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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2220360

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2220360

mardi 28 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2220360
TypeDécision
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantLAMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er octobre 2022 et le 24 mars 2023, M. A B, représenté par Me Lambert, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 29 août 2022 et du 5 septembre 2022 par lesquelles la présidente de l'université Paris Cité a rejeté sa candidature, au titre de l'année 2022-2023, en troisième année de licence mention " Psychologie, parcours psychologie et humanités ", ensemble la décision en date du 26 septembre 2022 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la présidente de l'université Paris Cité de l'autoriser à s'inscrire en troisième année de la licence " Psychologie, parcours psychologie et humanités " ou, à défaut, de réexaminer son dossier ;

3°) de mettre à la charge de l'université Paris Cité la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions du 29 août 2022 et du 5 septembre 2022 ont été prises au terme d'une procédure irrégulière, la commission pédagogique étant irrégulièrement composée ;

- la décision du 26 septembre 2022 rejetant le recours gracieux a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que la commission pédagogique ne s'est pas de nouveau réunie ;

- la décision du 26 septembre 2022 a été prise par une autorité incompétente ;

- les décisions du 29 août 2022 et du 5 septembre 2022, rejetant sa candidature au motif de l'inadéquation de son projet avec la formation demandée, sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que son projet de réorientation dans le domaine de la psychologie clinique est cohérent avec la formation demandée et qu'il avait été accepté dans cette même formation au titre de l'année 2020-2021 ;

- la décision du 26 septembre 2022 rejetant le recours gracieux est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'en procédant à une sélection entre les candidats, la présidente de l'Université Paris-Cité a méconnu les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'éducation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2023, la présidente de l'Université Paris-Cité conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 3 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 31 juillet 2023 à 12 h 00.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Truilhé a lu son rapport et entendu :

- les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public,

- et les observations de Me Lambert, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a sollicité en avril 2020, via la plateforme e-candidat, son admission en troisième année de licence mention " Psychologie, parcours psychologie et humanités " au sein de l'université Paris Cité au titre de l'année universitaire 2020-2021. Par une décision en date du

3 juillet 2020, il a été accepté en troisième année de licence en psychologie. Le 14 septembre 2020, il a conclu avec l'université Paris 8 un contrat d'attaché temporaire d'enseignement et de recherche d'une durée d'un an et a, par suite, renoncé à son intégration au sein de la licence. En avril 2022, il a candidaté pour une nouvelle admission en troisième année de licence en psychologie au sein de l'université Paris Cité pour l'année universitaire 2022-2023. Par deux décisions du 29 août 2022 et du 5 septembre 2022, la présidente de l'université, après que la commission pédagogique compétente a émis un avis défavorable quant à son admission, a rejeté la candidature du requérant au motif de l'inadéquation de son projet avec la formation demandée. Le 26 septembre 2022, la présidente de l'université a rejeté le recours gracieux de M. B tendant au réexamen de sa candidature, en se fondant sur une nouvelle saisine pour avis de la commission pédagogique, au motif de l'insuffisance de son dossier par rapport aux autres candidats. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces trois décisions.

Sur l'étendue du litige :

2. En fondant sa décision de rejet de recours gracieux formé par M. B, à la suite d'une nouvelle saisine pour avis de la commission pédagogique, sur un motif pris de ce que le dossier de candidature de ce dernier était " insuffisant par rapport à celui des autres candidats ", différent de celui des deux décisions initiales, la présidente de l'université Paris Cité a entendu rapporter ces décisions initiales et leur substituer la décision rendue sur recours gracieux. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, le recours formé par M. B ne peut être regardé que comme dirigé contre la décision de rejet de son recours gracieux, qui a fait disparaître de l'ordonnancement juridique les décisions initiales.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Aux termes du II de l'article D. 612-1-13 du code de l'éducation : " Pour procéder à l'examen mentionné au premier alinéa du I, les établissements dont les formations ne relèvent pas du VI de l'article L. 612-3 réunissent, pour chaque formation ayant enregistré des vœux, une commission d'examen des vœux dont la composition est arrêtée par le chef d'établissement. Cette commission définit, dans le respect des critères généraux fixés en application de l'article D. 612-1-5, les modalités et les critères d'examen des candidatures et propose au chef d'établissement les réponses à faire aux candidats. Lorsque le nombre de candidatures excède les capacités d'accueil de la formation à la date de confirmation des vœux prévue par le calendrier mentionné à l'article D. 612-1-2, elle ordonne également les candidatures. (). / Pour procéder à l'examen des dossiers de candidature pour l'accès aux formations relevant du VI de l'article L. 612-3, les établissements mettent en œuvre les modalités d'examen des candidatures prévues par les dispositions législatives et réglementaires les concernant. "

4. La présidente de l'université Paris Cité ne justifie pas que la décision rejetant le recours gracieux de M. B, notifiée à ce dernier par le courriel du 26 septembre 2022, a été prise au terme d'une procédure régulière, dès lors qu'elle se borne seulement à indiquer que la commission pédagogique s'est à nouveau réunie pour réexaminer le dossier du requérant, sans en apporter la preuve. M. B est par suite fondé à soutenir que rien ne permet de déterminer si la commission pédagogique s'est effectivement réunie. Il en résulte que cette décision doit être regardée comme ayant été prise à la suite d'une procédure irrégulière et doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

5. Le motif de l'annulation prononcée par le présent jugement implique seulement mais nécessairement que l'autorité compétente réexamine la candidature de M. B à l'admission en troisième année de licence mention " Psychologie, parcours psychologie et humanités ". Il lui est enjoint d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : La décision du 26 septembre 2022 par laquelle l'université de Paris a rejeté le recours gracieux de M. B et ainsi refusé son admission en troisième année de licence mention " Psychologie, parcours psychologie et humanités " pour l'année universitaire 2022-2023 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au président de l'université Paris-Cité de réexaminer la candidature de M. B tendant à son admission en troisième année de licence mention " Psychologie, parcours psychologie et humanités " dans un délai de deux mois.

Article 3 : L'université Paris Cité versera la somme de 1 500 euros à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au président de l'université Paris Cité.

Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

Mme Grossholz, première conseillère,

Mme Ostyn, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.

Le président-rapporteur,

SIGNÉ

J.-C. TRUILHÉ

L'assesseure la plus ancienne,

SIGNÉ

C. GROSSHOLZ

La greffière,

SIGNÉ

S. RUBIRALTA

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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