mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2219397 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LUSSAN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2219397, enregistrée le 15 septembre 2022 et un mémoire, enregistré le 16 avril 2023, la société LMnext FR, représentée par le cabinet Lussan, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 17 mars 2022 par laquelle la directrice départementale de la protection des populations de Paris lui a infligé des amendes administratives pour un montant total de 15 000 euros assorties de mesures de publication, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 8 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- le manquement au 1 de l'alinéa 4 de l'article 23 du règlement CE n° 1008/2008 n'est pas fondé ;
- aucun manquement ne peut lui être reproché au titre des articles 1er et 3 de l'arrêté
n° 83-50/A ;
- les sanctions prononcées sont infondées et disproportionnées.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 décembre 2022 et le 2 mai 2023, la direction départementale de la protection des populations de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société LMnext FR ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 mai 2023.
II. Par une requête n° 2316997, enregistrée le 19 juillet 2023, la société LMnext FR, représentée par le cabinet Lussan, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 3 octobre 2022 pour la somme de 15 000 euros ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre contesté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il n'est pas établi que le titre individuel ou le bordereau de titres de recettes aurait bien été signé par l'émetteur du titre ;
- il est illégal en raison de l'illégalité de la décision du 17 mars 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2023, la directrice des créances spéciales du trésor demande à ce que le recours soit transmis à l'autorité ayant émis le titre de recettes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société LMnext FR ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 23 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 16 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (CE) n° 1008/2008 du Parlement européen et du Conseil du 24 septembre 2008 ;
- le code de la consommation ;
- le code des transports ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marchand,
- les conclusions de M. Halard, rapporteur public,
- et les observations de Me Thibault, représentant la société LMnext FR.
Une note en délibéré présentée pour la société LMnext FR a été enregistrée le 14 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La société LMnext FR appartient au groupe lastminute.com et exploite le site www.fr.lastminute.com, site de vente en ligne de services de voyages. Elle a fait l'objet d'un contrôle de son site internet le 12 juillet 2021 à l'issue duquel un procès-verbal a été dressé le 16 septembre 2021. Par un courrier du 23 novembre 2021, la requérante a été informée des contrôles menés et de ce que l'administration envisageait de prononcer à son encontre des sanctions administratives. Par décision du 17 mars 2022, la directrice départementale de la protection des populations de Paris a prononcé à son encontre une amende administrative d'un montant total de 15 000 euros assortie de mesures de publication. Le 3 octobre 2022, un titre de perception d'un montant de 15 000 euros a été émis pour le recouvrement de cette amende administrative. Par la requête n° 2219397, la société LMnext FR demande au tribunal l'annulation de la décision de sanction du 17 mars 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux. Par la requête n° 2316997, elle demande l'annulation du titre de perception.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes n° 2219397 et 2316997 présentées par la société LMnext FR sont relatives à la situation d'une même requérante, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 mars 2022 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 2° Infligent une sanction () ".
4. La décision contestée vise l'article 23 du règlement CE n° 1008/2008 du 24 septembre 2008 et l'arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 dont elle fait application. Elle mentionne également l'ensemble des manquements constatés lors du contrôle. La décision est ainsi suffisamment motivée en fait et en droit. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 522-5 du code de la consommation : " Avant toute décision, l'autorité administrative chargée de la concurrence et de la consommation informe par écrit la personne mise en cause de la sanction envisagée à son encontre, en lui indiquant qu'elle peut se faire assister par le conseil de son choix et en l'invitant à présenter, dans un délai précisé par le décret mentionné à l'article L. 522-10, ses observations écrites et, le cas échéant, ses observations orales ".
6. La société LMnext FR soutient que le principe du contradictoire a été méconnu dès lors que la décision se fonde sur l'absence de l'acception du " pack assistance premium " par une démarche explicite du client alors que ce critère n'était pas mentionné dans le courrier du 23 novembre 2021 et le procès-verbal du 16 septembre 2021. Il résulte toutefois des termes de la décision attaquée du 17 mars 2022 que pour prononcer la sanction au titre du manquement à l'article 23 du règlement CE n° 1008/2008 du 24 septembre 2008, l'administration s'est fondée sur le défaut de communication claire, transparente et non équivoque d'un supplément de prix optionnel, au début de la procédure de réservation d'un vol sec, motifs et fondements qui ont été invoqués dans le procès-verbal du 16 septembre 2021 et le courrier du 23 novembre 2021 adressés à la requérante dans le cadre de la procédure contradictoire. Ainsi la société LMnext FR était suffisamment informée des griefs qui lui étaient reprochés et a pu présenter utilement ses observations en défense, ce qu'elle a d'ailleurs fait le 30 décembre 2021.
7. Par ailleurs, s'il est constant que la décision de sanction mentionne dans ces motifs les articles 1 et 2 de l'arrêté du 3 octobre 1983 et que ces articles n'avaient pas été invoqués dans le procès-verbal du 16 septembre 2021 et dans le courrier du 23 novembre 2021, il ressort toutefois des termes mêmes de la décision attaquée que la sanction administrative d'un montant de 5 000 euros a été prononcée uniquement sur le fondement de l'article 3 de l'arrêté du 3 octobre 1983, dispositions invoquées dans le procès-verbal et le courrier du 23 novembre 2021 et dont la requérante a eu ainsi connaissance avant l'édiction de la décision attaquée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 23 du règlement CE n° 1008/2008 du 24 septembre 2008 : " 1. Les tarifs des passagers et les tarifs de fret offerts au public mentionnent les conditions applicables lorsqu'ils sont proposés ou publiés sous quelque forme que ce soit, y compris sur internet, pour les services aériens au départ d'un aéroport situé sur le territoire d'un État membre auquel le traité s'applique. Le prix définitif à payer est précisé à tout moment et inclut le tarif des passagers ou le tarif de fret applicable ainsi que l'ensemble des taxes, des redevances, des suppléments et des droits applicables inévitables et prévisibles à la date de publication. Outre l'indication du prix définitif, les éléments suivants au moins sont précisés : / a) tarif des passagers ou tarif de fret ; / b) taxes ; / c) redevances aéroportuaires ; et d) autres redevances, suppléments ou droits, tels que ceux liés à la sûreté ou au carburant ; / lorsque les éléments énumérés aux points b), c) et d) ont été ajoutés au tarif des passagers ou au tarif de fret. Les suppléments de prix optionnels sont communiqués de façon claire, transparente et non équivoque au début de toute procédure de réservation et leur acceptation par le client résulte d'une démarche explicite ".
9. La société requérante soutient que les griefs concernant l'offre de service d'un " pack premium d'assistance " n'entre pas dans le champ d'application des dispositions de l'article 23 du règlement CE du 24 septembre 2008. Elle fait également valoir que le " pack assistance premium " n'a pas à figurer dans le prix définitif. Il résulte des dispositions de l'article 23 du règlement précité que les suppléments de prix optionnels doivent être communiqués de façon claire, transparente et non équivoque au début de toute procédure de réservation et leur acceptation par le client résulte d'une démarche explicite. Le procès-verbal du 16 septembre 2021 relève que l'option " pack assistance premium " a été proposée une première fois au consommateur après l'étape de sélection des vols et des suppléments de bagages et avant le renseignement des coordonnées bancaires. Elle a ensuite été proposée une seconde fois à l'étape de la réservation du vol, après le renseignement des coordonnées bancaires, alors même que cette option avait été refusée à l'étape précédente, au moment où le client sélectionne la case " Réserver maintenant " et qu'il a été informé que l'étape suivante concernait l'envoi d'une facture. La fenêtre qui apparaît détaille l'offre d'assistance et indique " En cliquant sur Confirmer vous confirmez que vous avez lu et accepté les conditions générales " et en caractère bleu " Payer sans le Pack d'assistance Premium ". Le bouton " Confirmer " est indiqué dans un cadre de couleur rose similaire à celui utilisé aux différentes étapes de la réservation. Le procès-verbal relève également que dans le cas où le client sélectionne le bouton " Confirmer ", il n'est informé du prix total de sa réservation que par le message de confirmation de la commande envoyé sur sa messagerie. Les conditions de réservation amènent ainsi le client à penser qu'il est à l'étape ultime de la réservation et sont de nature à l'induire en erreur. Dans ces conditions, l'option " pack assistance premium ", qui constitue un supplément de prix optionnel au sens des dispositions de l'article 23 du règlement CE n° 1008/2008 du 24 septembre 2008, ne peut être regardée comme ayant été communiquée de façon claire, transparente et non équivoque et que son acceptation résulte d'une démarche explicite de la part du client. En outre, si la requérante soutient qu'elle a parfaitement respecté les exigences de l'article 23 du règlement du 24 octobre 2008 et n'a pas présenté un prix global incluant ce service, comme reproché par l'administration, mais un prix spécifique à ce service optionnel, il résulte du procès-verbal du 16 septembre 2021 qu'en sélectionnant " Confirmer " sur la fenêtre du " pack assistance premium ", le client confirme nécessairement un prix total qui ne lui est indiqué que dans le message de confirmation envoyé sur sa messagerie. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 23 du règlement du 24 septembre 2008 et de l'erreur de fait doivent être écartés.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1er de l'arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 relatif à la publicité des prix de tous les services : " Toute prestation de service doit faire l'objet, dès qu'elle a été rendue et en tout état de cause avant paiement du prix, de la délivrance d'une note lorsque le prix de la prestation est supérieur ou égal à 25 € (TVA comprise). / Pour les prestations de service dont le prix est inférieur à 25 € (TVA comprise), la délivrance d'une note est facultative, mais celle-ci doit être remise au client s'il la demande. ". Aux termes de l'article 2 de cet arrêté : " Les conditions dans lesquelles la délivrance d'une note est obligatoire ou facultative doivent être rappelées à la clientèle par un affichage lisible au lieu où s'exécute le paiement du prix. ". L'article 3 de cet arrêté dispose : " La note doit obligatoirement mentionner :/ La date de rédaction de la note ; / Le nom et d'adresse du prestataire ; / Le nom du client, sauf opposition de celui-ci ; / La date et le lieu d'exécution de la prestation ; / Le décompte détaillé, en quantité et prix, de chaque prestation et produit fourni ou vendu, soit dénomination, prix unitaire et désignation de l'unité à laquelle il s'applique, quantité fournie () / La somme totale à payer hors taxes et toutes taxes comprises. / Toutefois le décompte détaillé est facultatif lorsque la prestation de service a donné lieu, préalablement à son exécution, à l'établissement d'un devis descriptif et détaillé, accepté par le client et conforme aux travaux exécutés. ".
11. La facture émise à la suite de la réservation effectuée dans le cadre du contrôle mené par l'administration, se borne à indiquer la référence des prestations en fonction des articles du code général des impôt. Elle ne saurait être ainsi regardée comme comportant le décompte détaillé, en quantité et en prix de chacune des prestations de services vendues au sens des dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 3 octobre 1983. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ne résulte pas de l'instruction qu'un devis descriptif et détaillé de la prestation de service complète et comprenant le " pack assistance premium " a été produit et accepté par le client. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de l'arrêté du 3 octobre 1983 doit être écarté.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 6432-3 du code des transports : " I. ' Sont passibles d'une amende administrative dont le montant ne peut excéder 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale les manquements à l'article 23 du règlement (CE) n° 1008/2008 du Parlement européen et du Conseil, du 24 septembre 2008, établissant des règles communes pour l'exploitation de services aériens dans la Communauté (refonte) qui ont été constatés par les agents mentionnés aux articles L. 511-3 et L. 511-21 du code de la consommation, dans les conditions prévues à l'article L. 511-7 du même code. ". Aux termes de l'article L. 131-5 du code de la consommation : " Tout manquement aux dispositions de l'article L. 112-1 définissant les modalités d'information sur le prix et les conditions de vente ainsi qu'aux dispositions des arrêtés pris pour son application est passible d'une amende administrative dont le montant ne peut excéder 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale ".
13. Il résulte d'une part de ce qui vient d'être dit que les manquements reprochés sont établis. Dès lors, la société LMnext FR n'est pas fondée à soutenir que les sanctions appliquées ne sont pas fondées.
14. D'autre part, si la société requérante soutient que ces sanctions sont disproportionnées en ce qu'elles viennent aggraver sa situation financière et que les mesures de publication ont porté une atteinte substantielle à sa réputation et à sa crédibilité, les sanctions de 10 000 euros au titre du manquement à l'article 23 du règlement du 24 septembre 2008 et de 5 000 euros au titre du manquement à l'article 3 de l'arrêté du 3 octobre 1983 n'apparaissent pas disproportionnées au regard de la gravité et de la nature des faits reprochés, ainsi que de la situation financière de la société.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre de perception et de décharge :
15. En premier lieu, le titre de perception en litige a été signé par Mme B A, responsable recettes qui disposait d'une délégation de signature consentie à cette fin. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ". Aux termes du B du V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010, de finances rectificative pour 2010 : " Pour l'application de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration aux titres de perception délivrés par l'État en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'État ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation. ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'Etat doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur. Ces dispositions n'imposent pas, en revanche, de faire figurer sur cet état les nom, prénom et qualité du signataire.
17. Le titre de perception en litige mentionne le nom, prénom et la qualité de l'ordonnateur, Mme B A. S'il est dépourvu de toute signature, l'administration produit un état récapitulatif des créances revêtu de la formule exécutoire, mentionnant expressément les références correspondant au titre de perception en cause et comportant la signature de Mme B A. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'absence de signature des titres de perception doit être écarté.
18. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision du 17 mars 2022 n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la société LMnext FR ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation du titre de perception émis le 3 octobre 2022.
19. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de la société LMnext FR doivent être rejetées en toutes leurs conclusions, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2219397 et 2316997 de la société LMnext FR sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société LMnext FR, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la direction départementale de la protection des populations et à la direction des créances spéciales du trésor.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
Mme Marchand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
La rapporteure,
A. MARCHAND
La présidente,
J. EVGENAS
La greffière,
M-C. POCHOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 - 2316997/2-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400082
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Le Printemps immobilier, qui demandait une réduction de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021. La juridiction a jugé que la société, sur laquelle pesait la charge de la preuve en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, n'avait pas démontré le caractère exagéré de l'imposition. Elle n'a pas établi que la surface réelle de ses locaux était inférieure à celle déclarée, ni que l'administration avait fait une application erronée des règles de calcul, notamment celles de l'article 1518 A du code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504630
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler la décision de la Ville de Paris de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée. Le juge rappelle qu'un agent en CDD n'a pas de droit au renouvellement, mais que l'administration doit agir dans l'intérêt du service, ce qui peut inclure des considérations sur la manière de servir. Il écarte les moyens soulevés (incompétence du signataire, défaut de motivation, absence d'entretien préalable et de communication du dossier), estimant que la décision contestée n'avait pas le caractère d'une sanction disciplinaire et que les procédures spécifiques à celle-ci ne s'appliquaient donc pas. La décision s'appuie sur les principes généraux du droit de la fonction publique.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2314176
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... qui contestait son imposition en France sur ses revenus d'enseignement perçus de 2019 à 2021. La juridiction a jugé que, conformément à la convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959, ses revenus salariaux étaient imposables en France, lieu où l'activité professionnelle était exercée, et non en Allemagne où elle résidait. Le tribunal a ainsi validé le principe d'imposition des revenus d'emploi dans l'État où le travail est effectué, tel que prévu par ladite convention et le code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.
07/04/2026