lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2224562 |
| Type | Décision |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET TIRARD & ASSOCIES (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 3 septembre 2023, M. B, représenté par Me Djossou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 26 septembre 2022 par laquelle la maire de Paris a accordé un permis modificatif à la SA HLM Antin Résidences, portant sur la toiture, les façades, les accès pour les locaux techniques sur rue, l'aménagement intérieur, la création d'une véranda et d'un auvent pour la crèche implantée sur cour, 21 rue Etex dans le 18ème arrondissement de Paris.
3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Il soutient que le permis modificatif :
- le permis modificatif a été signé par une autorité incompétente.
- il méconnaît les dispositions de l'article L 424-7 du code de l'urbanisme dès lors qu'il a n'a pas été transmis au contrôle de légalité.
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que les avis de l'architecte de bâtiments de France et de l'inspection générale des carrières ont été rendus sur la base d'un dossier incomplet, la transmission de la notice paysagère étant intervenue postérieurement à l'émission de ces avis.
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que les travaux envisagés devaient faire l'objet d'un nouveau permis de construire et non pas d'un permis modificatif puisqu'ils intervenaient sur une construction achevée.
- il méconnaît l'article UG 8.1 du plan local d'urbanisme de la ville de Paris.
- il est contraire à l'article UG 12.3 du plan local d'urbanisme de la ville de Paris.
- il méconnaît l'article UG 13.1.2 du plan local d'urbanisme de la ville de Paris.
Par un mémoire enregistré le 25 avril 2023, la SA Antin Résidences, représentée par
Me Tirard-Rouxel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie pas l'avoir notifié tant à la Ville de Paris qu'au bénéficiaire du permis de construire modificatif en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie pas d'un intérêt pour agir.
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
5 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Claux,
- - les conclusions de M. Gualandi, rapporteur public,
- et les observations de Me Tirard.
Considérant ce qui suit :
1. La SA d'HLM Antin Résidences est titulaire d'un permis de construire PC 075 118 19 V009 qui lui a été délivré le 16 juillet 2019, pour la construction d'un bâtiment de R+7 étages (17 logements sociaux) et d'un bâtiment de R+1 étage à usage de crèche en fond de parcelle (surface crée 1608,05 m2) au 21 rue Etex dans le 18ème arrondissement de Paris. Le
22 novembre 2021, la SA d'HLM Antin Résidences a déposé une demande de permis modificatif pour la modification de la toiture, des façades, des accès pour les locaux techniques sur rue, l'aménagement intérieur et la création d'une véranda et d'un auvent pour la crèche sur cour. Par un arrêté du 26 septembre 2022, la maire de Paris a délivré le permis modificatif sollicité. Par la présente requête, M. A B, locataire d'un logement au 21 rue Etex à Paris, demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Par une décision du 19 décembre 2022, le président du bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B. Par suite, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article L. 2511-27 du code général des collectivités territoriales : " Le maire de la commune peut donner sous sa surveillance et sa responsabilité, par arrêté, délégation de signature () aux responsables de services communaux. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par
M. C D, chef du service du permis de construire et du paysage de la rue qui, par un arrêté du 25 avril 2022, publié au bulletin officiel de la Ville de Paris du 29 avril suivant, a reçu délégation de signature à effet de signer notamment les arrêtés, actes, décisions et correspondances concernant les permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, l'absence de transmission au contrôle de légalité d'un des actes énumérés à l'article L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales fait obstacle à ce qu'il revête un caractère exécutoire mais est sans incidence sur la légalité de cet acte. Le requérant ne peut par suite utilement se prévaloir des conditions d'exercice du contrôle de légalité dans le cas d'espèce pour critiquer la légalité du permis délivré à la SA d'HLM Antin résidences.
7. En troisième lieu, M. B soutient qu'il ressort des visas de la décision contestée que des pièces complémentaires ont été produites par le bénéficiaire du permis de construire le
11 février 2022, soit postérieurement aux avis de l'architecte des bâtiments de France et de l'inspection générale des Carrières intervenus respectivement les 6 décembre et 20 décembre 2021 et que, dès lors, ces avis dès lors ont été rendus sur la base d'un dossier de demande de permis de construire incomplet.
8. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment des visas de la décision en litige, que les pièces complémentaires apportées par la société pétitionnaire postérieurement à l'émission de ces avis comprenaient la notice de gestion des eaux pluviales et la notice paysagère en date du 18 juin 2019. Or, le requérant n'apporte, au soutien de ses allégations, aucun élément précis de nature à établir que ces deux documents auraient été de nature à avoir une influence sur le sens des avis de l'architecte des bâtiments de France et de l'Inspection générale des carrières. Par suite le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
9. En quatrième lieu, l'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité un permis modificatif, tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée, dès lors que les modifications envisagées n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
10. M. B soutient que, dès lors que les travaux autorisés par le permis initial étaient achevés, le pétitionnaire aurait dû présenter une demande tendant à la délivrance d'un nouveau permis de construire et non une demande de permis modificatif et que la décision accordant ce permis modificatif est, par suite, illégale. Toutefois, le requérant ne fait valoir aucune irrégularité qui découlerait de l'inexacte qualification alléguée de la demande de permis. Or, une qualification erronée d'une demande de permis de construire, initial ou modificatif, est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de l'autorisation. En tout état de cause, M. B n'établit pas que les travaux autorisés par le permis initial auraient été achevés au jour de la décision attaquée. La circonstance selon laquelle il est logé depuis le 3 novembre 2021 dans le bâtiment R+7 dont la construction a été autorisée par le permis initial est insuffisante pour démontrer un tel achèvement dès lors que, d'une part, il ressort du procès-verbal d'huissier du 7 juin 2022 et des photographies qui lui sont jointes que les travaux portant sur la crèche et l'installation de filets de sécurité sur les balcons des appartements d'habitation n'étaient pas terminés à cette date et que , d'autre part, aucun élément au dossier n'établit qu'ils auraient été achevés entre le 7 juin 2022 et le 26 septembre 2022, date de la décision contestée. Par suite, le moyen doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article UG. 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dispositions générales : / 1°- Façades comportant des baies constituant l'éclairement premier de pièces principales : / Lorsque des façades ou parties de façade de constructions en vis-à-vis sur un même terrain comportent des baies constituant l'éclairement premier de pièces principales, elles doivent être édifiées de telle manière que la distance de l'une d'elles au point le plus proche de l'autre soit au moins égale à 6 mètres. () ". Il résulte de ces dispositions, ainsi que de la figure 4 inscrite au règlement du plan local d'urbanisme, que seules les parties de façades comportant des baies doivent, pour leur implantation, respecter les distances ainsi définies, calculées entre la baie et le point le plus proche de la façade en vis-à-vis.
12. Le requérant fait valoir que la décision délivrant le permis modificatif méconnait les dispositions précitées de l'article UG 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le prospect minimal de 6 mètres fixé par ces dispositions, n'a pas été respecté. M. B affirme que la distance de 6 mètres doit être mesurée non pas à partir de la baie de la crèche mais à partir du auvent qui la prolonge et que, dès lors, la distance entre celui-ci et la façade en vis-à-vis est inférieure à 6 mètres. Toutefois, il ressort des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme que cette distance est calculée entre la baie et le point le plus proche de la façade en vis-à-vis. Il ressort également de la notice architecturale, et du plan de masse PCM2-2, que celle-ci est égale à 6 mètres. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article UG. 12.3, du règlement du plan local d'urbanisme de Paris, " Les normes déterminant ci-après la surface des aires de stationnement des vélos et des poussettes ou le nombre d'emplacements s'appliquent à la création de surfaces de plancher de plus de 250 m². / Lorsque les prescriptions ou normes ci-après l'exigent, des locaux fermés ou des aires couvertes doivent être aménagés pour assurer le stationnement des vélos et des poussettes. / Les locaux destinés à cet usage doivent être accessibles facilement. Ils doivent être aménagés préférentiellement de plain-pied. Leur implantation en sous-sol peut être admise à titre exceptionnel, en cas d'impossibilité technique. Dans ce cas, ils doivent être isolés du stationnement des véhicules à moteur et garantir de bonnes conditions de sécurité. / La surface des locaux affectés au stationnement des vélos et des poussettes ne peut, dans le cas où elle est exigible, être inférieure au seuil minimal de 10 m². En outre, dans le cas de fractionnement de la surface réglementaire, les locaux d'une surface inférieure à 8 m² ne sont pas pris en compte dans le calcul de la surface réglementaire résultant de l'application des normes. / () Normes- Commerce, artisanat, industrie, entrepôt, CINASPIC* : / La superficie à réserver au stationnement des vélos et des poussettes doit répondre aux besoins des utilisateurs, en fonction de la nature de l'établissement, de son fonctionnement et de sa situation géographique. () " ; aux termes du VIII intitulé " Définitions " du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " () () / CINASPIC (constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif) et Locaux nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif : / Ces constructions et locaux recouvrent les destinations correspondant aux catégories suivantes : / () les crèches et haltes garderies ".
14. M. B soutient que le permis modificatif est illégal en ce qu'il ne prévoit pas d'emplacement prévu pour les poussettes et les vélos en violation des dispositions de l'article UG 12.3 relatives au stationnement des vélos et poussettes précitées, alors même qu'il augmente la superficie de la crèche. Toutefois, il ressort du " plan du rez-de-chaussée de la crèche " versé au dossier que le projet comprend bien un local à poussette de 5,82 m2. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
15. En septième lieu, aux termes des dispositions du 1° de l'article UG. 13.1.1, relatives aux caractéristiques des espaces libres et des surfaces végétalisées, s'agissant des espaces libres au sol " 1°- Espaces libres au sol :/() Les espaces libres doivent bénéficier d'un traitement de qualité pouvant associer aux plantations d'arbres, d'arbustes, de vivaces, des surfaces herbacées et des revêtements minéraux soignés dans leur aspect et le choix des matériaux (circulations de desserte, aires d'évolution, cheminements piétons)./Les surfaces de pleine terre résultant de l'application du présent article UG.13 doivent être plantées d'arbres à grand, moyen ou petit développement, conformément aux modalités énoncées à l'article UG.13.2.2 ci-après./Les espaces libres sur dalle doivent être végétalisés avec une épaisseur de terre adaptée aux plantations choisies (arbres, arbustes, pelouse)./Les surfaces de pleine terre et les surfaces comportant une épaisseur d'au moins 0,80 mètre de terre résultant de l'application du présent article UG.13 doivent être traitées naturellement, sans revêtement hormis le stabilisé./Toutefois, dans le cas où l'usage du terrain (terrain d'éducation physique, cour d'école) ou le caractère du quartier ou celui du bâti environnant (cours pavées ou minérales) est incompatible avec la végétalisation des espaces libres, un revêtement de surface peut y être admis. () ". Aux termes des dispositions du 1° de l'article UG. 13.1.2, concernant les dispositions générales en matière de normes relatives aux espaces libres, à la pleine terre et aux surfaces végétalisées : " Sur tout terrain dont la profondeur est supérieure à celle de la bande Z, les espaces libres, situés ou non dans la bande Z, doivent présenter une surface au sol au moins égale à 50% de la superficie S correspondant à la partie du terrain située hors de la bande Z. / Le terrain doit comprendre après travaux : () / -une surface Sa au moins égale à 20% de la superficie S, obligatoirement en pleine terre ; / () ". Aux termes des dispositions du 4° de ce même article, relatif aux terrains occupés par des CINASPIC dont font partie les crèches : " Sur les terrains où existent ou sont projetées une ou des CINASPIC, les dispositions énoncées au § 1° ou 2° ci-avant s'appliquent sur la base d'une surface S égale à la superficie du terrain située hors de la bande Z, hors des emprises occupées en rez-de-chaussée ou en sous-sol par ces constructions ou installations et hors des emprises des bâtiments conservés. Les sols artificiels existants ou créés le cas échéant au-dessus de ces constructions ou installations doivent recevoir un traitement de qualité comportant des surfaces végétalisées.". ". En outre, aux termes du VII des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme " définitions " : Bande Z (article UG. 13) : La bande Z intervient dans le calcul de la superficie minimale d'espaces libres (article UG. 13) La largeur de la bande Z est fixée à 15 mètres, mesurée à partir de l'alignement de la voie publique ou de la limite de fait de la voie privée, le cas échéant, de l'alignement projeté par () un emplacement réservé pour création ou élargissement de voie () ". Espaces libres : Sauf spécification contraire, cette expression désigne les espaces hors voie libres de constructions en élévation à l'exception des équipements et des serres de production agricole, des composteurs et des aires couvertes de stationnement des vélos) et exclut les surfaces surplombées par des éléments de construction. " " Pleine terre : Un espace est considéré comme de pleine terre lorsque les éventuels ouvrages existants ou projetés dans son tréfonds ne portent pas préjudice à l'équilibre pédologique du sol et permettent notamment le raccordement de son sous-sol à la nappe phréatique. () ".
16. M. B soutient, d'une part, que le projet de construction de la véranda de la crèche a pour effet de diminuer les espaces libres dont la surface est dès lors inférieure à 50% de la superficie S, en violation des dispositions de l'article UG13.1.2 précitées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse PCM2-2, que la superficie des espaces libres est de 135 m2. Par ailleurs, si la dimension exacte de la superficie S, qui correspond à la superficie du terrain située hors de la bande Z et hors des emprises occupées par la crèche et des bâtiments conservés, n'est pas mentionnée précisément sur les plans, il ressort toutefois du plan de masse PCM2-2, qu'elle est inférieure à deux fois la surface des espaces libres (soit 270 m2), la ville de Paris et la société bénéficiaire du permis indiquant au demeurant, sans être contestées, qu'elle serait égale à 200m2. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les espaces libres présenteraient une surface au sol inférieure à 50 % de la superficie S. Par suite le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article UG 13.1.2 doit être écarté dans sa première branche.
17. M. B soutient, d'autre part, que le projet ne prévoit pas une surface végétalisée en pleine terre égale à 20% de la superficie S dont il ressort des pièces du dossier, comme cela a été dit, qu'elle est inférieure à 270 m2. Or, il ressort notamment du
" plan de rez-de-chaussée de la crèche ", que le projet prévoit une surface en pleine terre de
23,19 m2 et une aire de jeu extérieur, d'une surface de 74,52 m2. Celle-ci, bien que recouverte d'un revêtement, doit être intégrée au calcul de la surface végétalisée en pleine terre en application des dispositions de l'article 13.1.1 précité, dès lors qu'elle est assimilable à un terrain dont l'usage est incompatible avec une végétalisation, à l'instar d'une cour d'école. L'ensemble de ces surfaces étant supérieur au seuil de 20% de la surface S, le moyen tiré de la violation de l'article UG.13.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme, doit par suite être écarté dans sa deuxième branche.
18. Enfin, contrairement à ce qu'affirme M. B, il ne ressort pas des dispositions de l'article UG.13.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme que les surfaces végétalisées devraient disposer d'une épaisseur de terre de 80 cm. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article UG.13.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme, doit être écarté dans sa dernière branche.
19. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 26 septembre 2022 accordant le permis modificatif litigieux de la SA HLM Antin Résidences doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence.
Sur les frais liés au litige :
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 250 euros à verser à la société SA HLM Antin Résidences, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, M. B étant la partie perdante, ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit à ses conclusions présentées sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : M. B versera une somme de 250 euros à la société SA HLM Antin Résidences sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la Ville de Paris et à la SA HLM Antin Résidences.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hermann Jager, présidente,
M. Claux, premier conseiller,
Mme Mareuse, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.
Le rapporteur,
JB. CLAUX La présidente,
V. HERMANN JAGER
La greffière,
F. RAJAOBELISSON
2/4-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler les arrêtés d'expulsion et de fixation du pays de destination. La juridiction a estimé que le ministre de l'intérieur avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que les condamnations et le comportement agressif de l'intéressé, évoluant vers des menaces à caractère terroriste, constituaient une menace grave pour l'ordre public et portaient atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État. Le tribunal a également jugé que l'arrêté fixant le Maroc comme pays de destination ne méconnaissait pas l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant chinois condamné pour meurtre, qui demandait l'annulation de son arrêté d'expulsion du 5 décembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet de police était compétent pour signer l'arrêté et que la motivation de la décision, qui invoquait une menace grave pour l'ordre public, était suffisante au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 631-1) et du code des relations entre le public et l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, faute d'urgence démontrée.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406377
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Habitat Cavaignac visant à annuler l'arrêté municipal du 17 janvier 2024 refusant la transformation d'un local commercial en meublé de tourisme. La juridiction a jugé que le refus de la Maire de Paris était légal, car il était justifié par la nécessité de protéger l'environnement urbain et l'équilibre entre les fonctions de la ville, conformément au règlement municipal adopté sur le fondement du code du tourisme (articles L. 324-1-1 et R. 324-1-5). La demande d'injonction et de condamnation pécuniaire à l'encontre de la Ville a également été rejetée.
23/03/2026