Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I. Sous le n° 2300586, par une ordonnance du 9 janvier 2023, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le magistrat délégué du tribunal administratif de Toulon a transmis au tribunal, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme A... B....
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Toulon le 11 novembre 2022, et un mémoire récapitulatif, enregistré le 22 décembre 2025, Mme B..., représentée par Me Franck Bourrel, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’annuler la décision du 25 octobre 2023 par laquelle le directeur de la caisse des dépôts et consignations (CDC), établissement gestionnaire de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL), a rejeté sa demande de révision de sa pension de retraite pour invalidité et son brevet de pension ;
2°) d’enjoindre à la CNRACL de réviser son titre de pension de retraite en prenant en compte l’imputabilité au service de son inaptitude au taux global de 53 % et en lui attribuant une rente viagère d’invalidité ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la CNRACL et du centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l’irrégularité de la consultation du conseil médical entache la décision d’un vice de procédure de nature à entraîner son illégalité ;
- la décision attaquée est entachée d’erreurs matérielles et d’une erreur d’appréciation de l’imputabilité de sa dépression au service et du lien entre son invalidité et ses pathologies imputables au service.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 juillet, 22 août, 15 et 24 novembre 2023, la CDC, gestionnaire de la CNRACL, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B... ne sont pas fondés.
Le CNFPT, représenté par son président, a présenté des observations, enregistrées les 22 novembre et 19 décembre 2023, 12 et 19 janvier, 15 février et 11 mars 2024 et 12 janvier 2026 (ces dernières non communiquées).
II. Sous le n° 2329483, par une requête et des mémoires enregistrés les 23 décembre 2023, 15 juillet et 25 septembre 2024, Mme B..., représentée par Me Franck Bourrel, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’annuler la décision du 25 octobre 2023 par laquelle le directeur de la caisse des dépôts et consignations (CDC), établissement gestionnaire de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL), a rejeté sa demande de révision de sa pension de retraite pour invalidité et son brevet de pension ;
2°) d’enjoindre à la CNRACL de réviser son titre de pension de retraite en prenant en compte l’imputabilité au service de son inaptitude au taux global de 53 % en lui attribuant une rente viagère d’invalidité ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la CNRACL et du centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l’irrégularité de la consultation du conseil médical entache la décision d’un vice de procédure de nature à entraîner son illégalité ;
- le caractère non opposable à la CNRACL de la reconnaissance de l’imputabilité au service au titre d’une ITT n’implique pas, par principe, le rejet de sa reconnaissance au titre d’une IPP ;
- la décision est entachée d’erreurs matérielles et d’une erreur d’appréciation de l’imputabilité de sa dépression au service et du lien entre son invalidité et ses pathologies imputables au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, la CDC, gestionnaire de la CNRACL, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B... ne sont pas fondés.
Le CNFPT, représenté par son président, a présenté des observations, enregistrées les 13 septembre et 12 novembre 2024.
Vu les pièces des dossiers.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Julinet, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Medjahed, rapporteur public ;
- et les observations de Me Bourrel pour Mme B... et de M. C... pour le CNFPT.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 juillet 2022, Mme A... B..., né le 9 août 1963, rédactrice territoriale au centre nationale de la fonction publique territoriale (CNFPT), a été admise à la retraite pour invalidité à compter du 1er septembre 2022. Par un courrier du 25 août 2022, le directeur général de la caisse des dépôts et consignations (CDC), établissement gestionnaire de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) l’a informée qu’une pension de retraite pour invalidité lui avait été attribuée à compter du 1er septembre 2022 et lui a adressé le brevet de pension en attestant et le décompte de pension récapitulant les éléments pris en compte pour sa liquidation. Par un courrier du 19 septembre 2022, Mme B... a demandé la révision de sa pension, contestant notamment le pourcentage d’invalidité retenu, la non reconnaissance de l’imputabilité au service de la maladie contribuant à son inaptitude et le refus qui en découle d’assortir sa pension d’une rente viagère d’invalidité. Par une décision du 29 septembre 2022, la CNRACL a rejeté sa demande. Par la requête n° 2300586, Mme B... a demandé l’annulation de cette décision. Par un courrier du 11 juillet 2023, la CNRACL en a informé le CNFPT et lui a demandé, afin de pouvoir réexaminer sa situation, de justifier du caractère divergent de l’avis non motivé de la commission de réforme du 25 janvier 2021 sur la base duquel elle a liquidé la pension de Mme B... et rejeté son recours et de celui du médecin qui avait procédé le 22 octobre 2019 à son expertise ou, à défaut, de revoir sa position. Le CNFPT a alors décidé de soumettre le dossier de Mme B... à la prochaine séance du conseil médical des fonctionnaires des collectivités locales siégeant en formation plénière pour obtenir un avis motivé et en a informé la CNRACL par un courrier du 2 août 2023. Par ce courrier du 11 juillet 2023, la CNRACL doit être regardée, en reprenant l’instruction, comme ayant implicitement mais nécessairement retiré sa décision du 29 septembre 2022, et cette décision de retrait est devenue définitive. Par une décision du 25 octobre 2023 prise sur la base de l’avis rendu par le conseil médical dans sa séance du 28 septembre 2023, la CNRACL a à nouveau rejeté le recours de Mme B.... Dans le dernier état de ses écritures sous le n° 2300586 et par sa requête n° 2329483, Mme B... demande l’annulation de cette décision et de son brevet de pension.
2. Les requêtes susvisées n° 2304532 et n° 2304534, présentées pour Mme B..., concernent la situation d’un même fonctionnaire, sont dirigées contre les mêmes décisions et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur le cadre juridique du litige :
3. Aux termes de l’article 30 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales : « Le fonctionnaire qui se trouve dans l'impossibilité définitive et absolue de continuer ses fonctions par suite de maladie, blessure ou infirmité grave dûment établie peut être admis à la retraite soit d'office, soit sur demande. / (…) ». Aux termes de l’article 31 du même décret : « La formation plénière du conseil médical dont relève l'agent, en vertu des dispositions du titre Ier du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ou du titre Ier du décret n° 88-386 du 19 avril 1988 modifié relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, est compétente, dans les conditions que ces décrets prévoient, pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent ainsi que l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. / Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. / Les énonciations de cette décision ne peuvent préjuger ni de la reconnaissance effective du droit, ni des modalités de liquidation de la pension, ces dernières n'étant déterminées que par l'arrêté de concession. / (…) ». Aux termes de l’article 36 dudit décret : « Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées, soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes, peut être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office, (…) et a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Par dérogation à l'article 19, cette pension est revalorisée dans les conditions fixées à l'article L. 341-6 du code de la sécurité sociale ». Aux termes de l’article 37 de ce décret : « I.- Les fonctionnaires qui ont été mis à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 ci-dessus bénéficient d'une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies au troisième alinéa du I de l'article 34, avec la pension rémunérant les services prévus à l'article précédent. / Le bénéfice de cette rente viagère d'invalidité est attribuable si la radiation des cadres ou le décès en activité interviennent avant que le fonctionnaire ait atteint la limite d'âge sous réserve de l'application des articles 1er-1 à 1er-3 de la loi du 13 septembre 1984 susvisée et sont imputables à des blessures ou des maladies survenues dans l'exercice des fonctions ou à l'occasion de l'exercice des fonctions, ou résultant de l'une des autres circonstances énumérées à l'article 36 ci-dessus. / Le droit à cette rente est également ouvert à l'ancien fonctionnaire qui est atteint d'une maladie professionnelle dont l'imputabilité au service est reconnue par le conseil médical postérieurement à la date de la radiation des cadres, dans les conditions définies à l'article 31. Dans ce cas, la mise en paiement de la rente prend effet à la date du dépôt de la demande de l'intéressé, sans pouvoir être antérieure à la date de publication du décret du 17 octobre 2000 susvisé. (…) / (…) / IV.- La rente d'invalidité est liquidée, concédée payée et revalorisée dans les mêmes conditions que la pension prévue à l'article 36 ». Aux termes de l’article 39 de ce décret : « Le fonctionnaire qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service peut être mis à la retraite par anticipation soit sur demande, soit d'office (…). L'intéressé a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite sous réserve que ses blessures ou maladies aient été contractées ou aggravées au cours d'une période durant laquelle il acquérait des droits à pension. Par dérogation à l'article 19, cette pension est revalorisée dans les conditions fixées à l'article L. 341-6 du code de la sécurité sociale. / Le taux d'invalidité est déterminé compte tenu du barème indicatif prévu pour les fonctionnaires de l'Etat par le quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite ».
4. Aux termes de l’article 7 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : « (…) / II.- Lorsque sa situation fait l'objet d'un examen par un conseil médical réuni en formation plénière, le secrétariat du conseil médical informe le fonctionnaire de la date à laquelle le conseil médical examinera son dossier, de son droit à consulter son dossier et de son droit d'être entendu par le conseil médical. / (…) / III.- Le fonctionnaire peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. Il peut, en outre, être accompagné ou représenté par une personne de son choix. / Dix jours au moins avant la réunion du conseil médical, le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de son dossier, dont la partie médicale peut lui être communiquée, sur sa demande ou par l'intermédiaire d'un médecin. / Le fonctionnaire intéressé et l'autorité territoriale peuvent faire entendre le médecin de leur choix par le conseil médical. / S'il le juge utile, le conseil médical entend le fonctionnaire intéressé. / (…) ».
5. Lorsqu’il est saisi d’un litige en matière de pension, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l’intéressé en tenant compte de l’ensemble des circonstances de fait qui résultent de l’instruction, sauf à renvoyer à l'administration compétente, et sous son autorité, le règlement de tel aspect du litige dans des conditions précises qu'il lui appartient de fixer, et aussi, le cas échéant, d’apprécier, s’il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d’ordre public, la régularité de la décision en litige.
Sur la régularité de la décision du 25 octobre 2023 :
6. Les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements. Un vice affectant le déroulement d’une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n’est de nature à entacher d’illégalité la décision prise que s’il ressort des pièces du dossier qu’il a été susceptible d’exercer une influence sur le sens de la décision prise ou qu’il a privé l’intéressé d’une garantie.
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B... a été informée de la date du 28 septembre 2023 à laquelle le conseil médical a examiné son dossier, de son droit à consulter son dossier et de son droit à être entendue par le conseil médical et qu’elle a été mise à même de présenter des observations écrites, de fournir des certificats médicaux, d’être représentée ou accompagnée par une personne de son choix et de faire entendre le médecin de son choix par le conseil médical. Dès lors, elle est fondée à soutenir que la décision attaquée a été prise à l’issue d’une procédure irrégulière.
8. Il ressort des pièces du dossier que ce vice de procédure a privé Mme B... des garanties que constituent pour tout fonctionnaire la possibilité de consulter son dossier et le caractère contradictoire de la procédure suivie devant le conseil médical. Par suite, il est de nature à entraîner l’annulation de la décision du 25 octobre 2023 par laquelle la CNRACL a rejeté la demande de révision de sa pension de retraite, prise sur le fondement de l’avis du conseil médical émis le 28 septembre 2023.
Sur le bien-fondé des décisions attaquées :
9. Il résulte de l’instruction que, pour apprécier les droits de Mme B... à une pension de retraite pour invalidité et à une rente viagère d’invalidité avant l’émission de son brevet de pension, notamment son taux global d’invalidité et celui associé à chacune de ses maladies et leur imputabilité au service, en particulier de celles ayant contribué à son incapacité permanente de continuer ses fonctions et par suite à sa mise à la retraite pour invalidité, la CDC disposait d’une part du procès-verbal de la séance de la commission de réforme du 25 janvier 2021 indiquant que Mme B... souffre, outre d’un conflit sous acromial et d’un syndrome rotulien droit non imputables au service aux taux respectivement de 5 % et de 3 %, d’une dépression non imputable au service au taux de 15 % et d’une lombosciatique imputable au service au taux de 15 % contractées ou aggravées au cours d’une période durant laquelle elle acquérait des droits à pension et, l’intéressée étant dans un cas de coexistence d’infirmités imputables et non imputables au service, que les blessures ou maladies contractées ou aggravées en service contribuent à sa mise à la retraite pour inaptitude, d’autre part du rapport de l’expertise réalisée le 22 juillet 2019 par un médecin qualifié en psychiatrie concluant que Mme B... souffre d’une dépression au taux de 30 % provoquée par un accident de service ou une maladie professionnelle mais non imputable au service et qu’elle est définitivement inapte à exercer toute fonction et enfin du rapport de l’expertise réalisée le 22 octobre 2019 par un médecin qualifié en rhumatologie concluant que Mme B... souffre, outre d’un conflit sous acromial et d’un syndrome rotulien droit non imputables au service aux taux respectivement de 5 % et de 3 %, d’une lombosciatique gauche au taux de 15 % provoquée par un accident de service ou une maladie professionnelle et imputable au service, qu’elle est définitivement inapte à exercer toute fonction et que les blessures ou maladies contractées ou aggravées en service ne contribuent pas à sa mise à la retraite pour inaptitude. Eu égard au caractère contradictoire de ces éléments, la pension doit être regardée comme ayant été établie, notamment en ce qui concerne le taux d’invalidité résultant de la dépression, l’imputabilité de cette dépression et de la lombosciatique au service, la contribution à la mise à la retraite des maladies imputables au service et, par voie de conséquence, le droit de Mme B... à une rente viagère d’invalidité, sur des bases dont l’exactitude matérielle n’est pas suffisamment établie.
10. Il résulte d’ailleurs de l’instruction, notamment de la mention dans l’avis de la CNRACL du 23 juin 2022 favorable à la mise à la retraite de Mme B... pour invalidité sans rente viagère d’invalidité que son droit à cette rente était toujours à l’étude et de son courrier adressé le même jour au CNFPT, resté sans réponse, lui demandant, au regard de la divergence entre l’avis de la commission de réforme du 25 janvier 2021 et celui du médecin rhumatologue, de transmettre à la commission le dossier médical complet de Mme B... afin qu’elle motive son avis et de lui fournir, concernant l’accident de service dont Mme B... a été victime, le certificat initial et un rapport hiérarchique, que la CNRACL avait conscience, avant d’émettre le brevet de pension, de cette insuffisance. Il en résulte également, notamment des courriers de relance adressés par la CNRACL au CNFPT les 27 septembre 2022, 14 février et 11 juillet 2023 que, faute d’avoir obtenu une réponse avant l’émission du brevet de pension, la CNRACL a tenté de remédier à cette insuffisance et a finalement obtenu le réexamen de la situation de Mme B... par le conseil médical le 28 septembre 2023. Il en résulte toutefois qu’en raison, d’une part, de l’irrégularité de la procédure suivie devant le conseil médical et, d’autre part, de la contradiction entre la mention que les blessures ou maladies contractées ou aggravées en service ne contribuent pas à la mise à la retraite de Mme labiad pour inaptitude et celle concluant à un avis favorable entachant son avis que ces contradictions n’ont pas été levées. Par suite, la décision du 25 octobre 2023 est également entachée d’inexactitude matérielle.
11. Il résulte de tout ce qui précède que le brevet de pension de Mme B..., en tant qu’il n’assortit pas sa pension de retraite pour invalidité d’une rente viagère d’invalidité, et la décision du 25 octobre 2023 en refusant la révision doivent être annulés. Il y a lieu, dès lors, de prescrire à la CNRACL de réexaminer, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, les droits de Mme B... à une pension de retraite pour invalidité assortie d’une rente viagère d’invalidité après avoir régulièrement repris la procédure.
Sur les frais liés au litige :
12. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la CNRACL une somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés par Mme B... et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le brevet de pension de Mme B..., en tant qu’il n’assortit pas sa pension de retraite pour invalidité d’une rente viagère d’invalidité, et la décision de la CNRACL du 25 octobre 2023 sont annulés.
Article 2 : La CNRACL réexaminera, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, les droits de Mme B... à une pension de retraite pour invalidité assortie d’une rente viagère d’invalidité après avoir régulièrement repris la procédure.
Article 3 : La CNRACL versera à Mme B... une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et à la caisse des dépôts et consignations (CDC), établissement gestionnaire de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL).
Un copie en sera adressée au centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).
Délibéré après l'audience du 20 février 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Chounet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2026.
Le rapporteur,
S. JULINET
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.