vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2226019 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CMS FRANCIS LEFEBVRE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 14 décembre 2022, le 9 mai 2023 et le 6 juin 2023, M. et Mme A et la SCI d'Artogne représentés par Me Marques, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 mai 2022 par lequel la maire de Paris a accordé un permis de construire à la société Linkcity Ile-de-France pour la construction d'un bâtiment à R+5 à destination d'habitation et comportant 12 logements sur une parcelle cadastrée DL n°16 située 12-14 rue de Presles dans le 15ème arrondissement de Paris ;
2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable car ils justifient d'un intérêt à agir et ont respecté le délai de recours ;
- l'arrêté attaqué est entachée de l'incompétence de son signataire ;
- l'avis de l'architecte des Bâtiments de France était obligatoire, en application de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme, le projet étant visible en même temps que la Tour Eiffel ;
- le dossier de permis de construire est incomplet et méconnait les articles R. 431-8 et 9 ainsi que R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les règles relatives au gabarit enveloppe ;
- il méconnaît l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 5 avril 2023, la société Linkcity Ile-de-France, représentée par Me Cloché-Dubois, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, les requérants ne justifiant pas d'un intérêt à agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé et que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme est inopérant.
Par courrier du 5 avril 2024, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur un moyen relevé d'office tiré de ce que l'autorisation a été délivrée par une autorité incompétente au regard de l'article R. 422-2 du code de l'urbanisme réservant au préfet dans le département la compétence pour délivrer les permis de construire pour les projets réalisés pour le compte d'un Etat étranger.
Le 5 avril 2024, la société Linkcity a répondu au moyen soulevé d'office.
Le 9 avril 2024, la maire de Paris a répondu au moyen soulevé d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Voillemot, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique ;
- les observations de Mme A, requérante ;
- et les observations de Me Cloché-Dubois, avocat de la société Linkcity.
Une note en délibéré, enregistrée le 11 avril 2024, a été présentée par la société Linkcity et non communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. La République de Cuba est propriétaire d'un terrain cadastré DL 16 au 12 et 14 rue de Presles à Paris (75015). Cette parcelle DL 16 a été divisée en deux parcelles DL 16 A et DL 16 B par un permis d'aménager accordé à la République de Cuba par un arrêté du préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris du 11 février 2022. Sur la parcelle DL 16 A, cette même autorité administrative a, par un arrêté du 1er juillet 2022, accordé à la République de Cuba un permis de construire valant permis de démolir en vue de la démolition du bâtiment provisoire et de l'extension de l'ambassade, avec la création d'un bâtiment du sous-sol au R + 7, dont le rez-de-chaussée destiné à devenir le consulat de Cuba. Sur la parcelle DL 16 B, la société Linkcity Ile-de-France a sollicité de la maire de Paris un permis de construire un bâtiment à R + 5 à destination d'habitation après démolition totale du local technique existant. La maire de Paris a fait droit à cette demande par un arrêté du 20 avril 2022. Par un courrier du 29 avril 2022, la maire de Paris a invité le pétitionnaire à présenter ses observations sur un éventuel retrait de cet arrêté, supposé illégal. Par un arrêté du 4 mai 2022, la maire de Paris a retiré le permis de construire valant permis de démolir délivré tacitement à la société Linkcity Ile-de-France, et lui a expressément accordé un nouveau permis de construire valant permis de démolir pour son projet, assorti de prescriptions. Les requérants ont formé un recours gracieux le 25 août 2022 contre ce permis de construire, rejeté implicitement. Ils demandent l'annulation de cet arrêté en tant qu'il accorde à la société Linkcity Ile-de-France ce nouveau permis de construire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article L. 2511-27 du code général des collectivités territoriales : " Le maire de la commune peut donner sous sa surveillance et sa responsabilité, par arrêté, délégation de signature () aux responsables de services communaux. () ".
3. Par un arrêté du 15 mars 2022, régulièrement publié au bulletin municipal officiel de la Ville de Paris du 18 mars suivant, la maire de Paris a donné délégation à M. B C, chef du service du permis de construire et du paysage de la rue, signataire de l'arrêté attaqué du 4 mai 2022, à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives aux permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France :
4. Selon l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. () ". L'article L. 621-32 du même code dispose que : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues à l'article L. 632-2 et L. 632-2-1 ". Aux termes de l'article L. 632-2 de ce code dans sa version applicable en l'espèce : " I. - () / Le permis de construire, le permis de démolir, le permis d'aménager, l'absence d'opposition à déclaration préalable, l'autorisation environnementale prévue à l'article L. 181-1 du code de l'environnement ou l'autorisation prévue au titre des sites classés en application de l'article L. 341-10 du même code tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent I. / En cas de silence de l'architecte des Bâtiments de France, cet accord est réputé donné () ". Aux termes de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, l'autorité compétente recueille l'accord () de l'architecte des Bâtiments de France ".
5. Il résulte de la combinaison des articles L. 621-30, L. 621-32, du I de l'article L. 632-2 du code du patrimoine et de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les permis de construire portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause.
6. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le projet est situé à plus de cinq cents mètres de la Tour Eiffel et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait situé à moins de cinq cents mètres et visible d'un monument historique ou visible en même temps que lui. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'architecte des Bâtiments de France ne se serait pas prononcé au regard d'un dossier complet alors même que des plans ont été produits par le pétitionnaire le jour de sa saisine. Dans ces circonstances, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'avis de l'architecte des Bâtiments de France émis le 7 janvier 2022 est entaché d'illégalité.
En ce qui concerne le caractère complet du dossier :
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. ". Enfin, l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dans sa rédaction en vigueur du 27 mars au 1er septembre 2022 prévoyait la réalisation et la production de divers études et documents tous relatifs à l'impact sur l'environnement des projets urbanistiques, leur conformité aux règles d'assainissement, aux règles parasismiques et para cycloniques, à la prévention des risques naturels prévisibles des risques miniers, les exigences de performance énergétique et environnementale, pour l'essentiel.
9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'état initial du terrain, dont la végétation existante, est décrit dans la présentation des opérations (PC04a) qui précise que " la partie non bâtie de la parcelle est pourvue d'un revêtement bitumeux et de petits espaces végétalisés. Elle sert actuellement de cour intérieure " et les végétaux existants figurent sur les photographies de l'état existant du terrain (PC27). En outre, il ressort de la présentation des opérations (PC04a) que la configuration permettra de dégager un espace pour un jardin intérieur d'environ 60 m², qu'il sera aménagé en pelouse accessible et planté d'un arbre de moyenne tige. Enfin, le plan masse (PC02a) mentionne la plantation de l'arbre de moyenne tige. Ainsi, le dossier comporte les éléments nécessaires sur la végétation existante ainsi que sur les plantations maintenues, supprimées ou créées. D'autre part, il est constant que le projet est situé au-dessus du niveau des plus hautes eaux connues (PHEC) et que le plan de masse comportait les indications suffisantes pour que l'administration apprécie la légalité de projet par rapport à la règlementation applicable même en l'absence de cotes rattachées au système altimétrique de référence de ce plan de prévention des risques d'inondation. Si le formulaire cerfa ne mentionne pas de places de stationnement existantes, cet élément est sans incidence sur le caractère complet du dossier dès lors que l'emplacement dont fait état les requérants constitue uniquement une surface bitumée. La circonstance que cet espace puisse être utilisé pour le stationnement de véhicules ne suffit pas à le qualifier de places de stationnement. Par conséquent, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de permis de construire doit être écarté. Enfin, si les requérants soutiennent qu'en vertu de l'article R. 431-16 le projet doit être accompagné de l'" attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception () ", ils ne précisent pas quelle disposition du plan de prévention des risques d'inondation aurait subordonnée la construction projetée à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation au sens du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :
10. Aux termes de l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Nonobstant les dispositions du présent article UG.7 et de l'article UG.10.3, l'implantation d'une construction en limite séparative peut être refusée si elle a pour effet de porter gravement atteinte aux conditions d'éclairement d'un immeuble voisin ou à l'aspect du paysage urbain, et notamment à l'insertion de la construction dans le bâti environnant. () ". Au sens de ces dispositions, l'atteinte grave aux conditions d'éclairement suppose une obstruction significative de la lumière, qui ne saurait se réduire à une simple perte d'ensoleillement.
11. En se bornant à soutenir que l'édification d'un immeuble en R+5 sur l'emplacement d'un espace actuellement libre va gravement porter atteinte à la " maison immédiatement voisine ", sans produire aucune pièce susceptible d'établir la réalité de cette allégation, les requérants n'établissent pas que les dispositions de l'article UG 7.1 précitées ont été méconnues. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 10.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :
12. Si les requérants soutiennent que les règles relatives au gabarit-enveloppe ont été méconnues dès lors que le pétitionnaire a appliqué celles applicables au prospect sur voie de 10 mètres et produit un plan, dont la provenance n'est pas identifiable, avec une indication de la largeur de la voie de 8,82 mètres, il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment de l'atlas du PLU et des indications du service de la topographie que la rue de Presles a bien une largeur de 10 mètres. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article UG 10.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :
13. Aux termes de l'article UG.11.1 : " () L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () ". Aux termes des dispositions du 1° de l'article UG.11.1.4 du même règlement, relatives au traitement des rez-de-chaussée : " () Le traitement des ouvertures (halls d'entrée, parcs de stationnement, portes et baies) doit privilégier une implantation dans le plan de la façade ; les retraits ne sont admis qu'en raison d'une expression architecturale répondant à une meilleure insertion dans l'environnement ou pour des impératifs de sécurité justifiés ; les transparences entre la rue et les espaces libres doivent être privilégiées. / Les rez-de-chaussée doivent présenter des façades les plus ouvertes possible en évitant l'implantation directement en façade sur voies de locaux aveugles (locaux techniques, de service) ; les parties pleines doivent être les plus limitées possibles de façon à éviter l'affichage ou la mise en œuvre de graffitis. ".
14. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'adaptera aux niveaux des immeubles voisins pour créer une construction homogène, nonobstant la présence d'une maison individuelle de type R+1, seule construction de cette hauteur dans la rue de Presles, et s'inscrit dans une rue comportant des constructions de tailles et de styles hétérogènes et non, comme il est soutenu par les requérants, uniquement de style haussmannien. En outre, la circonstance que son architecture soit contemporaine, comme la plupart des immeubles de cette rue, et que des matériaux non utilisés dans les autres constructions soient prévus, ne permet pas de démontrer que le projet est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants alors que les façades sont traitées de façon homogène garantissant une bonne intégration et que les matériaux et couleurs choisis permettent une bonne insertion. Enfin, si le rez-de-chaussée comprend un habillage en tôle perforée, cet élément n'est pas de nature à caractériser une méconnaissance des dispositions du 1° de l'article UG.11.1.4 comportant une simple recommandation d'éviter l'implantation directement en façade sur voies de locaux aveugles. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :
15. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
16. Les dispositions de l'article UG 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, qui sont d'ailleurs reprises au point UG 11.1, et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles, également invoquées par les requérants, résultant de l'article R. 111-27. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :
17. Il est constant que l'article UG 12 du règlement du plan local d'urbanisme n'impose aucune norme en matière de stationnement de véhicule pour les constructions à destination de logements. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 12 et UG 12.1 est inopérant.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
18. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
19. Il ressort des pièces du dossier que les façades auront une ossature en bois. L'avis du 28 avril 2022 des services de la préfecture de Police ne comporte que des recommandations et uniquement dans l'hypothèse où la structure de l'immeuble serait réalisée en bois. Dans ces conditions, la maire de Paris n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne refusant pas le permis de construire sur le fondement des dispositions précitées.
20. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la société Linkcity Ile-de-France et la Ville de Paris, que les conclusions des requérants tendant à l'annulation partielle de l'arrêté du 4 mai 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacles à ce que soit mise à la charge de la Ville de Paris qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que demande les requérants au titre des frais liés au litige. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros à verser à la société Linkcity Ile-de-France au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A et de la SCI d'Artogne est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront une somme de 1 500 euros à la société Linkcity Ile-de-France au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié M. et Mme A, à la SCI d'Artogne, à la société Linkcity Ile-de-France, à l'ambassadeur de la République de Cuba, au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris et à la maire de Paris.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Simonnot, président,
Mme Voillemot, première conseillère,
M. Paret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
Le rapporteur,
C. VOILLEMOT
Le président,
J-F. SIMONNOT
La greffière,
S. RAHMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401325
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société SFR pour l’implantation d’antennes de radiotéléphonie mobile à Paris 13e. Le tribunal a d’abord jugé que M. B... ne justifiait pas d’un intérêt à agir suffisant au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme, car il n’a pas démontré que le projet affecterait directement ses conditions de jouissance de son bien. Par suite, la requête a été déclarée irrecevable, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, notamment ceux tirés de l’absence d’avis de l’architecte des bâtiments de France ou de la méconnaissance de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324980
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contestant son expulsion du territoire français en urgence absolue, décidée par le ministre de l'intérieur le 22 octobre 2023. Le tribunal a jugé que la procédure d'urgence absolue, prévue à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispensait de consulter la commission spéciale d'expulsion, et que les autres moyens, notamment le détournement de procédure et la méconnaissance des articles L. 631-3 et L. 252-1, n'étaient pas fondés.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431132
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui demandait l’annulation d’un arrêté d’expulsion du 21 octobre 2024 et de la décision d’assignation à résidence prise le même jour par le préfet de police. Le tribunal a jugé que l’arrêté d’expulsion était suffisamment motivé et que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en considérant la présence de l’intéressé comme une menace grave pour l’ordre public, au vu de ses condamnations pénales. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, sans que ces derniers soient méconnus.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432395
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A... qui demandait l'annulation des décisions du garde des sceaux refusant son changement de nom de « A... » en « Sallaberry ». Le tribunal a écarté les moyens soulevés, jugeant que la décision de refus était suffisamment motivée au regard de l'article 6 du décret n°94-52 du 20 janvier 1994, et que l'absence d'enquête préalable n'entachait pas la procédure d'irrégularité. Sur le fond, il a estimé que les motifs affectifs invoqués par la requérante ne constituaient pas, en l'espèce, un intérêt légitime au sens de l'article 61 du code civil justifiant de déroger au principe de fixité du nom.
06/01/2026