jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2223929 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LYON-CAEN, THIRIEZ (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 novembre 2022, la société Air France, représentée par Me Pradon, demande au tribunal :
1°) de ramener à la somme de 1 000 euros le montant de l'amende de 8 000 euros prononcée par l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA) le 6 septembre 2022 suivant la décision n°22-366, pour le manquement référencé 2111CDG0241 ;
2°) de mettre à la charge de l'ACNUSA la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'amende prononcée par l'ACNUSA, d'un montant de 8 000 euros, est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2023, l'ACNUSA, représentée par la SCP Lyon-Caen, Thiriez, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Air France la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen soulevé par la société Air France n'est pas fondé.
Par ordonnance du 15 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 17 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 18 février 2003 portant restriction d'usage par la création de volume de protection environnementale (VPE) sur l'aérodrome de Paris-Charles-de-Gaulle (Val d'Oise) ;
- le code des transports ;
- le code de l'aviation civile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Seulin,
- les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public,
- les observations de Me Verté, représentant la société Air France,
- les observations de Me Sarrazin, représentant l'ACNUSA.
Considérant ce qui suit :
Sur la minoration de l'amende :
1. Par la décision n°22-366 en date du 6 septembre 2022, l'ACNUSA a infligé à la société Air France une amende administrative d'un montant de 8 000 euros pour non-respect de l'article 1er de l'arrêté du 18 février 2003 portant restriction d'usage par la création de volumes de protection environnementale sur l'aérodrome de Paris-Charles-de-Gaulle (Val d'Oise). Par la présente requête, la société Air France demande la réduction du montant de cette amende à 1 000 euros.
2. Aux termes de l'article L. 6361-12 du code des transports : " L'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires prononce une amende administrative à l'encontre : / 1° De la personne exerçant une activité de transport aérien public au sens de l'article L. 6412-1 ; () ne respectant pas les mesures prises par l'autorité administrative sur un aérodrome fixant : a) Des restrictions permanentes ou temporaires d'usage de certains types d'aéronefs en fonction de leurs émissions atmosphériques polluantes, de la classification acoustique, de leur capacité en sièges ou de leur masse maximale certifiée au décollage ; b) Des restrictions permanentes ou temporaires apportées à l'exercice de certaines activités en raison des nuisances environnementales qu'elles occasionnent ; / c) Des procédures particulières de décollage ou d'atterrissage en vue de limiter les nuisances environnementales engendrées par ces phases de vol ; () e) Des valeurs maximales de bruit ou d'émissions atmosphériques polluantes à ne pas dépasser. "
3. Aux termes de l'article L. 6361-13 du même code : " Les amendes administratives mentionnées à l'article L. 6361-12 ne peuvent excéder, par manquement constaté, un montant de 1 500 € pour une personne physique et de 20 000 € pour une personne morale. S'agissant des personnes morales, ce montant maximal est porté à 40 000 € lorsque le manquement concerne : 1° Les restrictions permanentes ou temporaires d'usage de certains types d'aéronefs en fonction de leurs émissions atmosphériques polluantes ou de la classification acoustique ; (). Ces amendes font l'objet d'une décision motivée notifiée à la personne concernée. Elles sont recouvrées comme les créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine. Elles peuvent faire l'objet d'un recours de pleine juridiction. "
4. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 18 février 2003 : " () III. - Le commandant de bord ne peut déroger aux règles définies au II du présent article que s'il le juge absolument nécessaire pour des motifs de sécurité ou s'il a reçu une instruction de contrôle délivrée par l'organisme de contrôle de la circulation aérienne pour des motifs de sécurité des vols. IV. - Les dispositions relatives aux volumes de protection environnementale associés aux procédures de départ initial, prévues au II du présent article, ne s'appliquent pas aux avions à hélices de 6 heures à 23 h 15, heures locales de départ de l'aire de stationnement, sauf en l'absence de procédure spécifique pour ces avions. "
5. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée et n'est pas contesté que le 1er octobre 2021, à 12h24, un aéronef de type Airbus A318 110 de la compagnie Air France est sorti du volume de protection environnementale associé à sa procédure de départ. Ces faits, expliqués par la société requérante par une erreur de programmation du système de gestion de vol (Flight Management System ou " FMS "), sont de nature à justifier le prononcé d'une amende administrative en application de l'article L. 6361-12 du code des transports.
6. Il résulte de l'instruction que si l'aéronef n'a dévié de la trajectoire prévue que pendant une durée extrêmement courte et sur une distance de 110 mètres, sans survoler d'habitations, ces circonstances, alors que le montant maximum de ce type d'amende peut atteindre 20 000 euros pour une personne morale, ont été prises en compte par l'ACNUSA pour fixer à seulement 8000 euros le montant de l'amende contestée, le collège ayant par ailleurs tenu compte de la marge acoustique de l'aéronef de 20,7EPNdB et de l'existence de plusieurs sanctions infligées à la société pour le même type de manquement sur la plateforme. Dans ces conditions, le montant de 8 000 euros fixé pour cette amende, n'apparait pas disproportionné. Le moyen doit donc être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Air France doit être rejetée.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ACNUSA, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande la société Air France à ce titre. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des mêmes dispositions, de mettre à la charge de la société Air France le versement de la somme de 1 500 euros à l'ACNUSA.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Air France est rejetée.
Article 2 : La société Air France versera à l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Air France et à l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Seulin, présidente,
M. Gaël Raimbault, premier conseiller,
M. Arnaud Blusseau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
A. Seulin
L'assesseur le plus ancien,
G. Raimbault
La greffière,
L. Thomas
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé des transports en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320047
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Janus visant à annuler un arrêté de sursis à statuer opposé par la maire de Paris à une déclaration préalable pour un changement de destination de locaux en hébergement touristique. La juridiction a jugé que le sursis à statuer, fondé sur l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, était légal car le projet était susceptible de compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU) en cours d'élaboration. Les moyens soulevés, notamment l'incompétence, le vice de procédure et l'erreur de droit, ont été écartés.
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