jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2219948 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | ARVIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 septembre 2022, 14 février, 6 mars et 21 avril 2023, M. E C, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du Premier ministre du 23 juin 2022 fixant la liste d'aptitude établie au titre de l'année 2022 en vue d'une nomination, au choix, dans le corps des attachés d'administration de l'Etat relevant des services du Premier ministre ainsi que les arrêtés individuels de nominations dans ce corps en date du 13 juillet 2022 de Mme A I, Mme N B, M. D H, Mme J M et M. G F ;
2°) d'enjoindre au Premier ministre d'établir une nouvelle liste d'aptitude au titre de l'année 2022, en vue d'une nomination au choix dans le corps des attachés d'administration de l'Etat relevant du Premier ministre et d'y inscrire son nom et de reconstituer sa carrière ou, à défaut de procéder au réexamen de sa candidature ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais de justice.
Il soutient que :
- le signataire de l'arrêté du 23 juin 2022 était incompétent ;
- l'arrêté du 23 juin 2022 est entaché d'une erreur de droit en ce que l'administration a pris en compte des critères étrangers à ses mérites et à sa valeur professionnelle ;
- l'arrêté du 23 juin 2022 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses mérites par rapport à ceux qui ont été nommés ;
- l'annulation de l'arrêté du 23 juin 2022 entraîne par voie de conséquence l'annulation des décisions individuelles de nomination.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 29 décembre 2022 et 5 avril 2023, le Premier ministre conclut au rejet de la requête.
Il soutient à titre principal que les conclusions de M. C sont tardives et à titre subsidiaire que les moyens invoqués pour M. C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2011-1317 du 17 octobre 2011 portant statut particulier du corps interministériel des attachés d'administration de l'Etat,
- le code général de la fonction publique,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rebellato, rapporteur,
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arvis représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est secrétaire administratif relevant des services du Premier ministre depuis le 14 octobre 2002. Détaché en dernier lieu auprès du ministre de la justice et affecté au tribunal judiciaire de Mamoudzou sur un poste de greffier fonctionnel chef de service, il a présenté sa candidature afin d'être promu dans le corps des attachés d'administration de l'Etat aux services du Premier ministre au titre de l'année 2022. Par un arrêté du 23 juin 2022, le Premier ministre a inscrit sur la liste d'aptitude établie au titre de l'année 2022 en vue d'une nomination, au choix, dans le corps des attachés d'administration de l'Etat relevant de ses services, Mme A I, Mme N B, M. D H, Mme J M et M. G F. Par des arrêtés individuels de nominations en date du 13 juillet 2022, ces cinq agents ont été nommés dans le corps des attachés d'administration de l'Etat relevant des services du Premier ministre. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du Premier ministre du 23 juin 2022 fixant la liste d'aptitude établie au titre de l'année 2022 en vue d'une nomination, au choix, dans le corps des attachés d'administration de l'Etat relevant de ses services ainsi que les arrêtés individuels de nominations dans ce corps en date du 13 juillet 2022 des cinq agents précités.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1 du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter de l'enregistrement de cet acte au recueil spécial mentionné à l'article L. 861-1 du code de la sécurité intérieure, lorsqu'il est fait application de cet article, ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : / () / 2° Les chefs de service, directeurs adjoints, sous-directeurs, les chefs des services à compétence nationale mentionnés au deuxième alinéa de l'article 2 du décret du 9 mai 1997 susvisé ainsi que les hauts fonctionnaires et les hauts fonctionnaires adjoints mentionnés aux articles R. 1143-1 et R. 1143-2 du code de la défense ; / (). "
3. Par un décret du 20 mars 2019 portant nomination du directeur, adjoint au directeur des services administratifs et financiers du Premier ministre, publié au Journal officiel de la république française du 21 mars suivant, M. L K, signataire de l'arrêté attaqué fixant la liste d'aptitude établie au titre de l'année 2022 en vue d'une nomination, au choix, dans le corps des attachés d'administration de l'Etat relevant des services du Premier ministre, a été nommé directeur adjoint au directeurs de services administratifs et financier du Premier ministre. Par suite, le moyen tiré de ce que cette liste serait entachée d'un vice d'incompétence ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 522-18 du code général de la fonction publique : " L'avancement de grade a lieu, sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, selon les proportions définies par les statuts particuliers des corps ou cadres d'emplois, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après :1° Au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des fonctionnaires. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité chargée d'établir le tableau annuel d'avancement tient compte des lignes directrices de gestion prévues au chapitre III du titre Ier du livre IV. Il est tenu compte de la situation respective des femmes et des hommes dans les corps et grades concernés, dans le cadre des lignes directrices de gestion prévues au chapitre III du titre Ier du livre IV. Le tableau annuel d'avancement précise la part respective des femmes et des hommes dans le vivier des agents promouvables et celle parmi les fonctionnaires inscrits à ce tableau qui sont susceptibles d'être promus en exécution de celui-ci ; () " L'article L. 522-19 dispose enfin que : " Les décrets portant statut particulier des corps de la fonction publique de l'Etat fixent les principes et les modalités de nomination au grade d'avancement, notamment les conditions de grade et d'échelon requises pour participer à la sélection professionnelle ".
5. Aux termes de l'article 12 du décret n° 2011-1317 du 17 octobre 2011 portant statut particulier du corps interministériel des attachés d'administration de l'Etat : " I. - Les nominations au choix sont prononcées par le ministre ou par l'autorité de rattachement au sens de l'article 5, après inscription sur une liste d'aptitude. Peuvent être inscrits sur cette liste d'aptitude les fonctionnaires de l'Etat appartenant à un corps classé dans la catégorie B ou de même niveau, sous réserve qu'ils appartiennent à une administration relevant du ministre ou de l'autorité mentionnés au Premier alinéa, ainsi que les fonctionnaires détachés dans l'un de ces corps. Les intéressés doivent justifier d'au moins neuf années de services publics, dont cinq au moins de services civils effectifs dans un corps régi par les dispositions du décret du 18 novembre 1994 susvisé ou par celles du décret du 19 mars 2010 susvisé. () " Aux termes de l'article 13 : " I. - La proportion des nominations au choix susceptibles d'être prononcées en application du I et du II de l'article 12 est au minimum égale à un cinquième et au maximum égale à un tiers du nombre total des nominations, effectuées par le ministre ou l'autorité de rattachement au sens de l'article 5, en application du 1° et du 2° de l'article 8 et des détachements de longue durée, des intégrations directes et des détachements au titre de l'article L. 4139-2 du code de la défense, prononcés par ce ministre ou cette autorité. Il est également tenu compte dans cette assiette des mutations d'attachés d'administration de l'Etat à l'issue desquelles ces derniers ont été rattachés, pour leur gestion, à ce ministre ou à cette autorité. Lorsque ce mode de calcul permet un nombre de nominations plus élevé que celui résultant de l'application de l'alinéa précédent, la proportion d'un cinquième peut être appliquée à 5 % des effectifs du corps, en position d'activité ou en position de détachement dans le corps, rattachés au même ministre ou à la même autorité. Les effectifs pris en compte sont ceux constatés au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les nominations. II. - La proportion de nominations susceptibles d'être prononcées au choix par la voie de l'examen professionnel ne peut excéder les deux tiers du nombre total des nominations au choix susceptibles d'être prononcées en application du I du présent article. Lorsque le nombre de candidats admis à l'examen professionnel est inférieur au nombre de postes offerts à ce titre, le nombre de nominations prononcées par la voie de la liste d'aptitude est augmenté à due concurrence. "
6. L'article 12 du décret du 29 novembre 2019 relatif aux lignes directrices de gestion et à l'évolution des attributions des commission administratives partiaires dispose que : " I. - Les lignes directrices de gestion fixent, en matière de promotion et de valorisation des parcours : 1° Les orientations et les critères généraux à prendre en compte pour les promotions au choix dans les corps et grades ; 2° Les mesures favorisant l'évolution professionnelle des agents et leur accès à des responsabilités supérieures. II. - Les lignes directrices de gestion mentionnées au I visent en particulier : 1° A préciser les modalités de prise en compte de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents, notamment à travers la diversité du parcours et des fonctions exercées, les formations suivies, les conditions particulières d'exercice, attestant de l'engagement professionnel, de la capacité d'adaptation et, le cas échéant, de l'aptitude à l'encadrement d'équipes. Ces modalités permettent de prendre en compte les activités professionnelles exercées par les agents, y compris celles intervenant dans le cadre d'une activité syndicale et celles exercées à l'extérieur de l'administration d'origine, dans une autre administration mentionnée à l'article 2 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, dans le secteur privé, notamment dans le secteur associatif, ou dans une organisation européenne ou internationale ; 2° A assurer l'égalité entre les femmes et les hommes dans les procédures de promotion en tenant compte de la part respective des femmes et des hommes dans les corps et grades concernés. "
7. La promotion au choix est fonction de la seule valeur professionnelle des agents, qui est appréciée en prenant en compte principalement les comptes-rendus d'entretiens professionnels et les propositions motivées formulées par leurs chefs de service. Toutefois, ces dispositions ne font pas obstacle à ce que l'administration prenne en compte d'autres éléments dès lors qu'ils permettent d'apprécier, selon des critères objectifs, la valeur professionnelle des agents. Pour assurer le respect de ces principes, les lignes directrices de gestion en matière de promotion interne fixent des critères de classement des fonctionnaires promouvables prenant en compte les acquis de l'expérience professionnelle et la valeur professionnelle de ces agents.
8. D'une part, M. C soutient qu'il est mieux placé que les agents figurant sur la liste d'aptitude en ce qui concerne, l'année d'entrée dans la fonction publique, l'ancienneté dans un corps de catégorie B, l'ancienneté dans le corps des secrétaires administratives des services du Premier ministre, l'ancienneté dans le grade des secrétaires administratifs de classe exceptionnelle, le grade et l'échelon, l'exercice des fonctions d'encadrement, le groupe RIFSEEP et de la présentation ou d'un examen professionnel de B en A. Toutefois, ces seules circonstances qui ne constituent pas, en soi, des éléments déterminants de l'appréciation de la valeur professionnelle des agents ne conféraient pas à M. C le droit d'être promu qui résulte d'une appréciation des mérites comparés des agents promouvables.
9. Il ressort à cet égard des pièces du dossier que M. C a été détaché dans le corps des secrétaires administratifs relevant des services du Premier ministre le 14 octobre 2002 et affecté à la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) où il a exercé les fonctions de rédacteur assistant d'études juridiques. Il a été intégré le 1er janvier 2004 et promu au grade de classe exceptionnelle le 1er janvier 2011. A compter du 1er janvier 2020, il a été détaché auprès du ministère de la justice et occupait les fonctions de greffier fonctionnel au sein du tribunal judiciaire de Mamoudzou. Il organise et coordonne l'activité des agents, gère les ressources humaines et est en charge de la gestion des scellés judiciaires. Sur les 20 items de son dernier CREP au titre de l'année 2021, la case excellente est cochée cinq fois.
10. Le Premier ministre qui ne conteste ni la diversité de son parcours ni la valeur professionnelle du requérant fait toutefois valoir que sa candidature, qui a fait l'objet d'un examen de la part du comité interservices d'avancement ou de promotion, était moins bonne que les cinq autres agents nommés parmi les 204 agents promouvables. Il produit dans la présente instance, les fiches de parcours, les fiches individuelles de proposition pour la promotion litigieuse et les CREP au titre de l'année 2021 des cinq agents nommés.
11. Il en ressort en premier lieu que la candidature de Mme I se distingue par la rareté de son savoir-faire en matière de sécurité et de défense et par la qualité de son travail. Ancienne officier de l'armée de terre durant 16 ans, corps de catégorie A, elle a exercé des fonctions stratégiques auprès du haut fonctionnaire de défense et de sécurité au sein du secrétariat général du gouvernement. Sa fiche individuelle de proposition fait état de ses qualités humaines et professionnelles manifestes et mentionne notamment que son accès au grade d'attaché d'administration ne saurait être qu'une simple mise à niveau. Sur les 21 items de son CREP au titre de l'année 2021, onze ont été cochés excellents, les autres étant bons. Mme B quant à elle, a été évaluée comme excellentes sur tous les items de son dernier CREP. Exerçant le poste d'expert rémunérations au sein du secrétariat général de l'institut national du service public, elle a eu la responsabilité du processus de la paie. Sa fiche de proposition individuelle indique qu'elle " témoigne d'un engagement professionnel exceptionnel sur un poste exigeant et très exposé qui requiert à la fois des compétences techniques affirmées et une disponibilité importante ". Elle planifie, organise et contrôle le travail des cinq conseillers RH et rémunérations de catégorie B et a suppléé et remplacé la responsable du pôle. Le Premier ministre indique également dans son mémoire en défense que son profil dans le domaine de la rémunération des agents publics est rare et ses supérieurs indiquent qu'elle est essentielle au fonctionnement de son service. Elle a et dispose de toute la confiance de sa hiérarchie qui reconnaît son engagement total et exceptionnel. Concernant la candidature de M. H, il ressort des pièces du dossier que ce dernier est spécialisé dans le domaine de la cyber sécurité. Chef de pôle au sein de l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information et du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, ses supérieurs ont indiqué qu'il exerce déjà, dans les faits, des fonctions d'attaché d'administration de l'Etat et qu'il est " nécessaire d'aligner son corps de rattachement avec ses responsabilités actuelles ". M. H encadre enfin 4 à 8 ingénieurs spécialisés en analyse de code et d'infrastructure technique et son évaluation est élogieuse, son évaluateur indiquant notamment qu'il est considéré comme un point de référence dans le domaine de la cyber criminalité. La candidature de Mme M se distingue elle par son expertise en matière de marchés publics. Exerçant les fonctions d'acheteuse au sein du bureau des achats ministériels de la direction des services administratifs et financiers des services du Premier ministre, elle était chargée de la passation des marchés publics. Qualifiée de collaboratrice de très grande valeur dans son CREP 2021, elle est évaluée comme excellente sur l'intégralité des items de son dernier CREP. Enfin, la candidature de M. F se distinguait par ses compétences en matière d'encadrement et de mangement. Il a su démontrer, comme il ressort de sa fiche individuelle de proposition, à ses supérieurs avoir toutes les aptitudes correspondant aux fonctions exercées par un attaché d'administration de l'Etat. Les items de son dernier CREP au titre de l'année 2021 sont tous, à l'exception d'un seul, évalués excellents.
12. Il résulte de ce qui précède qu'en dépit de la valeur professionnelle de M. C, et même s'il bénéficiait d'une plus grande ancienneté, son dossier ne révélait pas l'exercice de fonctions particulièrement technique ou importante. En outre et comme le soutient le Premier ministre, sa fiche individuelle de proposition ne se prononce pas sur son aptitude à exercer des responsabilités de niveau plus élevé et il est moins bien évalué que les agents précités. A l'inverse, les candidatures des cinq agents, eu égard à la nature des fonctions exercées, du niveau d'expertise, à la capacité de travailler en équipe, étaient plus laudatives que celle du requérant. Ainsi et quand bien même certains agents promus auraient moins d'ancienneté que lui et n'auraient jamais présenté l'examen professionnel de B en A, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'en ne l'inscrivant pas sur la liste d'aptitude en vue d'une nomination, au choix dans le corps des attachés d'administration de l'Etat, le Premier ministre aurait méconnu le principe d'égalité de traitement entre les fonctionnaires et commis une erreur manifeste d'appréciation.
13. D'autre part, il ne ressort pas des pièces que l'administration aurait pris en compte, la sanction disciplinaire qui a été infligée au requérant en 2016 ou l'absence de proposition d'avancement depuis 2007 pour apprécier la valeur comparée des candidats. Il ne résulte pas plus du dossier que l'administration aurait commis une erreur de fait en prenant en compte une ancienneté dans le corps des SA des SPM de 17 ans au lieu de 19 ans. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur de fait doivent être écartés. En tout état de cause et à supposer comme le soutient le requérant que le Premier ministre se soit fondé sur ces éléments, il résulte de l'instruction que le Premier ministre aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur les motifs cités au point précédent du présent jugement.
14. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le moyen tiré de l'annulation des arrêtés de nomination individuelles de Mme I, Mme B, M. H, Mme M et M. F par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté du Premier ministre du 23 juin 2022 fixant la liste d'aptitude ministre doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, au Premier ministre, à Mme A I, Mme N B, M. D H, M. G F et à Mme J M.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 février 2025.
Le rapporteur,
Signé
J. REBELLATO
Le président,
Signé
L. GROS
La greffière,
Signé
C. CHAKELIAN
La République mande et ordonne au Premier ministre, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2311393
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'obligation de verser une indemnité forfaitaire suite à sa démission de la police nationale. Le tribunal a jugé que le requérant ne démontrait pas l'existence de difficultés personnelles graves l'ayant contraint à démissionner, au sens de l'article 9 du décret du 9 mai 1995. Il a considéré que M. B... n'avait pas établi que sa situation familiale et financière rendait impossible la conciliation avec ses obligations professionnelles ou justifiait une dispense de cette indemnité de rupture d'engagement.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418264
Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur trois requêtes d'un agent d'AgroParisTech concernant un titre exécutoire pour redevance de logement de fonction, une demande indemnitaire liée à un transfert, et un licenciement. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation du titre exécutoire, considérant que le logement n'était pas une concession par nécessité absolue de service justifiant la gratuité, en application du code général de la propriété des personnes publiques. Les autres conclusions ont également été rejetées.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431599
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. Le juge a estimé que la décision du préfet de police, fondée sur l'article L. 432-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers, était régulière, suffisamment motivée et ne méconnaissait pas l'article 8 de la CEDH. Il a considéré que le requérant, en raison de son casier judiciaire et de ses signalements, constituait une menace grave pour l'ordre public justifiant le refus.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504435
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante marocaine, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et que la requérante, sollicitant un titre au titre du travail, ne pouvait se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, celles-ci étant écartées par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 qui régit spécifiquement cette matière. Le tribunal a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation et n'avait pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
26/03/2026