mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2212864 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PAPIN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 15 juin 2022 et le 23 mars 2023, Mme A C, représentée par la SELARL Papin avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui payer, en sa qualité d'ayant droit de sa mère, Mme B E, la somme de 1 300 euros en réparation des préjudices subis par cette dernière, après application du taux de perte de chance de 10% retenu par l'expert judiciaire ;
2°) de condamner l'AP-HP à lui payer la somme de 25 000 euros en réparation de ses propres préjudices ;
3°) de dire que ces sommes porteront intérêt au taux légal à compter de la date de son recours amiable obligatoire avec capitalisation à chaque date anniversaire ;
4°) de condamner l'AP-HP à lui payer les entiers dépens qui comprendront les frais de l'expertise judiciaire à hauteur de la somme de 2 000 euros, ainsi qu'une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le décès de sa mère n'est pas lié à la carcinose dont elle était atteinte, mais est consécutif à une perforation diastatique du caecum causée par la non-prise en charge de son état occlusif ;
- les conclusions de l'expert judicaire ne sont pas sérieusement contredites par la note du médecin conseil de l'AP-HP ;
- l'AP-HP a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité en s'abstenant de diagnostiquer l'état occlusif de sa mère, de le traiter de manière adaptée et de surseoir à la réalisation d'une deuxième préparation colique ;
- ces manquements ont fait perdre à sa mère une chance de survie de 10% ;
- la réparation des souffrances endurées par la victime, tant sur le plan physique que psychique, évaluées par l'expert à 4,5 sur une échelle de 1 à 7 doit être fixé à la somme de 10 000 euros, soit 1 000 euros après application du taux de perte de chance de 10% ;
- la réparation du préjudice d'impréparation de la victime, en lien avec le défaut d'information sur les risques de la coloscopie proposée, qui n'est au demeurant pas contesté par l'AP-HP, doit être fixé à la somme de 3 000 euros, soit 300 euros après application du taux de perte de chance ;
- la réparation de son préjudice d'accompagnement, causé par les difficultés de communication avec l'équipe médicale, le comportement parfois inapproprié de celle-ci à l'égard de sa mère, doit être fixé à la somme de 10 000 euros, sans qu'il n'y ait lieu de faire application du taux de perte de chance, dès lors qu'elle est victime indirecte ;
- la réparation de son préjudice d'affection doit être fixé à la somme de 15 000 euros, sans qu'il n'y ait lieu de faire application du taux de perte de chance pour les mêmes raisons.
Par un mémoire enregistré le 16 décembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris indique au tribunal qu'elle n'intervient pas dans la procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, l'AP-HP conclut :
1°) à titre principal, au rejet des prétentions indemnitaires de la requérante fondées sur le retard de prise en charge de l'état occlusif de la victime et à l'accueil de la seule demande de réparation du préjudice d'impréparation de la victime en lien avec le défaut d'information sur les risques induits par la coloscopie ;
2°) à titre subsidiaire à sa condamnation à hauteur des sommes suivantes :
- 1 000 euros au titre des souffrances endurées par la patiente et 300 euros au titre de son préjudice d'impréparation ;
- 1 000 euros au titre du préjudice d'affection de Mme C, fille de la patiente et 100 euros au titre de son préjudice d'accompagnement durant un mois ;
- 1 500 euros au titre des frais de l'instance ;
- 2 000 euros au titre des frais d'expertise.
Elle fait valoir que :
- la performation diastatique du caecum est imputable au seul état antérieur de la victime, soit la carcinose elle-même ;
- elle ne conteste pas qu'aucun consentement sous forme écrite n'a été sollicité de la patiente ;
- à titre subsidiaire, si elle devait être condamnée au titre d'un retard de prise en charge de l'état occlusif de la victime, le montant de la réparation devra être limité à la somme de 5 900 euros après application du taux de perte de chance de 10%.
Par une ordonnance du 15 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lambert,
- et les conclusions de M. Thulard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B E, née le 21 février 1937, a été admise le 15 juillet 2016 dans le service de cancérologie gynécologique de l'hôpital européen Georges Pompidou, établissement relevant de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), en raison de la suspicion d'un cancer ovarien. Les divers examens pratiqués sur elle, et en particulier une coloscopie, ont mis en évidence une carcinose péritonéale, accompagnée de lésions sur plusieurs organes, ainsi qu'une tumeur obstructive de la charnière recto-sigmoïdienne. Mme B E a été transférée le 1er août 2016 dans le service d'oncologie digestive du même hôpital. Le 3 août 2016, suite à un scanner abdominal faisant suspecter une perforation digestive, Mme B E a fait l'objet le jour même en urgence d'une laparotomie exploratrice qui a confirmé la perforation du caecum, en sus d'une péritonite purulente de la cavité abdominale avec nodules aux intestins et métastases hépatiques. Dans les jours qui ont suivi, l'état de santé de Mme B E s'est rapidement dégradé. Elle est décédée le 24 août 2016. Sa fille, Mme C, demande au tribunal de condamner, sur le fondement de la faute, l'AP-HP à réparer les préjudices subis par sa mère, ainsi que ses propres préjudices.
Sur la responsabilité de l'AP-HP :
En ce qui concerne la faute médicale :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Il résulte de l'instruction et en particulier du rapport d'expertise judiciaire, que Mme B E est décédée d'une péritonite généralisée, causée par une perforation du caecum située en amont d'une tumeur de la charnière recto-sigmoïdienne.
4. S'appuyant sur les conclusions de l'expertise judiciaire, Mme C soutient que le décès de sa mère a été causé par plusieurs fautes médicales commises dans sa prise en charge.
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, dans le but de réaliser le bilan étiologique de la carcinose péritonéale de Mme B E, il a été décidé de pratiquer une coloscopie totale le 22 juillet 2016. Compte tenu des difficultés d'absorption de la préparation colique par la patiente, la coloscopie n'a pas pu être réalisée le jour prévu. Elle a été reportée au 25 juillet 2016 et, dans cette perspective, Mme B E s'est vue administrer une nouvelle préparation colique, cette fois par voie nasogastrique. L'examen a pu être mené à son terme et a mis en évidence une tumeur obstructive de la charnière recto-sigmoïdienne. Selon l'expert judiciaire, si la coloscopie était bien indiquée pour réaliser le bilan étiologique de la carcinose péritonéale, elle était cependant contre-indiquée en présence d'une occlusion colique. En effet, toujours selon l'expert, le tableau clinique présenté par la patiente les jours précédant la coloscopie aurait dû conduire l'équipe médicale à poser le diagnostic d'occlusion colique et surseoir à la réalisation de la coloscopie. Il résulte en effet de l'instruction qu'une préparation colique de quatre litres de solution a été administrée à Mme B E à partir du 24 juillet 2016, indispensable à la réalisation de la coloscopie prévue le lendemain, alors que celle-ci souffrait d'une obstruction de son transit intestinal depuis le 21 juillet au moins. L'expert judiciaire n'est pas contesté lorsqu'il indique que la réalisation d'une coloscopie sur un état possiblement occlusif est contraire aux bonnes pratiques. Cet agissement caractérise donc une première faute de l'équipe médicale.
6. En second lieu, selon l'expert, la cause de la perforation du caecum réside dans une perforation diastatique, c'est-à-dire une rupture de la paroi colique par distension et fissuration sous la pression des gaz et matières fécales dans un contexte d'occlusion intestinale. S'appuyant sur un rapport de son médecin-conseil du 4 août 2021, lequel est fondé sur le compte rendu opératoire du chirurgien ayant pratiqué la laparotomie sur Mme B E le 3 août 2016 qui a souligné la platitude du colon lors de son intervention, ainsi que sur les transmissions infirmières des jours précédents, qui ont révélé une légère reprise du transit, l'AP-HP soutient au contraire que Mme B E n'a pas présenté d'occlusion intestinale et que la perforation du caecum est due au seul cancer. Cependant, d'une part, ce rapport n'a pas été discuté contradictoirement lors des opérations d'expertise et, d'autre part, l'expert judiciaire explique de façon très circonstanciée que la perforation diastatique s'est nécessairement produite avant le 3 août 2016. Il fait valoir non seulement les signes évocateurs d'une occlusion depuis le 21 juillet 2016 au moins, tels que des vomissements, des ballonnements et des douleurs abdominales, allant jusqu'à des reflux fécaloïdes le 1er août 2016, mais aussi la débâcle diarrhéique ayant eu lieu juste avant le scanner du 3 août 2016 et l'existence d'une valvule au niveau du caecum qui empêchait le reflux des matières vers l'intestin grêle, ce qui explique que cet organe soit demeuré intact contrairement au colon. Enfin, il indique que la diffusion du contenu colique dans la cavité abdominale observée le 3 août 2016 n'a pu survenir qu'à la suite de la perforation du caecum. Selon l'expert, la réalisation du scanner abdominal le 3 août 2016 seulement, dans un tableau inquiétant de problèmes digestifs importants constatés depuis près de deux semaines, est tardive. Ce laps de temps trop long a permis l'installation de la péritonite généralisée et purulente qui a conduit au décès de Mme B E. Ce retard de diagnostic caractérise ainsi une deuxième faute médicale.
En ce qui concerne le défaut d'information :
7. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser ". Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.
8. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.
9. En l'espèce, il résulte de l'instruction et en particulier du rapport d'expertise judiciaire et n'est en tout état de cause pas contesté par l'AP-HP, que Mme B E n'a pas donné son consentement éclairé à la réalisation de la coloscopie, dès lors qu'elle n'a pas été informée du rapport bénéfices/risques de l'examen ni de la possibilité de réaliser une recto sigmoïdoscopie sans préparation et n'a pas reçu d'explication sur l'inefficacité de la première préparation colique. Selon l'expert, la coloscopie réalisée le 25 juillet 2016, en dépit du contexte défavorable décrit au point 5 du présent jugement, a vraisemblablement précipité l'occlusion, puis la perforation du caecum. Dans ces conditions, il y a lieu de constater que le risque présenté par la coloscopie s'est réalisé et, partant, que le défaut d'information de la patiente engage la responsabilité de l'AP-HP.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices de la victime directe :
10. En premier lieu, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par Mme B E en lien avec les fautes médicales dont elle a été victime, évaluées à 5 sur une échelle de 7 par l'expert, en les fixant à la somme de 10 000 euros. Il n'y a pas lieu d'appliquer à cette somme un abattement pour perte de chance, dès lors que le décès de Mme B E trouve sa cause directe dans la survenance brutale d'une péritonite purulente, alors que l'état cancéreux de la victime, quoiqu'étant d'un pronostic sombre, lui laissait une espérance de vie comprise entre 12 et 15 mois en cas de chimiothérapie bien conduite, et non limitée à quelques semaines seulement.
11. En second lieu, la requérante fait valoir que sa mère a subi un préjudice d'impréparation, en tant qu'elle n'a pu, du fait du défaut d'information, être " plus attentive aux signes qu'elle a présentés dans les suites immédiates de la gestion de la préparation colique " ni " réfléchir à la stratégie thérapeutique qu'elle souhaitait mettre en œuvre ". Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à la somme de 2 000 euros.
12. Compte tenu de la demande présentée par la requérante en sa qualité d'ayant droit de Mme B E, il sera mis à la charge de l'AP-HP la somme de 1 300 euros à titre d'indemnisation des préjudices de la victime directe.
En ce qui concerne les préjudices de la victime indirecte :
13. En premier lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de Mme C en le fixant à une somme de 4 000 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP.
14. En second lieu, il résulte de l'instruction que, compte tenu de la gravité du cancer dont Mme B E était atteinte, en l'absence même de toute faute de l'AP-HP, elle serait en tout état de cause restée hospitalisée au moins jusqu'au 24 août 2016, date de son décès. Par ailleurs, eu égard à la gravité de son état de santé, sa prise en charge n'aurait pas été moins lourde qu'elle ne l'a été. Par suite, le préjudice d'accompagnement que fait valoir Mme C n'est pas en lien direct et certain avec les fautes commises par l'AP-HP.
Sur les intérêts et la capitalisation :
15. Les sommes dues par l'AP-HP, à savoir 1 300 euros à la succession de Mme B E et 4 000 euros à Mme C, seront assorties des intérêts au taux légal à compter du 13 avril 2022, date de réception de la demande préalable par l'AP-HP.
16. Il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à compter du 13 avril 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les dépens et les frais non compris dans les dépens :
17. Les dépens, taxés et liquidés à la somme de 2 000 euros, par une ordonnance du vice-président du tribunal administratif de Paris du 29 avril 2022 sont mis à la charge définitive de l'AP-HP.
18. L'AP-HP est condamnée à verser à Mme C une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris est condamnée à verser la somme de 1 300 euros à la succession de Mme B E.
Article 2 : L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris est condamnée à verser une somme de 4 000 euros à Mme C.
Article 3 : Ces sommes seront majorées des intérêts à compter du 13 avril 2022. Les intérêts échus à la date du 13 avril 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 4 : Les dépens de la procédure, taxés et liquidés à la somme de 2 000 euros, sont mis à la charge de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
Article 5 : L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris versera à Mme C une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré après l'audience du 11 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Deniel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
La rapporteure,
F. Lambert
La présidente,
S. Marzoug
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2212864/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026