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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2215908

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2215908

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2215908
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre
Avocat requérantMARBOT-DAURES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2022, M. E F, Mme C B et Mme D F, représentés par Me Marbot-Daures, demandent au tribunal :

1°) de condamner l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) à verser :

- à M. F, Mme B et Mme D F, en leur qualité d'ayants droit de leur fille et sœur décédée, Mme A F, en réparation des préjudices subis par cette dernière, la somme de 70 000 euros ;

- à M. F et Mme B, en réparation de leurs préjudices propres, la somme globale de 12 611 euros ;

- à M. F, en réparation de ses préjudices propres, la somme de 50 000 euros ;

- à Mme B, en réparation de ses préjudices propres, la somme de 50 000 euros ;

- à Mme D F, en réparation de ses préjudices propres, la somme de 50 000 euros ;

2°) d'assortir ces sommes des intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement de leur requête et de leur capitalisation ;

3°) de mettre à la charge de l'AP-HP les dépens de l'instance et la somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Ils soutiennent que :

- l'Assistance publique - hôpitaux de Paris a commis une faute tenant aux lacunes constatées lors de la prise en charge de Mme A F à l'hôpital Robert Debré, à savoir la réalisation d'un Holter sans mise en corrélation des signes cliniques et des résultats de l'examen et l'absence d'explorations complémentaires après la consultation de suivi de cardiologie du 9 octobre 2019 ;

- ces fautes ont entraîné une perte de chance à hauteur de 50 % d'éviter le décès de Mme A F ;

- le préjudice subi par Mme A F en raison des souffrances endurées est évalué à la somme de 70 000 euros ;

- M. F et Mme B, parents de Mme A F, se sont acquittés de frais d'obsèques à hauteur de 12 611 euros et ont subi un préjudice moral évalué à 50 000 euros chacun ;

- Mme D F, sœur de Mme A F, a subi un préjudice moral évalué à 50 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024 l'AP-HP demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter la requête ;

2°) à titre subsidiaire, de ramener l'indemnisation allouée aux requérants à de plus justes proportions ;

3°) de réduire à de plus justes proportions la demande formulée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- sa responsabilité ne saurait être engagée ;

- un avis spécialisé en rythmologie a été pris, le tableau clinique présenté par Mme A F ne justifiait pas un traitement antiarythmique, la pose de matériel ou la réalisation d'une IRM cardiaque et aucun argument ne justifiait le diagnostic de dysplasie arythmogène du ventricule droit ; par suite, l'absence d'explorations supplémentaires ne constitue pas un manquement susceptible d'engager sa responsabilité ;

- quand bien même la dysplasie arythmogène du ventricule droit aurait été diagnostiquée, la patiente aurait été prise en charge de la même manière, écartant toute perte de chance d'éviter le décès ;

- la cause du décès pourrait être l'embolie pulmonaire observée par le rapport d'expertise anatomo-pathologique, et non la dysplasie arythmogène du ventricule droit, la causalité entre la faute alléguée et le préjudice subi n'est donc pas établie ;

- à titre subsidiaire, l'indemnisation des préjudices subis par les consorts F doit être ramenée à de plus justes proportions et le taux de perte de chance de 50% retenu par les experts doit être appliqué ;

- le préjudice subi au titre des souffrances endurées par Mme A F doit être indemnisé à hauteur de 9 000 euros après application du taux de perte de chance de 50% ;

- l'indemnisation des frais d'obsèques doit être ramenée à 6 305,50 euros après application du taux de perte de chance de 50% ;

- le préjudice moral des consorts F doit être évalué à 11 500 euros chacun pour M. F et Mme B et à 4 000 euros pour Mme D F après application du taux de perte de chance de 50%.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, qui n'a pas produit de mémoire.

Par une ordonnance du 28 août 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique,

- le code de la sécurité sociale,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Berland,

- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,

- et les observations de Me Marbot-Daures, représentant les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A F, atteinte d'une pathologie cardiaque congénitale, a été opérée le 10 juin 2005, à l'âge de six mois, au centre chirurgical Marie Lannelongue (Le Plessis-Robinson) et a bénéficié ensuite d'un suivi régulier auprès de l'unité cardiologique de l'hôpital Robert Debré, qui relève de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP). Le 28 mars 2019, alors âgée de quatorze ans, elle a été victime d'un malaise avec perte de connaissance qui a entraîné son hospitalisation pendant vingt-quatre heures au centre hospitalier intercommunal André Grégoire (Montreuil) et a été interprété comme un malaise vagal. Le 9 octobre 2019, Mme A F a été reçue par sa cardiologue dans le cadre de son suivi et le rendez-vous suivant a été fixé deux ans plus tard. Le 8 novembre 2019 au matin, Mme A F a été découverte inanimée dans sa chambre et son décès a été constaté par les pompiers.

2. Le 19 octobre 2020, Mme B, M. F et Mme D F, qui sont respectivement les parents et la sœur de Mme A F, ont saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) d'Île-de-France, qui a diligenté une expertise. Dans leur rapport du 1er juin 2021, les docteurs Montpellier et Caron, experts nommés par la CCI, ont retenu comme cause de la mort un " trouble du rythme ventriculaire dans le cadre d'une dysplasie arythmogène du ventricule droit " et conclu à la responsabilité de l'AP-HP à hauteur de 50 % de perte de chance d'éviter la mort subite. Dans un avis du 9 septembre 2021, la CCI a également conclu à la responsabilité de l'AP-HP à hauteur de 50% des préjudices subis liés au décès de l'enfant A F. Par un courrier du 27 juin 2022, l'AP-HP a indiqué aux requérants qu'elle ne présenterait pas d'offre d'indemnisation. Par un courrier du 28 juin 2024, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) a indiqué aux requérants qu'il refusait de se substituer à l'AP-HP et de formuler une offre d'indemnisation. Les requérants demandent au tribunal de condamner l'AP-HP à leur verser la somme de 70 000 euros en réparation des préjudices subis par Mme A F et la somme globale de 162 611 euros à leur verser en réparation de leurs préjudices propres.

Sur l'engagement de la responsabilité de l'AP-HP :

3. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

4. Une erreur ou un retard de diagnostic et un choix thérapeutique erroné ne sont pas constitutifs de fautes lorsque le médecin, qui n'est tenu que d'une obligation de moyens sur le plan médical, a agi conformément aux données acquises de la science. Sa responsabilité doit ainsi être écartée en l'absence d'erreur de lecture évidente, de négligence de données essentielles du dossier et, en l'absence d'urgence, d'omission de faire réaliser des examens complémentaires appropriés qui seraient utiles.

5. Les requérants recherchent la responsabilité de l'AP-HP en raison d'un défaut d'organisation et d'un dysfonctionnement des services. Ils font valoir que la prise en charge de Mme A F à l'hôpital Robert Debré a mis en évidence des lacunes, dès lors que les Holters réalisés l'ont été sans mise en corrélation des signes cliniques et des résultats de l'examen. Ils reprochent également aux médecins de l'hôpital Robert Debré de ne pas avoir prescrit des explorations complémentaires en présence du tableau clinique constaté lors de la dernière consultation de Mme A F en cardiologie, le 9 octobre 2019, soit postérieurement au malaise dont elle avait été victime en mars 2019. Ils soutiennent que des investigations complémentaires auraient pu mettre en évidence une dysplasie arythmogène du ventricule droit, ce qui aurait permis la mise en œuvre de thérapeutiques de prévention secondaire, qui auraient permis d'éviter la mort subite.

6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise réalisé à la demande de la CCI, que Mme A F était suivie depuis 2005 pour les suites de sa chirurgie cardiaque à l'hôpital Robert Debré, établissement faisant partie de la filière de santé CARDIOGEN et ayant été labellisé en 2017 " centre de compétence des cardiomyopathies et des troubles du rythme cardiaque héréditaires " et " centre de compétence des malformations cardiaques congénitales complexes ". Il résulte également de l'instruction que la cause de la mort consiste en un trouble du rythme ventriculaire dans le cadre d'une dysplasie arythmogène du ventricule droit.

7. D'une part, il résulte de l'instruction que Mme A F a signalé, dès 2016, ressentir des palpitations, et que deux examens Holter ont été réalisés dans le cadre de son suivi le 29 octobre 2016, puis le 3 juillet 2019. Toutefois, la portée de ces examens a été limitée par le fait que le tracé électrocardiographique n'a pas été associé aux sensations cliniques éprouvées par Mme A F, sensations qui auraient dû faire l'objet selon les experts d'une retranscription dans un document remis par l'hôpital. Sur ce point, les parents de la victime déclarent ne pas avoir eu de recommandations sur le remplissage d'un document permettant de mettre en œuvre une telle corrélation et l'AP-HP n'établit pas avoir remis un tel document, non présent au dossier médical, à la patiente. La réalisation de cet examen dans ces conditions est constitutive d'une faute dans l'organisation du service.

8. D'autre part, il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise, que le diagnostic de dysplasie arythmogène du ventricule droit, qui est une pathologie exceptionnelle, était, dans le cas de Mme A F, particulièrement difficile à poser. Toutefois, il résulte également de l'instruction que, s'agissant d'un hôpital disposant d'un haut niveau d'expertise dans la spécialité cardiologie et d'une patiente ayant subi une chirurgie cardiaque précoce, des investigations complémentaires auraient dû être mises en œuvre afin de préciser le diagnostic des troubles dont se plaignait Mme A F. A cet égard, si l'AP-HP fait valoir que l'avis d'un cardiologue spécialisé en rythmologie a été pris après la réalisation des deux Holters, elle ne l'établit pas. En outre, elle n'établit pas, en s'appuyant sur les lignes directrices pour la gestion des cardiopathies congénitales chez l'adulte, que la prise en charge de Mme A F, âgée de quatorze ans lors de son décès, a été conforme aux recommandations en vigueur. Si l'AP-HP fait également valoir que la prise en charge de la patiente n'aurait pas été différente en cas de diagnostic de dysplasie arythmogène du ventricule droit, il résulte de l'instruction, et en particulier des lignes directrices de prise en charge de la dysplasie arythmogène du ventricule droit produites par l'AP-HP, que l'administration d'un bêtabloquant est recommandée en cas de diagnostic de cette pathologie et que d'autres actes thérapeutiques sont envisageables. Enfin, si l'AP-HP fait valoir que la cause du décès ne peut être imputée à la dysplasie arythmogène du ventricule droit, elle n'apporte aucun élément permettant de contredire sur ce point l'expertise diligentée à la demande de la CCI qui attribue le décès à cette pathologie. Ainsi, l'absence de réalisation de tels examens et investigations complémentaires, compte tenu des moyens techniques et du personnel médical dont disposait l'établissement, est constitutive d'un défaut de diagnostic et constitue une faute.

9. Il résulte de ce qui précède que l'hôpital Robert Debré, en faisant réaliser des examens dont la mise en œuvre ne permettait pas une exploitation optimale et en ne faisant pas réaliser des investigations complémentaires au vu des plaintes rapportées par Mme A F en consultation le 9 octobre 2019, a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP.

Sur les préjudices :

10. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

11. En l'espèce, le défaut d'organisation du service et le retard de diagnostic de la dysplasie arythmogène du ventricule droit doivent être regardés comme ayant privé Mme A F d'une chance de 50 % d'éviter son décès par mort subite.

En ce qui concerne les préjudices de la victime directe :

12. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par Mme A F, évaluées à 6 sur une échelle de 7 par les experts désignés par la CCI, en fixant la réparation de ce préjudice à une somme de 25 000 euros, soit 12 500 euros après application du taux de perte de chance de 50 %.

En ce qui concerne les préjudices des victimes indirectes :

S'agissant de M. F et de Mme B, père et mère de la victime :

13. En premier lieu, il résulte de deux factures produites par les requérants, au nom de M. F et dont l'une a été acquittée par M. F et l'autre par Mme B, que les frais d'obsèques de Mme A F se sont élevés à la somme de 12 611 euros. Toutefois, il n'y a pas lieu de prendre en charge les frais engagés au moment du décès de Mme A F, mais qui ne la concernent pas exclusivement, à savoir l'achat de deux places supplémentaires dans le caveau. Par suite, le montant des frais engagés doit être établi à la somme 10 691 euros. Il y a donc lieu, après application du taux de perte de chance de 50 %, d'allouer à M. F et à Mme B une somme de 5 345,50 euros.

14. En second lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de M. F et de Mme B en le fixant à la somme de 25 000 euros pour chacun, soit 12 500 euros pour chacun après application du taux de perte de chance de 50 %.

S'agissant de Mme D F, sœur de la victime :

15. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de Mme D F en le fixant à la somme de 20 000 euros, soit 10 000 euros après application du taux de perte de chance de 50 %.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

16. D'une part, il y a lieu d'assortir les sommes mises à la charge de l'AP-HP par le présent jugement des intérêts à compter du 25 juillet 2022, date d'enregistrement de la requête.

17. D'autre part, il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à compter du 25 juillet 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

18. Aucuns dépens n'ayant été exposés dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme globale de 2 500 euros au titre des frais exposés par M. F, Mme B et Mme D F et non compris par les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à M. F, Mme B et Mme D F en leur qualité d'ayants droits de Mme A F une somme globale de 12 500 euros.

Article 2 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à M. F et Mme B, au titre des frais d'obsèques qu'ils ont supportés, une somme de 5 345,50 euros.

Article 3 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à M. F en réparation de ses préjudices propres une somme de 12 500 euros.

Article 4 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à Mme B en réparation de ses préjudices propres une somme de 12 500 euros.

Article 5 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à Mme D F en réparation de ses préjudices propres une somme de 10 000 euros.

Article 6 : Ces sommes seront assorties des intérêts au taux légal à compter du 25 juillet 2022. Les intérêts échus à la date du 25 juillet 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 7 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à M. F, Mme B et Mme D F une somme globale de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 9 : Le présent jugement sera notifié à M. E F, à Mme C B, à Mme D F, à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.

Délibéré après l'audience du 15 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Marzoug, présidente,

Mme Lambert, première conseillère,

Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La rapporteure,

F. Berland

La présidente,

S. MarzougLa greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2215908/6-

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