LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2224983

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2224983

vendredi 3 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2224983
TypeDécision
Formation4e Section - 3e Chambre
Avocat requérantSCP DROUOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 décembre 2022, le 11 juillet 2023, le 25 juillet 2023 et le 19 septembre 2023, M. et Mme A et la SCI d'Artogne, représentés par Me Marques, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris accordant un permis de construire à la République de Cuba pour la démolition d'un bâtiment provisoire et l'extension de l'ambassade avec la construction d'un bâtiment du sous-sol au R+7 pour le consulat de Cuba sur une parcelle cadastrée DL n°16 située 14 rue de Presles dans le 15ème arrondissement de Paris et la décision rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- l'avis de l'architecte des Bâtiments de France est erroné ;

- le dossier de la demande de permis de construire est incomplet ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UG 10.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UG 15 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense enregistrés le 10 juillet 2023 et le 8 septembre 2023, le préfet de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2023, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'elle s'en remet à l'argumentation présentée par le préfet de Paris.

Par un courrier du 5 avril 2024, les parties ont été invitées à présenter des observations quant à la possibilité que le tribunal sursoie à statuer en vue de permettre au pétitionnaire de régulariser la demande de permis de construire au regard du moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG.15.2 du règlement du plan local d'urbanisme.

Le 9 avril 2024, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris a présenté des observations.

Une note en délibéré, enregistrée le 10 avril, a été déposée par les requérants et n'a pas été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code du patrimoine ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Voillemot, première conseillère ;

- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique ;

- et les observations de Mme A, requérante.

Considérant ce qui suit :

1. La République de Cuba est propriétaire d'un terrain cadastré DL 16 au 12 et 14 rue de Presles à Paris (75015). Cette parcelle DL 16 a été divisée en deux parcelles DL 16 A et DL 16 B par un permis d'aménager accordé à la République de Cuba par un arrêté du préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris du 11 février 2022. Sur la parcelle DL 16 A, cette même autorité administrative a, par un arrêté du 1er juillet 2022, accordé à la République de Cuba un permis de construire valant permis de démolir en vue de la démolition du bâtiment provisoire et de l'extension de l'ambassade, avec la création d'un bâtiment du sous-sol au R + 7, dont le rez-de-chaussée est destiné à devenir le consulat de Cuba. Sur la parcelle DL 16 B, la société Linkcity Ile-de-France a sollicité de la maire de Paris un permis de construire un bâtiment à R + 5 à destination d'habitation après démolition totale du local technique existant. Par un arrêté du 4 mai 2022, la maire de Paris a accordé ce permis de construire. Les requérants ont formé un recours gracieux contre l'arrêté du 1er juillet 2022, rejeté par une décision du 13 octobre 2022. Ils demandent l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2022 et de la décision du 13 octobre 2022 rejetant leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France :

2. Selon l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " () II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. () ". L'article L. 621-32 du même code dispose que : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues à l'article L. 632-2 et L. 632-2-1 ". Aux termes de l'article L. 632-2 de ce code dans sa version applicable en l'espèce : " I. - ()Le permis de construire, le permis de démolir, le permis d'aménager, l'absence d'opposition à déclaration préalable, l'autorisation environnementale prévue à l'article L. 181-1 du code de l'environnement ou l'autorisation prévue au titre des sites classés en application de l'article L. 341-10 du même code tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent I. / En cas de silence de l'architecte des Bâtiments de France, cet accord est réputé donné () ". Aux termes de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, l'autorité compétente recueille l'accord () de l'architecte des Bâtiments de France ".

3. Il résulte de la combinaison des articles L. 621-30, L. 621-32, du I de l'article L. 632-2 du code du patrimoine et de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les permis d'aménager portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause.

4. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le projet est situé à plus de cinq cents mètres de la tour Eiffel et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait situé à moins de cinq cents mètres et visible d'un monument historique ou visible en même temps que lui. En outre, la circonstance que le pétitionnaire a mentionné dans le formulaire Cerfa que le projet se situe dans les abords d'un monument historique est sans incidence sur la réalité de cette situation. Enfin, si l'avis de l'architecte des Bâtiments de France précise que le projet porte sur une extension et / ou une surélévation, cet élément n'est pas de nature à établir que cet avis aurait été émis au regard d'un dossier incomplet alors que le projet porte précisément sur l'extension de l'ambassade de Cuba. Dans ces circonstances, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet est situé dans les abords d'un monument historique ni que l'avis émis le 7 janvier 2022 par l'architecte des Bâtiments de France est erroné.

En ce qui concerne le caractère complet du dossier :

5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. ".

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'état initial du terrain, dont la végétation existante, est décrit dans la présentation des opérations (PC04a) laquelle précise que " la partie non bâtie de la parcelle est pourvue d'un revêtement bitumeux et de petits espaces végétalisés. Elle sert actuellement de cour intérieure ". En outre, la notice de la construction de l'extension de l'ambassade (PC04b) décrit les plantations à conserver ou à créer en indiquant que " l'espace libre permettant l'accès aux étages de l'extension de l'ambassade est planté d'un arbre et pourvue d'une zone végétalisée berçant la salle d'accueil du consulat ". Enfin, le plan masse (PC02a) mentionne un arbre de moyenne tige à planter sur l'espace indiqué dans la notice. Ainsi, le dossier comporte les éléments nécessaires sur la végétation existante ainsi que sur les plantations maintenues, supprimées ou créées. D'autre part, le plan de masse comportait les indications suffisantes pour que l'administration apprécie la légalité de projet par rapport à la règlementation applicable même en l'absence de cotes rattachées au système altimétrique de référence du plan de prévention des risques d'inondation dès lors qu'il mentionne les cotes NVP et que le plan de prévention des risques précise que la valeur du système orthométrique de la Ville de Paris est inférieure de l'ordre de 33 cm à celle exprimée dans le système IGN 69. Par conséquent, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de permis de construire doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

8. Aux termes de l'article UG.7.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Nonobstant les dispositions du présent article UG.7 et de l'article UG.10.3, l'implantation d'une construction en limite séparative peut être refusée si elle a pour effet de porter gravement atteinte aux conditions d'éclairement d'un immeuble voisin ou à l'aspect du paysage urbain, et notamment à l'insertion de la construction dans le bâti environnant. () ". Aux termes du même article UG.7.1 : " Les façades ou parties de façades des constructions à édifier à l'intérieur ou à l'extérieur de la bande E* doivent respecter les dispositions qui suivent. / 1°- Façade ou partie de façade comportant des baies* constituant l'éclairement premier de pièces principales* : Lorsqu'une façade ou une partie de façade à édifier en vis-à-vis d'une limite séparative comprise ou non dans la bande E* comporte une ou plusieurs baies constituant l'éclairement premier de pièces principales, elle doit respecter, au droit de cette limite, un prospect minimal de 6 mètres. / () ". Au sens de ces dispositions, l'atteinte grave aux conditions d'éclairement suppose une obstruction significative de la lumière, qui ne saurait se réduire à une simple perte d'ensoleillement.

9. D'une part, si la construction de l'extension de l'ambassade de Cuba masquera les ouvertures existantes sur le mur pignon de l'ambassade, il ressort des pièces du dossier que celles-ci sont fermées par des briques de verre et ne constituent pas des fenêtres. Ce seul élément n'est donc pas de nature à démontrer une atteinte grave aux conditions d'éclairement de l'ambassade et, en tout état de cause et surtout, à un immeuble voisin ni ne porte atteinte à l'aspect du paysage urbain, et notamment à l'insertion de la construction dans le bâti environnant. D'autre part, il ressort des pièces PC 04b, initiale et substitution, produites par le préfet que la distance de six mètres entre la façade ouest comportant des baies constituant l'éclairement premier de pièces principales et la limite séparative est respectée par le projet. Enfin, la façade nord ne comprend pas de baies constituant l'éclairement premier de pièces principales et les requérants ne soutiennent donc pas utilement que la distance de 6 mètres n'est pas respectée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance du 1°) de l'article UG 10.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

10. Aux termes de l'article UG 10.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris : " Le gabarit-enveloppe se compose successivement : 1°- Voies de largeur inférieure à 8 mètres : (Voir figures 3 et 5) / a - d'une verticale de hauteur H égale au prospect P sur voie augmenté de 4 mètres, b - d'une oblique de pente 1/1 limitée par une horizontale située à 3 mètres au-dessus de la verticale. / 2°- Voies de largeur égale ou supérieure à 8 mètres et inférieure à 12 mètres : (Voir figures 3 et 6) / a - d'une verticale de hauteur H égale au prospect P sur voie augmenté de 4 mètres, / b - d'une oblique de pente 2/1 limitée par une horizontale située à 4,50 mètres au-dessus de la verticale. / 3°- Voies de largeur égale ou supérieure à 12 mètres et inférieure à 20 mètres : (Voir figures 3 et 7) / a - d'une verticale de hauteur H égale au prospect P sur voie augmenté de 3 mètres, / b - d'une oblique de pente 2/1 élevée jusqu'à une hauteur de 3 mètres au-dessus de la verticale, / c - d'une seconde oblique de pente 1/1 limitée par une horizontale située à 6 mètres au-dessus de la verticale. ".

11. Les requérants soutiennent que les règles relatives au gabarit-enveloppe ont été méconnues dès lors que le pétitionnaire a appliqué celles applicables au prospect sur voie de 10 mètres et produit un plan, dont la provenance n'est pas identifiable, avec une indication de 9,48 mètres. Toutefois, et en tout état de cause, les règles invoquées du 1°) de l'article UG 10.2.1 du règlement précité sont applicables aux voies de largeur inférieure à 8 mètres. Ainsi, à supposer même que la largeur de la voie serait de 9,48 mètres, les dispositions dont la méconnaissance est invoquée par les requérants ne sont pas applicables au projet autorisé par le permis de construire attaqué qui relève du 2°) de l'article UG 10.2.1 relatif aux voies de largeur égale ou supérieure à 8 mètres et inférieure à 12 mètres. Ce moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme :

12. Aux termes de l'article UG.11.1 : " () L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'adaptera aux niveaux des immeubles voisins pour créer une construction homogène, nonobstant la présence d'une maison individuelle de type R+1, seule construction de cette hauteur dans la rue de Presles, et s'inscrit dans une rue comportant des constructions de tailles et de styles hétérogènes. En outre, la circonstance que son architecture soit contemporaine, comme la plupart des immeubles de cette rue, et que des matériaux non utilisés dans les autres constructions soient prévus, ne permet pas de démontrer que le projet est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants alors que les façades sont traitées de façon homogène et neutre garantissant une bonne insertion dans le tissus architectural existant notamment grâce aux matériaux et couleurs choisis. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance du 1°) de l'article UG 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :

14. Aux termes de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris relatif à l'aspect extérieur des constructions et l'aménagement de leurs abords et à la protection des immeubles et éléments de paysage : UG.11.4 - Clôtures : " 1°-Clôtures sur rue : L'aspect des clôtures sur voies et espaces publics revêt une grande importance, en particulier lorsque les constructions sont implantées en retrait de l'alignement. Les clôtures doivent être pourvues d'un soubassement surmonté d'un dispositif assurant une perception visuelle des espaces libres et espaces verts. Dans certaines configurations, des clôtures pleines peuvent être autorisées ou imposées pour conserver ou mettre en valeur le caractère de certaines voies, ou pour des raisons de sécurité aux abords de bâtiments considérés comme sensibles. Voir § 3° ci-après les dispositions particulières applicables dans certains secteurs () ".

15. Il ressort des pièces du dossier que la nouvelle clôture reprendra la modénature et la matérialité de celle existante, avec un muret en béton de couleur blanche sur environ 50 cm et une grille métallique noire. Si la perception visuelle peut ne pas être assurée par la grille qui sera apposée, cet élément n'est pas de nature à établir l'existence d'une méconnaissance des dispositions de l'article UG 11.4 dès lors que l'extension de l'ambassade de Cuba constitue un bâtiment pouvant être considéré comme sensible et pour lesquels les clôtures pleines peuvent être autorisées. Ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme :

16. Aux termes de l'article UG 12 relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'aires de stationnement du règlement du plan local d'urbanisme : " Le stationnement doit être assuré en dehors des espaces libres () ". Aux termes de l'article UG.12.2 relatif aux aires de livraison et aires de dépose pour autocars du même règlement : " Les constructions doivent réserver sur leur terrain des aires de livraison () /. 5° - CINASPIC : Des emplacements adaptés aux besoins spécifiques des établissements doivent être aménagés sur le terrain pour assurer toutes les opérations usuelles de chargement, de déchargement et de manutention ". Enfin, aux termes de l'article UG 12.3 sur le stationnement des vélos et poussettes : " Les locaux destinés à cet usage doivent être accessibles facilement. Ils doivent être aménagés préférentiellement de plain-pied. Leur implantation en sous-sol peut être admise à titre exceptionnel, en cas d'impossibilité technique. Dans ce cas, ils doivent être isolés du stationnement des véhicules à moteur et garantir de bonnes conditions de sécurité. / () Normes : Commerce, artisanat, industrie, entrepôt, CINASPIC : La superficie à réserver au stationnement des vélos et des poussettes doit répondre aux besoins des utilisateurs, en fonction de la nature de l'établissement, de son fonctionnement et de sa situation géographique ".

17. D'une part, si les requérants soutiennent qu'aucune aire de stationnement pour véhicule à moteur n'est prévue, il est constant que l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme n'impose aucune obligation de prévoir de telles aires pour les CINASPIC, et en tout état de cause, les besoins spécifiques qui sont susceptibles de commander la création de telles aires doivent être appréciées en tenant compte de la nature de l'activité de l'établissement. D'autre part, si les requérants produisent des photographies représentant des opérations de chargement ou déchargement, notamment de nombreux scooters, avant la construction du bâtiment autorisé par le permis de construire, il n'est pourtant pas établi que l'extension d'une ambassade doit être regardée comme un établissement avec des besoins spécifiques pour les opérations usuelles de chargement, de déchargement et de manutention. Le consulat a pour vocation principale de recevoir les ressortissants cubains pour des démarches administratives et les unités d'accueil de passage seront dédiées à l'hébergement du personnel diplomatique pour de courtes durées n'entraînant ainsi pas d'opération de chargement et de déchargement. La circonstance que des déménagements auraient été constatés, deux à trois fois par an selon les autorisations pour déménagement délivrées par les services municipaux, et que des livraisons parviennent ponctuellement, ne suffit pas à démontrer l'existence de besoins spécifiques de chargement, de déchargement et de manutention dont la fréquence requiert un emplacement aménagé sur le terrain. Enfin, un local vélo de 10 m² est prévu par le projet au sous-sol. Compte tenu des caractéristiques d'une ambassade, dans laquelle la sécurité doit être assurée, la circonstance que le local vélo soit implanté au sous-sol n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté attaqué alors même que ce type de locaux doivent être aménagés de préférence de plain-pied. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 15.2 du règlement du plan local d'urbanisme :

18. Aux termes des dispositions de l'article UG.15.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris : " Collecte des déchets : Les constructions nouvelles doivent comporter des locaux de stockage des déchets suffisamment grands, dimensionnés de manière à recevoir et permettre de manipuler sans difficulté tous les récipients nécessaires à la collecte sélective des déchets. Les locaux de stockage des déchets doivent être aménagés de préférence à rez-de-chaussée. Dans le cas où ils sont implantés en sous-sol, un dispositif permettant la mise en œuvre de la collecte sélective depuis les parties communes de l'immeuble à rez-de-chaussée doit être prévu. Les dispositions des deux alinéas précédents s'appliquent également en cas de réaménagement de bâtiments existants, sauf si leurs caractéristiques l'interdisent. L'installation de composteurs est recommandée dans les espaces végétalisés ".

19. Les requérants font valoir que le local de stockage de déchets prévu par le projet est sous-dimensionné dès lors qu'il faut au moins quatre bacs pour les besoins de la future construction. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit un local de collecte des déchets d'une surface de 2,98 m² situé au rez-de-chaussée du bâtiment, cette superficie permettant d'accueillir seulement trois récipients. Au regard de l'ampleur et des caractéristiques de la construction projetée comportant le consulat et des unités d'accueil de passage destinés aux personnels diplomatiques et consulaires, la superficie réservée au local de stockage de déchets n'apparaît pas suffisamment grande pour recevoir et permettre de manipuler sans difficulté tous les récipients nécessaires à la collecte sélective des déchets. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UG 15.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la ville de Paris.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

20. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "

21. Il ressort des pièces du dossier que le projet a reçu un avis favorable le 24 mai 2022 de la délégation permanente de la commission de sécurité de la préfecture de Police avec des recommandations. Dans ces conditions, et alors même que le projet comportera des éléments en bois, le préfet de Paris n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne refusant pas le permis de construire sur le fondement des dispositions précitées.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :

22. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".

23. Les dispositions de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, qui sont d'ailleurs reprises au point UG 11.1, et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles, également invoquées par les requérants, résultant de l'article R. 111-27. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée, comme il a été fait au point 13 du jugement.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

24. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

25. Il résulte de ce qui précède que la décision du 1er juillet 2022 par lequel le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris a délivré un permis de construire à la République de Cuba est entachée d'un vice tenant à la méconnaissance de l'article UG 15.2 du règlement du plan local d'urbanisme.

26. Ce vice est susceptible de régularisation. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de surseoir à statuer et d'impartir à la République de Cuba un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement aux fins d'obtenir la régularisation de son autorisation de construire en vue de sa conformité avec les exigences de l'article UG 15.2 du plan local d'urbanisme de Paris.

27. Il y a également lieu de surseoir à statuer, dans les mêmes conditions, sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions en annulation de M. et Mme A et la SCI d'Artogne et sur leurs conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement pour permettre à la République de Cuba de notifier au tribunal un arrêté de régularisation.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A, la SCI d'Artogne, à l'ambassadeur de la République de Cuba à Paris, au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris et à la Ville de Paris.

Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,

Mme Voillemot, première conseillère,

M. Paret, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.

La rapporteure,

C. VOILLEMOT

Le président,

J-F. SIMONNOT

La greffière,

S. RAHMOUNI

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401325

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société SFR pour l’implantation d’antennes de radiotéléphonie mobile à Paris 13e. Le tribunal a d’abord jugé que M. B... ne justifiait pas d’un intérêt à agir suffisant au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme, car il n’a pas démontré que le projet affecterait directement ses conditions de jouissance de son bien. Par suite, la requête a été déclarée irrecevable, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, notamment ceux tirés de l’absence d’avis de l’architecte des bâtiments de France ou de la méconnaissance de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.

06/01/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324980

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contestant son expulsion du territoire français en urgence absolue, décidée par le ministre de l'intérieur le 22 octobre 2023. Le tribunal a jugé que la procédure d'urgence absolue, prévue à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispensait de consulter la commission spéciale d'expulsion, et que les autres moyens, notamment le détournement de procédure et la méconnaissance des articles L. 631-3 et L. 252-1, n'étaient pas fondés.

06/01/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431132

← Retour aux décisions

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui demandait l’annulation d’un arrêté d’expulsion du 21 octobre 2024 et de la décision d’assignation à résidence prise le même jour par le préfet de police. Le tribunal a jugé que l’arrêté d’expulsion était suffisamment motivé et que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en considérant la présence de l’intéressé comme une menace grave pour l’ordre public, au vu de ses condamnations pénales. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, sans que ces derniers soient méconnus.

06/01/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432395

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A... qui demandait l'annulation des décisions du garde des sceaux refusant son changement de nom de « A... » en « Sallaberry ». Le tribunal a écarté les moyens soulevés, jugeant que la décision de refus était suffisamment motivée au regard de l'article 6 du décret n°94-52 du 20 janvier 1994, et que l'absence d'enquête préalable n'entachait pas la procédure d'irrégularité. Sur le fond, il a estimé que les motifs affectifs invoqués par la requérante ne constituaient pas, en l'espèce, un intérêt légitime au sens de l'article 61 du code civil justifiant de déroger au principe de fixité du nom.

06/01/2026