LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2225602

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2225602

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2225602
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 1re Chambre
Avocat requérantDELAVAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 9 décembre 2022, enregistrée le même jour au greffe du tribunal administratif de Paris, la présidente de la 9e chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par la SAS Allocar.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Montreuil le 7 décembre 2022 et un mémoire, enregistré le 31 juillet 2023, la SAS Allocar, représentée par Me Delavay, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 octobre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a retiré son habilitation à instruire les demandes d'immatriculation des usagers et à les télétransmettre dans le système d'immatriculation des véhicules (SIV) ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de rétablir son habilitation dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que la procédure contradictoire ne s'était pas soldée par un échec avéré ;

- elle n'a pas manqué à ses obligations dès lors que, en premier lieu, elle a bien utilisé une déclaration d'achat au profit de professionnels de l'automobile, en deuxième lieu, elle ne pouvait pas déceler la falsification des contrôles techniques, en troisième lieu, l'enregistrement d'une déclaration d'achat à son nom faisait suite à l'échec d'une cession entre particuliers et, en quatrième lieu, la cession du dernier véhicule à une société est intervenue en réalité au profit d'un particulier et en tout état de cause alors que la société était encore active ;

- la mesure est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

La clôture de l'instruction est intervenue le 1er septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rezard, rapporteur,

- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique.

- les observations de Me Delavay, représentant la SAS Allocar,

- et les observations de Mme A pour le préfet de la Seine-Saint-Denis.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Allocar a conclu une convention avec le préfet de la Seine-Saint-Denis le 26 février 2020 pour une durée de cinq ans à la suite de quoi ce dernier l'a habilitée à instruire les demandes d'immatriculation des véhicules au moyen du système d'immatriculation des véhicules (SIV). Par un courrier du 22 septembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a informée qu'il envisageait d'abroger cette habilitation. Par décision du 24 octobre 2022, il a procédé à cette abrogation avec une date de prise d'effet différée de deux mois à compter de sa date de notification, soit à compter du 25 décembre 2022. La SAS Allocar en demande l'annulation.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, auquel renvoie l'article X de la convention du 26 février 2020 : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites () ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° () constituent une mesure de police () ".

3. La décision de retrait de l'habilitation pour l'utilisation du système d'immatriculation des véhicules (SIV), prise à la suite du constat de manquements à la convention individuelle signée par le professionnel habilité de l'automobile avec le préfet territorialement compétent, présente le caractère d'une mesure de police prise dans le cadre d'une législation relative à l'immatriculation des véhicules et destinée à assurer l'ordre public. Elle est donc soumise à l'obligation de motivation et doit être précédée d'une procédure contradictoire préalable.

4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis a informé la SAS Allocar par un courrier du 22 septembre 2022 de la décision qu'il envisageait de prendre. L'administration fait valoir sans être contredite que l'intéressée a présenté des observations écrites en réponse. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations avec le public et l'administration ni, en tout état de cause, celles de l'article X de la convention du 26 février 2020, lesquelles n'assignent pas à l'autorité administrative d'exigences supplémentaires à celles résultant des dispositions législatives citées au point 2.

5. En deuxième lieu, en vertu du I de l'article R. 322-1 et du I de l'article R. 322-5 du code de la route, dont la teneur est réaffirmée à l'article 1er de l'arrêté du 9 février 2009, le propriétaire d'un véhicule à moteur neuf ou d'occasion qui souhaite le mettre ou le maintenir en circulation doit adresser une demande de certificat d'immatriculation au ministre de l'intérieur, soit directement par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur. Par dérogation à ces dispositions, aux termes du III de l'article 10 du même arrêté : " Le professionnel acquéreur d'un véhicule déjà immatriculé en France en déclare l'achat soit auprès du ministre de l'intérieur par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministère de l'intérieur ".

6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la société requérante a procédé le 25 février 2021, le 20 septembre 2021 et le 16 novembre 2021 à l'enregistrement dans le SIV de trois déclarations d'achat revêtues de mentions indiquant que les acquéreurs des véhicules en cause étaient des personnes physiques qui ne sont pas elles-mêmes des professionnels de l'automobile, même si elles peuvent exercer par ailleurs des fonctions de direction d'entreprises qui constituent de tels professionnels. Il suit de là que ces opérations n'étaient pas éligibles à la procédure dérogatoire de la déclaration d'achat prévue par les dispositions précitées du III de l'article 10 de l'arrêté du 9 février 2009 et que c'est par conséquent à tort que la SAS Allocar a établi les déclarations d'achat en cause. A cet égard, à supposer que la cession du 16 novembre 2021 ait été effectuée au profit d'une entreprise constituant un professionnel de l'automobile, l'erreur invoquée par la requérante est sans incidence sur la matérialité du manquement qui lui est reproché dès lors que la déclaration a été effectuée au nom de la personne physique dirigeante qui n'a pas cette qualité. D'autre part, il est constant que la société requérante a permis à une société tierce, relevant de la même société mère qu'elle, d'accéder au SIV alors que celle-ci n'était pas habilitée à cet effet. Ce faisant, elle a commis un autre manquement à ses obligations résultant de l'habilitation.

7. Il ressort, en revanche, des pièces du dossier que la société requérante a pu à bon droit se fier aux procès-verbaux de contrôle technique qui lui étaient communiqués par les propriétaires des trois véhicules mentionnés dans la décision attaquée et qui comportent la mention d'un organisme agréé à cet égard et n'a pas commis de manquement en répercutant ces informations dans le SIV. Si le préfet de la Seine-Saint-Denis fait valoir en défense qu'elle a à tout le moins manqué à son obligation de transmette le certificat d'immatriculation des deux premiers véhicules, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce document aurait été demandé. Il suit de là que ce manquement n'est pas établi. Par ailleurs, la SAS Allocar justifie que le véhicule ayant donné lieu à déclaration d'achat du 2 avril 2021 lui a été cédé directement par la dernière propriétaire à avoir établi un certificat d'immatriculation, de sorte que cet autre manquement n'est pas davantage justifié. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la société requérante n'a pas établi de déclaration d'achat au nom d'une société qui aurait déjà été radiée du registre du commerce et des sociétés mais qu'elle a seulement tardé à l'enregistrer dans le SIV, ce qui, contrairement à ce que fait valoir le préfet de la Seine-Saint-Denis en défense, ne constitue pas, en tout état de cause, un manquement à son obligation de s'équiper de matériel informatique dans les conditions prévues par l'article IV de la convention du 26 février 2020.

8. Toutefois, eu égard à la nature des manquements mentionnés au point 6 ainsi qu'aux conséquences graves qui s'y attachent et à leur caractère récent à la date de la décision attaquée, l'autorité administrative était fondée, pour prévenir leur réitération, de procéder au retrait pour l'avenir de l'habilitation conférée à la SAS Allocar. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ces motifs pour adopter la décision attaquée, de sorte que les motifs irréguliers qui sont mentionnés au point 7 doivent être regardés comme présentant un caractère surabondant et s'avèrent par suite sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit dès lors être écarté.

9. En troisième lieu, à supposer que la décision attaquée ne soit pas une mesure de police, comme il a été dit au point 3, mais une sanction, le moyen tiré de ce qu'elle présenterait un caractère disproportionné doit être écarté, eu égard à ce qui a été dit au point précédent.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la SAS Allocar doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction et celles qu'elle a présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS Allocar est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Allocar et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Weidenfeld, présidente,

Mme de Schotten, première conseillère,

M. Rezard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

Le rapporteur,

A. Rezard

La présidente,

K. Weidenfeld

Le greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

2/6-1

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2411510

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation du fils d'un tirailleur sénégalais décédé lors du massacre de Thiaroye en 1944. Le tribunal a jugé que l'action en responsabilité était prescrite, le délai de cinq ans prévu par la loi du 31 décembre 1945 étant écoulé depuis la connaissance du décès. La juridiction a ainsi fait primer les règles de prescription sur la reconnaissance historique des faits par les autorités françaises.

27/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401235

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... D... visant à annuler la décision du conseil départemental de l'ordre des médecins de Paris refusant de poursuivre disciplinairement un médecin. Le tribunal a jugé que la décision ordinale, relevant d'un large pouvoir d'appréciation sur l'opportunité d'engager des poursuites, n'était pas une décision administrative individuelle défavorable à l'égard de la plaignante et n'avait donc pas à être motivée. Les moyens tirés du défaut de motivation et des vices de procédure ont été écartés.

20/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2600963

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant l'éloignement et l'interdiction de retour d'un ressortissant algérien titulaire d'un titre de séjour portugais valide. La juridiction a retenu que le préfet avait commis une erreur de fait et d'appréciation en considérant que l'intéressé séjournait irrégulièrement en France et menaçait l'ordre public. Elle a également enjoint l'administration de procéder à l'effacement du signalement Schengen dans un délai d'un mois.

20/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2527029

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à une ressortissante malienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a annulé la décision du préfet de police, considérant que le refus de titre de séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) constituait une erreur manifeste d'appréciation au regard de la durée et des conditions d'intégration de l'intéressée en France. Le tribunal a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de la requérante dans un délai de deux mois.

20/03/2026

← Retour aux décisions