jeudi 26 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2214795 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | SENEJEAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Senejean, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 mai 2022 par laquelle le ministre de la justice a refusé de réévaluer la part liée aux résultats de la prime de fonctions et de résultats (PFR) pour l'année 2015 ainsi que l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) pour les années 2016 et 2017 en vue de l'exécution des jugements nos 1701126/5-2 et 1912239/5-2 rendus par le tribunal administratif de Paris respectivement les 14 juin 2018 et 17 juin 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée par les jugements du tribunal administratif de Paris des 14 juin 2018, 21 novembre 2019 et 17 juin 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2025, le ministre d'Etat, garde des sceaux, ministre de la justice conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et rejet du surplus des conclusions de la requête de Mme A.
Il soutient qu'il a procédé à la régularisation intégrale de la situation de Mme A en tenant compte de la réévaluation de part liée aux résultats de la PFR pour l'année 2015 ainsi que l'IFSE pour les années suivantes.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les jugements n° 1701126/5-2 du 14 juin 2018, n° 1715695/5-2 du 21 novembre 2019, n° 1912239/5-2 du 17 juin 2021 et n° 2017304/5-4 du 31 mars 2023 du tribunal administratif de Paris et l'arrêt n° 23PA02425 du 5 juillet 2024 de la cour administrative d'appel de Paris.
Vu :
- le décret n° 2008-1533 du 22 décembre 2008 relatif à la prime de fonctions et de résultats ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'État ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gros a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, alors ingénieure d'études de 2ème classe affectée à l'institut national de la recherche agronomique, a été détachée au ministère de la justice à compter du 1er février 2014 en tant que cheffe de projet du module de formation, au sein du pôle système d'information des ressources humaines du secrétariat général. Estimant que le montant de sa PFR n'avait pas été correctement fixé pour les années 2014 et 2015, s'agissant de la part liée aux résultats, Mme A, par lettre du 19 septembre 2016, a demandé le réexamen de cette part, pour les années 2014 et 2015 et l'intégration, au titre de l'IFSE de 2016, du montant de la prime ainsi révisé. La décision implicite de rejet de cette demande a été contestée par Mme A devant le tribunal administratif de Paris qui, par le jugement susvisé du 14 juin 2018, devenu définitif, a partiellement fait droit à sa demande. Le tribunal a ainsi annulé cette décision en tant qu'elle rejetait la demande de l'intéressée pour les années 2015 et 2016. Dans le cadre de l'exécution de ce jugement, le garde des sceaux, ministre de la justice a pris une nouvelle décision, le 9 avril 2019, refusant de réévaluer la part liée aux résultats de la PFR au titre de l'année 2015 et l'IFSE au titre de l'année 2016. La décision de rejet de cette nouvelle demande a été également contestée par l'intéressée devant le même tribunal qui, par le jugement susvisé du 17 juin 2021, l'a annulée. Enfin, dans le cadre de l'exécution de ces deux jugements, le garde des sceaux, ministre de la justice a pris une nouvelle décision, le 9 mai 2022, refusant de réévaluer la part liée aux résultats de la PFR pour l'année 2015 ainsi que l'IFSE pour les années 2016 et 2017 en vue de l'exécution des jugements rendus par le tribunal administratif de Paris les 14 juin 2018 et 17 juin 2021. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 5 du décret susvisé du 22 décembre 2008 relatif à la prime de fonctions et de résultats : " Les montants individuels de la part fonctionnelle et de la part liée aux résultats de l'évaluation et à la manière de servir sont respectivement déterminés comme suit : () II. - S'agissant de la part tenant compte des résultats de la procédure d'évaluation individuelle prévue par la réglementation en vigueur et de la manière de servir, le montant de référence est modulable par application d'un coefficient compris dans une fourchette de 0 à 6. / Le montant individuel attribué au titre de cette part fait l'objet d'un réexamen annuel au vu des résultats de la procédure d'évaluation individuelle mentionnée à l'article 2 du présent décret ".
3. En outre, selon l'article 6 du décret du 20 mai 2014 susvisé portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Lors de la première application des dispositions du présent décret, le montant indemnitaire mensuel perçu par l'agent au titre du ou des régimes indemnitaires liés aux fonctions exercées ou au grade détenu et, le cas échéant, aux résultats, à l'exception de tout versement à caractère exceptionnel, est conservé au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise jusqu'à la date du prochain changement de fonctions de l'agent, sans préjudice du réexamen au vu de l'expérience acquise prévu au 2° de l'article 2 ".
4. En premier lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite du jugement susvisé en date du 14 juin 2018, le tribunal administratif de Paris a, par un jugement du 21 novembre 2019, condamné l'État à verser à Mme A une indemnité de 6 800 euros en réparation du préjudice financier résultant de l'absence de versement de la part résultats de la PFR au titre de l'année 2015 et une indemnité du même montant au titre de l'année 2016 correspondant à l'intégration dans son IFSE de la part de résultats de 2015, soit de la somme totale de 13 600 euros, somme dont la preuve de la liquidation par le ministre est rapportée par son arrêté daté du 8 janvier 2020. De plus, il ressort de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris du 5 juillet 2024, désormais définitif, que " par une décision du 12 avril 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice a fixé le montant de la part résultat de la prime de fonctions et de résultats auquel Mme A pouvait prétendre au titre de l'année 2015 " et que, dès lors que " le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de Mme A à compter de l'année 2016 a été fixé en référence au montant de sa prime de fonctions et de résultats au titre de l'année 2015, le garde des sceaux, ministre de la justice doit être regardé comme ayant, par cette décision, régularisé le dossier de paie de Mme A ", rendant ainsi sans objet les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint audit ministre de prendre les mesures nécessaires à l'exécution du jugement du tribunal administratif de Paris du 14 juin 2018.
5. D'autre part, il ressort également des pièces du dossier que par un jugement du 31 mars 2023, le tribunal administratif de Paris a annulé les décisions du 28 août 2023 par lesquelles le ministre de la justice a refusé d'intégrer dans la rémunération mensuelle de Mme A le montant de sa part résultats de la PFR au titre des années 2017 à 2019 et refusé de réévaluer son IFSE qui lui est attribuée depuis le 1er janvier 2020 ainsi qu'enjoint audit ministre de réexaminer le montant de l'IFSE attribuée à Mme A depuis le 1er janvier 2020. Suivant sa décision du 11 mai 2023 produite en défense, le garde des sceaux, ministre de la justice justifie avoir procédé au versement de la somme totale de 20 400 euros en réparation du préjudice financier résultant de l'absence d'intégration de la part résultats de l'IFSE au titre des années 2017 à 2019.
6. Dans ses conditions, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 mai 2022 présentées par Mme A en tant que le garde des sceaux, ministre de la justice a refusé de réévaluer la part liée aux résultats de la PFR pour l'année 2015 ainsi que l'IFSE pour la seule année 2016 ont perdu leur objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
7. En second lieu, saisi d'une demande tendant à l'annulation de la décision du 28 août 2020 en tant qu'elle refuse d'intégrer dans sa rémunération mensuelle au titre des années 2017 à 2019, le montant de la part résultats de la PFR et en tant qu'elle refuse de réévaluer son IFSE qui lui est attribuée depuis le 1er janvier 2020, le tribunal administratif, dans le jugement susvisé du 31 mars 2023, a constaté qu'il " résulte des termes mêmes de l'article 3 du décret du 20 mai 2014 que, la requérante occupant son poste depuis plus de quatre ans, l'administration devait procéder au réexamen du montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertises le 1er janvier 2020 ", et non dès le cours de l'année 2017 comme le fait valoir l'intéressée dans ses écritures. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit.
8. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme A doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A tendant à obtenir l'annulation de la décision du 9 mai 2022 en tant que le garde des sceaux, ministre de la justice a refusé de réévaluer la part liée aux résultats de la prime de fonctions et de résultats pour l'année 2015 ainsi que l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise pour l'année 2016.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2025.
Le président-rapporteur,
Signé
L. GROS
L'assesseur le plus ancien,
Signé
M. FEGHOULILa greffière,
Signé
C. CHAKELIAN
La République mande et ordonne au ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2311393
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26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418264
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26/03/2026
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26/03/2026