2021 et elles remplissent au moins une des trois conditions suivantes : () -soit une perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 par rapport au chiffre d'affaires de référence sur cette période calculé selon les modalités du IV précité () -soit, pour les entreprises créées avant le 1er décembre 2019, une perte de chiffre d'affaires annuel entre 2019 et 2020 d'au moins 10 % ; pour les entreprises créées en 2019, le chiffre d'affaires au titre de l'année 2019 s'entend comme le chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé entre la date de création de l'entreprise et le 31 décembre 2019 ramené sur douze mois ; () E.-Les entreprises mentionnées aux b, c, d et e du 2° du A du I perçoivent une subvention dans les conditions suivantes : 1° Si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires supérieure ou égale à 70 %, le montant de la subvention est égal soit à 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article, soit à 80 % de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. Lorsque la perte de chiffre d'affaires est supérieure à 1 500 euros, le montant minimal de la subvention est de 1 500 euros. Lorsque la perte de chiffre d'affaires est inférieure ou égale à 1 500 euros, la subvention est égale à 100 % de la perte de chiffre d'affaires ; ".

18. Pour refuser à la société Lex Investigations l'aide qu'elle sollicitait au titre du mois de mai 2021, l'administration s'est fondée sur le fait que la nature de l'activité de cette société ne lui permettait pas de prétendre à une aide supérieure à 1 500 euros. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 8, l'administration n'est pas fondée à soutenir que la société Lex Investigations, qui exerce une activité de recherches privées pour laquelle elle a obtenu les agréments requis, ne serait pas éligible aux aides prévues en faveur des entreprises dont le secteur d'activité est mentionné par l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020. Par suite, la décision contestée doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués.

En ce qui concerne les aides relatives aux mois de juin 2021, juillet 2021 et août 2021 :

19. Aux termes de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020 : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021 susvisé, du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de chaque période mensuelle comprise entre le 1er juin 2021 et le 30 septembre 2021, dite période mensuelle considérée, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : () 3° Ou, au cours de la période mensuelle considérée, elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 10 %, elles ont bénéficié d'une aide versée au titre des articles 3-26 ou 3-27 du présent décret () et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : () b) ou elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 dans sa rédaction en vigueur au 30 juin 2021 et elles remplissent au moins une des trois conditions suivantes : () -soit une perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 par rapport au chiffre d'affaires de référence sur cette période calculé selon les modalités du IV précité ; () C.-Au titre de l'aide du mois de juin 2021, les entreprises mentionnées aux a, b et c du 3° du A du I perçoivent une subvention égale à 40 % de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. / Au titre de l'aide du mois d'août 2021 et du mois de septembre 2021, les entreprises mentionnées aux a, b et c du 3° du A du I perçoivent une subvention égale à 20 % de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. /Au titre de l'aide du mois de juillet 2021, les entreprises mentionnées aux a, b et c du 3° du A du I perçoivent une subvention égale à 30 % de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. () / IV.-La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois considéré et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini comme : () pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 ".

20. Il ressort des pièces du dossier que l'administration, en réponse aux demandes d'aides dont elle était saisie pour les mois de juin, juillet et août 2021, a versé à la société Lex Investigations les aides ouvertes à toutes les entreprises. Or, ainsi qu'il a été dit au point 8, la société requérante exerce une des activités mentionnées par l'annexe 2 du décret. Par suite, les décisions du 23 septembre 2021 et du 8 janvier 2022 doivent être annulées, en tant seulement qu'elles refusent à la société Lex Investigations les aides supplémentaires auxquelles elle a droit en raison de la nature de son activité, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués.

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués, que les trois décisions du 6 avril 2022 et celle du 24 mai 2022, portant sur les demandes d'aides complémentaires au titre des mois de novembre et décembre 2020, de janvier 2021 et de mai 2021 doivent être annulées dans leur ensemble. Les deux décisions du 8 janvier 2022 et celle du 23 septembre 2021 doivent, quant à elles, être annulées en tant seulement qu'elles accordent seulement à la société Lex Investigations l'aide ouverte à toutes les entreprises pour les mois de juin, juillet et août 2021.

Sur les conclusions indemnitaires :

22. Il résulte de tout ce qui précède que les décisions par lesquelles l'administration a refusé à la société Lex Investigations les aides auxquelles sont éligibles les entreprises exerçant une activité mentionnée à l'annexe 2 du décret applicable sont entachées d'une illégalité fautive. En revanche, si la requérante soutient que l'administration a commis des fautes dans le traitement de ses demandes, elle ne le démontre pas par les seules pièces produites à l'instance. Enfin, si la société requérante allègue que les fautes commises par l'administration lui ont causé des " tracasseries administratives ", un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence et lui ont fait perdre une chance d'obtenir les aides au titre des mois de février et avril 2021, elle ne l'établit pas. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposée en défense, les conclusions indemnitaires présentées par la société Lex Investigations doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

23. Eu égard aux motifs d'annulation retenus par le présent jugement, son exécution implique seulement mais nécessairement que les demandes d'aides présentées par la requérante en sa qualité d'entreprise relevant d'un des secteurs d'activités mentionnés à l'annexe 2 soient réexaminées pour les mois de novembre 2020, décembre 2020, janvier 2021, mai 2021, juin 2021, juillet 2021 et août 2021. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris de procéder à ce nouvel examen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Lex Investigations et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les trois décisions du 6 avril 2022 et la décision du 24 mai 2022 par lesquelles le directeur général des finances publiques a rejeté les demandes d'aide exceptionnelle complémentaire présentées par la société Lex Investigations pour les mois de novembre 2020, décembre 2020, janvier 2021 et mai 2021 sont annulées.

Article 2 : La décision du 23 septembre 2021 et les deux décisions du 8 janvier 2022 du directeur général des finances publiques sont annulées en tant seulement qu'elles refusent à la société Lex Investigations le versement des aides auxquelles elle a droit au regard de son secteur d'activité pour les mois de juin, juillet et août 2021.

Article 3 : Il est enjoint au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris de procéder au réexamen des demandes de la société Lex Investigations tendant au bénéfice de l'aide financière exceptionnelle à laquelle sont éligibles les entreprises exerçant une activité mentionnée à l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020 pour les mois de novembre 2020, décembre 2020, janvier 2021, mai 2021, juin 2021, juillet 2021 et août 2021 dans un délai d'un mois à compter du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à la société Lex Investigations au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : La requête est rejetée pour le surplus.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Lex Investigations, au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris, pôle juridictionnel administratif, et au ministre de l'économie, des finances et de la relance industrielle et numérique.

Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Evgénas, présidente,

Mme Laforêt, première conseillère,

Mme Marchand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.

La rapporteure,

L. LAFORÊT

La présidente,

J. EVGENAS La greffière,

B. CHAHINE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2212544/2-1

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