vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2220676 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | LEGRANDGERARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 octobre 2022 et 5 septembre 2024, Mme A C, représentée par Me Hoffmann, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme globale de 517 000 euros en réparation de ses préjudices, une rente annuelle de 36 432 euros au titre de l'assistance par tierce personne et une provision de 5 000 euros à valoir sur ses dépenses de santé ;
2°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) le 30 décembre 2017 qui a été diagnostiqué tardivement ;
- ce diagnostic tardif lui a fait perdre une chance d'éviter l'aggravation de cet AVC ;
- elle souffre d'une perte d'autonomie et d'une dépression réactionnelle ;
- elle a cessé son activité professionnelle ;
- son déficit fonctionnel temporaire, correspondant à son séjour à l'hôpital Bichat et à la période de rééducation ainsi qu'à son déficit fonctionnel partiel de 80% jusqu'à la consolidation, doit être réparé à hauteur de la somme de 3 000 euros ;
- ses souffrances endurées, évaluées à 3,5 sur 7 par l'expert, doivent être indemnisées par l'allocation de la somme de 4 000 euros ;
- ses préjudices esthétique et d'agrément temporaires, évalués à 4 sur 7 par l'expert, doivent être indemnisés par l'allocation de la somme de 10 000 euros ;
- son déficit fonctionnel permanent, évalué à 80% par l'expert, doit être indemnisé à hauteur de 150 000 euros ;
- ses préjudices esthétique et d'agrément permanents doivent être indemnisés par l'allocation de la somme de 200 000 euros ;
- sa perte de gains professionnels en lien avec l'arrêt de son activité de gérante d'un magasin de décoration à Ibiza est évaluée à la somme de 150 000 euros ;
- son besoin en assistance par une tierce personne, évaluée à 6 heures par jour, dont 4 heures d'aide non spécialisée et 2 heures d'aide paramédicalisée, doit être indemnisé par l'allocation d'une rente annuelle viagère d'un montant de 36 432 euros.
Par un mémoire, enregistré le 3 février 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var, représentée par Me Legrandgérard, demande au tribunal :
1°) de condamner l'AP-HP à lui rembourser 15% du montant de sa créance, soit la somme de 33 705,73 euros, ainsi qu'à lui payer l'indemnité forfaitaire de gestion, en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'elle a exposé des débours à hauteur de la somme de 224 704,85 euros et que le taux de perte de chance retenu par l'expert est minoré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, l'AP-HP conclut :
1°) au rejet des demandes relatives aux préjudices esthétique temporaire et d'agrément, aux pertes de gains professionnels et aux dépenses de santé actuelles et futures ;
2°) à la réduction à de plus justes proportions des montants des sommes demandées en tenant compte du taux de perte de chance de 15% ;
3°) au rejet de toutes demandes autres ou plus amples.
L'AP-HP fait valoir que :
- elle n'entend pas contester sa responsabilité mais souhaite que l'évaluation des préjudices se fasse au regard du taux de 15% de perte de chance retenu par l'expert ;
- les sommes à allouer à Mme C ne sauraient excéder : 1 092,48 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 600 euros au titre des souffrances endurées, 22 500 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 1 080 euros au titre du préjudice esthétique permanent, 5 438,40 euros au titre de l'assistance par une tierce personne sous la forme d'une rente annuelle ;
- les autres postes de préjudice doivent être écartés.
Vu l'ordonnance du 27 mai 2022 par laquelle le vice-président du tribunal administratif de Paris a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 1 750 euros.
Par une ordonnance du 4 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 février 2024.
Vu le rapport d'expertise judiciaire et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code de la sécurité sociale,
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lambert,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, alors âgée de soixante-quinze ans, a été prise en charge le 30 décembre 2017 par l'hôpital Bichat, établissement qui relève de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), suite à un malaise à son domicile. A son admission au service des urgences, aux alentours de 21 heures, elle présentait un hématome frontal et des difficultés d'élocution. Au vu de l'état de santé de Mme C et des données médicales à sa disposition et après avoir fait passer à la patiente plusieurs examens, l'équipe médicale a diagnostiqué un trouble neurologique aigu. Mme C a été transférée à l'unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD) de l'hôpital Bichat le lendemain matin à 5 heures. Peu après son transfert, Mme C a présenté une hémiplégie droite. Un examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM) pratiqué à 10 heures 42 a mis en évidence un accident vasculaire cérébral (AVC) aigu dans le territoire sylvien gauche. Mme C est restée hospitalisée à l'hôpital Bichat jusqu'au 11 janvier 2018. Elle a ensuite été admise dans un centre de rééducation jusqu'au 9 juin 2018. Déclarée consolidée le 30 décembre 2019, Mme C reste atteinte d'importantes séquelles fonctionnelles. Au vu des conclusions de la mesure d'expertise judiciaire, ordonnée en référé, elle demande la condamnation de l'AP-HP à réparer ses différents préjudices sur le fondement de la faute.
Sur la responsabilité de l'AP-HP :
En ce qui concerne la faute :
2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Il résulte de l'instruction, et notamment des conclusions du rapport de l'expert judiciaire, que la prise en charge de Mme C à son arrivée au service des urgences de l'hôpital Bichat le 30 décembre 2017 à 21 heures 17, soit environ une heure après son malaise, a été rapide et adaptée, dès lors qu'elle ne présentait pas encore de déficit moteur mais un simple hématome frontal et des troubles de l'élocution, et que l'équipe médicale était ainsi fondée à retenir l'hypothèse d'un malaise au décours d'une prise d'alcool compliqué d'une chute. Cependant, le résultat négatif du test d'alcoolémie, au demeurant parvenu très tard à l'équipe médicale - à 1 heure 10 le 31 décembre 2019, soit quatre heures après l'admission de la patiente - n'a été pris en compte qu'à l'entrée de Mme C à l'UHCD, c'est-à-dire à 5 heures le 31 décembre 2017. Ce résultat négatif n'a cependant pas donné lieu à une réévaluation immédiate du diagnostic vers celui d'un possible AVC, ce qui aurait pu conduire à envisager un traitement présomptif anticoagulant ou a minima à la décision de contacter le neurologue de garde. Par ailleurs, l'aggravation de l'état de santé de la patiente, qui a présenté une hémiplégie droite peu après son admission à l'UHCD, à 5 heures 44, n'a pas davantage donné lieu à un signalement au neurologue de garde, alors qu'à ce moment, selon l'expert, la possibilité d'une thrombolyse, même tardive, aurait pu être discutée. L'IRM cérébrale, qui a permis de poser le diagnostic d'AVC dans le territoire sylvien profond gauche, a été réalisée à 10 heures 42, soit près de quatorze heures après l'admission de la patiente à l'hôpital Bichat, alors que l'ischémie cérébrale était déjà constituée et l'hémiplégie fixée. Selon l'expert, il était alors trop tard pour que Mme C bénéficie d'une thrombolyse, dont la réalisation présente un intérêt seulement dans les quatre heure trente suivant le début des symptômes, alors que la patiente aurait pu en bénéficier puisqu'elle s'est présentée à l'hôpital moins d'une heure après le début de ses troubles.
4. Il résulte de ce qui précède que la non-réévaluation du diagnostic de Mme D la réception des résultats du test d'alcoolémie, à 1 heure 10 le 31 décembre 2017, soit moins de quatre heures après l'admission de la requérante à l'hôpital, est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP, dès lors que cette non-réévaluation a conduit à un retard de diagnostic de l'AVC et de prise en charge de l'AVC dont elle a été victime.
En ce qui concerne la perte de chance :
5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
6. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise judiciaire, que la faute commise par l'AP-HP a fait perdre une chance à Mme C d'éviter les séquelles dont elle reste aujourd'hui atteinte et que cette perte de chance s'élève à 15% dès lors que, même pris en charge rapidement et de manière adaptée par un traitement thrombolytique, un AVC du territoire sylvien profond ne permet pas une récupération fonctionnelle totale.
Sur les préjudices de Mme C :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des dépenses de santé :
7. Mme C sollicite l'allocation de la somme de 5 000 euros au titre de dépenses de santé futures. Cependant, la réalité de ce poste de préjudice n'est pas établie par la requérante, alors qu'il résulte de l'attestation des frais futurs viagers et des frais futurs d'appareillage produite par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) que les dépenses de santé futures sont prises en charge. Cette demande sera donc rejetée.
S'agissant de la perte de gains professionnels :
8. Si Mme C soutient qu'elle exerçait, avant d'être victime d'un AVC, une activité de gérance d'un magasin de décoration à Ibiza, elle ne l'établit pas. Cette demande sera donc rejetée.
S'agissant de l'assistance par une tierce personne :
9. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise judiciaire, que depuis sa sortie de l'hôpital, l'état de santé de Mme C nécessite la présence d'une aide à domicile non spécialisée pour les repas, les courses et le ménage à hauteur de quatre heures par jour ainsi qu'une aide " paramédicalisée " pour la toilette et l'administration des médicaments, à raison de deux heures par jour. Ainsi que le fait valoir l'AP-HP, les prestations des personnels infirmiers et aides-soignants sont de manière générale prises en charge par l'assurance maladie. Il y donc lieu de rejeter la demande présentée à ce titre par la requérante. S'agissant en revanche des quatre heures d'assistance pour les actes de la vie courante, la requérante est fondée à en demander l'indemnisation. Il y a lieu de retenir, au regard du caractère non spécialisé de cette assistance, un taux horaire de 23 euros, correspondant au salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) comprenant les cotisations sociales, les congés payés, les dimanches et les jours fériés. Sur cette base, le coût annuel futur de l'assistance par tierce personne s'établit à la somme de 37 904 euros, soit 5 686 euros après application du taux de perte de chance de 15%. Mme C a attesté ne percevoir aucune prestation ayant le même objet. Compte tenu de l'âge de la requérante à la date du présent jugement et de son état de santé, il y a lieu de réparer ce poste de préjudice sous forme d'une rente annuelle d'un montant de 5 686 euros, ainsi, d'ailleurs, qu'elle le demande. La rente sera revalorisée annuellement par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
10. Il résulte de l'instruction que Mme C a subi un déficit fonctionnel total imputable à la complication à partir du 30 décembre 2019 et jusqu'au 9 juin 2018, soit durant 162 jours, correspondant à son hospitalisation à l'hôpital Bichat jusqu'au 11 janvier 2018, à son hospitalisation au centre de rééducation d'Asnières jusqu'au 2 mai 2018 puis au centre hospitalier d'Hyères jusqu'au 9 juin 2018. De son retour à domicile et jusqu'à la date de la consolidation, fixée par l'expert au 30 décembre 2019, soit durant 568 jours, le déficit fonctionnel temporaire partiel de Mme C a été évalué par l'expert à 80%. Sur la base d'un coût de 20 euros par jour pour un déficit fonctionnel total, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à une somme de 12 328 euros, soit 1 849,20 euros après application du taux de perte de chance de 15%.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
11. Il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel permanent de Mme C, évalué à 80% par l'expert judiciaire, en le fixant à une somme de 150 000 euros, soit 22 500 euros après application du taux de perte de chance de 15%.
S'agissant des souffrances endurées :
12. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, évalué à 3,5 sur une échelle de 7 par l'expert judiciaire, en le fixant à une somme de 5 000 euros, soit 750 euros après application du taux de perte de chance de 15%
S'agissant du préjudice esthétique :
13. Il sera fait une juste évaluation de ce poste de préjudice, évalué à 4 sur une échelle de 7 par l'expert judiciaire, en le fixant à une somme de 7 000 euros, soit 1 050 euros après application du taux de perte de chance de 15%.
S'agissant du préjudice d'agrément :
14. Il ne résulte pas de l'instruction et n'est, d'ailleurs, pas allégué par Mme C, qu'elle pratiquait des activités sportives ou de loisirs avant son handicap. Sa demande relative à ce chef de préjudice sera donc rejetée.
Sur la créance de la CPAM du Var :
15. La CPAM du Var a produit le relevé de ses débours ainsi que l'attestation d'imputabilité, représentant la somme de 224 704,85 euros. Après application du taux de perte de chance de 15%, il y a lieu de fixer sa créance à la somme de 33 705,73 euros, qui sera mise à la charge de l'AP-HP.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
16. La CPAM du Var a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 1 191 euros fixée par l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale.
Sur les dépens :
17. Les frais et honoraires de l'expert, taxés et liquidés à la somme de 1 750 euros par une ordonnance du vice-président du tribunal administratif de Paris du 27 mai 2022, sont mis à la charge définitive de l'AP-HP.
Sur les frais d'instance :
18. Il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 2 000 euros à verser à Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'une somme de 1 500 euros à verser à la CPAM du Var sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à Mme C une somme de 26 149 euros en réparation de ses préjudices.
Article 2 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à Mme C une rente annuelle de 5 686 euros, revalorisée annuellement par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale.
Article 3 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera la somme de 33 705,73 euros à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Article 4 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Var la somme de 1 191 euros au titre de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 5 : Les frais et honoraires de l'expert, d'un montant de 1 750 euros, sont mis à la charge définitive de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
Article 6 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à Mme C une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Var une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Copie en sera adressée à l'expert.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
F. Lambert
La présidente,
S. Marzoug
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2220676/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026