vendredi 15 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2301402 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | LACOSTE |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête n° 2301402/5-4 enregistrée le 20 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Lacoste, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite, née le 21 février 2023, par laquelle l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin à son égard au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ces conditions matérielles d'accueil ou, à défaut, d'examiner à nouveau sa situation, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Lacoste de la somme de
1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut d'obtention de l'aide juridictionnelle, au titre de ce dernier article.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure résultant de la méconnaissance de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle n'a pas pris en compte sa vulnérabilité et n'a pas été précédée de l'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2023 le directeur de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 8 janvier 2024, présenté en réponse à une invitation à se désister de sa requête, Mme B indique maintenir les conclusions de sa requête.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 mars 2023.
II°) Par une requête n° 2307972/5-4 enregistrée le 7 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Lacoste, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 mars 2023 par laquelle l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin à son égard au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ces conditions matérielles d'accueil à ou, à défaut, d'examiner à nouveau sa situation, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Lacoste de la somme de
1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut d'obtention de l'aide juridictionnelle, au titre de ce dernier article.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle n'a pas pris en compte sa vulnérabilité et n'a pas été précédée de l'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 janvier 2024 le directeur de l'OFII conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que postérieurement à l'introduction de la requête le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été rétabli au profit de la requérante, avec effet rétroactif au 1er juillet 2023 et versement de la somme totale de 2 784,60 euros au titre des mois d'octobre à juin 2023.
Par un mémoire enregistré le 8 janvier 2024, présenté en réponse à une invitation à se désister de sa requête, Mme B indique maintenir les conclusions de sa requête.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 juin 2023.
Vu les pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massiou, première conseillère ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lacoste, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante ivoirienne née le 1er janvier 2001, a présenté une demande d'asile à la préfecture de police enregistrée le 26 avril 2022. Le 2 mai 2022, elle a accepté l'offre de prise en charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ouvrant droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par un arrêté du 24 mai 2022, le préfet de police a décidé de son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Elle a cessé de percevoir l'allocation pour demandeur d'asile à compter du mois d'octobre 2022. Par une lettre reçue le 21 décembre 2022, elle a demandé le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le 28 décembre 2022, l'OFII lui a adressé une notification d'intention de cessation des conditions matérielles d'accueil fondée sur son absence à la convocation en vue de son transfert. Par une lettre adressée le 10 janvier 2022, elle a fait parvenir ses observations à l'OFII. Mme B demande l'annulation de la décision implicite de cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter d'octobre 2022, née le 21 février 2022 du silence gardé par le directeur de l'OFII sur sa demande du 21 décembre 2022, et de la décision du 20 mars 2023 ayant la même portée. Ses conclusions doivent être regardées comme uniquement dirigées contre cette seconde décision, qui s'est substituée à la première.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2301402/5-4 et 2307972/5-4 introduites par Mme B présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. L'OFII établit que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été rétabli au bénéfice de Mme B à compter du 1er octobre 2022, par le versement le 28 juillet 2023 de la somme globale de 3 100, 80 euros. En procédant à ce versement, l'OFII doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré la décision attaquée, ce retrait étant devenu définitif. Le directeur de l'OFII est, dès lors, fondé à soutenir qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Lacoste, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Lacoste de la somme totale de 2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.
Article 2 : Sous réserve que Me Lacoste, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'OFII lui versera la somme totale de
2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Lacoste et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII).
Délibéré après l'audience du 1er mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
Mme Massiou, première conseillère.
M. Medjahed, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.
La rapporteure,
B. MASSIOU
La présidente,
S. AUBERTLa greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.-2307972
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025