vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2222766 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2022, la société Optique Jourdain, représentée par Me Agharbi, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 2 septembre 2022 par laquelle la caisse primaire d'assurance maladie de Paris lui a notifié une pénalité financière.
Elle soutient que :
- elle s'est toujours conformée à la règlementation en vigueur ;
- lors du contrôle, elle disposait du nombre requis de montures de lunettes de classe A, mais celles-ci étaient rangées dans un tiroir, dès lors qu'elles n'étaient pas encore commercialisables ;
- elle a fait l'objet d'un retard de livraison de la part de son fournisseur, qui s'apparente à un cas de force majeure ;
- elle est de bonne foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, représentée par Me Falala, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Optique Jourdain la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 22 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale,
- l'arrêté du 3 décembre 2018 portant modification des modalités de prise en charge de dispositifs médicaux et prestations associées pour la prise en charge d'optique médicale au chapitre 2 du titre II de la liste prévue à l'article L. 165-1 (LPP) du code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lambert,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- les observations de M. A pour la société Optique Jourdain,
- et les observations de Me Falala pour la CPAM de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. La société Otique Jourdain exploite un magasin d'optique situé au 137 rue de Belleville dans le dix-neuvième arrondissement de Paris, sous l'enseigne " L'opticien du village ". Par une décision du 2 septembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris lui a notifié une pénalité financière d'un montant de 1 756 euros en application des dispositions des articles L. 165-1-4 IV et R. 165-86 du code de la sécurité sociale. La société Optique Jourdain demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes du I de l'article L. 165-1-4 du code de la sécurité sociale dans sa version applicable au litige : " I.- Les règles de distribution mentionnées au premier alinéa de l'article L. 165-1 peuvent comporter l'obligation, pour l'exploitant ou pour le distributeur au détail, de proposer et de disposer de certains produits ou prestations appartenant aux classes à prise en charge renforcée définies en application du deuxième alinéa du même article L. 165-1 () ". Selon le IV du même article : " Le directeur de l'organisme d'assurance maladie compétent peut prononcer à l'encontre du prescripteur, de l'exploitant ou du distributeur au détail, après que celui-ci a été mis en mesure de présenter ses observations, une pénalité financière : / 1° D'un montant maximal de 5 % du chiffre d'affaires hors taxes total réalisé en France en cas de méconnaissance des obligations mentionnées au I ;() Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité, de la durée et de la réitération éventuelle des manquements. ". L'article VI.2 de l'arrêté du 3 décembre 2018 portant modification des modalités de prise en charge de dispositifs médicaux pour la prise en charge d'optique médicale prévue à l'article L. 165-1 (LPP) du code de la sécurité sociale dispose que : " Présence d'un nombre minimum de montures de classe A au sein de chaque point de distribution / Chaque opticien-lunetier, qu'il soit physique ou virtuel en ligne, présente dans son point de vente au moins 35 montures de classe A pour adultes et de 20 montures de classe A pour enfants. Pour satisfaire ce seuil, un même modèle de montures ne peut être comptabilisé que jusqu'à 2 fois, pour deux coloris différents. Au moins 17 modèles différents doivent être disponibles pour les adultes, et au moins 10 modèles différents pour les enfants. L'ensemble de ces montures doivent être exposées au sein du point de vente, qu'il soit physique ou non, et accessibles au patient. Si le point de vente est destiné exclusivement à la vente d'équipements pour les adultes, d'une part, ou pour les enfants (jusqu'à 16 ans), d'autre part, seules les obligations de présentation de lunettes respectivement pour les adultes, ou pour les enfants, sont applicables ".
3. En premier lieu, selon le procès-verbal de constatation dressé le 8 avril 2022 par un agent agréé et assermenté de la caisse régionale d'assurance maladie d'Ile-de-France suite au contrôle effectué au sein du magasin exploité par la société Optique Jourdain, seulement treize montures de lunettes pour adultes dites de classe A étaient disponibles dans le magasin, en comptant celles dont l'appareillage était en cours (seulement onze exposées), et seulement quatre montures de classe A pour enfants. Si la société requérante fait valoir que les montures manquantes étaient rangées dans un tiroir et qu'elles n'ont pu être présentées à l'agent agréé et assermenté à défaut d'autorisation de commercialisation, elle ne conteste toutefois pas que le point de vente ne présentait pas au moins trente-cinq montures de classe A pour adultes et vingt montures de classe A pour enfants accessibles aux clients en méconnaissance des dispositions de l'arrêté ministériel du 3 décembre 2018 citées au point précédent du présent jugement.
4. En second lieu, si la société requérante soutient que le manque de montures de classe A exposées résulte des retards d'approvisionnement imputables à son fournisseur, d'une part ces difficultés d'approvisionnement ne présentaient pas un caractère imprévisible, dès lors que la société requérante a elle-même indiqué à l'agent agréé et assermenté que son fournisseur " était souvent en rupture de stock ", d'autre part, elle n'établit pas que d'autres fournisseurs auraient été dans l'impossibilité de l'approvisionner à la date en cause. Par suite, la société requérante ne démontre pas que les difficultés d'approvisionnement alléguées, à les supposer même établies, auraient présenté un caractère d'extériorité, d'imprévisibilité et d'irrésistibilité permettant de les regarder comme relevant d'un cas de force majeure.
5. En dernier lieu, si la requérante fait valoir sa bonne foi, ce moyen n'est opérant qu'invoqué au soutien d'une demande de remise gracieuse. Il ne peut donc, en l'espèce, qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la société Optique Jourdain n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée du 2 septembre 2022 lui notifiant une pénalité financière.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Optique Jourdain la somme de 1 500 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie Paris en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Optique Jourdain est rejetée.
Article 2 : La société Optique Jourdain versera la somme de 1 500 euros à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Optique Jourdain et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Copie en sera adressée au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
F. Lambert
La présidente,
S. MarzougLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2222766/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026