LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2225128

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2225128

mardi 12 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2225128
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre - R.222-13
Avocat requérantLOPEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 décembre 2022 et 20 mars 2023, Mme C D, représentée par Me Lopez, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions implicites du 3 octobre 2022 par lesquelles la ville de Paris et la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris ont rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 21 juin 2022 portant notification d'un trop perçu de revenu de solidarité active (RSA), d'allocation de logement social (ALS) et de la prime d'activité (PPA) pour un montant total de 11 362,70 euros ;

2°) d'annuler la décision implicite du 3 octobre 2022 par laquelle la CAF de Pris a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 21 juin 2022 portant notification d'un trop perçu de prime exceptionnelle de fin d'année (PEFA) au titre de l'année 2021, pour un montant de 154,45 euros ;

3°) d'annuler la décision du 15 février 2023 lui notifiant une pénalité d'un montant de 1 233 euros ;

4°) de la décharger du paiement des sommes réclamées, ou, à défaut, de procéder à la remise totale de sa dette ;

5°) de mettre à la charge solidaire de la ville et de la CAF de Paris une somme de 1 000 euros à payer à Me Lopez au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- les décisions ont été signées par des autorités incompétentes ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle ne peut être regardée comme vivant en concubinage ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est de bonne foi et dans une situation de grande précarité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, la CAF de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués par Mme D ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 août 2023, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués par Mme D ne sont pas fondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle, à hauteur de 55%, par une décision du 20 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Théoleyre pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Théoleyre,

- et les observations de Mme D.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D est allocataire du revenu de solidarité active (RSA) et de la prime d'activité (PPA), depuis novembre 2018, et de l'allocation de logement sociale (ALS) depuis décembre 2020. Elle a fait l'objet d'un contrôle de la caisse d'allocation familiales (CAF) de Paris à son domicile en août 2022. Le rapport du contrôleur, en date du 20 août 2022, a estimé qu'elle vivait en concubinage et ne remplissait plus la condition de revenu exigées pour le versement des prestations sociales. Par une décision du 21 juin 2022, la CAF de Paris a notifié à Mme D une demande de remboursement relative à un indu de RSA, de PPA et d'ALS pour un montant total de 11 362,70 euros. Par une décision du 26 juin 2022, la CAF de Paris a adressé à Mme D une demande de remboursement de la prime exceptionnelle de fin d'année 2021 (PEFA) pour un montant de 152,45 euros. En parallèle, la CAF de Paris a engagé une procédure de pénalité à l'encontre de Mme D eu égard à l'absence de déclaration de sa vie maritale et de ses ressources, qui a donné lieu à l'application d'une pénalité de 1 233 euros par décision notifiée le 15 février 2023. Par un courrier distribué le 2 août 2022, Mme D a exercé le recours préalable obligatoire contre la notification d'indu de RSA, qui a donné lieu à une décision implicite de rejet de la ville de Paris le 3 octobre 2022. En outre, par un courrier distribué le 2 août 2022, elle a exercé les recours préalables obligatoires contre les notifications d'indus d'ALS et de PPA, qui ont donné lieu à deux décisions de rejet implicite de la commission de recours amiable de la CAF en date du 3 octobre 2022. Enfin, par un courrier du 2 août 2022, elle a formé un recours gracieux contre la notification d'indu de PEFA 2021 qui a donné lieu à une décision implicite de rejet le 3 octobre 2022. Par la présente requête Mme D conteste la décision de la CAF de Paris du 26 juin 2022 lui notifiant l'indu de PEFA 2021 pour la somme de 152,45 euros, ensemble le rejet de son recours gracieux, et les décisions de rejet de ses recours contre les notifications d'indu de RSA, d'indu d'ALS et d'indu de PPA, s'établissant à la somme totale de 11 362,70 euros.

Sur l'office du juge :

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de RSA, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette prestation d'aide sociale qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

3. En revanche, lorsque le recours est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation de RSA que l'administration estime avoir été indument versés, il appartient au juge d'examiner d'abord les moyens tirés, le cas échéant, des vices propres de cette décision pour en prononcer, s'il y a lieu, l'annulation. Dans ce dernier cas, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Dans le cas où aucun vice propre n'est de nature à justifier l'annulation de la décision attaquée, il appartient au juge d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée afin d'y statuer lui-même et d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision.

Sur la décision attaquée en tant qu'elle met un indu d'allocation de RSA à la charge de Mme D pour la période du 1er novembre 2020 au 31 mai 2022 :

4. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 et 3 ci-dessus, qu'il appartient au juge d'examiner les moyens tirés des vices propres de cette décision soulevés par Mme D.

En ce qui concerne la régularité :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".

6. Le silence gardé par la ville de Paris et la CAF de Paris pendant plus de deux mois sur les recours de Mme D contestant le bien-fondé des indus dont la CAF exige le remboursement a fait naître des décisions implicites confirmant l'existence de trop-perçus et rejetant les recours préalables obligatoires formé contre ces décisions, le 26 juillet 2022, et venant se substituer à ces dernières décisions. Une décision implicite intervenue dans un domaine qui, en cas de décision explicite, aurait dû faire l'objet d'une motivation, n'est pas illégale du seul fait de son absence de motivation. Dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que Mme D aurait sollicité les motifs de ces décisions en application de l'article L. 432-4 précité du code des relations entre le public et l'administration, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

7. En second lieu, une décision implicite est réputée prise par l'autorité qui est saisi de la demande. La CAF de Paris et la ville de Paris ayant été saisis, ainsi qu'il vient d'être dit, de la demande de Mme D, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :

8. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du revenu garanti. Il est complété, le cas échéant, par l'aide personnalisée de retour à l'emploi mentionnée à l'article L. 5133-8 du code du travail ". L'article L. 262-3 du même code dispose que : " L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent () l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". Aux termes de l'article R. 262-7 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'allocation sont égales à la moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

9. D'autre part, aux termes de l'article L. 515-18 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ". Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du RSA, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.

10. D'une part, il résulte de l'instruction que les indus de RSA, de PPA et d'ALS réclamés à Mme D résulte de l'actualisation de sa situation familiale et de l'intégration des revenus de M. A dans le calcul de ses droits au RSA. Mme D, précédemment domiciliée à Charenton-le-Pont, bénéficiait, depuis le 1er novembre 2020, d'un bail de location d'un appartement sis au 14 rue Planchat (Paris 20), établi à son nom et à celui de M. A, avec qui elle vit en concubinage. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la présidente du conseil de Paris a estimé que Mme D pouvait être regardée comme vivant en concubinage avec M. A depuis au moins le premier novembre 2020 et qu'elle constituait avec lui un foyer au sens des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles justifiant que l'ensemble des revenus du couple soit pris en compte au titre du calcul de son droit au RSA. La circonstance que pendant cette période de concubinage elle n'aurait pas profité des revenus de M. A est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu en litige.

11. D'autre part, il résulte de l'instruction et notamment des termes du rapport d'enquête qui ne sont pas sérieusement contesté, que Mme D n'a pas déclaré la totalité de ses revenus et qu'il existe une différence de l'ordre de 10 000 euros entre les revenus qu'elle a déclarés et ceux qu'elle a perçus réellement.

12. En second lieu, Mme D, invoque sa bonne foi et soutient que l'administration a commis une erreur manifeste d'appréciation en retenant contre elle le défaut de déclaration de sa vie commune avec M. A et le défaut de déclaration de certains de ses revenus. En outre, elle n'établit pas être dans situation d'impécuniosité qui ferait obstacle au remboursement des indus réclamés. Par suite, c'est à bon droit que l'administration pouvait refuser de décharger Mme D de l'indu litigieux.

13. Il résulte de tout ce qui précède, que la ville de Paris était fondée à récupérer les indus de RSA litigieux.

Sur la demande de remise gracieuse de l'indu de RSA :

14. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). ".

15. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

16. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au RSA ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

17. Il résulte de ce qui a été dit au points 8 et 13 que les indus mis à la charge de la requérante résultent de ce qu'elle a omis de déclarer sa situation de vie commune et certains de ces revenus. Toutefois, Mme D fait valoir qu'elle pouvait, de bonne foi, estimer que le terme foyer, dont la définition ne se déduit pas des textes de manière évidente, ne correspondait pas à sa situation de vie commune informelle avec M. A. Elle se prévaut en outre de ce qu'elle a changé ses déclarations après réception de l'avis de passage du contrôleur, non pas pour masquer le caractère frauduleux de ses déclarations initiales, mais parce qu'elle avait été informée par la CAF, à la suite de cet avis de passage, que sa situation répondait à la définition du terme foyer citée au point précédent. En revanche, Mme D ne pouvait ignorer que le partage de ses ressources avec M. A, dont la réalité a été relevée par le contrôleur et qui ressort du bail cosigné par les concubins, était susceptible de faire évoluer ses droits au RSA. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu d'annuler la décision implicite par laquelle la présidente du conseil de Paris a refusé de lui octroyer la remise gracieuse de sa dette de RSA et de procéder à une remise de dette partielle dans les conditions mentionnées au point 29

Sur la prime d'activité :

18. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. " et aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestations toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

19. Pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 8 à 13, les moyens de la requête dirigés contre l'indu d'ALS doivent être rejetés.

20. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8 à 13, que la ville de Paris était fondée à récupérer les indus de de PP litigieux. En revanche, comme il a été dit au point 17, il y a lieu d'annuler la décision implicite par laquelle la présidente du conseil de Paris a refusé de lui octroyer la remise gracieuse de sa dette et de procéder à une remise de dette partielle dans les conditions mentionnées au point 29.

Sur l'allocation de logement sociale :

21. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale. ". Selon l'article L. 822-2 du même code (article R. 831-1 du code de la sécurité sociale ancien) : " I.- Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement : 1° Les personnes de nationalité française ; // Parmi les personnes mentionnées au I, peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement celles remplissant les conditions prévues par le présent livre pour son attribution qui sont locataires, résidents en logement-foyer ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale. () ". Selon l'article R 822-23 du même code : " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. ".

22. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 8 à 13, l'ensemble des moyens de la requête dirigés contre l'indu d'ALS doivent être rejetés.

23. En second lieu, selon l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 17, la ville de Paris ne pouvait rejeter la demande de remise de dette de Mme D en raison de ce qu'elle n'avait pas déclaré sa situation de concubinage. Les demandes formulées à titre subsidiaire par Mme D.

24. Il résulte de ce qui a été dit aux points 21 à 23, que la ville de Paris était fondée à récupérer les indus de d'ALS litigieux. En revanche, comme il a été dit au point 17, il y a lieu d'annuler la décision implicite par laquelle la présidente du conseil de Paris a refusé de lui octroyer la remise gracieuse de sa dette et de procéder à une remise de dette partielle dans les conditions mentionnées au point 27.

Sur l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année :

25. Comme il a été dit aux points 8 à 13, il résulte de l'instruction que Mme D n'avait pas de droit au versement du RSA pour les périodes litigieuses. La requérante n'était pas éligible au versement de la PEFA en 2021.

26. Il résulte de ce qui a été dit au point 25, que la CAF de Paris était fondée à récupérer les indus de PEFA litigieux.

Sur les conclusions relatives à la pénalité administrative :

27. Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I.- Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : / 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / 2° L'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / () La mesure prononcée est motivée et peut être contestée devant le tribunal judicaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. (). ".

28. Mme D demande l'annulation de la décision du 15 février 2023, par laquelle l'administration lui a infligé une amende administrative de 1 233 euros. La contestation d'une pénalité administrative prononcée en application de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale relève de la compétence du tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. Par suite, les conclusions susvisées ne sauraient être accueillies et doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître en application du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

29. Comme il a été dit aux points 17 et 24, Mme D fait valoir qu'elle pouvait, de bonne foi, estimer que le terme foyer, qui n'est pas défini par les textes, ne correspondait pas à sa situation de vie commune informelle avec M. A. Elle se prévaut en outre de ce qu'elle a changé ses déclarations après réception de l'avis de passage du contrôleur, non pas pour masquer le caractère frauduleux de ses déclarations initiales, mais parce qu'elle avait été informée par la CAF, à la suite de cet avis de passage, que sa situation répondait à la définition du terme foyer citée au point précédent. En revanche, Mme D ne pouvait ignorer que le partage de ses ressources avec M. A, dont la réalité a été relevée par le contrôleur et qui ressort du bail cosigné par les concubins, était susceptible de faire évoluer ses droits au RSA. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, Mme D est seulement fondée à demander une remise partielle de sa dette. Par suite, il y a lieu pour la ville de Paris d'y procéder en accordant une remise de dette d'un montant de 5 000 euros.

Sur les autres conclusions :

30. Compte tenu de la solution apportée au litige, les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusion de Mme D tendant à la décharge de la pénalité administrative d'un montant de 1 233 euros sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Le rejet implicite de la remise de dette sollicitée par Mme D est annulé.

Article 3 : Il est enjoint à la ville de Paris d'accorder à Mme D une remise gracieuse de dette d'un montant de 5 000 euros.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, au directeur général de la caisse d'allocations familiales de Paris, à la maire de Paris et à la ministre des solidarités et des familles.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.

Le magistrat désigné,

M. Théoleyre

La greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles et au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2225128/6-

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511088

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler les décisions de suspension et de fin de droits au RSA et à l'ALS, ainsi que la notification d'un indu. Le tribunal a jugé que les procédures de contrôle menées par la CAF de Paris et la Ville de Paris étaient régulières, notamment au regard des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale, et que le requérant ne démontrait pas que les conditions légales d'attribution des prestations étaient remplies. Les demandes de rétablissement des droits, de versements rétroactifs et de condamnation aux dépens ont donc été écartées.

02/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2515543

**Sujet principal** : Recours contre le rejet d'une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA et contestation du montant de la dette. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement unique). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de M. A..., confirmant la décision de la Ville de Paris. Il estime que les ressources non déclarées (virements, dépôts d'espèces et intérêts) constituent bien des revenus pris en compte pour le calcul du RSA, et que l'allocataire n'apporte pas la preuve de sa bonne foi ou d'une situation de précarité justifiant la remise gracieuse. **Textes appliqués** : Articles L. 262-2, R. 262-6 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles (définition du RSA, composition des ressources et obligation de déclaration).

02/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511244

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... qui contestait la décision de la maire de Paris lui réclamant un indu de RSA de 11 217 euros. Le tribunal a estimé que les motifs de l'administration étaient fondés, notamment le défaut de déclaration de l'ASPA et les séjours à l'étranger, et que les droits de la défense avaient été respectés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives au recouvrement des indus de prestations sociales.

02/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512505

**Sujet principal** : Recours contre une décision de la CAF de Paris notifiant un indu de prime d'activité (PPA) et d'allocation personnalisée au logement (APL), et demandes subsidiaires de remise gracieuse ou d'étalement. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation statuant en procédure écrite simplifiée). **Solution retenue** : * Concernant l'APL, le tribunal constate un **non-lieu à statuer** car la dette a été soldée par la CAF avant l'audience, rendant la demande sans objet. * Concernant la PPA, le tribunal **rejette la requête** au fond, considérant que la décision de récupération de l'indu est légale et bien fondée, notamment au regard des dispositions du code de la sécurité sociale et du code de la construction et de l'habitation. **Textes appliqués** : Code de la sécurité sociale (pour la PPA), code de la construction et de l'habitation (pour l'APL), et code de justice administrative pour la procédure.

02/04/2026

← Retour aux décisions