mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2223643 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | ATHON-PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 14 novembre 2022 et le 26 décembre 2023, Mme B, représentée par le cabinet Athon-Perez, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés n°AN0702022050059, AN0702022050096, AN0702022050098, AN0702022050099, AN0702022050100, AN0702022050101, AN0702022050102 et AN0702022050103 du 11 mai 2022 et 16 mai 2022 par lesquels le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a reconnu l'imputabilité au service de sa maladie et pris en charge au titre de la législation sur les accidents de service et les maladies d'origine professionnelle ses arrêts de travail du 17 février 2014 au 21 octobre 2020 ; ensemble la décision implicité portant rejet de son recours gracieux introduit le 15 juillet 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ne pouvant être assurée que les décisions attaquées ne lui portent pas préjudice, et craignant une atteinte à ses droits, elle se trouve dans l'obligation d'introduire le présent recours contentieux ;
- ces décisions ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation et d'un défaut de signature, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors en vigueur, et de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration et sont entachées d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que :
- les décisions contestées ne font pas grief et sont confirmatives de la décision du 28 mai 2018 reconnaissant l'origine professionnelle de sa maladie à compter du 17 février 2014 ;
- les autres moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Abdat,
- et les conclusions de M. Errera, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Recrutée par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) en qualité d'auxiliaire puéricultrice à compter du 2 janvier 1994, Mme B a travaillé en qualité d'adjoint administratif chargé du recrutement à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre à compter de 2010, puis en qualité d'adjoint administratif au sein de l'hôpital Robert Debré à compter du 2 décembre 2011, avant d'être placée en congé de maladie à compter du 17 février 2014. Par un jugement n°1600246/2-2 du 20 mars 2017, le tribunal administratif de Paris a annulé la décision implicite par laquelle le directeur général de l'AP-HP a refusé de reconnaître l'imputabilité au service du syndrome anxiodépressif dont souffre Mme B depuis le mois de février 2014. Par un jugement n° 1708777/2-2 du 11 avril 2018, le tribunal administratif de Paris a annulé la décision du 30 mars 2017 par laquelle le directeur général de l'AP-HP a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ce syndrome, au motif que, revêtant un caractère réactionnel, il n'était pas dépourvu de lien direct et certain avec, d'une part, les accidents de service intervenus les 10 juin 2004 et 26 mars 2010 et, d'autre part, les difficultés administratives consécutives à ces accidents, notamment l'absence d'aménagement ergonomique des postes de travail occupés par la requérante du mois de mai 2011 au mois de février 2014, en dépit des recommandations médicales dont elle faisait l'objet en qualité de travailleur handicapé et des préconisations répétées de la médecine du travail. Le tribunal a également enjoint au directeur général de l'AP-HP de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie dont était affectée Mme B. Par un jugement n°1804295/2-2 du 12 juin 2019, le tribunal administratif de Paris a condamné l'AP-HP à verser à Mme B une somme de 13 000 euros en indemnisation des préjudices subis. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 11 mai 2022 par lequel le directeur général de l'AP-HP a reconnu comme imputable au service sa maladie et décidé de la prise en charge de son arrêt du travail du 17 février au 21 février 2014 ; ainsi que des arrêtés du 16 mai 2022 par lesquels il a décidé de leur prise en charge pour la période du 22 février 2014 au 25 janvier 2015 inclus et du 30 janvier 2015 au 21 octobre 2020 inclus.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 11 mai 2022 reconnaît l'imputabilité au service de la maladie professionnelle de Mme B à compter du 17 février 2014 et décide de la prise en charge au titre de la législation sur les accidents de travail et les maladies d'origine professionnelle de la période d'arrêt de travail du 17 au 21 février 2014 inclus ; tandis que les arrêtés du 16 mai 2022 actent la prise en charge à ce titre de ses arrêts de travail entre le 22 février 2014 et le 25 janvier 2015, puis entre le 30 janvier et le 16 novembre 2015, entre le 17 novembre 2015 et le 16 novembre 2016, entre le 17 novembre 2016 et le 14 novembre 2017, entre le 15 novembre 2017 et 13 octobre 2018, entre le 14 octobre 2018 et 16 octobre 2019 et enfin entre le 17 octobre 2019 et 21 octobre 2020 inclus. Ils se bornent ainsi à tirer les conséquences de la décision du 28 mai 2018 par laquelle le directeur général de l'AP-HP a fixé la date de reconnaissance de la maladie professionnelle de la requérante au 17 février 2014 et soumis la prise en compte des arrêts et soins médicalement justifiés à compter de cette date à l'avis du médecin statutaire de l'AP-HP, qui s'est prononcé sur les arrêts de travail couvrant ces périodes par un avis du 22 avril 2022 dont il est constant qu'il a été transmis à la requérante le 3 janvier 2023.
3. En premier lieu, si ces arrêtés ne couvrent pas la période du 25 janvier au 30 janvier 2015, pour laquelle la requérante n'établit pas, contrairement aux autres périodes, avoir transmis à l'AP-HP de certificat médical de prolongation, elle ne démontre pas que cette absence de prise en charge aurait été à l'origine d'un quelconque préjudice financier. En deuxième lieu, si elle " soupçonne " l'existence d'un lien entre la publication de ces arrêtés et le recalcul, par l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique (ERAFP), de ses droits à retraite complémentaire, elle n'apporte aucun élément de nature à nourrir ce soupçon, alors que de surcroît les arrêtés contestés couvrent les années 2018 et 2019 au titre desquelles elle indique que son employeur avait fait état de déclarations négatives. Il lui appartenait, si elle s'y croyait fondée, de saisir la juridiction administrative à l'encontre de la décision de l'ERAFP révélée par le versement de sa retraite sous forme de capital. En dernier lieu, si la requérante " craint " l'existence d'un lien entre ces décisions et l'envoi de bulletins de traitement portant un solde négatif au titre des mois d'avril et de mai 2022, elle n'établit pas l'existence d'un tel lien, pas plus qu'elle ne démontre qu'il en aurait résulté un quelconque préjudice pour elle ; il lui appartiendrait, le cas échéant, si elle s'y croyait fondée, de saisir la juridiction administrative à l'encontre d'un éventuel titre de perception qui lui serait envoyé à l'avenir.
4. Il résulte de ce qui précède que les arrêtés du 11 et du 16 mai 2022 reconnaissant la maladie professionnelle de Mme B au 17 février 2014 et portant prise en charge au titre de la législation sur les accidents de travail et les maladies professionnelles de ses arrêts de travail entre le 17 février 2014 et le 21 octobre 2020 ne font pas grief et ne sont pas susceptibles de recours pour excès de pouvoir. Les conclusions tendant à leur annulation ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par l'AP-HP en défense, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des arrêtés du 11 mai 2022 et 16 mai 2022 par lesquels le directeur général de l'AP-HP a reconnu l'imputabilité au service de sa maladie et pris en charge au titre de la législation sur les accidents de service et les maladies d'origine professionnelle ses arrêts de travail du 17 février 2014 au 21 octobre 2020. Par suite, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la requérante à une amende pour recours abusif en application des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 29 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
Mme Laforêt, première conseillère,
Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
La rapporteure,
G. ABDATLe président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2223643/2-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512599
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral du 14 janvier 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que le droit d'être entendu, garanti par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, n'imposait pas une nouvelle audition dans ce cas, la décision d'éloignement découlant nécessairement du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile. La juridiction a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400857
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête d'un agent du SIAAP demandant la révision de son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) et l'indemnisation de préjudices. Le tribunal juge que le taux d'IPP, fixé à 34% selon le barème légal, ne peut être modifié en raison de l'existence éventuelle d'une faute de l'employeur. Concernant l'indemnisation, le tribunal rappelle que le régime des accidents de service et maladies professionnelles des fonctionnaires, régi par la loi du 13 juillet 1983 et le décret du 2 mai 2005, répare forfaitairement certains préjudices, mais n'exclut pas une action en responsabilité pour faute visant à réparer d'autres chefs de préjudice.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401146
Le Tribunal administratif de Paris a annulé une sanction disciplinaire (un jour d'exclusion temporaire de fonction) infligée par l'AP-HP à un infirmier. La juridiction a estimé que la sanction, fondée sur une simple "suspicion d'inhalation de kalinox", ne reposait pas sur des faits établis, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint à l'administration d'effacer la sanction du dossier de l'agent et l'a condamnée à lui verser 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401760
**Sujet principal** : Contestation par une société de rappels de TVA et d'une majoration, concernant le taux applicable (taux réduit de 5,5% pour la vente de livres ou taux normal de 20% pour des prestations de voyance). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que l'activité principale constitue une prestation immatérielle de voyance taxable au taux normal et que, de toute façon, la société n'a pas apporté la preuve permettant d'isoler la part éventuelle de son chiffre d'affaires relevant de la vente de livres. **Textes appliqués** : Articles 278 et 278-0 bis A-3° du code général des impôts (taux normal et taux réduit de TVA).
30/03/2026