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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2216991

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2216991

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2216991
TypeDécision
Formation6e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET JASPER AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 août 2022 et le 6 décembre 2022, M. A C, représenté par Me Le Bonnois, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de condamner, à titre principal, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) ou à titre subsidiaire, l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP), à lui verser la somme de 95 535 euros en réparation des préjudices causés par l'accident médical commis lors de l'intervention chirurgicale qu'il a subie le 3 mars 2015, assortie des intérêts au taux légal à compter du 21 juin 2022 ;

2°) en tout état de cause, de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 1 500 euros en réparation des préjudices causés par l'infection nosocomiale contractée, et 10 000 euros au titre de son préjudice d'impréparation ;

3°) de mettre à la charge de l'ONIAM et de l'AP-HP la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Il soutient que :

- à la suite d'une intervention de sympathectomie pratiquée à l'hôpital Bichat le 3 mars 2015, il a développé un hémothorax, qui a nécessité une opération de drainage pratiquée en urgence le 23 mars suivant puis la réalisation d'une thoracotomie en vue d'un décaillotage associé à une décortication, le 11 avril 2015.

- cette complication tardive de l'opération initiale du 3 mars 2015, a entrainé un dommage constitué par des douleurs, des paresthésies, une réaction anxiodépressive avec troubles du sommeil et manifestations somatoformes, et une hyposialie ;

- la date de consolidation du dommage a été fixée au 5 août 2019 ;

- il est fondé, à titre principal, à demander à l'ONIAM la prise en charge au titre de la solidarité nationale, des préjudices résultant de l'aléa thérapeutique, en raison de la gravité et de l'anormalité du dommage qu'il subit et à solliciter une indemnisation égale à 95 535 euros se décomposant comme suit :

* S'agissant de ses préjudices patrimoniaux, 4500 euros au titre des frais divers, et 3 100 euros au titre de l'assistance par tierce personne

* S'agissant de ses préjudices extra-patrimoniaux, 12 453 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 10 000 euros au titre des souffrances endurées, 34 500 euros au titre de son déficit fonction permanent, 6 000 euros au titre de son préjudice esthétique permanent, 15 000 euros au titre du préjudice d'agrément, 10 000 euros au titre du préjudice sexuel ;

- à titre subsidiaire, en raison de la faute commise par l'APH-HP résultant d'un défaut d'information des conséquences de l'opération de sympathectomie du 3 mars 2015, il est fondé à lui demander le versement de la même somme ;

- en tout état de cause, l'AP-HP doit également être condamnée à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice d'impréparation, résultant du défaut d'information ;

- enfin, il est fondé à réclamer, en raison de l'infection nosocomiale qu'il a contractée à l'occasion de l'opération du 3 mars 0215, les sommes de 1000 euros au titre des souffrances endurées et 500 euros au titre du déficit fonctionnel partiel.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, l'ONIAM, représenté par Me Saumon, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les conditions de réparation au titre de la solidarité nationale ne sont pas remplies.

Par un mémoire, enregistré le 7 décembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Seine-et-Marne demande au tribunal :

1°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 142 641,56 euros au titre des frais engagés pour M. C, assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 décembre 2022 et de leur capitalisation ;

2°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Elle soutient qu'elle est fondée à demander le remboursement par l'AP-HP de la somme de 142 641,56 qu'elle a exposée au titre des dépenses de santé de la victime jusqu'à consolidation du dommage.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que sa responsabilité ne saurait être engagée en l'absence de faute, le requérant ayant bénéficié d'une information complète préalable à l'intervention d'une part, et d'autre part, que le requérant ne démontre pas avoir contracté une infection nosocomiale au cours ou au décours de l'opération du 3 mars 2015.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Schotten,

- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique,

- et les observations de Me Renault, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. Atteint d'hyperhidrose palmoplantaire invalidante, pour laquelle une excision des glandes sudérales et des sympathectomies ont été pratiquées en 2011, 2013 et 2014 au sein de la clinique de Bercy, établissement ne relevant pas de l'AP-HP, M. C a subi, le 3 mars 2015, une sympathectomie thoracique unilatérale T2-T4 gauche par vidéothoracoscopie réalisée au sein de l'hôpital Bichat, établissement relevant de l'AP-HP. A la suite de cette opération, il a présenté des complications tardives, consistant en un épanchement pleural et un hémothorax ayant nécessité la réalisation en urgence d'un drainage le 23 mars suivant puis d'une thoracotomie en vue d'un décaillotage associé à une décortication, le 11 avril 2015. Estimant que les conditions de sa prise en charge avaient été défaillantes, avant comme après l'opération du 3 mars 2015, il a saisi, le 24 mai 2019, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) qui a ordonné une expertise, dont le rapport a été rendu le 4 novembre 2021. À la suite de ce rapport, la CCI a rendu un premier avis le 16 décembre 2021, par lequel elle décidait de recourir à un complément d'expertise, celui-ci ayant été remis le 26 janvier 2022. Par un avis du 24 mars 2022, la CCI a estimé que les conditions d'indemnisation par la solidarité nationale n'étaient pas remplies. M. C a alors adressé deux demandes préalables indemnitaires, le 21 juin 2022, à l'ONIAM et à l'AP-HP qui ont tous deux, expressément par courrier du 23 juin 2022 s'agissant de l'ONIAM et implicitement s'agissant de l'AP-HP, rejeté ces demandes. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de condamner l'ONIAM et l'AP-HP à l'indemniser des préjudices subis du fait de l'opération du 3 mars 2015.

Sur la responsabilité de l'AP-HP :

En ce qui concerne le défaut d'information :

2. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser ".

3. Lorsque l'acte médical envisagé, même accompli conformément aux règles de l'art, comporte des risques connus de décès ou d'invalidité, le patient doit en être informé dans des conditions qui permettent de recueillir son consentement éclairé. Un manquement des médecins à leur obligation d'information engage la responsabilité de l'hôpital dans la mesure où il a privé le patient d'une chance de se soustraire au risque lié à l'intervention en refusant qu'elle soit pratiquée.

4. M. C soutient qu'il n'a pas été informé des risques fréquents ou graves normalement prévisibles, notamment liés à l'apparition d'un hémothorax, lors d'une intervention de sympathectomie. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment du compte rendu opératoire produit en défense par l'AP-HP, que le requérant a été informé des avantages et inconvénients inhérents à une telle intervention, en particulier " du rapport bénéfice-risque d'une telle intervention chirurgicale " et qu'il a été " notamment prévenu de la possibilité de thoracotomie en per-opératoire, de la possibilité d'un syndrome de Claude Bernard Horner et de la possibilité d'un pneumothorax postopératoire. Il a également largement été évoqué le problème d'une hypersudation compensatrice à long terme dans un autre territoire ". Dans ces conditions, il n'établit pas que l'AP-HP ne l'aurait pas informé des risques fréquents ou graves normalement prévisibles, et ne peut, par suite, solliciter l'indemnisation des préjudices qui en résulteraient, y compris de son préjudice d'impréparation.

Sur l'utilité d'une mesure d'expertise :

5. L'article R. 621-1 du code de justice administrative dispose que : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision ". Il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir que les conditions de cette action sont réunies. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.

En ce qui concerne la responsabilité de l'AP-HP au titre de l'infection nosocomiale :

6. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. () Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. () ". Dans le cas où une infection nosocomiale a compromis les chances d'un patient d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de cette infection et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

7. Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

8. Il résulte de l'instruction que M. C a présenté des douleurs thoraciques postérieurement à son retour au domicile, quelques jours après son opération de sympathectomie réalisée le 3 mars 2015, l'ayant conduit, le 23 mars, à être de nouveau hospitalisé au sein du service de chirurgie thoracique de l'hôpital Bichat où un drainage d'un épanchement pleural et d'un hémothorax gauche a été réalisé et une transfusion de deux culots globulaires a été pratiquée. Après qu'il a regagné son domicile le 29 mars 2015, il a présenté une fièvre à 38,5°C et a de nouveau été hospitalisé le 11 avril 2015. La radiographie a mis en évidence la persistance de l'hémothorax de sorte qu'un décaillotage associé à une décortication ont été réalisés le 11 avril 2015. En outre, des prélèvements bactériologiques peropératoires ont permis de mettre en évidence la présence d'un staphylocoque lugdunensis, traité par antibiothérapie.

9. Il résulte cependant de l'instruction qu'alors que le germe litigieux, qui a été prélevé sur le site de l'hémotorax, n'a pas été retrouvé au niveau du drain thoracique , l'un des deux co-experts désignés par la CCI, le Dr B, a cependant estimé qu'il existait un lien direct entre l'infection et deux causes alternatives, à savoir soit les gestes chirurgicaux répétés, sans préciser lesquels, soit les drainages préalables de l'hémothorax pratiqués à l'hôpital Henri Mondor, puis à Bichat de façon itérative. Il a en tout état de cause qualifié cette bactérie d'infection nosocomiale. Dès lors qu'un doute existe sur l'origine de la présence du germe, le tribunal n'est pas en mesure d'identifier la nature de l'infection qui est en est résulté, le fait générateur de celle-ci, ni les préjudices qui en découlent. Il y a lieu dès lors d'ordonner une expertise médicale aux fins exposées ci-après.

En ce qui concerne la réparation par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) au titre de la solidarité nationale :

10. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 % ".

11. Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation de dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Ainsi, elles ne peuvent être regardées comme anormales au regard de l'état du patient lorsque la gravité de cet état a conduit à pratiquer un acte comportant des risques élevés dont la réalisation est à l'origine du dommage. Pour apprécier le caractère faible ou élevé du risque dont la réalisation a entraîné le dommage, il y a lieu de prendre en compte la probabilité de survenance d'un événement du même type que celui qui a causé le dommage et entraînant une invalidité grave ou un décès.

12. En l'espèce, le rapport d'expertise du 4 novembre 2021 relève que le dommage subi par M. C ne trouve pas son origine dans une faute commise lors de l'intervention chirurgicale effectuée le 3 mars 2015 mais relève de l'aléa thérapeutique. Aucune précision n'est cependant apportée, d'une part, sur l'état de santé de l'intéressé avant et après le dommage, précisément sur la persistance, et le cas échéant l'aggravation des symptômes dont il souffrait avant l'opération, de même que sur l'apparition de nouveaux symptômes. Par suite, ce rapport ne permet pas d'apprécier le caractère anormal ou non du dommage. D'autre part, et malgré le complément d'expertise demandé par la CCI, ni l'expertise du 4 novembre 2021 ni son complément du 26 janvier 2022 ne permettent de déterminer les préjudices, ou la part de préjudices directement imputables à l'opération du 3 mars 2015. Dans ces conditions, le tribunal n'est pas en mesure de se prononcer en toute connaissance de cause sur la mise en œuvre du régime de réparation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale. Il y a lieu dès lors d'ordonner une expertise médicale aux fins exposées ci-après. Tous droits et moyens sur lesquels il n'a pas été expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'au terme de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il sera, avant de statuer sur les conclusions des parties, procédé par un expert, désigné par le président du tribunal administratif, à une expertise avec mission :

1°) de prendre connaissance de l'intégralité du dossier de M. C que lui communiqueront sans délai les parties ;

2°) d'entendre les parties ;

3°) d'examiner M. C et de décrire son état de santé à la date de l'expertise ;

4°) de décrire avec précision l'état de santé de M. C antérieurement et postérieurement à l'opération du 3 mars 2015 et d'apprécier la persistance, et, le cas échéant, l'aggravation des symptômes dont il souffrait avant l'opération, ainsi que l'apparition éventuelle de nouveaux symptômes ; de fournir les éléments permettant au tribunal de déterminer le caractère anormal de l'apparition d'un épanchement pleural et d'un hémothorax à la suite de l'intervention du 3 mars 2015, compte tenu, d'une part, des conditions de cette opération et, d'autre part, de l'état général de santé antérieur de M. C ;

5°) de déterminer les préjudices subis par M. C et de décrire avec précision la part de ces préjudices strictement imputables à l'accident médical non fautif du 3 mars 2015 ;

6°) de déterminer les causes possibles de l'infection constatée le 11 avril 2015, de fournir les éléments permettant au tribunal de déterminer s'il s'agit d'une infection nosocomiale et d'indiquer les préjudices qui en ont directement résulté ;

7°) d'apporter tout élément complémentaire qui serait susceptible d'éclairer le tribunal sur la nature et l'étendue des préjudices subis.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant.

Article 3 : Les frais relatifs à l'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.

Article 4 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Weidenfeld, présidente,

Mme de Schotten, première conseillère,

M. Rezard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

.

La rapporteure,

K. de Schotten

La présidente,

K. Weidenfeld Le greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./6-1

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