jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2224284 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 novembre 2022, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision en date du 20 octobre 2022 par laquelle le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Paris a refusé sa demande d'aide à la mobilité en master, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux en date du 10 novembre 2022.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation dès lors qu'elles comportent des formules stéréotypées ;
- elles sont entachées d'erreur de droit dès lors que la formation qu'il suit au sein de l'Institut des études politiques de Paris n'est pas une équivalence mais est sanctionnée par un diplôme de grade master.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2023, le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Paris, représenté par la SCP Saidji et Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 3 novembre 2023, le recteur de l'académie de Paris, recteur de la région académique Ile-de-France, déclare ne disposer d'aucun critère de compétence pour défendre la décision attaquée, prise par le CROUS de Paris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°2017-969 du 10 mai 2017 relatif à l'aide à la mobilité accordée aux étudiants inscrits en première année du diplôme national de master ;
- le décret n°2016-24 du 18 janvier 2016 relatif à l'Institut d'études politiques de Paris ;
- l'arrêté du 28 avril 2017 relatif à l'attribution du grade de master aux titulaires du diplôme de fin d'études de l'Institut d'études politiques de Paris ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lenoir,
- et les conclusions de M. Guiader, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, étudiant inscrit en première année de Master " Politiques publiques " à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris en spécialité " Sécurité et défense ", a demandé à bénéficier de l'aide à la mobilité accordée aux étudiants inscrits en première année du diplôme national de master pour l'année universitaire 2022/2023. Par un courrier en date du 20 octobre 2022, le recteur de la région académique Ile-de-France a notifié à M. B la décision par laquelle le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Paris a refusé de lui attribuer cette aide au terme de l'instruction de sa demande. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de cette décision, ensemble le rejet de son recours gracieux en date du 10 novembre 2022.
2. En premier lieu, le courrier du 20 octobre 2022 précise que la demande d'aide à la mobilité présentée par M. B lui a été refusée au motif, repris et développé, en tout état de cause, dans le rejet de son recours gracieux en date du 10 novembre 2022, qu'il n'était pas inscrit au titre d'un diplôme national de master mais en équivalence. Cette motivation comportait la considération de fait constituant le fondement du courrier du 20 octobre 2022. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation, en ce qu'elles contiennent des formules stéréotypées, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 10 mai 2017 relatif à l'aide à la mobilité accordée aux étudiants inscrits en première année du diplôme national de master : " Une aide à la mobilité peut être accordée aux étudiants titulaires du diplôme national de licence inscrits pour la première fois en première année de formation conduisant au diplôme national de master ". L'article 3 de ce même décret dispose que : " Pour pouvoir bénéficier de l'aide à la mobilité, l'étudiant doit être inscrit en première année du diplôme national de master l'année universitaire qui suit l'obtention de son diplôme national de licence. " L'octroi de l'aide à la mobilité prévue par le décret du 10 mai 2017 est ainsi subordonné à l'inscription de l'étudiant en première année d'un diplôme national de master.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'éducation : " Au cours de chaque cycle sont délivrés des diplômes nationaux ou des diplômes d'établissement sanctionnant les connaissances, les compétences ou les éléments de qualification professionnelle acquis. Les grades de licence, de master et de doctorat sont conférés respectivement dans le cadre du premier, du deuxième et du troisième cycle. " Il résulte de ces dispositions que le grade de master peut être conféré par un diplôme national ou par un diplôme d'établissement sanctionnant les connaissances, les compétences ou les éléments de qualification professionnelle acquis.
5. Enfin, aux termes de L. 613-1 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable au présent litige : " L'Etat a le monopole de la collation des grades et des titres universitaires. / Les diplômes nationaux délivrés par les établissements sont ceux qui confèrent l'un des grades ou titres universitaires dont la liste est établie par décret pris sur avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche. Sous réserve des dispositions des articles L. 613-3 et L. 613-4, ils ne peuvent être délivrés qu'au vu des résultats du contrôle des connaissances et des aptitudes appréciés par les établissements accrédités à cet effet par le ministre chargé de l'enseignement supérieur après avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche. Un diplôme national confère les mêmes droits à tous ses titulaires, quel que soit l'établissement qui l'a délivré. / Le contenu et les modalités de l'accréditation des établissements sont fixés par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur, après avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche. " L'article D. 612-34 du même code dispose que : " Le grade de master est conféré de plein droit aux titulaires : / 1° D'un diplôme de master ; / () 4° Des diplômes délivrés : / a) Par l'Institut d'études politiques de Paris, en application de l'article 2 du décret 2016-24 du 18 janvier 2016 relatif à l'Institut d'études politiques de Paris et figurant sur une liste arrêtée par le ministre chargé de l'enseignement supérieur. " Aux termes de l'article 2 du décret du 18 janvier 2016 relatif à l'Institut d'études politiques de Paris : " Dans le cadre général fixé par la Fondation nationale des sciences politiques, l'Institut d'études politiques de Paris a pour mission d'assurer une formation initiale et continue en sciences sociales visant à la compréhension du monde contemporain. () Il délivre des diplômes propres et, lorsqu'il y est accrédité dans les conditions fixées à l'article L. 613-1 du code de l'éducation, des diplômes nationaux. " Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 28 avril 2017 relatif à l'attribution du grade de master aux titulaires du diplôme de fin d'études de l'Institut d'études politiques de Paris : " Le grade de master est conféré de plein droit aux titulaires du diplôme de fin d'études de l'Institut d'études politiques de Paris ".
6. Eu égard aux dispositions qui précèdent, il ressort des pièces du dossier que le master spécialité " Sécurité et défense ", proposé au sein de l'école d'affaires publiques de l'Institut d'études politiques de Paris, est un diplôme d'établissement, conférant le grade de master délivré selon les dispositions de l'article D. 612-34 du code de l'éducation, et non un diplôme national de master. Cette formation, quand bien même elle confère au diplômé le grade de master, ne saurait donc être regardée comme conduisant au diplôme national de master au sens de l'article 1er du décret du 10 mai 2017. Par conséquent, le CROUS de Paris a pu, sans commettre d'erreur de droit, refuser d'accorder à M. B l'aide à la mobilité accordée aux étudiants inscrits en première année de diplôme national de master.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de la décision du CROUS de Paris de refus d'attribution de l'aide à la mobilité qu'il avait sollicitée, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux en date du 10 novembre 2022, doivent être rejetées.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B une somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées à ce titre par le CROUS de Paris doivent par suite être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris et au recteur de l'académie de Paris, recteur de la région académique Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
A. LENOIR
Le président,
B. ROHMERLa greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
01/04/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour formulée par un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que le préfet de police avait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne tenant pas compte de l'ancienneté de la présence du requérant en France et de son insertion professionnelle continue. Le tribunal a enjoint à l'administration de délivrer un titre de séjour "salarié" dans un délai de trois mois et une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, et a condamné l'État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais exposés.
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Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l'administration n'avait pas répondu à la demande de communication des motifs de son refus implicite, ce qui constitue une illégalité. Cette solution s'appuie sur les articles L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026