vendredi 22 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2222630 |
| Type | Décision |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | HUBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2022, Mme C B, représentée par Me Hubert, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser une somme de 18 000 euros, augmentée des intérêts au taux légal, en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'État est engagée sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle n'a reçu aucune offre de relogement alors qu'elle a été reconnue prioritaire par une décision de la commission de médiation ;
- elle subit des troubles dans ses conditions d'existence et un préjudice moral du fait de la carence fautive de l'État à la reloger.
La requête a été communiquée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Castéra en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Castéra,
- et les observations de Me Hubert, avocat de Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une décision d'une commission de médiation en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'État prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
2. Mme B, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a été reconnue prioritaire et devant être relogée en urgence par une décision du 22 avril 2021 de la commission de médiation du département de Paris au motif qu'elle était menacée d'expulsion, sans relogement. Le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris n'a pas proposé à Mme B un relogement dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l'habitation à compter de l'édiction de la décision de la commission de médiation. Cette carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État à compter du 22 octobre 2021 à l'égard de Mme B.
3. Il résulte de l'instruction que le 20 septembre 2021, Mme B, née le 5 avril 1945, a quitté l'appartement duquel elle a été expulsée et vit depuis cette date chez des tiers, soit chez sa fille, soit chez son frère. Compte tenu de ces conditions de logement, qui perdurent du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par Mme B dans ses conditions d'existence, y compris de son préjudice moral, en lui allouant une somme de 1 150 euros, tous intérêts compris à la date de lecture du présent jugement.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement à Mme B d'une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à Mme B une somme de 1 150 euros, tous intérêts compris à la date de lecture du présent jugement.
Article 2 : L'État versera à Mme B une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à Me Hubert.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.
La magistrate désignée,
A. CASTERA
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505413
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser Mme A... pour sa carence fautive à exécuter une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire pour un relogement d'urgence. Le tribunal a retenu la responsabilité de l'État sur le fondement des articles L. 441-2-3 et suivants du code de la construction et de l'habitation, et a alloué à la requérante une somme de 2 000 euros au titre des troubles dans ses conditions d'existence et de son préjudice moral. Il a également mis à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par son avocate, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505460
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser une requérante pour carence fautive dans son relogement. La juridiction a retenu la responsabilité de l'État, fondée sur l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, pour ne pas avoir exécuté une décision de la commission de médiation reconnaissant le caractère prioritaire de la demande. Elle a alloué à la requérante une somme de 1 500 euros en réparation de ses préjudices et a mis à la charge de l'État des frais de procédure au bénéfice de son avocat.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505576
Le Tribunal Administratif de Paris a jugé une demande d'indemnisation pour défaut de relogement suite à une décision de priorité de la commission de médiation. Il a retenu la responsabilité de l'État pour carence fautive, fondée sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal a condamné l'État à verser 600 euros au requérant pour préjudice et 1200 euros à son avocate au titre des frais irrépétibles.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505602
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser un demandeur pour carence fautive dans son relogement. Le requérant, reconnu prioritaire par une commission de médiation, n'avait reçu aucune offre de logement dans le délai légal de six mois. Le tribunal a alloué 4 000 euros en réparation des troubles dans ses conditions d'existence, sur le fondement des articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation.
26/03/2026