jeudi 14 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2219126 |
| Type | Décision |
| Publication | R |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | BROCHARD |
(p)Vu la procédure suivante :(/p)
(p)Par une requête, enregistrée le 12 août 2022, Mme A B, représentée par (/p)
(p)Me Alagapin-Graillot demande au tribunal :(/p)
(p)1°) d'annuler la décision du 23 juin 2022 par laquelle le préfet de police l'échange de son permis de conduire délivré par les autorités algériennes ;(/p)
(p)2°) d'enjoindre au préfet de police la délivrance d'une attestation de dépôt sécurisé de son permis de conduire et l'échange de son permis, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;(/p)
(p)3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.(/p)
(p)Elle soutient que la décision attaquée:(/p)
(p) - est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande ; (/p)
(p) - est entachée d'une erreur de droit ;(/p)
(p) - méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.(/p)
(p)Par un mémoire en date du 6 août 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête. (/p)
(p)Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé. (/p)
(p)Vu les autres pièces du dossier et notamment le jugement du tribunal administratif de Paris du 7 juin 2022 n° 2112722.(/p)
(p)Vu :(/p)
(p)- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,(/p)
(p)- le code de la route,(/p)
(p)- l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen,(/p)
(p)- l'arrêté ministériel du 10 mai 2022 modifiant l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen,(/p)
(p)- le code de justice administrative.(/p)
(p)Le président du tribunal a désigné M. Gracia, vice-président de la 3e section, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.(/p)
(p)M. Gracia a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.(/p)
(p)Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.(/p)
(p)Ont été entendus au cours de l'audience publique :(/p)
(p)- le rapport de M. Gracia,(/p)
(p)- et les observations de Me Gauthier substituant Me Alagapin-Graillot, avocat de Mme B.(/p)
(p)Considérant ce qui suit : (/p)
(p)1. Mme B est une ressortissante algérienne séjournant régulièrement en France. Elle a, le 29 octobre 2018, sollicité l'échange de son permis de conduire, délivré par les autorités algériennes le 28 décembre 2014, contre un permis de conduire français. Cependant, Mme B a été victime, le 28 mars 2019, d'un vol à l'arraché dans les transports en commun et s'est vue dérober notamment son permis de conduire algérien. Le préfet de police a rejeté sa demande par une décision du 14 avril 2021. Cette décision a été annulée par le tribunal administratif de Paris dans un jugement du 7 juin 2022 n° 2112722. Dans ce jugement, le tribunal a également ordonné au préfet de police le réexamen de sa demande d'échange de permis de conduire. Toutefois, par une nouvelle décision du 23 juin 2022, le préfet de police a, en l'absence de production d'un duplicata de son permis de conduire algérien, refusé Mme B, l'octroi d'un permis de conduire français. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.(/p)
(p)Sur les conclusions à fin d'annulation :(/p)
(p)2. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3 Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé. ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté susvisé du 12 janvier 2012 : " A. - Le titulaire d'un permis de conduire national délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit, en vue d'obtenir le permis français en échange de son titre de conduite étranger, en faire la demande au préfet du département de son lieu de résidence afin que celle-ci soit instruite et enregistrée dans le Système national des permis de conduire et que le titre lui soit délivré si toutes les conditions sont réunies./ B. - La demande d'échange de permis de conduire étranger prévue au A est déposée au moyen du téléservice " demande de permis de conduire " prévu à cet effet./ ()/ D. - Le dossier joint à la demande est établi conformément aux dispositions de l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire et de l'arrêté du 23 décembre 2016 relatif à la justification de l'identité, du domicile, de la résidence normale et de la régularité du séjour pour l'obtention du permis de conduire et comprend les pièces suivantes :/ 1° L'exemplaire photographié ou numérisé du titre dont l'échange est demandé ;/ ()/ E. - A la demande du service instructeur, le titulaire du permis de conduire étranger envoie en courrier recommandé l'original du permis de conduire. A réception par le service instructeur, l'usager télécharge une attestation de dépôt sécurisée valable pour une durée de quatre mois. ".(/p)
(p)3. Pour refuser de procéder à l'échange de permis algérien de Mme B contre un permis de conduire français en l'état de son dossier, le préfet de police a relevé que la requérante devait produire un duplicata de son titre original. Or, d'une part, le préfet de police ne conteste pas que Mme B s'est fait voler son permis de conduire algérien et que, dans ces circonstances, elle ne pouvait matériellement produire un tel document, contrairement aux dispositions du E de l'article 6 de l'arrêté susvisé du 12 janvier 2012 citées au point précédent. D'autre part, le préfet de police ne pouvait légalement exiger de Mme B qu'elle produise uniquement un duplicata de son permis algérien pour pallier son impossibilité de produire l'original dès lors qu'aucune disposition de l'arrêté susvisé du 12 janvier 2012 ni d'ailleurs aucune autre disposition, ne prévoient que l'absence de production de l'original du permis doive être suppléé par la production d'un duplicata. Dans de telles circonstances, et dans le silence des textes, il appartenait au préfet de se faire sa conviction au vu des éléments produits par Mme B. Enfin, il ressort des pièces du dossier et notamment du jugement du tribunal administratif de Paris du 7 juin 2022, précité, que Mme B a produit dans le cadre de sa demande d'échange, une photocopie de l'original son permis algérien, un certificat d'authenticité et de capacité du 16 avril 2019 indiquant qu'un permis algérien lui avait effectivement été délivré. Dans ces conditions, et dans les circonstances particulières de l'espèce, Mme B doit être regardée comme ayant fourni l'original de son permis de conduire au sens du E de l'article 6 de l'arrêté susvisé du 12 janvier 2012. Par suite, c'est par une inexacte application de ces dispositions que le préfet de police a refusé à (/p)
(p)Mme B son échange de permis de conduire.(/p)
(p)4. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 23 juin 2022, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.(/p)
(p)Sur les conclusions à fin d'injonction et s'astreintes :(/p)
(p)5. Le préfet de police ne fait état, ni dans la décision litigieuse, ni dans le cadre de la présente instance, d'aucun autre élément qui ferait obstacle à l'échange du permis algérien de (/p)
(p)Mme B contre un permis français eu égard aux dispositions applicables. Dès lors, il y a lieu d'ordonner au préfet de police de délivrer à l'intéressée un permis de conduire français dans un délai d'un mois à compter de la date à laquelle la présente décision lui sera notifiée. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.(/p)
(p)Sur les frais d'instance :(/p)
(p)6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.(/p)
(p)D E C I D E:(/p)
(p)Article 1er : La décision du 23 juin 2022 par laquelle le préfet de police a refusé de procéder à l'échange du permis de conduire algérien de Mme B contre un titre de circulation français est annulée.(/p)
(p)Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer un permis de conduire français à (/p)
(p)Mme B dans un délai d'un mois à compter de la date à laquelle il recevra notification du présent jugement.(/p)
(p)Article 3 : L'Etat (préfet de police) versera à Mme B la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.(/p)
(p)Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.(/p)
(p)Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.(/p)
(p)Copie en sera adressée au préfet de police.(/p)
(p)Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2023.(/p)
(p)Le président rapporteur,(/p)
(p)J-Ch. GRACIA(/p)
(p)La greffière,(/p)
(p)C. YAHIAOUI(/p)
(p) La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.(/p)
(p)N°2217385/3-3(/p)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2429554
Le Tribunal Administratif de Paris a condamné l'État à verser 2 025 euros à Mme B... pour les troubles dans ses conditions d'existence subis entre le 23 décembre 2022 et le 14 juin 2024, en raison de l'absence de relogement malgré une décision de la commission de médiation la reconnaissant comme prioritaire. La responsabilité de l'État a été engagée sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation, en raison de la carence fautive à exécuter cette décision dans le délai imparti. Le tribunal a estimé que la somme demandée de 5 000 euros était excessive et a fixé l'indemnisation à 2 025 euros.
05/11/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2429592
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l’État à verser 625 euros à M. A..., reconnu prioritaire pour un relogement d’urgence par la commission de médiation de Paris en juillet 2021, en raison de la carence fautive de l’administration à lui proposer un logement dans le délai légal de six mois. Cette indemnité répare les troubles dans ses conditions d’existence subis depuis le 11 décembre 2023, période non couverte par une précédente indemnisation. La responsabilité de l’État est engagée sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation. L’État doit également verser 810 euros au titre des frais de justice.
05/11/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2429597
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l’État à verser 2 160 euros à Mme B... pour carence fautive dans son relogement, sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation. La requérante, reconnue prioritaire par la commission de médiation le 27 octobre 2022, n’a pas reçu d’offre de logement dans le délai de six mois, engageant la responsabilité de l’État à compter du 27 avril 2023. Le tribunal a évalué les troubles dans ses conditions d’existence (hébergement précaire chez des connaissances et dans sa voiture) en fonction de la durée de la carence et de la persistance de sa situation.
05/11/2025