lundi 8 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2301391 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 janvier 2023 par laquelle le préfet de police a refusé d'instruire sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse elle est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée, révélant un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfants ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision du 3 janvier 2023, qui n'est pas une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour mais un courriel informant le requérant du classement sans suite de sa demande, irrecevable, n'est pas une décision faisant grief ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 29 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 29 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme de Saint Chamas a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant congolais né le 15 juillet 1997 et entré en France le 11 avril 2018 selon ses déclarations, a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 3 janvier 2023, sa demande présentée en ligne sur le site internet " démarches-simplifiées.fr ", a été classée sans suite au motif que M. B ne justifiait pas du versement d'une pension suffisante à son enfant. M. B demande l'annulation de la décision du 3 janvier 2023 refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 112-9 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration met en place un ou plusieurs téléservices, dans le respect des dispositions de loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique et aux libertés et des règles de sécurité et d'interopérabilité prévues aux chapitres IV et V de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives. / Lorsqu'elle met en place un ou plusieurs téléservices, l'administration rend accessibles leurs modalités d'utilisation, notamment les modes de communication possibles. Ces modalités s'imposent au public. / Lorsqu'elle a mis en place un téléservice réservé à l'accomplissement de certaines démarches administratives, une administration n'est régulièrement saisie par voie électronique que par l'usage de ce téléservice. / Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions d'application du présent article. "
3. En l'espèce, si le requérant soutient qu'il " appartiendra à la préfecture de justifier de la compétence de l'auteur de la décision querellée ", d'une part, il n'assortit pas le moyen ainsi soulevé des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et, d'autre part et en tout état de cause, la décision litigieuse, prise à l'issue d'une demande de titre en ligne sur la plate-forme " démarches-simplifiees.fr ", qui est un téléservice au sens des dispositions précitées, doit être regardée comme ayant été adoptée par le préfet de police. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de son auteur doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. La décision du 3 janvier 2023, dont les neuf pages comportent l'intégralité des échanges ayant eu lieu entre le demandeur et la préfecture de police, mentionne que le classement sans suite de la demande de titre de séjour du requérant a été décidé en raison du caractère insuffisant de la pension versée à son enfant. Elle comporte, en sa deuxième page, l'énoncé des considérations de droit encadrant la délivrance d'un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français " et recense l'ensemble des échanges avec l'agent instructeur du dossier qui révèle que M. B ne justifie pas du versement d'une pension suffisante à son enfant, malgré la demande de transmission de justificatifs en ce sens. L'intéressé a ainsi été mis en mesure de comprendre les motifs du rejet de sa demande de titre de séjour. Dès lors, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision litigieuse ainsi que du défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé doivent être écartés.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "
7. En l'espèce, M. B déclare être père de l'enfant français Nolan B, né le 6 juin 2022, et soutient vivre en concubinage avec la mère de l'enfant, ressortissante française. S'il justifie verser tous les mois depuis la naissance de son fils une somme moyenne de 100 euros par l'intermédiaire du compte bancaire de son frère, n'ayant pu en ouvrir un lui-même en raison de la perte de son passeport, le préfet de police soutient également, dans ses écritures en défense qui doivent être regardées comme une demande de substitution de motif, que l'intéressé n'établit pas contribuer à l'éducation de son fils. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que les éléments produits à l'instance pour justifier de sa contribution à cette éducation, à savoir une simple attestation de la mère précisant qu'il " se montre très présent auprès de [son] fils. Ainsi, il rend visite à son fils le week-end. Il se montre présent pour garder son enfant pendant [s]on absence, il organise des sorties avec [s]on enfant ", ne sont pas de nature, à eux seuls, à établir qu'il contribuerait effectivement à l'éducation de son enfant au sens des dispositions précitées. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
8. En dernier lieu, et dès lors, ainsi qu'il a été dit au point précédent, que l'intéressé n'établit pas contribuer à l'éducation de son enfant, le préfet n'a pas méconnu les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de M. B.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police, que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 11 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
Mme de Saint Chamas, conseillère,
Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2024.
La rapporteure,
M. de SAINT CHAMASLe président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512599
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral du 14 janvier 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que le droit d'être entendu, garanti par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, n'imposait pas une nouvelle audition dans ce cas, la décision d'éloignement découlant nécessairement du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile. La juridiction a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400857
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête d'un agent du SIAAP demandant la révision de son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) et l'indemnisation de préjudices. Le tribunal juge que le taux d'IPP, fixé à 34% selon le barème légal, ne peut être modifié en raison de l'existence éventuelle d'une faute de l'employeur. Concernant l'indemnisation, le tribunal rappelle que le régime des accidents de service et maladies professionnelles des fonctionnaires, régi par la loi du 13 juillet 1983 et le décret du 2 mai 2005, répare forfaitairement certains préjudices, mais n'exclut pas une action en responsabilité pour faute visant à réparer d'autres chefs de préjudice.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401146
Le Tribunal administratif de Paris a annulé une sanction disciplinaire (un jour d'exclusion temporaire de fonction) infligée par l'AP-HP à un infirmier. La juridiction a estimé que la sanction, fondée sur une simple "suspicion d'inhalation de kalinox", ne reposait pas sur des faits établis, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint à l'administration d'effacer la sanction du dossier de l'agent et l'a condamnée à lui verser 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401760
**Sujet principal** : Contestation par une société de rappels de TVA et d'une majoration, concernant le taux applicable (taux réduit de 5,5% pour la vente de livres ou taux normal de 20% pour des prestations de voyance). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que l'activité principale constitue une prestation immatérielle de voyance taxable au taux normal et que, de toute façon, la société n'a pas apporté la preuve permettant d'isoler la part éventuelle de son chiffre d'affaires relevant de la vente de livres. **Textes appliqués** : Articles 278 et 278-0 bis A-3° du code général des impôts (taux normal et taux réduit de TVA).
30/03/2026