jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2222120 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | NUNES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 octobre et 24 novembre 2022, Mme E G, représentée par Me Nunes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 septembre 2022, révélée par le courrier d'information du 15 septembre 2022, par laquelle le préfet de police a octroyé le concours de la force publique pour procéder à son expulsion du logement situé 44 rue de Galilée dans le 16ème arrondissement de Paris ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 600 euros à verser à Me Nunes son conseil, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle, ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme, sur le fondement de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteur de la décision contestée est incompétent ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle est entachée de vices de procédure dès lors que la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) n'a pas été informée ; il n'est pas établi que l'huissier aurait transmis au préfet le commandement de quitter les lieux ; le préfet de police n'a pas vérifié, avant de prendre la décision litigieuse, que l'huissier de justice avait procédé à l'accomplissement des diligences prévues par le code des procédures civiles d'exécution, notamment les articles R. 153-1 al. 2, R. 412-2 et R. 412-5 dudit code ; le jugement du 26 novembre 2021 du juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris ne mentionne pas les indications permettant d'identifier l'appartement concerné ;
- elle ne peut lui être opposée dès lors que la notification est irrégulière ;
- elle est entachée d'erreur de droit résultant de la méconnaissance des articles L. 345-2, L. 345-2-1 et L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles et de violation des dispositions de l'article 16 du code civil ainsi que des stipulations des articles 3, 8 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard à la précarité de sa situation et à son état de santé ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors que la requête ne présente plus d'intérêt pour la requérante, qui a été expulsée le 20 juin 2023, et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée le 5 janvier 2023 à Mme C née B qui n'a pas produit d'observations.
Par une décision du 16 novembre 2022, Mme G a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Par une ordonnance du 9 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 10 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guglielmetti,
- et les conclusions de Mme Castéra, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte sous-seing privé du 25 août 2000, M. D C et Mme H C, née B, ont consenti un contrat de location à usage d'habitation secondaire à Mme G portant sur un appartement situé au 44 rue de Galilée dans le 16ème arrondissement de Paris. Par une ordonnance du 26 novembre 2021, le tribunal d'instance de Paris, après avoir prononcé la résiliation du contrat de bail, a, notamment, ordonné l'expulsion de Mme G du logement, dans un délai de deux mois à compter de la date de délivrance du commandement d'avoir à quitter les lieux. Un commandement de quitter les lieux a été délivré à l'occupante le 1er février 2022 et notifié aux services de la préfecture de police le même jour. Par acte d'huissier du 16 mai 2022, le concours de la force publique a été requis pour procéder à l'expulsion de Mme G. Par une décision du 15 septembre 2022, le préfet de police a octroyé le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion de la requérante à compter du jour de la décision. Par la présente requête, Mme G, qui a été effectivement expulsée du logement le 20 juin 2023, doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 15 septembre 2022.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif ; que si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi ; qu'il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution ; que, dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Le préfet de police soutient qu'il n'y a plus lieu de statuer dès lors que la requérante a été expulsée de son logement le 20 juin 2023. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du 15 septembre 2022 aurait été retirée ou abrogée par le préfet de police. Par suite, il y a toujours lieu de statuer sur la demande d'annulation de la décision d'octroi du concours de la force publique prise le 15 septembre 2022.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le préfet de région dans la région, le préfet de département dans le département, est dépositaire de l'autorité de l'Etat () ". Aux termes de l'article 11 du même décret : " Le préfet de département a la charge de l'ordre public et de la sécurité des populations () ". Toutefois, l'article 70 de ce décret dispose : " Le préfet de Paris et le préfet de police sont, pour leurs attributions respectives, les représentants de l'Etat pour la commune et le département de Paris ". A cet égard, aux termes de l'article 71 du même décret : " Sous réserve des compétences du préfet de Paris, le préfet de police en sa qualité de représentant de l'Etat dans le département de Paris exerce les attributions définies aux articles 1er, 9, 10 et 11-1 et les dispositions des articles 55, 57, 58 et 59 s'appliquent à ses relations avec les administrations civiles de l'Etat et les collectivités territoriales ". Enfin, aux termes de l'article 72 du décret : " Dans le département de Paris, le préfet de police a la charge de l'ordre public et, dans la limite des matières relevant de ses attributions, de la sécurité des populations () ".
5. D'une part, il résulte des dispositions précitées que le préfet de police a seul la charge de l'ordre public dans le département de Paris. Ainsi, il est seul compétent pour accorder le concours de la force publique dans ce département. Par suite, Mme G n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris était seul compétent pour accorder le concours de la force publique en vue de son expulsion.
6. D'autre part, la décision attaquée a été signée par Mme A F, directrice adjointe de cabinet du préfet de police, titulaire en vertu d'un arrêté n° 78-2022-148 du 21 juillet 2022 régulièrement publié, d'une délégation du préfet de police à l'effet de signer " tous actes, arrêtés, décisions () " nécessaires à l'exercice des attributions et pouvoirs dévolus au préfet de police. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
7. En deuxième lieu, les décisions accordant le concours de la force publique, qui sont des mesures d'exécution d'une décision de justice, ne sont pas au nombre des décisions devant être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ni, par voie de conséquence, être soumises au respect de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du même code. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et de la méconnaissance du principe du contradictoire sont inopérants et doivent être écartés.
8. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée serait entachée d'un défaut d'examen de la situation de Mme G.
9. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires () ". Toute décision de justice ayant force exécutoire peut donner lieu à une exécution forcée, la force publique devant, si elle est requise, prêter main forte à cette exécution. Toutefois, des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public ou à la survenance de circonstances postérieures à la décision judiciaire statuant sur la demande d'expulsion ou sur la demande de délai pour quitter les lieux et telles que l'exécution de l'expulsion serait susceptible d'attenter à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. En cas d'octroi de la force publique il appartient au juge de rechercher si l'appréciation à laquelle s'est livrée l'administration sur la nature et l'ampleur des troubles à l'ordre public susceptibles d'être engendrés par sa décision ou sur les conséquences de l'expulsion des occupants compte tenu de la survenance de circonstances postérieures à la décision de justice l'ayant ordonné, ou ayant statué sur la demande de délai pour quitter les lieux, n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. D'autre part, aux termes de l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'expulsion : " Si l'expulsion porte sur un lieu habité par la personne expulsée ou par tout occupant de son chef, elle ne peut avoir lieu qu'à l'expiration d'un délai de deux mois qui suit le commandement, sans préjudice des dispositions des articles L. 412-3 à L. 412-7 () ". L'article L. 412-5 du même code dispose que : " Dès le commandement d'avoir à libérer les locaux, l'huissier de justice chargé de l'exécution de la mesure d'expulsion en saisit le représentant de l'Etat dans le département afin que celui-ci en informe la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l'article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, et qu'il informe le ménage locataire de la possibilité de saisir la commission de médiation en vue d'une demande de relogement au titre du droit au logement opposable. A défaut de saisine du représentant de l'Etat dans le département par l'huissier, le délai avant l'expiration duquel l'expulsion ne peut avoir lieu est suspendu. / La saisine du représentant de l'Etat dans le département par l'huissier et l'information de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives par le représentant de l'Etat dans le département s'effectuent par voie électronique par l'intermédiaire du système d'information prévu au dernier alinéa du même article 7-2 ".
11. Il résulte des dispositions précitées que l'Etat ne peut légalement accorder le concours de la force publique que pour l'exécution d'une décision de justice ayant force exécutoire. Lorsqu'un jugement constatant l'inexécution par l'occupant d'un local des obligations résultant du bail suspend la clause résolutoire en prévoyant qu'elle reprendra effet de plein droit à défaut de paiement de certaines sommes à certaines dates et que l'occupant pourra alors être expulsé, le représentant de l'Etat saisi d'une demande de concours de la force publique doit s'assurer, au vu notamment des indications circonstanciées qu'il appartient à l'huissier de justice de lui fournir, que ce jugement est devenu exécutoire en tant qu'il autorise l'expulsion.
12. Premièrement, Mme G ne peut utilement faire valoir que le préfet n'aurait pas informé la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX), cette circonstance étant sans incidence sur la légalité de la décision d'octroi du concours de la force publique. En tout état de cause, le préfet de police expose, sans être contredit, que la commission a été informée, via le logiciel EXPLOC, de la notification du commandement de quitter les lieux. Ce moyen ne peut, par suite, qu'être écarté.
13. Deuxièmement, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutient la requérante, le préfet de police et le préfet de Paris ont accusé réception, le 1er février 2022, de la copie du commandement de quitter les lieux qui lui a été transmise par l'huissier.
14. Troisièmement, la décision du préfet d'octroyer le concours de la force publique répond à la demande de réquisition présentée par l'huissier chargé de l'exécution. Dès lors qu'aucun texte ne prévoit qu'une telle décision soit notifiée à une personne autre que le demandeur, l'absence de notification de cette décision du 15 septembre 2022 à Mme G, a, en tout état de cause, pour seule conséquence de lui rendre inopposable les délais de recours prévus à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Dès lors, cette absence de notification est sans incidence sur la légalité de cette décision.
15. Quatrièmement, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la régularité d'un jugement des juridictions de l'ordre judiciaire, Mme G ne peut utilement soutenir que le dispositif du jugement du 26 novembre 2021 ne mentionne pas les indications permettant d'identifier l'appartement concerné.
16. Cinquièmement, si la requérante soutient que le préfet de police a pris la décision attaquée sans avoir constaté que l'huissier qui l'a saisi avait préalablement accompli les diligences précitées auprès de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives ou du préfet de Paris, il ne ressort pas des termes du jugement du 26 novembre 2021 précité que celui-ci a suspendu la clause résolutoire du bail. Le moyen doit être écarté comme inopérant.
17. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.
18. En cinquième lieu, Mme G soutient qu'outre une dépression profonde, elle est atteinte d'un cancer pour lequel elle doit subir une opération de résection partielle de la tumeur le 24 octobre 2022 qui sera suivie de soins post-opératoires nécessitant un accompagnement du risque suicidaire majeur de fait incompatible avec son expulsion. Toutefois, ces éléments, postérieurs à la décision attaquée, ne sont, en tout état de cause, pas établis de manière suffisamment précise pour faire obstacle à la mise en œuvre du concours de la force publique. Dans ces conditions, la décision du préfet de police n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
19. En sixième lieu, la requérante ne saurait utilement invoquer la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que la décision accordant le concours de la force publique vise à assurer l'exécution d'une décision de justice et qu'elle n'a ni pour objet ni pour effet de séparer la requérante de sa famille ou de la priver de leur droit au logement.
20. En dernier lieu, la procédure visant l'octroi du concours de la force publique et celle relative à l'existence d'un droit au logement opposable constituent deux procédures distinctes tant dans leurs modalités de mise en œuvre que dans les principes qui les régissent. Il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, ni d'aucun principe général du droit que le fait d'être reconnu prioritaire dans le cadre du droit au logement opposable ferait obstacle à ce que soit octroyé le concours de la force publique, ni que le préfet serait tenu de s'assurer du relogement effectif de l'intéressé avant d'accorder le concours de la force publique à son expulsion. Ainsi, Mme G ne peut utilement se prévaloir de ce que le préfet ne lui a fait aucune proposition de relogement effective.
21. Il résulte de tout ce qui précède que Mme G n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du préfet de police du 15 septembre 2022 accordant le concours de la force publique à l'exécution du jugement prononçant son expulsion. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent, par suite, être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E G, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Mme H B.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Salzmann, présidente,
Mme Armoët, première conseillère,
Mme Guglielmetti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024
La rapporteure,
S. GUGLIELMETTI
La présidente,
M. SALZMANNLa greffière,
P. TARDY-PANIT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2404071
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'Air France visant à annuler une amende de 10 000 euros infligée par le ministre de l'intérieur. La société était sanctionnée pour avoir débarqué un passager dépourvu de document de voyage valable en provenance de Bangkok, malgré ses allégations d'un contrôle à l'embarquement. Le tribunal a jugé que l'obligation de vérification des documents, prévue aux articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 6421-2 du code des transports, incombe au transporteur et que la preuve d'un contrôle effectif n'était pas rapportée en l'espèce.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407258
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de la société Air France, qui contestait une amende de 10 000 euros pour avoir transporté un passager muni d'un passeport contrefait. La juridiction estime que l'irrégularité du document était manifeste et décelable par un examen attentif lors de l'embarquement, et que la procédure suivie par le ministre de l'intérieur était régulière. La décision s'appuie sur les articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article L. 6421-2 du code des transports.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2328289
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme F... visant à annuler l'arrêté ministériel du 11 octobre 2023 autorisant son licenciement pour motif disciplinaire. La juridiction a estimé que les moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la procédure disciplinaire et à l'appréciation des faits, n'étaient pas fondés. Elle a également déclaré irrecevables les conclusions de l'employeur demandant une amende pour recours abusif, relevant qu'il s'agit d'un pouvoir propre du juge. La décision s'appuie sur les dispositions du code du travail, notamment après le renvoi préjudiciel au Conseil constitutionnel concernant l'article L. 1232-3.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406708
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Air France, qui contestait une amende de 10 000 euros pour avoir débarqué une passagère brésilienne munie d'un passeport manifestement altéré (pages manquantes). Le tribunal a jugé que l'irrégularité du document (l'absence de pages) constituait un élément d'irrégularité manifeste que les agents de la compagnie auraient dû déceler lors d'un examen normalement attentif au moment de l'embarquement, conformément aux articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à l'article L. 6421-2 du code des transports. La décision du ministre de l'intérieur a donc été confirmée.
30/03/2026