vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2226863 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND - CGCB (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 décembre 2022 et le 13 avril 2023, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 13 rue de la Presles à Paris (75015), représenté par son syndic, la société Jean Charpentier, M. G O, Mme M Q, M. et Mme K et P J, Mme E D, M. et Mme B et C H, Mme A N, M. et Mme F et I L et R, représentés par Me Aldigier, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler, à titre principal, les articles 2 et suivant de l'arrêté du 4 mai 2022 par lequel la maire de Paris a accordé un permis de construire à la société Linkcity Ile-de-France pour la construction d'un bâtiment à R+5 à destination d'habitation et comportant 12 logements sur une parcelle cadastrée DL n°16 située 12-14 rue de Presles dans le 15ème arrondissement de Paris ;
2°) d'annuler, à titre subsidiaire, l'arrêté du 4 mai 2022 par lequel la maire de Paris a accordé un permis de construire à la société Linkcity Ile-de-France ;
3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable car ils justifient d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué est entachée de l'incompétence de son auteur dès lors aurait dû être signé par le préfet et non par la maire de Paris, le projet constituant un ensemble immobilier unique réalisé pour le compte d'un Etat étranger ;
- il méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il ne fait pas état de ce que son auteur agi en qualité de délégataire de la maire de Paris ;
- il méconnaît le principe d'indivisibilité du permis de construire ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UG 2.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;
- il est illégal par voie de conséquence de l'illégalité du permis d'aménager.
Par un mémoire, enregistré le 8 mars 2023, la société Linkcity Ile-de-France, représentée par Me Cloché-Dubois et Me Pichon-Varesio, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, les requérants ne justifiant pas d'un intérêt à agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La société Linkcity Ile-de-France et la Ville de Paris ont présenté respectivement le 5 avril 2024 et le 9 avril 2024 des réponses à un moyen soulevé d'office relatif à la compétence du signataire de l'arrêté attaqué, dans des requêtes introduites par d'autres requérants et dirigées contre le même arrêté attaqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de Paris ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Voillemot, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique ;
- les observations de Me Arnoult, avocat des requérants ;
- et les observations de Me Cloché-Dubois, avocat de la société Linkcity.
Une note en délibéré, présentée pour la société Linkcity, a été enregistrée le 11 avril 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. La République de Cuba est propriétaire d'un terrain cadastré DL 16 au 12 et 14 rue de Presles à Paris (75015). Cette parcelle DL 16 a été divisée en deux parcelles DL 16 A et DL 16 B par un permis d'aménager accordé à la République de Cuba par un arrêté du préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris du 11 février 2022. Sur la parcelle DL 16 A, cette même autorité administrative a, par un arrêté du 1er juillet 2022, accordé à la République de Cuba un permis de construire valant permis de démolir en vue de la démolition du bâtiment provisoire et de l'extension de l'ambassade, avec la création d'un bâtiment du sous-sol au R + 7, dont le rez-de-chaussée destiné à devenir le consulat de Cuba. Sur la parcelle DL 16 B, la société Linkcity Ile-de-France a sollicité de la maire de Paris un permis de construire un bâtiment à R + 5 à destination d'habitation après démolition totale du local technique existant. La maire de Paris a fait droit à cette demande par un arrêté du 20 avril 2022. Par un courrier du 29 avril 2022, la maire de Paris a invité le pétitionnaire à présenter ses observations sur un éventuel retrait de cet arrêté, supposé illégal. Par un arrêté du 4 mai 2022, la maire de Paris a retiré le permis de construire valant permis de démolir délivré tacitement à la société Linkcity Ile-de-France, et lui a expressément accordé un nouveau permis de construire valant permis de démolir pour son projet, assorti de prescriptions. Les requérants ont formé un recours gracieux le 8 septembre 2022, implicitement rejeté. Ils demandent, à titre principal, l'annulation de l'arrêté en tant qu'il accorde à la société Linkcity Ile-de-France ce nouveau permis de construire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article L. 422-2 du même code : " Par exception aux dispositions du a de l'article L. 422-1, l'autorité administrative de l'Etat est compétente pour se prononcer sur un projet portant sur : a) Les travaux, constructions et installations réalisés pour le compte de l'Etat, de la région, de la collectivité territoriale de Corse, du département, de leurs établissements publics et concessionnaires ainsi que pour le compte d'Etats étrangers ou d'organisations internationales ". Enfin, aux termes de l'article R. 422-2 du même code : " Le préfet est compétent pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable dans les communes visées au b de l'article L. 422-1 et dans les cas prévus par l'article L. 422-2 dans les hypothèses suivantes : a) Pour les projets réalisés pour le compte de l'Etat, de la région, de la collectivité de Corse, du département, de leurs établissements publics ou de leurs concessionnaires, ainsi que pour le compte d'un Etat étranger ou d'une organisation internationale ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire autorise la construction de douze logements par la société Linkcity, dont il n'est pas contesté qu'elle est bénéficiaire d'une promesse de vente sur la parcelle DL 16 B, et que les logements projetés sont destinés à être vendus en l'état futur d'achèvement. En outre, comme précisé au point 1 du présent jugement, si deux projets de construction ont été autorisés sur les parcelles issues de la division de la parcelle DL 16, ces derniers qui concernent des bâtiments qui présentent des entrées propres et dont la circulation intérieure, tant verticale qu'horizontale, se fait de manière indépendante. Par ailleurs, l'existence de l'un de ces bâtiments n'est pas légalement conditionnée par l'existence de l'autre. Ils ne constituent donc pas un même projet global. Ainsi, le projet ne peut être regardé comme réalisé pour le compte d'un Etat étranger, relevant de la compétence du préfet dans le département, alors même qu'un second permis de construire a été déposé concomitamment pour l'extension de l'ambassade de Cuba sur la parcelle DL 16 A. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration :
4. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ". Il ressort de la décision attaquée qu'elle comporte la signature de son auteur et mentionne, le nom, le prénom et la qualité de sa signataire. En outre, la circonstance que la mention précisant que le signataire a signé par délégation de la maire de Paris soit en partie effacée sur l'exemplaire produit n'est pas de nature à démontrer la méconnaissance des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code précité manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance du principe de divisibilité du permis de construire :
5. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords () ".
6. Il résulte de ces dispositions que le permis de construire a pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'il autorise avec la législation et la réglementation d'urbanisme. Il s'ensuit, d'une part, que si une construction constituée de plusieurs éléments formant, en raison des liens physiques ou fonctionnels entre eux, un ensemble immobilier unique, doit en principe faire l'objet d'un seul permis de construire, ces dispositions ne font pas obstacle à ce que, lorsque l'ampleur et la complexité du projet le justifient, notamment en cas d'intervention de plusieurs maîtres d'ouvrage, les éléments de la construction ayant une vocation fonctionnelle autonome puissent faire l'objet de permis distincts, sous réserve que l'autorité administrative ait vérifié, par une appréciation globale, que le respect des règles et la protection des intérêts généraux que garantirait un permis unique sont assurés par l'ensemble des permis délivrés. Il s'ensuit, d'autre part, que lorsque deux constructions sont distinctes, la seule circonstance que l'une ne pourrait fonctionner ou être exploitée sans l'autre, au regard de considérations d'ordre technique ou économique et non au regard des règles d'urbanisme, ne suffit pas à caractériser un ensemble immobilier unique.
7. Il ressort des pièces du dossier, et comme il a été dit au point 3, que les deux bâtiments projetés implantés sur les parcelles DL 16 A et DL 16 B présentent des entrées propres et que la circulation, tant verticale qu'horizontale, à l'intérieur de ceux-ci, se fait de manière indépendante. Par ailleurs, l'existence de l'un de ces bâtiments n'est pas légalement conditionnée par l'existence de l'autre. Enfin, la circonstance que ceux-ci aient fait l'objet d'une conception commune est sans influence pour déterminer si ces biens constituent un ensemble immobilier unique au sens de ce qui a été rappelé au point précédent. Dans ces conditions, compte tenu de l'indépendance structurelle et donc physique de ces deux bâtiments et de l'absence de liens fonctionnels entre eux, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'ils forment un ensemble immobilier unique et que c'est à tort que la construction de chacun d'entre eux a conduit au dépôt d'un permis de construire distinct. Ce moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UG 2.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris :
8. Aux termes du VIII intitulé " Définitions " du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " () / Pour la détermination de la destination d'un ensemble de locaux présentant par leurs caractéristiques une unité de fonctionnement et relevant d'un même gestionnaire, il est tenu compte exclusivement de la destination principale de ces locaux, sous réserve des dispositions particulières précisées ci-après (logements de fonction, ateliers d'artistes, commerce, entrepôts, artisanat). / Habitation : / Cette destination comprend tous les logements, y compris les logements de fonction et les chambres de service. Elle exclut les logements visés dans la définition de l'hébergement hôtelier. Elle inclut les chambres d'hôtes et les logements mis à disposition occasionnellement en cas d'absence de durée limitée de leurs occupants en titre. / () / CINASPIC (constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif) et Locaux nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif : / Ces constructions et locaux recouvrent les destinations correspondant aux catégories suivantes : / les () ambassades, consulats, () ; ". En vertu de l'article UG 2.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " 1 - Dans la zone de déficit en logement social délimitée aux documents graphiques du règlement, tout projet de construction neuve, de restructuration lourde ou de changement de destination, entrant dans le champ d'application du permis de construire ou de la déclaration préalable portant sur la création de surfaces d'habitation doit prévoir d'affecter au logement locatif social* au moins 30 % de la surface de plancher relevant de la destination* Habitation, créée, transformée ou objet du changement de destination. / Ces dispositions ne sont pas applicables : / si la surface de plancher d'habitation est inférieure à 800 m² ; / (). En cas de division d'un terrain, l'obligation s'applique globalement audit terrain. / () ".
9. En premier lieu, il ressort de ce qui a été indiqué au point 7 que les projets de construction assis sur les terrains DL 16 A et DL 16 B ne forment pas un ensemble immobilier unique et pouvaient donc, légalement, faire l'objet de deux permis de construire distincts. Par ailleurs, il ressort expressément du 1° de l'article UG 2.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris applicable au projet en cause, dès lors qu'il est situé dans la zone de déficit en logement social, que l'obligation fixée par ce texte s'applique à l'ensemble d'un terrain, alors même que celui-ci a fait l'objet d'une division parcellaire. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en présentant une demande de permis de construire distincte pour les parcelles DL 16 A et DL 16 B, la République de Cuba et le pétitionnaire n'ont pas permis au service instructeur d'apprécier correctement le respect, par le projet autorisé, de l'obligation de construction de logements sociaux prévue au 1° de l'article UG 2.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris.
10. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement du document PC04a qui présente le projet d'extension de l'ambassade de Cuba sur la parcelle DL 16 A que si le rez-de-chaussée du bâtiment est destiné à accueillir le nouveau consulat de cet Etat, implanté au rez-de-chaussée, les autres niveaux du bâtiment, qui constituent l'extension de l'ambassade et sont accessibles par une entrée privée et indépendante sur la rue, accueilleront des unités d'accueil de passage pour le personnel cubain. Les requérants soutiennent que la surface de plancher de ces unités d'accueil relève de la destination " Habitation " au sens du règlement du plan local d'urbanisme de Paris, si bien qu'elle doit être prise en compte dans le cadre de l'application de l'article UG 2.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris relatif à la création de surface de logement locatif social.
11. Toutefois, d'une part, le projet de construction assis sur la parcelle DL 16 A constitue, en ce qui concerne ses étages et comme cela a été indiqué précédemment, une extension de l'ambassade cubaine, si bien qu'elle relève de la destination de CINASPIC au sens et pour l'application du règlement du plan local d'urbanisme de Paris. Si ces étages sont organisés en unités d'accueil, celles-ci visent uniquement à recevoir temporairement le personnel cubain de passage à Paris dans le cadre de l'exercice de fonctions diplomatiques, notamment, et ne sont donc pas détachables de la destination générale de l'ambassade, qui constitue un CINASPIC. La circonstance que le formulaire d'attestation de prise en compte de la réglementation thermique mentionne une surface habitable de 679,50 m² est sans incidence sur ce point. Il en va de même de la circonstance que la commission de sécurité de la préfecture de police a, dans son avis du 24 mai 2022, qualifié ces unités d'accueil d'habitation au sens de la législation du code de la construction et de l'habitation, dès lors que l'usage d'une telle qualification, par le service chargé d'apprécier la conformité du projet aux règles de sécurité, est sans influence sur la détermination, par l'autorité administrative compétente en matière d'urbanisme, de la destination du bâtiment au regard des règles du droit de l'urbanisme. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les surfaces de plancher créées dans les étages du bâtiment assis sur la parcelle DL 16 A constituaient des surfaces de plancher relevant de la destination " Habitation ". Ainsi, sur le terrain divisé formé des parcelles DL 16 A et DL 16 B, seul le bâtiment assis sur cette dernière parcelle et dont la construction a été autorisée par l'arrêté attaqué présente des surfaces de plancher destinées à l'habitation. Celles-ci s'élevant à 798 m2, et donc à moins de 800 m2, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a méconnu les dispositions de l'article UG 2.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris en autorisant le projet de construction alors qu'il ne prévoit pas la création de logements sociaux. Ce moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne l'illégalité de l'arrêté attaqué par voie de conséquence de l'annulation du permis d'aménager :
12. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. Une autorisation d'occupation des sols délivrée sur l'un des lots issus d'une division foncière ayant donné lieu à un permis d'aménager n'est pas prise pour l'application de la décision par laquelle l'administration a délivré l'autorisation de diviser le terrain, cette dernière ne constituant pas non plus la base légale de la première. Par suite, l'illégalité de l'arrêté portant autorisation d'aménagement ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre l'autorisation d'occupation des sols. En outre, le permis d'aménager du 11 février 2022 n'a pas fait l'objet d'une annulation. Ainsi, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est illégal par voie de conséquence de l'annulation du permis d'aménager du 11 février 2022 ne peut qu'être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la société Linkcity Ile-de-France et la Ville de Paris, que les conclusions des requérants tendant à l'annulation partielle de l'arrêté du 4 mai 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacles à ce que soit mise à la charge de la Ville de Paris et de la société Linkcity Ile-de-France, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, la somme que demande les requérants au titre des frais liés au litige. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme 1 500 euros à verser à la société Linkcity Ile-de-France au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 13 rue de la Presles à Paris (75015), M. O, Mme Q, M. et Mme J, Mme D, M. et Mme H, Mme N, M. et Mme L et R est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront la somme de 1 500 euros à la société Linkcity Ile-de-France au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'immeuble du 13 rue de la Presles à Paris (75015), M. G O, Mme M Q, M. et Mme K et P J, Mme E D, M. et Mme B et C H, Mme A N, M. et Mme F et I L et R, à la société Linkcity Ile-de-France, à l'ambassadeur de la République de Cuba, au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Simonnot, président,
Mme Voillemot, première conseillère,
M. Paret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
Le rapporteur,
C. VOILLEMOT
Le président,
J-F. SIMONNOT
La greffière,
S. RAHMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401325
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société SFR pour l’implantation d’antennes de radiotéléphonie mobile à Paris 13e. Le tribunal a d’abord jugé que M. B... ne justifiait pas d’un intérêt à agir suffisant au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme, car il n’a pas démontré que le projet affecterait directement ses conditions de jouissance de son bien. Par suite, la requête a été déclarée irrecevable, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, notamment ceux tirés de l’absence d’avis de l’architecte des bâtiments de France ou de la méconnaissance de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324980
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contestant son expulsion du territoire français en urgence absolue, décidée par le ministre de l'intérieur le 22 octobre 2023. Le tribunal a jugé que la procédure d'urgence absolue, prévue à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispensait de consulter la commission spéciale d'expulsion, et que les autres moyens, notamment le détournement de procédure et la méconnaissance des articles L. 631-3 et L. 252-1, n'étaient pas fondés.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431132
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui demandait l’annulation d’un arrêté d’expulsion du 21 octobre 2024 et de la décision d’assignation à résidence prise le même jour par le préfet de police. Le tribunal a jugé que l’arrêté d’expulsion était suffisamment motivé et que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en considérant la présence de l’intéressé comme une menace grave pour l’ordre public, au vu de ses condamnations pénales. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, sans que ces derniers soient méconnus.
06/01/2026