mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2215448 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | FAZOLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 16 juillet 2022, 29 mai 2023 et 26 octobre 2023, Mme C B, représentée par Me Tanga, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
A titre principal :
1°) d'annuler la décision explicite de rejet de sa demande formée auprès de la Ville de Paris le 31 mai 2022, statuant sur un recours administratif formé le 4 octobre 2021 contre une demande de remboursement d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant total de 23 303,11 euros relatif à la période du 1er juillet 2017 au 30 novembre 2020, notifié par la Caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris le 10 août 2021, et en conséquence, de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) d'enjoindre la Ville de Paris de lui verser le RSA pour les mois de décembre 2020 à la date de la décision du tribunal, assortie des intérêts et de la capitalisation des intérêts ;
A titre subsidiaire :
3°) de prononcer la remise gracieuse de la dette et son droit au RSA en la déchargeant de l'obligation de rembourser la somme de 23 303,11 euros relative au RSA perçu pour la période du 1er juillet 2017 au 30 novembre 2020, notifiée par la CAF de Paris le 10 août 2021, et en conséquence, de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
En toutes conséquences :
4°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure de contrôle est nulle car elle n'a pas eu un accès effectif aux informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels la Caisse s'est fondée pour prendre sa décision ;
- elle n'a pas eu accès au rapport d'enquête avant la mise en recouvrement de l'indu ;
- l'action en recouvrement de l'indu de RSA est prescrite ;
- la prescription biennale ne pouvait être levée en l'absence de fraude pour non-présence en France et pour omission de déclaration ;
- la décision est entachée d'erreur sur l'exactitude matérielle des faits quant à la durée de sa présence sur le territoire britannique ;
- elle est dans l'impossibilité de rembourser sa dette et sollicite une remise gracieuse ;
- elle doit être rétablie dans ses droits au RSA.
Par des mémoires en défense enregistrés les 3 février, 16 et 30 octobre 2023, la Ville de Paris, représentée par sa maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la demande de remise gracieuse et la demande d'injonction au versement du RSA à compter de décembre 2020 sont irrecevables et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de la sécurité sociale,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme Lambert pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de Mme Lambert a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B est allocataire du revenu de solidarité active (RSA) depuis l'année 2010. Elle a fait l'objet d'un rapport de contrôle de la Caisse d'allocation familiales (CAF) de Paris daté du 25 novembre 2020 qui a mis en évidence qu'elle ne remplissait plus la condition de résidence stable et effective sur le territoire français exigée pour le versement des prestations sociales et qu'elle avait perçu des ressources sans les déclarer. Faisant suite à ce rapport d'enquête, par une décision du 9 février 2021, la CAF de Paris a notifié à Mme B une demande de remboursement relative à un indu de RSA pour un montant total de 23 303,11euros correspondant à la période de juillet 2017 à novembre 2020. Le 15 avril 2021, Mme B a formé un recours contre cette décision. Le 30 juin 2021, la CAF de Paris a informé Mme B de son intention de déposer plainte auprès du Procureur de la République pour fraude au RSA et le 1er juillet 2021, la CAF de Paris a transféré la dette de Mme B à la Ville de Paris. Le 10 août 2021, cette dernière a notifié à Mme B une demande de remboursement d'indu de RSA pour la somme de 23 303,11 euros. Le 13 septembre 2021, la Ville de Paris a déposé plainte contre Mme B auprès du Procureur de la République pour fraude au RSA. Par une décision du 31 mai 2022, qui constitue la décision contestée, la Ville de Paris a rejeté le recours de Mme B contre le remboursement d'indu de RSA.
Sur la régularité de la décision et le bien-fondé de l'indu de RSA :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de RSA, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne le droit de communication :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L.114-19 du code de la sécurité sociale : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : / 1° Aux agents des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations servies par lesdits organismes () ". Aux termes de l'article L.114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande. ".
4. Il résulte de l'instruction que par deux convocations en date du 23 octobre 2020 et 4 novembre 2020, la contrôleuse assermentée de la CAF de Paris a proposé des rendez-vous téléphoniques à Mme B, auxquels celle-ci n'a pas jugé utile de donner suite. En conséquence, le contrôle s'est déroulé hors la présence de l'allocataire. Le rapport de contrôle, daté du 25 novembre 2020, mentionne le nom de tous les organismes contactés, notamment le fichier des comptes bancaires (FICOBA) ainsi que ses établissements financiers (la Banque Postale, Nickel et ATTUARWAFA Bank Europe) et indique que l'allocataire a été informée de la faculté pour la CAF de mettre en œuvre le droit de communication prévu aux articles L. 114-19 et suivants du code de la sécurité sociale, et de son droit d'obtenir la communication des documents obtenus des tiers si le contrôle devait aboutir à un recouvrement ou à la suppression de la prestation. Le 27 novembre 2020 au plus tard, Mme B a été informée des résultats du contrôle par l'envoi du document de procédure contradictoire, l'informant que la contrôleuse avait exercé son droit de communication auprès de la Banque Postale du 04/07/2017 au 30/06/2020, ce qui avait permis de mettre en évidence de nombreuses anomalies, parmi lesquelles des virements en provenance de tiers, et des dépenses effectuées à l'étranger sur la période allant de juillet 2017 à fin juin 2020 (sa pièce 6). Il résulte de ce qui précède que Mme B doit être regardée comme ayant été informée, par la réception de ce document de procédure contradictoire, de la teneur et de l'origine des informations retenues par la CAF pour estimer qu'elle ne remplissait plus les conditions pour bénéficier du RSA sur la période litigieuse. En tout état de cause, Mme B n'a pas été privée d'une garantie dès lors qu'elle avait nécessairement connaissance, pour être à leur origine, des opérations bancaires observées par la contrôleuse de la CAF.
5. En second lieu, si Mme B déplore que le rapport d'enquête ne lui ait été transmis que le 5 septembre 2022, soit à une date postérieure à la demande de remboursement de l'indu de RSA, force est de constater qu'il s'agit du second rapport d'enquête la concernant, en date du 4 août 2022 et qui est sans incidence sur la décision en litige, laquelle se fonde uniquement sur le premier rapport d'enquête, daté du 25 novembre 2020. Le moyen sera donc écarté.
En ce qui concerne la prescription :
6. Aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. / La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles L. 553-2, L. 821-5-1 ou L. 845-3, L. 844-3 (1) du code de la sécurité sociale, L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ou L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation ".
7. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (). ". Aux termes de l'article L.262-3 du même code : " L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R.262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de RSA, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent, résider en France de manière stable et effective et déclarer spontanément à la CAF tout changement de situation.
S'agissant de la suspicion de fraude quant à la condition de résidence en France :
8. Pour apprécier si la condition de résidence stable et effective en France est remplie par l'allocataire, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de RSA a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois (soit 92 jours maximum), au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le RSA ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du RSA est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
9. En l'espèce, il résulte de l'instruction et en particulier du rapport de contrôle de la CAF du 25 novembre 2020 qui s'est fondé sur les dépenses effectuées par Mme B à l'étranger (Royaume-Uni et Côte d'Ivoire) de juillet 2017 à juin 2020 par consultation de son compte CCP ouvert à la Banque Postale, mais également sur le traçage de l'adresse IP de son ordinateur qui a relevé que Mme B effectuait 80% de ses déclarations trimestrielles de ressources de l'étranger, que Mme B a vécu hors du territoire français 169 jours en 2017, 242 jours en 2018, 294 jours en 2019 et au moins 294 jours en 2020. Dans l'instance, Mme B produit de nombreuses pièces de nature médicale pour établir sa présence en France au titre de la période contrôlée. Force est toutefois de constater qu'elle n'établit pas sa présence en France aux périodes d'absence relevées par la contrôleuse, à l'exception d'un quatrième jour de présence en janvier 2018 (le 09/01/2018) alors que la contrôleuse n'en relève que trois, d'un deuxième jour de présence en mai 2018 (le 21/05/2018) alors que la contrôleuse n'en relève qu'un seul et d'un troisième jour de présence en janvier 2019 (le 19/01/2019) alors que la contrôleuse n'en relève que deux. Par ailleurs, l'attestation de l'assistante sociale de la Direction des solidarités de la Ville de Paris qu'elle produit dans l'instance (sa pièce 5), au demeurant très peu circonstanciée, n'est pas contradictoire avec les constatations faites par la contrôleuse dans son rapport du 25 novembre 2020 en ce qui concerne la présence en France de Mme B au mois de décembre 2017 puisque le rapport ne relève que 5 jours d'absence (du 26/12 au 31/12/2017), ni en ce qui concerne sa présence d'août à novembre 2018, puisqu'il se déduit du rapport qu'elle était présente du 09/08/2018 au 4/09/2018 puis du 22/10/2018 au 04/11/2018. S'agissant des mois de juin à août 2019, ladite attestation ne permet pas d'établir la présence continue de Mme B sur le territoire français, puisqu'un suivi social prend la forme de rendez-vous ponctuels, que Mme B pouvait parfaitement honorer en revenant de Londres spécialement pour l'occasion. Si Mme B soutient que les mouvements sur son compte bancaire depuis l'étranger sont dus à l'utilisation de sa carte bancaire par sa tante résidant au Royaume Uni, laquelle avait la charge de son fils A ainsi que par des déplacements liés à sa recherche d'un emploi, force est de constater qu'elle n'établit nullement ces allégations et en tout état de cause, ne soutient, ni même n'allègue pas, qu'elle aurait informé la CAF de ses déplacements. Enfin, il convient de souligner que Mme B est allocataire du RSA depuis 2010, de sorte qu'elle avait nécessairement connaissance de la règle de résidence permanente en France et de l'obligation déclarative de tout changement de situation.
10. Il résulte de ce qui précède que, à supposer même que la décision attaquée soit entachée d'une erreur matérielle quant au nombre total de jours d'absence de France de Mme B, comme il vient d'être indiqué au point précédent, la Ville de Paris était fondée à notifier à Mme B un indu de RSA au motif de la violation de la règle de résidence stable et effective et celle de l'obligation déclarative imposée par les dispositions précitées au point 7.
11. Compte tenu de la réitération sur une longue période du défaut de déclaration des changements de résidence par Mme B, alors que celle-ci ne pouvait méconnaitre, compte tenu de sa situation d'allocataire depuis 2010, ni la règle de la résidence stable et effective sur le territoire français, ni la règle d'obligation déclarative de tout changement de situation, il y a lieu de constater que la fraude est caractérisée. La requérante n'est ainsi pas fondée à soutenir qu'un délai de prescription de deux ans devait être appliqué par la CAF de Paris, alors que seul le délai de prescription quinquennal doit s'appliquer en l'espèce.
S'agissant de la suspicion de fraude quant aux omissions déclaratives :
12. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport de contrôle de la CAF du 25 novembre 2020, que Mme B a perçu, entre le 4 juillet 2017 et le 26 mars 2020, quasiment chaque mois des virements sur son compte CCP ouvert à la Banque Postale en provenance, pour l'essentiel, de Salva PASQUARIELLO. Alors qu'elle s'est continuellement déclarée " sans ressources sur cette période ", comme le justifie la défenderesse, Mme B a au contraire perçu sur cette période plus de 19 000 euros, soit en moyenne 575 euros par mois. Mme B ne pouvait pas, en sa qualité d'allocataire du RSA depuis 2010, méconnaître l'obligation qui lui est faite, en cette qualité, de déclarer l'ensemble de ses ressources, de quelque nature qu'elles soient. Dans ces conditions, il y a lieu de constater que la fraude est caractérisée. La requérante n'est ainsi pas fondée à soutenir que l'action en remboursement de l'indu est prescrite, alors que seul le délai de prescription quinquennal doit s'appliquer en l'espèce.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées.
Sur la demande de remise de dette au titre de l'indu de RSA :
14. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'État, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). ".
15. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
16. En l'espèce, ainsi qu'il a été indiqué aux points 9 et 12 du présent jugement, Mme B n'a déclaré aucune de ses absences de France, ni l'ensemble de ses ressources alors qu'elle ne pouvait méconnaître, ni la règle de résidence permanente en France, ni celle de déclaration obligatoire à la CAF de tout changement de situation, en sa qualité d'allocataire du RSA depuis l'année 2010. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que tant la CAF de Paris que la Ville de Paris ont déposé plainte contre Mme B auprès du Procureur de la République de Paris en raison du caractère frauduleux des indus. Enfin, il convient de souligner que la commission de surendettement de Paris, si elle a décidé d'un effacement total des dettes de Mme B, a soustrait de la procédure l'indu de RSA en litige, en raison du caractère frauduleux de la dette. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'établit pas sa bonne foi et ne justifie donc pas qu'une remise gracieuse lui soit accordée.
17. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
18. Compte tenu de la solution apportée au litige, les conclusions de la requête à fin d'injonction et celles tendant à la condamnation de la défenderesse sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la caisse d'allocations familiales de Paris et à la Ville de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
La magistrate désignée,
F. Lambert
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2215448/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511088
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler les décisions de suspension et de fin de droits au RSA et à l'ALS, ainsi que la notification d'un indu. Le tribunal a jugé que les procédures de contrôle menées par la CAF de Paris et la Ville de Paris étaient régulières, notamment au regard des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale, et que le requérant ne démontrait pas que les conditions légales d'attribution des prestations étaient remplies. Les demandes de rétablissement des droits, de versements rétroactifs et de condamnation aux dépens ont donc été écartées.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2515543
**Sujet principal** : Recours contre le rejet d'une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA et contestation du montant de la dette. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement unique). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de M. A..., confirmant la décision de la Ville de Paris. Il estime que les ressources non déclarées (virements, dépôts d'espèces et intérêts) constituent bien des revenus pris en compte pour le calcul du RSA, et que l'allocataire n'apporte pas la preuve de sa bonne foi ou d'une situation de précarité justifiant la remise gracieuse. **Textes appliqués** : Articles L. 262-2, R. 262-6 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles (définition du RSA, composition des ressources et obligation de déclaration).
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511244
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... qui contestait la décision de la maire de Paris lui réclamant un indu de RSA de 11 217 euros. Le tribunal a estimé que les motifs de l'administration étaient fondés, notamment le défaut de déclaration de l'ASPA et les séjours à l'étranger, et que les droits de la défense avaient été respectés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives au recouvrement des indus de prestations sociales.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512505
**Sujet principal** : Recours contre une décision de la CAF de Paris notifiant un indu de prime d'activité (PPA) et d'allocation personnalisée au logement (APL), et demandes subsidiaires de remise gracieuse ou d'étalement. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation statuant en procédure écrite simplifiée). **Solution retenue** : * Concernant l'APL, le tribunal constate un **non-lieu à statuer** car la dette a été soldée par la CAF avant l'audience, rendant la demande sans objet. * Concernant la PPA, le tribunal **rejette la requête** au fond, considérant que la décision de récupération de l'indu est légale et bien fondée, notamment au regard des dispositions du code de la sécurité sociale et du code de la construction et de l'habitation. **Textes appliqués** : Code de la sécurité sociale (pour la PPA), code de la construction et de l'habitation (pour l'APL), et code de justice administrative pour la procédure.
02/04/2026