vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2215300 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | SCP DROUOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 19 juillet 2022, le 25 avril 2023, le 25 juillet 2023 et le 5 septembre 2023, M. et Mme B et la SCI d'Artogne, représentés par Me Marques, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2022 du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris accordant le permis d'aménager sollicité par la République de Cuba pour la division de la parcelle DL 16 située au 12-14 rue de Presles à Paris (75015) en vue de la création de deux unités foncières distinctes nommées DL 16 A et DL 16 B et la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable car ils justifient d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué est entachée de l'incompétence de son signataire ;
- l'avis de l'architecte des Bâtiments de France est erroné ;
- le dossier de la demande de permis d'aménager comporte des inexactitudes et est incomplet ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UG 13.1.1.2° du règlement du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense enregistrés le 18 avril 2023 et le 24 août 2023, le préfet de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 avril 2023, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'elle s'en remet à l'argumentation présentée par le préfet de Paris.
Par courrier du 5 avril 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le tribunal est susceptible de fonder son jugement sur le moyen relevé d'office tiré de ce que l'autorisation attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions des article R. 421-19 et R. 421-23 du code de l'urbanisme.
Par courrier du 9 avril 2024, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris a répondu au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Voillemot, première conseillère ;
- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique ;
- et les observations de Mme B, requérante.
Une note en délibéré, enregistrée le 10 avril 2024, a été présentée par la Ville de Paris et non communiquée.
Une note en délibéré, enregistrée le 10 avril 2024, a été présentée par les requérants et non communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. La République de Cuba est propriétaire d'un terrain cadastré DL 16 au 12 et 14 rue de Presles à Paris (75015). Le préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris a, par un arrêté du 11 février 2022, autorisé la division de cette parcelle en deux parcelles DL 16 A et DL 16 B. Les requérants demandent l'annulation, notamment, de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué :
2. Aux termes de l'article R. 422-2 du code de l'urbanisme : " Le préfet est compétent pour délivrer le permis () d'aménager () : / a) Pour les projets réalisés pour le compte d'Etats étrangers () ; / () : Le préfet peut déléguer sa signature au responsable du service de l'Etat dans le département chargé de l'instruction ou à ses subordonnés () ". En vertu de l'article 15 de l'arrêté du 29 mars 2021 portant organisation de la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la région Ile-de-France le 30 mars suivant : " Les unités départementales (UD) de Paris () sont dirigées par des directeurs adjoints et placées, lorsqu'elles agissent dans le périmètre départemental, sous l'autorité fonctionnelle du préfet de département. / Chaque unité () instruit l'ensemble des autorisations d'urbanisme relevant de l'Etat ". Selon l'article 4 de l'arrêté du 8 novembre 2021 portant délégation de signature à Mme E A, directrice régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la région Ile-de-France : " Délégation de signature est () donnée à Mme E A, ingénieure générale des ponts, des eaux et des forêts, directrice régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France, à l'effet de signer, au nom du préfet de Paris, tous arrêtés () relevant des attributions des autres domaines en matière d'aménagement () ".
3. Il ressort de l'article 1er de la décision du 3 décembre 2021 portant subdélégation de signature pour les matières exercées pour le compte du préfet de Paris régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial du même jour que M. D C, administrateur général, directeur régional et interdépartemental adjoint de l'environnement, de l'aménagement et des transports, directeur de l'unité départementale de Paris et signataire de l'arrêté attaqué, a notamment reçu délégation pour signer, au nom de la directrice régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France, les arrêtés relevant de l'article 4 de l'arrêté du 8 novembre 2021 cité au point précédent et pris en matière d'aménagement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France :
4. Selon l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. () ". L'article L. 621-32 du même code dispose que : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues à l'article L. 632-2 et L. 632-2-1 ". Aux termes de l'article L. 632-2 de ce code dans sa version applicable en l'espèce : " I. - () / Le permis de construire, le permis de démolir, le permis d'aménager, l'absence d'opposition à déclaration préalable, l'autorisation environnementale prévue à l'article L. 181-1 du code de l'environnement ou l'autorisation prévue au titre des sites classés en application de l'article L. 341-10 du même code tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent I. / En cas de silence de l'architecte des Bâtiments de France, cet accord est réputé donné () ". Aux termes de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, l'autorité compétente recueille l'accord () de l'architecte des Bâtiments de France ".
5. Il résulte de la combinaison des articles L. 621-30, L. 621-32, du I de l'article L. 632-2 du code du patrimoine et de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les permis d'aménager portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause.
6. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le projet est situé à plus de cinq cents mètres de la tour Eiffel et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait situé à moins de cinq cents mètres et visible d'un monument historique ou visible en même temps que lui. Dans ces circonstances, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet est situé dans les abords d'un monument historique, que l'accord de l'architecte des Bâtiments de France était obligatoire et que l'avis émis le 7 janvier 2022 est entaché d'illégalité.
En ce qui concerne l'incomplétude du permis d'aménager :
7. Aux termes l'article R. 441-4 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend également : / 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître () les équipements publics qui desservent le terrain () ".
8. La circonstance qu'un dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. Il ressort des pièces du dossier que les éléments joints à la demande de permis d'aménager, comportent un plan de l'état actuel du terrain à aménager (PA3) représentant deux arbres et une pelouse à l'est de la parcelle DL n°16 en contradiction avec la notice décrivant le terrain (PA2) et précisant que " la partie non bâtie de la parcelle est pourvue d'un revêtement bitumeux et de petits espaces végétalisés " et contient un plan sur lequel n'apparaît plus les arbres et la pelouse. Cependant, les requérants n'établissent pas que cet élément aurait été de nature à fausser l'appréciation du préfet sur la conformité du projet aux règles applicables alors qu'il se déduit aisément des pièces composant le permis d'aménager que le plan PA3 correspond à un état antérieur à celui décrit dans la notice. De plus, aucune disposition n'a été méconnue par la modification de cet état antérieur puisque la notice décrit précisément qu'avant la construction des nouveaux bâtiments, le terrain sera débarrassé de sa végétation, terrassé et mis à nu. En outre, si la notice n'indique pas que la parcelle est signalée dans le plan local d'urbanisme pour son intérêt patrimonial, culturel ou paysager, le requérant n'indique pas quelle disposition imposerait de faire figurer cet élément dans le dossier de permis d'aménager ni au regard de quelles dispositions cette information aurait dû nécessairement être mentionnée. De plus, si les requérants soutiennent que la largeur de la rue de Presles indiquée dans le dossier de permis est erronée, ils ne l'établissent pas. Enfin, comme indiqué au point 6, l'information contenue dans le formulaire cerfa indiquant que le projet n'est pas situé dans les abords d'un monument historique n'est pas entachée d'inexactitude. Dans ces conditions, le dossier de demande de permis d'aménager n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Ce moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de la compatibilité des futures constructions avec les règles d'urbanisme :
10. Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
S'agissant de la méconnaissance de l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme :
11. Aux termes de l'article UG.7.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Nonobstant les dispositions du présent article UG.7 et de l'article UG.10.3, l'implantation d'une construction en limite séparative peut être refusée si elle a pour effet de porter gravement atteinte aux conditions d'éclairement d'un immeuble voisin ou à l'aspect du paysage urbain, et notamment à l'insertion de la construction dans le bâti environnant. () ". Aux termes du même article UG.7.1 : " Les façades ou parties de façades des constructions à édifier à l'intérieur ou à l'extérieur de la bande E* doivent respecter les dispositions qui suivent. / 1°- Façade ou partie de façade comportant des baies* constituant l'éclairement premier de pièces principales* : Lorsqu'une façade ou une partie de façade à édifier en vis-à-vis d'une limite séparative comprise ou non dans la bande E* comporte une ou plusieurs baies constituant l'éclairement premier de pièces principales, elle doit respecter, au droit de cette limite, un prospect minimal de 6 mètres. / () ".
12. Le permis d'aménager n'a pas pour objet d'autoriser des constructions, par suite, les requérants ne soulèvent pas utilement le moyen tiré de la méconnaissance, par le permis d'aménager contesté, des dispositions citées ci-dessus. En tout état de cause, d'une part, les requérants ne produisent aucun document susceptible d'établir que les futures constructions entraineront une atteinte grave aux conditions d'éclairement des bâtiments voisins, d'autre part, la seule circonstance que la façade ouest de l'extension de l'ambassade comporterait des baies dont certaines seraient situées à 3,68 mètres de la façade de la maison voisine n'est pas de nature à établir la méconnaissance des dispositions précitées dès lors qu'il n'est ni établi, ni même allégué, que ces baies seront celles constituant l'éclairement premier de pièces principales ni qu'elle feront face à des baies où la distance par rapport à la limite séparative sera la moins élevée.
S'agissant de la méconnaissance de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme :
13. Ainsi qu'il a été dit précédemment, l'arrêté attaqué n'autorise pas de construction. Si les requérants soutiennent que la division parcellaire autorisée l'a été en méconnaissance de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme qui prévoit des emplacements adaptés aux besoins spécifiques des établissements aménagés sur le terrain pour assurer toutes les opérations usuelles de chargement, de déchargement et de manutention et en outre, s'agissant des logements, la création de locaux pour les vélos et les poussettes, il ne ressort pas des pièces du dossier que la division parcellaire est de nature à permettre l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
14. En tout état de cause, si les requérants produisent des photographies représentant des opérations de chargement ou déchargement, notamment des scooters, avant la construction du bâtiment autorisé par le permis de construire, pourtant une ambassade ne peut compte tenu de la nature de son activité pas être regardée comme un établissement avec des besoins spécifiques pour les opérations usuelles de chargement, de déchargement et de manutention. Le consulat a pour vocation principale de recevoir les ressortissants cubains pour des démarches administratives et les unités d'accueil de passage seront dédiées à l'hébergement du personnel de la République de Cuba, diplomatique, notamment, pour de courtes durées n'entraînant ainsi pas d'opération de chargement et de déchargement. La circonstance que des déménagements auraient été constatés, deux à trois fois par an selon les autorisations pour déménagement délivrées par les services municipaux, et que des livraisons parviennent ponctuellement, ne suffit pas à démontrer l'existence de besoins spécifiques de chargement, de déchargement et de manutention dont la fréquence requerrait un emplacement aménagé sur le terrain. En outre, un local vélo de 10 m² est prévu par le projet au sous-sol. Compte tenu des caractéristiques d'une ambassade, dans laquelle la sécurité doit être assurée, la circonstance que le local vélo soit implanté au sous-sol n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté attaqué alors même que ce type de locaux doit être aménagé de préférence de plain-pied. Enfin, les dispositions de l'article UG 12 n'impose aucune obligation de création de place de stationnement pour les véhicules à moteur pour les logements et les CINASPIC. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
S'agissant de la méconnaissance de l'article UG 13.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme :
15. Comme il a été dit aux points précédents, le permis d'aménager n'ayant pas pour objet d'autoriser des constructions, les moyens tirés de la méconnaissance du règlement du plan local d'Urbanisme relatifs aux constructions projetées, dont le moyen tiré de la méconnaissance par le permis d'aménager des prescriptions imposant la végétalisation des toitures plates, est inopérant.
16. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet de Paris et la Ville de Paris, que les conclusions des requérants tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 février 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacles à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande les requérants au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B et de la SCI d'Artogne est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B, la SCI d'Artogne à l'ambassadeur de la République de Cuba à Paris, au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Simonnot, président,
Mme Voillemot, première conseillère,
M. Paret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
La rapporteure,
C. VOILLEMOT
Le président,
J-F. SIMONNOT
La greffière,
S. RAHMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401325
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société SFR pour l’implantation d’antennes de radiotéléphonie mobile à Paris 13e. Le tribunal a d’abord jugé que M. B... ne justifiait pas d’un intérêt à agir suffisant au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme, car il n’a pas démontré que le projet affecterait directement ses conditions de jouissance de son bien. Par suite, la requête a été déclarée irrecevable, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, notamment ceux tirés de l’absence d’avis de l’architecte des bâtiments de France ou de la méconnaissance de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324980
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contestant son expulsion du territoire français en urgence absolue, décidée par le ministre de l'intérieur le 22 octobre 2023. Le tribunal a jugé que la procédure d'urgence absolue, prévue à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispensait de consulter la commission spéciale d'expulsion, et que les autres moyens, notamment le détournement de procédure et la méconnaissance des articles L. 631-3 et L. 252-1, n'étaient pas fondés.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431132
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui demandait l’annulation d’un arrêté d’expulsion du 21 octobre 2024 et de la décision d’assignation à résidence prise le même jour par le préfet de police. Le tribunal a jugé que l’arrêté d’expulsion était suffisamment motivé et que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en considérant la présence de l’intéressé comme une menace grave pour l’ordre public, au vu de ses condamnations pénales. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, sans que ces derniers soient méconnus.
06/01/2026