mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2223603 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CABINET LHERITIER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 novembre 2022 et 14 avril 2023, Mme B A, représentée par Me Le More, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision explicite notifiée le 12 octobre 2022 par laquelle le président de la commission d'attribution des logements de la société d'économie mixte locale ELOGIE-SIEMP a rejeté sa demande d'attribution d'un logement social ;
2°) d'enjoindre à la commission d'attribution des logements de la société d'économie mixte locale ELOGIE SIEMP de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la société d'économie mixte locale ELOGIE SIEMP à lui verser une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les entiers dépens.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision de refus notifiée le 12 octobre 2022 est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, car ses revenus sont inférieurs au revenu fiscal de référence pris pour justifier le plafond de ressources.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 16 mars et 28 juin 2023, la société d'économie mixte locale ELOGIE-SIEMP, représentée par Me Lhéritier, conclut au rejet de la requête et demande la condamnation de Mme A à lui verser la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête de Mme A est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 414-1 du code de justice administrative ;
- la décision attaquée est suffisamment motivée ;
- elle n'est entachée d'aucune erreur de fait.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- l'arrêté du 29 juillet 1987 relatif aux plafonds de ressources des bénéficiaires de la législation sur les habitations à loyer modéré et des nouvelles aides de l'Etat en secteur locatif,
- l'arrêté du 27 décembre 2021 modifiant l'arrêté du 29 juillet 1987,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lambert pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lambert,
- et les observations de Me Villalard, représentant la société d'économie mixte locale ELOGIE SIEMP.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, locataire d'un appartement sis 19, rue Caulaincourt à Paris appartenant au parc locatif de la société d'économie mixte locale (SEML) ELOGIE-SIEMP, a sollicité sa mutation sur un autre logement du parc de ce bailleur social en raison d'un problème de santé. Le 22 août 2022, Mme A a accepté un logement sis 7, rue Emile Level à Paris d'une surface de 39 m², financé par le Prêt Locatif Aidé d'Intégration (PLAI). Cependant, le 11 octobre 2022, la commission d'attribution des logements et d'examen de l'occupation des logements (CALEOL) de la SEML ELOGIE-SIEMP a refusé d'attribuer à Mme A ledit logement au motif de son dépassement du plafond de ressources. Sur recours gracieux de Mme A, la SEML ELOGIE-SIEMP a confirmé son refus par une décision du 15 novembre 2022. Par la requête susvisée, Mme A demande l'annulation de la décision de la CALEOL lui refusant l'attribution du logement sis 7, rue Emile Level à Paris.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe de la décision :
2. Aux termes de l'article L. 441-2-2 du code de la construction et de l'habitation dont les dispositions sont dérogatoires au code des relations entre le public et l'administration : " Tout rejet d'une demande d'attribution doit être notifié par écrit au demandeur, dans un document exposant le ou les motifs du refus d'attribution. () ". La décision en litige mentionne comme motif de refus : " dépassement des plafonds de ressources ". Contrairement à ce que soutient la requérante, une telle motivation était suffisante au regard des exigences fixées par les dispositions précitées. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit par suite être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
3. Aux termes de l'article L. 441 du code de la construction et de l'habitation : " L'attribution des logements locatifs sociaux participe à la mise en œuvre du droit au logement, afin de satisfaire les besoins des personnes de ressources modestes et des personnes défavorisées. / L'attribution des logements locatifs sociaux doit notamment prendre en compte la diversité de la demande constatée localement ; elle doit favoriser l'égalité des chances des demandeurs et la mixité sociale des villes et des quartiers, en permettant l'accès à l'ensemble des secteurs d'un territoire de toutes les catégories de publics éligibles au parc social, en facilitant l'accès des personnes handicapées à des logements adaptés et en favorisant l'accès des ménages dont les revenus sont les plus faibles aux secteurs situés en dehors des quartiers prioritaires de la politique de la ville. / / Les bailleurs sociaux attribuent les logements locatifs sociaux dans le cadre des dispositions de la présente section et peuvent pratiquer, le cas échéant, des loyers différents selon les secteurs ou au sein des immeubles, afin de remplir ces objectifs. ". Aux termes de l'article R. 441-1 du même code : " Les organismes d'habitations à loyer modéré attribuent les logements visés à l'article L. 441-1 aux bénéficiaires suivants : " 1° Les personnes physiques séjournant régulièrement sur le territoire français dans des conditions de permanence définies par un arrêté conjoint du ministre chargé de l'immigration, du ministre chargé des affaires sociales et du ministre chargé du logement, dont les ressources n'excèdent pas des limites fixées pour l'ensemble des personnes vivant au foyer telles que définies par l'article L. 442-12 par arrêté conjoint du ministre chargé du logement, du ministre chargé de l'économie et des finances et du ministre chargé de la santé ; ces plafonds de ressources sont révisés chaque année au 1er janvier en tenant compte de la variation de l'indice de référence des loyers appréciée par comparaison entre le troisième trimestre de l'antépénultième année et le troisième trimestre de l'année précédente ; (). ". Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 29 juillet 1987 : " Les plafonds de ressources prévus aux articles L. 441-3, R. 331-12 et R. 441-1 (1°) du code de la construction et de l'habitation sont définis en annexe au présent arrêté. () Ces plafonds sont fixés pour l'ensemble des personnes vivant au foyer au sens de l'article L. 442-12 du code de la construction et de l'habitation, en fonction de la catégorie du ménage ainsi que de la région d'implantation du logement. () ". Enfin, aux termes de l'article 4 de ce même arrêté : " Pour apprécier la situation de chaque ménage requérant au regard du plafond de ressources défini en annexe au présent arrêté, le montant des ressources à prendre en considération au cours d'une année donnée correspond à la somme des revenus fiscaux de référence au sens du 1° du IV de l'article 1417 du code général des impôts figurant sur les avis d'imposition de chaque personne composant le ménage établi au titre de l'avant-dernière année précédant celle de la signature du contrat de location. (). Toutefois, les revenus imposables perçus au titre de la dernière année civile ou au cours des douze derniers mois précédant la date de la signature du contrat de location sont pris en compte à la demande du ménage requérant, qui justifie que ses revenus sont inférieurs d'au moins 10 % aux revenus mentionnés au premier alinéa du présent article. Le ménage requérant est tenu d'apporter les justificatifs nécessaires à l'organisme bailleur qui doit s'assurer par tous moyens appropriés, à l'exception d'attestations sur l'honneur, du montant des revenus déclarés par le ménage ". L'annexe I de cet arrêté, modifiée par un arrêté du 27 décembre 2021, a fixé à la somme de 13 378 euros au titre de l'année 2022, le plafond de ressources pour un logement PLAI en-dessous duquel une personne seule (catégorie 1) est éligible à un logement locatif social à Paris et dans les communes limitrophes.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A a fourni à l'appui de sa demande de logement social, ses avis d'impositions sur les revenus de 2020 et de 2021, s'établissant respectivement à 14 260 euros et 14 327 euros. Force est de constater que l'administration n'a pas commis d'erreur de fait ni d'erreur d'appréciation en considérant que Mme A avait dépassé le plafond de ressources de 13 378 euros applicable à sa situation.
5. Mme A a fait valoir dans son recours gracieux formé le 26 octobre 2022 contre la décision de la CALEOL un changement de sa situation professionnelle, à l'origine d'une baisse de ses revenus, en lien avec des problèmes de santé. Dans la présente instance, elle explique qu'au cours des douze mois précédant la décision en litige, ses revenus ont diminué par rapport à ceux figurant sur son avis d'imposition de l'avant-dernière année précédant celle au cours de laquelle le contrat de location aurait pu être signé, soit l'année 2020. A cet égard, elle établit que du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022 elle a perçu l'allocation d'aide au retour à l'emploi à hauteur de la somme de 6 406,40 euros (182 jours*35,20 euros), qu'au mois d'avril 2022 elle a perçu un salaire de 902,88 euros, qu'au mois de mai 2022 elle a perçu un salaire de 1 331,11 euros, que du 1er juin 2022 au 31 juillet 2022 elle a perçu l'allocation d'aide au retour à l'emploi à hauteur de la somme de 1 947,20 euros, qu'en août 2022 elle a perçu un salaire de 1 646,59 euros et qu'en septembre 2022 elle a perçu un salaire de 928,89 euros, soit un total de 13 163,07 euros. Cependant, à supposer même que Mme A ait communiqué ces éléments à la SEML ELOGIE-SIEMP, ce qui n'est pas établi ni même allégué par la requérante, force est de constater que la diminution de ses ressources sur cette période de douze mois ne représente pas une diminution d'au moins 10% de ses revenus 2020 qui s'établissaient à la somme de 14 260 euros.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions d'annulation de la requête de Mme A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 414-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction de la requête ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme A étant la partie perdante, ses conclusions formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SEML ELOGIE-SIEMP sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société d'économie mixte locale ELOGIE-SIEMP présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la société d'économie mixte locale ELOGIE-SIEMP.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
La magistrate désignée
F. Lambert
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2223603/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511088
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler les décisions de suspension et de fin de droits au RSA et à l'ALS, ainsi que la notification d'un indu. Le tribunal a jugé que les procédures de contrôle menées par la CAF de Paris et la Ville de Paris étaient régulières, notamment au regard des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale, et que le requérant ne démontrait pas que les conditions légales d'attribution des prestations étaient remplies. Les demandes de rétablissement des droits, de versements rétroactifs et de condamnation aux dépens ont donc été écartées.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2515543
**Sujet principal** : Recours contre le rejet d'une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA et contestation du montant de la dette. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement unique). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de M. A..., confirmant la décision de la Ville de Paris. Il estime que les ressources non déclarées (virements, dépôts d'espèces et intérêts) constituent bien des revenus pris en compte pour le calcul du RSA, et que l'allocataire n'apporte pas la preuve de sa bonne foi ou d'une situation de précarité justifiant la remise gracieuse. **Textes appliqués** : Articles L. 262-2, R. 262-6 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles (définition du RSA, composition des ressources et obligation de déclaration).
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511244
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... qui contestait la décision de la maire de Paris lui réclamant un indu de RSA de 11 217 euros. Le tribunal a estimé que les motifs de l'administration étaient fondés, notamment le défaut de déclaration de l'ASPA et les séjours à l'étranger, et que les droits de la défense avaient été respectés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives au recouvrement des indus de prestations sociales.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512505
**Sujet principal** : Recours contre une décision de la CAF de Paris notifiant un indu de prime d'activité (PPA) et d'allocation personnalisée au logement (APL), et demandes subsidiaires de remise gracieuse ou d'étalement. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation statuant en procédure écrite simplifiée). **Solution retenue** : * Concernant l'APL, le tribunal constate un **non-lieu à statuer** car la dette a été soldée par la CAF avant l'audience, rendant la demande sans objet. * Concernant la PPA, le tribunal **rejette la requête** au fond, considérant que la décision de récupération de l'indu est légale et bien fondée, notamment au regard des dispositions du code de la sécurité sociale et du code de la construction et de l'habitation. **Textes appliqués** : Code de la sécurité sociale (pour la PPA), code de la construction et de l'habitation (pour l'APL), et code de justice administrative pour la procédure.
02/04/2026