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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2223299

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2223299

mercredi 15 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2223299
TypeDécision
FormationSection 8 - Chambre 1
Avocat requérantLANGLOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 novembre 2022 et le 20 décembre 2022, M. C A, représenté par Me Langlois, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 août 2022 par lequel le préfet de police de Paris lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, dans les mêmes conditions d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros à

Me Langlois, son avocat, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée en fait ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la consultation de la commission du titre de séjour en application des dispositions des articles L. 432-13, L. 432-14 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que les informations sur lesquelles s'est fondé le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ne sont pas communiquées, qu'il n'est pas établi que cet avis a émis à l'issue d'une délibération collégiale, à partir d'un rapport, que les médecins étaient régulièrement nommés, que le médecin instructeur n'a pas siégé au sein du collège, et que l'ensemble des mentions prévues par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 y figurent ;

- elle est entachée d'inexactitude matérielle ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru en situation de compétence liée par rapport à l'avis du collège de médecins de l'OFII ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle est illégale ne raison de l'irrégularité de l'avis rendu par le collège médical de l'OFII ;

- elle a méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et médicale ;

S'agissant de la décision fixant un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée en fait ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne précitée.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2022, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de l'arrêté préfectoral par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour pour des motifs tirés de son état de santé ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du

4 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant pakistanais né le 24 septembre 1977 et entré en France le

18 mars 2011 selon ses déclarations, a bénéficié d'une carte de séjour temporaire d'un an en qualité d'étranger malade, valable du 11 mars 2021 au 10 mars 2022, dont il a sollicité le renouvellement. Par un arrêté du 22 août 2022, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la légalité de la décision refusant le renouvellement d'un titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les dispositions l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de police a fait application pour refuser l'admission au séjour à M. A et, s'il ne mentionne pas tous les éléments caractérisant sa situation, il indique avec suffisamment de précisions les circonstances de fait sur lesquelles cette autorité s'est fondée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté, que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle

M. A notamment avant de refuser son admission au séjour, la circonstance qu'il comporte une erreur sur les termes de l'avis de l'OFII, ou ne mentionne pas certains faits, n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir que cela n'aurait pas été le cas.

4. En troisième lieu, en vertu des dispositions des articles L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 435-1 du même code : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".

5. D'une part, ainsi qu'il sera précisé au point 8, M. A ne remplit pas effectivement les conditions de délivrance du titre de séjour prévu par les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, si M. A allègue qu'il résidait habituellement en France depuis plus de dix ans à la date du 22 août 2022 de l'arrêté attaqué, les seules pièces qu'il produit ne sont pas de nature à l'établir dès lors qu'au titre de l'année 2012 il ne produit qu'une attestation établie le 2 mai 2012 par l'association " Médecins du monde " faisant état d'une domiciliation jusqu'au 2 mai 2013 sans que celle-ci ait une valeur probante dès lors qu'elle se prononce pour l'avenir, le document suivant consistant en un certificat médical du 29 août 2012 qui n'est en tout état de cause pas de nature à le démontrer et qu'au titre de l'année 2013, il ne produit qu'une attestation établie le 2 mai 2014 par la même association faisant étant d'une rencontre le 24 novembre 2013 et un relevé de consultation médicale faisant état d'un rendez-vous le 28 novembre 2013. Par suite, le préfet de police n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de rejeter la demande d'admission au séjour de M. A.

6. En troisième lieu, aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. ". Les conditions d'application de ces dispositions ont été définies aux articles R. 425-11 à R. 425-13 du même code et précisées par un arrêté du 27 décembre 2016, qui prévoient en particulier que le collège de médecins à compétence nationale de l'OFII émet son avis au vu, notamment, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office qui ne siège pas en son sein. Un arrêté du 5 janvier 2017 a par ailleurs fixé les orientations générales pour l'exercice par les médecins de 1'OFII de leurs missions prévues à l'article L. 425-9, dont l'article 4 prévoit que : " Les conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge médicale () sont appréciées sur la base des trois critères suivants : degré de gravité (mise en cause du pronostic vital de l'intéressé ou détérioration d'une de ses fonctions importantes), probabilité et délai présumé de survenance de ces conséquences. / Cette condition des conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge doit être regardée comme remplie chaque fois que l'état de santé de l'étranger concerné présente, en l'absence de la prise en charge médicale que son état de santé requiert, une probabilité élevée à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné de mise en jeu du pronostic vital, d'une atteinte à son intégrité physique ou d'une altération significative d'une fonction importante. / (). ".

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police s'est prononcé au vu d'un avis émis le 17 août 2022 par un collège de médecins de l'OFII, produit en défense, qui a été émis collégialement, ainsi que cela résulte de la mention " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", qui fait foi jusqu'à preuve du contraire. Si, pour contester ce point, le requérant fait état d'un courrier établi le 10 novembre 2022 par le directeur de l'OFII, les seules indications d'ordre général figurant dans ce document produit dans le cadre d'une autre instance ne démontrent pas l'absence de débat collégial alors que la possibilité d'adopter l'avis à la majorité n'est pas incompatible avec le principe de la collégialité et que l'absence de réunion physique est expressément prévue par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016. Il ressort par ailleurs de l'attestation établie le 9 janvier 2023 par le directeur territorial de l'OFII, que le collège a émis son avis à partir d'un rapport médical établi le 2 août 2022 par un médecin instructeur de l'office, qui n'a pas siégé en son sein. Le nom de ce médecin, comme de celui des trois médecins ayant composé le collège, figurent à l'annexe 1 de la décision du 1er août 2022 du directeur général de l'office portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'OFII et ont ainsi été régulièrement nommés. Par ailleurs, l'avis comporte les mentions exigées par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, sans que l'absence de cases cochées au titre des " " éléments de procédure " ait d'incidence en l'espèce. Enfin, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose la communication des " informations, bases de données et sources " sur lesquelles s'est fondé le collège. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une mesure d'instruction, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

8. D'autre part, dans son avis émis le 17 août 2022 au vu duquel le préfet de police s'est prononcé, le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale, que le défaut de celle-ci pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays dont il est originaire, il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, tout en précisant également qu'il pouvait voyager sans risque vers le Pakistan. Si le préfet de police a mentionné à tort que l'OFII avait indiqué que le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il ressort toutefois tant des termes de l'arrêté que de ses écritures en défense qu'il a considéré par ailleurs que M. A pouvait bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé au Pakistan, et cette inexactitude matérielle n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du certificat médical rédigé à destination de l'OFII le 23 mai 2022 et des attestations établies par un cardiologue les 12 et 28 septembre 2022, que M. A souffre d'une " cardiopathie ischémique " ou d'un " angor instable ", et bénéficie à ce titre d'un suivi cardiologique régulier et d'un traitement médicamenteux à base de Kardegic 75, de Liptruzet 80/10, l'Amlor 5mg et de Bisoprolol 2,5 mg. S'il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que le défaut ou l'interruption de sa prise en charge médicale entrainerait pour M. A des conséquences d'une exceptionnelle gravité, en revanche, il n'en ressort pas qu'il serait dans l'impossibilité de bénéficier d'une prise en charge appropriée dans son pays d'origine dès lors, d'une part, que le courrier en date du

28 novembre 2022 du laboratoire commercialisant le Liptruzet se borne à indiquer que ce médicament n'y est pas commercialisé tout en précisant que cela ne préjuge pas de l'existence de spécialités similaires ou de thérapeutiques équivalentes commercialisées par d'autres laboratoires, ni même de génériques, et, d'autre part, que les seuls éléments qu'il produit émanant de publications de l'Organisation mondiale de la santé, de l'Organisation des Nations unies ou d'organes de presse revêtent une portée excessivement générale quant à l'insuffisance des structures ou du système de protection sociale. La seule circonstance Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet de police se soit estimé lié par l'avis. Par suite, et quand bien même il s'est déjà vu délivrer un titre de séjour pour raison médicale, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a commis une erreur de droit ou une d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article

L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En quatrième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

10. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que M. A pourra bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé au Pakistan. S'il justifie résider en France depuis la fin de l'année 2014, il n'apporte aucun élément de nature à établir son insertion particulière ni l'existence de liens qu'il y aurait noués, alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident son épouse et ses trois enfants et où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans. Dans ces conditions, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le préfet de police a pu estimer que sa situation ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens et pour l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entre et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. Si M. A se prévaut de ce qu'il vit en France depuis 2011, et y a noué des liens personnels, il ne justifie y résider de manière habituelle que depuis la fin de l'année 2014 et n'apporte aucun élément de nature à établir l'existence de liens particuliers qu'il aurait noués sur le territoire où il est sans charge de famille, alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident son épouse et ses trois enfants et où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit au point 8 qu'il peut bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et en dépit de sa durée de présence en France, le préfet de police, en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc pas violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son refus de titre de séjour sur la situation personnelle de M. A.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 12, et de ce que le requérant ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.

14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le moyen tiré du vice de procédure doit, en tout état de cause, être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

16. Il résulte de ce qui a été dit au point 8, que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

17. En dernier lieu, compte tenu de ce qui qui a été exposé au point 12, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant une atteinte excessive au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou comme entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences de la situation personnelle de l'intéressé.

Sur la légalité de la décision fixant un délai de départ volontaire :

18. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / (). ".

19. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". La décision qui fixe au délai de droit commun de trente jours le délai dans lequel

M. A doit quitter le territoire français, n'a pas à faire l'objet d'une motivation particulière.

20. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 13 à 17, et de ce que le requérant ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

21. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police a commis une erreur manifeste d'appréciation en n'accordant pas à M. A, à titre exceptionnel, un délai de départ supérieur à trente jours.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

22. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 13 à 17, et de ce que le requérant ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

23. En deuxième lieu, la décision, qui rappelle la nationalité pakistanaise de M. A et exposé qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est suffisamment motivée en fait. La seule circonstance qu'elle ne mentionne pas la qualité de demandeur d'asile de l'intéressé, et dont il ne démontre pas disposer pas à la date de l'arrêté, n'est pas de nature à établir une insuffisance de motivation.

24. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police se serait abstenu de procéder à un examen de la situation personnelle de M. A avant de fixer son pays de renvoi.

25. En dernier lieu, aux termes des dispositions du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

26. M. A n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il serait exposé à un risque en cas de retour au Pakistan, notamment à raison de ses problèmes de santé compte tenu de ce qui a été dit au point 6. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article

L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés doit être écarté.

27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 dès lors que l'Etat n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de police de Paris et à Me Langlois.

Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président ;

- Mme Marik-Descoings, première conseillère ;

- M. Martin-Genier, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2023.

Le président-rapporteur,

H. B

L'assesseure la plus ancienne,

N. Marik-DescoingsLa greffière,

A. Heeralall

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512695

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le requérant, un ressortissant guinéen, contestait notamment la mesure au motif qu'il serait mineur. Le tribunal a jugé qu'il lui appartenait, saisi d'un recours suspensif, de statuer sur l'allégation de minorité avant de se prononcer sur la légalité de l'OQTF, conformément aux articles L. 611-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

08/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2528203

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté le recours en excès de pouvoir formé par un ressortissant algérien contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai, assorti d'une interdiction de retour. La juridiction a estimé que la décision était régulière, notamment quant à la compétence de la signataire, la motivation suffisante et l'examen de la situation personnelle du requérant. Elle s'est fondée sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier ses articles L. 611-1 et L. 612-10.

08/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2600391

Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler un arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal estime que l'arrêté, pris par un agent disposant d'une délégation régulière, est légal et suffisamment motivé. Il constate que le préfet a respecté les exigences de vérification du droit au séjour et d'examen de la situation personnelle prévues par les articles L. 611-1 et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

08/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2526589

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. B..., un ressortissant sénégalais, qui demandait l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet avait légalement exercé son pouvoir discrétionnaire pour apprécier l'opportunité d'une régularisation au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable via l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006. Elle a estimé que l'autorité administrative avait dûment pris en compte les éléments de la situation personnelle du requérant, sans méconnaître ses droits.

08/04/2026

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