LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2300718

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2300718

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2300718
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET DARRAS & CHOUMAN - AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 janvier 2023, M. D B, représenté par Me Darras, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 août 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a expulsé du territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Desmouliere,

- les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public.

1. M. D B, de nationalité russe, né le 25 septembre 1981, se disant Iaroslav Gueorguievitch Bataron, a fait l'objet le 24 juin 2015 d'une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de retrait de la qualité de réfugié au motif que cette protection avait été obtenue par fraude. Par arrêté du 24 août 2022, le préfet de police a prononcé son expulsion du territoire français. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, en vertu des dispositions du 2° de l'article 1er du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, " () Les chefs de service, directeurs adjoints, sous-directeurs, tirent leur délégation pour signer des décisions au nom du ministre sous l'autorité duquel ils sont placés et dans le champ de leurs attributions, de l'acte qui les nomme à leur emploi. Par ailleurs, il ressort de l'arrêté du 19 avril 2021, régulièrement publié au Journal officiel de la République française le 21 avril suivant, que M. A C a été nommé sous-directeur des polices administratives à la direction des libertés publiques et des affaires juridiques relevant du secrétariat général du ministère de l'intérieur, pour une durée de trois ans. Par suite, M. C, le signataire, sous-directeur, bénéficie d'une délégation en vertu des disposition précitées et était compétent pour signer la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué qu'il vise les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions des articles L. 631-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, il fait état de la situation personnelle et familiale de l'intéressé ainsi que des faits qui le fondent. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion que si elle constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique et sous réserve que l'article L. 631-3 n'y fasse pas obstacle : 1° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins un an ; () 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été pendant toute cette période titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " () ".

6. Pour prononcer l'expulsion du territoire français de M. B, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le fait que le requérant n'a fait état d'aucune crainte de courir un risque personnel, réel et sérieux d'être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales susvisée en cas de retour dans son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier qu'après être entré sur le territoire français au cours de l'année 2001, M. B a fait l'objet de dix condamnations sur le territoire français entre 2005 et 2022. M. B a été condamné le 11 février 2003 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et rébellion, le 23 novembre 2005 par le tribunal correctionnel de Paris à une peine d'un mois d'emprisonnement pour des faits de vol en réunion, le 15 décembre 2005 par la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, sur appel de la décision prononcée le 1er février 2005 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de 300 euros d'amende pour des faits de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, le 2 mai 2006 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis et 600 euros d'amende pour des faits de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, le 10 décembre 2007 par le tribunal correctionnel de Nice à trois mois d'emprisonnement pour des faits de violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, le 24 février 2011 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de deux mois d'emprisonnement pour des faits de tentative de vol à l'aide d'une effraction, le 19 décembre 2011 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de récidive de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, le 22 avril 2014 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de dix mois d'emprisonnement pour des faits de récidive de conduite d'un véhicule en état d'ivresse manifeste et refus, par le conducteur d'un véhicule, de se soumettre aux vérifications tendant à établir l'état alcoolique, le 8 avril 2015 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de trois mois d'emprisonnement pour des faits de conduite d'un véhicule à moteur malgré l'annulation judiciaire du permis de conduire et dénonciation mensongère, le 19 septembre 2022 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de dix mois d'emprisonnement pour des faits de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, dégradation ou détérioration du bien d'autrui causant un dommage léger, violence avec usage d'une arme sans incapacité, blessures involontaires avec incapacité n'excédant pas trois mois par conducteur de véhicule terrestre à moteur sous l'empire d'un état alcoolique et conduite d'un véhicule à une vitesse excessive au regard des circonstances. Par ailleurs, le 8 avril 2015, M. B a été condamné par les autorités russes à une peine d'emprisonnement criminelle de quatorze ans pour des faits de meurtre, destruction ou détérioration volontaire d'un bien appartenant à autrui et brigandage commis le 11 avril 2000. Il ressort des pièces du dossier que M. B n'a pas modifié son comportement et qu'il n'a pas sollicité de traitement pour son alcoolisme. Dans ces conditions, eu égard à la gravité des faits, à leur répétition et au caractère récent de ceux commis et réprimés en dernier lieu, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que le ministre de l'intérieur a estimé que l'expulsion de M. B constituait une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le ministre de l'intérieur a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Pour apprécier si l'exécution de l'arrêté d'expulsion porte, comme le soutient le requérant, une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à mener une vie familiale normale, il appartient au juge de concilier ces libertés fondamentales avec les exigences de la protection de l'ordre public.

8. Il ressort des pièces du dossier qu'en 2008, une main courante a été déposée par la compagne de M. B pour des faits de violence et de menaces de mort en état d'ivresse. En 2019, M. B a été mis en cause à trois reprises pour des faits, commis en état d'ivresse, de violences aggravées par trois circonstances, de violences conjugales (violences volontaires, menaces de mort, harcèlement sur conjointe) et insultes à l'encontre de sa conjointe. En outre, il ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle sur le territoire français. Dans ces conditions, eu égard à la gravité de ces faits, à la menace à l'ordre public qu'il représente, la mesure d'expulsion litigieuse n'a pas porté d'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. En tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant, la décision attaquée n'ayant ni pour effet ni pour objet d'éloigné M. B à destination d'un pays déterminé, ce pays ayant été fixé par une seconde décision qui n'est pas attaquée et à l'encontre de laquelle n'est présentée aucune conclusion ni aucun moyen.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,

M. Blusseau, premier conseiller,

Mme Desmoulière, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

La rapporteure,

P. Desmoulière

Le président,

J.-F. SimonnotLa greffière,

L. Thomas

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/4-1

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320047

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Janus visant à annuler un arrêté de sursis à statuer opposé par la maire de Paris à une déclaration préalable pour un changement de destination de locaux en hébergement touristique. La juridiction a jugé que le sursis à statuer, fondé sur l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, était légal car le projet était susceptible de compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU) en cours d'élaboration. Les moyens soulevés, notamment l'incompétence, le vice de procédure et l'erreur de droit, ont été écartés.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320316

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par une association d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler un arrêté municipal de mise en demeure avec astreinte, concernant des travaux réalisés sans autorisation d'urbanisme. Le tribunal a rejeté la requête de l'association, considérant que la motivation de l'arrêté attaqué était suffisante et que la procédure suivie, notamment l'établissement d'un procès-verbal d'infraction, était régulière. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme, en particulier celles relatives aux mises en demeure et aux astreintes.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2520263

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que le préfet avait procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de l'intéressé, notamment au regard de son état de santé et de son intégration. Les textes appliqués incluent le code des relations entre le public et l'administration et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2527910

Le Tribunal administratif de Paris a annulé un arrêté préfectoral refusant le renouvellement du titre de séjour d'une ressortissante tunisienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet avait commis une erreur de droit en appliquant le code de l'entrée et du séjour des étrangers, alors que la situation de l'intéressée, épouse d'un Français, devait être examinée exclusivement au regard des dispositions de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois et a condamné l'État à lui verser 1 200 euros au titre des frais exposés.

19/02/2026

← Retour aux décisions